LIVRB UI. SECT. 2*. CHAP. VIU
» tant en campagne , la contrée mal gardée entre l'Âl- » bis et la Reuss et de mettre ainsi le camp à l'abri i> d'une attaque de ce côté-là. » Quatre cents hommes de Schwyz et de Glaris se mirent en mardiie pendant la nuit pour renforcer les Zougois.
Le comte Hugues de Montfort, grand-maitre de Tordre des chevaliers de St-Jean en Allemagne , ayant toujours vécu à Wsedenschwyl en bonne intelligence avec Schwyz^ obtint non^ seulenient que les troupes sortissent de cette seigneurie , mais qu'(m ne lui imposât pas d'autre serment que celui de garder la neutralité. Les bannières de Schwyz et de Glaris^ de Lucerne , d'Unterwalden et d'Uri s'emparerait , sans résistance , des beaux villages riverains du lac jusqu'à Kilchberg; les Zougois, aidés d'un renfort, s'emparèrent du bailliage libre de Maschwanden ^^ ; ensuite ces troupes se réunirent. Les Bernois , au nombre de deux mille, vinrent à Âdlischwyl, où un pont sur la Sihl aboutit à la route de Zurich. Soleure suivit Berne ^^. Thûring d'Arbourg déclara aussi la guerre aux Zuri? cois ^ ; toute la nobles3e argovienne, requise par Berne, prépara sa cavalerie, passa l'Aar, s'arrêta dans M ellingen et alla menacer Zurich par le chemin le plus court. Les troupes vivaient des contributions de guerre et du pillage ; elles envoyaient les trésors des églises dans leur pays.
En ce temps, sur les rives populeuses du lac de Zurich , d'un côté depuis l' Au , hameau délicieusement situé non loin de Wœdenschwyl, de l'autre depuis
*^ Kncwau n'appartenait pas encore à Soricb.- ^* SiettUr, l,iM.
*' Gommé bourgeois de Berne La déciaratioH de guerre est du mardi avant S. Olhmar.
Mœnidorf jusqu'à la ville^ on ne voyait pas unhomme, mais seulement dans quelques villages des femmes et des enfans ; les autres maisons étaient fermées^ les poêles brisés^ afin d'empêcher l'ennemi de prendre là ses quartiers d'hiver ; les celliers et les caves à peu prés vides ; les vêtemens , les parures et les lits avaient disparu. Depuis que le bourgmestre ^ à la tête d'une armée considérable^ avait fui sans être poursuivi^ la teireur de Dieu, disait-on , était tombée sur le pays comme par enchantement. Le poids de la Confédération entière , pesant inopinément sur la contrée , abattit soudain le courage au point que, pour cette année, on perdit toute présence d'esprit. Lorsque les fuyards arrivèrent dans leurs villages, dont la plupart ^^ jouiV saieat depuis quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans d'une profonde paix, ils justifièrent la terreur qui les poussait, en peignant de sombres couleurs les géans formidables et barbares qui, descendus de sauvages montagnes., se précipitaient avec une irrésistible fureur sur la patrie ( et que pourtant ils n'avaient vu que de loin) , à leur tête le landammann Réding, leur Dieu, altéré du sang de tous les Zuricois, et dont la colère ne cédait ni aux armes des hommes ni aux vagissemens des enfans à la mamelle ^. D'autres apportèrent de Zurich la nouvelle trop certaine qu'au milieu de la discorde et du désordre général il n'y avait plus ni
'^ Du moins le long du lac ; dépuis les guerres du duc Albert, qui n'étaient guère déYastatiices.
*^ Félix Hemmerlin nous a transmis ces descriptions ; les ann^ i&ÀS et suivantes ont malheureusement prouvé (|u'dles n'étaient pas entièrement exagérées, ca Les mêmes horreurs se répétèrent à Tépo^e des guerres de religion et toutes les fois qu'il y eut des insurrections. Les années 1798 , 1799 et 1802 en.ont fourni de nouveaux exemples. D. L. H.