‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 74 sur 157 · LIVRE III. SECT. 2^ CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III. SECT. 2^ CHAP. VIII

mestre Stûssi, à la tête de six ou sept mille hommes ^^ bien pourvus de toutes choses /passa de Pfef&kon dans les prairies qui séparent le village du pied de la montagne; le soleil couchant darda ses derniers rayons sur les belles armures des Zuricois ^K L'avant-garde de ceux-ci cria aux avant-postes des Schwyzois (tant ils étaient rapprochés!) (c qu'ils descendissent^ que Zurich » était prêt à livrer bataille. » Les autres^ sentant l'avantage de leur position, répondirent « qu'ils n'a- » vaient qu'à venir vers eux , que Schwyz était à son » poste, n Ils brûlaient de l'ardeur de combattre®^; mais Réding vit combien il serait imprudent d'attaquer dans son propre pays un ennemi en nombre au moins double, et à l'entrée de la nuit, favorable à ceux qui connaissaient la contrée. De son côté le bourgmestre réfléchit à la possibilité de faire sortir l'ennemi de sa position avantageuse par une fuite simulée ou par d'autres incidens de la bataille ; il envoya cinq cents hommes des villages voisins , qui connaissaient tous les sentiers , occuper une hauteur près de WoUerau , audelà de la Schindelleggi, et leur commanda , si la bataille s'engageait , de prendre l'ennemi à dos.

*^ Tschudi : 6,000 hommes bien armés ; Tschacfulan, 7,000.

•* Tschachtlan.

*^ Jd, t c n y avait un sauvage tumulte et chacun était enflammé. » =Maller ne résiste pas toujours à une certaine friandise d'érudition ; il aime les singularités leiLÎcologiques ; tel est le mot « Kardumel » cité dans ce passage. Or, ce mot n'a existé à aucune époque dans la langue allemande; Muller a mal lu , dans le manuscrit de Tschachtlan, le mot tout ordinaire « Getûmmel » f tumulte], comme on peut le voir d'ailleurs dans le Tschachtlan imprimé. Je dois cette rectification à l'archiviste du gouvernement de Lucerne, M. Louis Ke lier, dont la complaisance inépuisable m'a souvent aidé dans les recherches qu'exige mon travail : je me fais un devoir de rendre ici un hommage public de ma reconnaissance à cet homme savant et modeste. G. M.

De leur côté les milices d'Uri et d'Unterwalden se formèrent en assemblée prés du pont de la Sihl pour prendre une résolution. La majorité se prononçait fortement en faveur de Zurich j surtout parmi les hommes d'Uri dont un grand nombre relevaient de l'abbaye des religieuses de cette ville ^^. Un seul , ordinairement tranquille y fit pencher la balance dans le sens opposé. La votation fut tout-à-coup interrompue par Werner der Frauen *^*, banneret d'Uri , qui entra dans le cercle, éleva la bannière et s'écria 2 « A Dieu » ne plaise que le banneret d'Uri porte le signe d'hon- » neur de son pays contre ceux qui ont offert le recours » au droit fédéral et en faveur de ceux qui n'ont jamais » voulu s'y soumettre sans condition ! » Aussitôt toute la troupe s'écria : <c Le banneret a bien, parlé ; » on envoya un messager à cheval dans la plaine, du marais annoncer à Schwyz et à Glaris qu'on allait s'unir à eux^ et des courriers à Ffefiikon porter la dédaration de guerre. A l'ouïe de cette nouvelle, le bourgmestre s'effraya; non-seulement il ne s'attendait point qu'ils prissent une part active à la guerre , mais il prévoyait l'impression que cette détermination ferait sur de plus puissans confédérés. Gomme ces alliés campaient non loin des Schwyzois, il leur fit faire, cette nuit même, de pressantes et touchantes représentations. Deux heures avant le jour, tandis qu'Ital Réding et Jost Tschudi rangeaient leurs troupes et les exhortaient , parurent des envoyés des chefs d'Uri et d'Unterwalden

"^ Nons avons vu (t. m, p. 273] lelandammann Conrad der Frauen (maire des religieuses de Zurich) tué à Sempach; un autre tomba près de Bellinzone en iA22. Leu, art Frauiren.

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