LIVRE m. SECT. 2^. CHÀP. VIII
ricois inquiétaient leur camp par un coup de canon ^ les Luceraois mettaient le feu à une maison de paysans; les campagnards firent d'énergiques représentations aux chefs ; ceux-€i ramenèrent les troupes à la yille« Sur ces entrefaites , le gentilhomme *^^ Béringer de Landenherg, surnommé le méchant^ bourgeois de Zurich^ et de tout temps hostile à l'ordre légal ^^^, conclut avec les Ra rogne, séparés des domaines de ses pères par le mont Hôrnli , une ligue contre les Zuri-r cois. Pour premier exploit^ ils passèrent avec seize cents hommes du Tokenbourg^ de Wyl et des domai-r nés de Landenberg dans la Thurgovie et assiégèrent la tour de Lommis'^''', parce que le noble Ulrich de Lom^ mis était combourgeois et commandant des Zuricois: La tour fut prise ^ {nllée et brûlée. Us exe^xèrent le pillage^ sans oser en venir aux mains^ tant que le sire de Lommis garda la frontière zuricoise à Elgg avec huit cents hommes de Kibourg* Lorsque au milieu de sa terreur Zurich Feut rappelé dans ses murs, Jean d'Ysni^*^ resta au château d'Elgg, mais sa. troype se
de Bodt, Mitt. 4e l'art et de Corg<tx{kaiion de U guerre cheZ' lee BemoU de*puis la fondation de la ville de Berne fusqu'd la révolution de il9S, rap^ proches de la tactique et de Cart militaire des anciens Suisses en général (Geschickte des Bemerischen Kriegsvoesens a. s. w. ) Berne, 1831, G. -A. Jenni, 4 vol. in-8. Ainsi que le titre le fait deviner, cet ouvrage facilite rintelligence de Thistoire militaire de la Suisse entière; il est écrit avec nne parfaite lucidité; Fauteur indique scrupuleusement les sources. G. Bf.
^'^ Le mot « Junker » signifiait originairement « doraicellns ; * mais depuis cette époque à peu-près, il devint le- titre commun des gentilshommes en Suisse , alors que les barons , dans Tanden sens du mot , commençaient à être fort rares.
^** Il a été question de lui, t. IV , p. 518.
^'^ Lommis était le plus proche voisin de Landenberg^ celui-ci possébdût Sonnenberg. Ch, Rûti, i&37.
"» Ou Isnach.
dispersa. Aussitôt les ennemis marchèrent par le chemin d'en haut , et par celui d'en bas sur la petite Ytlle d'EIgg y frappée d'épouvante ; ils y entrèrent menaçant de l'incendier si on ne leur ouvrait pas le château ; Ysni prit la ftiîte; le château , la ville et l'alliance '^^ d'EIgg leur prêtèrent serment d'obéissance; la veuve de Rodolphe Meiss**^, mort naguère (1439) bourgmestre de Zurich, paya une contribution de guerre^" pour ses maisons et ses domaines. De là ils se répandirent sans obstacle dans toutes les parties du pays consterné; ils s'avancèrent jusqu'à Ândelfingen , que traverse la Thour, au-delà de l'Irchel jusqu'à Bûlach, àKloten, distant de la ville de quelques lieues, parnlelà la Tôs jusqu'au lac de Pfeffikon dans les terres de Kibouiç; ils osèrent même attaquer le chef-lieu de ce comté; ils s'emparèrent du château extérieur, mais ne passèrent pas le pont. Tous les villages se hâtèrent d'offrir leurs biens en suppliant , afin de conserver leur existence ; on emmena prisonniers des hommes considérables pour les rançonner ; mais on épargna le sang de la population. Alors vinrent d'Uster Bonstetten , et de Wézikon Albert de Landenberg^ cousins ^^^ et voisins ^*^ du méchant Béringer ; de Gryffenberg vint Frédéric de
^^^ Ge mot ( • 6eno0ieiiflebaft » } est dans Tsekudi; j'entends par-là les métairies de Gunwyl et de RIedem. Ch, dé Htrtégt^ de Hinwyl, 1494. Msc.
««« Elle s'appelait Ëttsabetli Gralieh. I^ii.
**« 500 florins. BuUmget.
^*' Anne de Landenberg était la mère de Gaspard de Bonstetten ; t. IV, p. 528, 529.
"* Béringer de L. était frère de Jean Rod. de L., qoi habitait à Greifensée, non loia d'Uster. Ch. Bàii i438; en général les biens de ces gentilshommes étaient difficiles à démêler par suite de mariages et d'une multitude de conventions privées.