‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 4)Chapitre 90 sur 157 · LIVRE m. SECT. 2^. GHAP» IX · texte numérisé non relu

LIVRE m. SECT. 2^. GHAP» IX

achèterait Merlischachen pour le compte de ses monastères, qui y possédaient des domaines^ et qu'au bout de quelque temps il le céderait à Schwyz à des conditions équitables. Réding prit ce détour pour empêcher que les Lucemois^ chez qui demeuraient les sires de Moos^ n'achetassent cette localité limitrophe pour agrandir leur république ^^. Merlischachen appartint à Engelberg pendant dix ans. Alors eut lieu , dans la forme la plus amicale ^^, la cession de la tour^ du bailliage et de la juridiction, moyennant soixante florins , l'exemption perpétuelle du péage dans le pays de Schwyz , le droit d'appel des tribunaux de Kûss^ nacht au landammann et conseil^ ou au landammann et aux neuf jurés du tribunal de Schwyz ^^. Ce canton fut donc redevable à l'intervention d'Ital Réding, non seulement de la moitié de la Marche , des métairies de Pfeffikon et de Wollerau, des districts d'Uznach et du Gaster , des alliances de combourgeoisie avec Sargans, Tokenbourg et Wyl, mais encore de cette nouvelle frontière du côté de Lucerne.

Le passage du Saint-Gothard acquit une nouvelle importance lorsque, pendant les années de disette, Zurich ferma son marché. Les déserts du pont du Diable et l'agréable Urseren appartenaient incontestablement à Uri. La bannière d'Urseren s'était jointe à celle

>^ Les moines, qui possédaient beaucoup dç domaines dans cette localité, pouvaient d'autant plus facilement empêcher cette acquisition par leur influence, que Ton conservait Tespérancé de conclure avec eux un droit de combourgeoisie avantageux.

2' n reste incertain si Engelberg y consentit de bien bon cœur. L'expression de la charte : « Puisque cette affaire ne peut pas nous nuire beaucoup, mais doit plutôt nous être utile, n laisse quelque doute h cet égard.

'* Ch, Engelberg, le soir de S. -Jean-Baptiste, au solstice d*été , 1440, dans Tschudi,

d'Uri contre Zurich ^^ Mais là où les réservoirs découverts ou cachés du flanc méridional du Saint- Gothard ^^ versent dix ruisseaux ^^ dans le Tessin ; où celui-ci accompagne en cent cascades jusqu'au bas du val Trémola le voyageur étonné^ parcourt la Léventine^ tour à tour paisible ou impétueux ^ et^ grossi de quatorze autres rivières moins considérables ^* , reçoit encore près de Biasco le Brègno ^^, torrent bruyant et sauvage^ frontière de la Léventine j puis, moins contenu par ses rives , roule dans la vallée plus ouverte de Riviéra des flots trop souvent dévastateurs ; à la fin , enflé par les eaux rhétiennes ^^, se précipite au travers du défilé de Belliuzone et de belles prairies dans le limpide lac Majeur; là, sur toute cette contrée, régnait alors Philippe-Marie-Anglo ^"^ Visconti , duc de Milan, un des plus puissans princes de lltalie , tant qu'il eut de bons généraux. Francesco Bussone Carmagnuola, qui vainquit les Confédérés ^® près d'Arbédo par sa grande habileté militaire ^^, avait reconquis ce pays au

*^ Les lacs da Saint-Gothard et beauconp de sources isolées.

'^ J'en compte dix jusque près d'Airolo.

•* Voy, la carte de la Léventine, dessinée par J. H, Meyer,eiï 1784, et insérée dans tes Mémoireé pour la connaissance de la Suisse , par Jean Rod* Schinz,

*^ La ch, que nous citerons toul-à-rbeure lui donne le nom de Btaschina.

'* Avec la Mnésa , >qm reçoit la Galanca.

"Et non pas Angélo. I^ père nommait ses fils Angli, par allusion à l'histoire fabuleuse de ses ancêtres , rois ou seigneurs d'Anghiera ( Angleria).

** « Atrocem Suitensium gentem bello domuerat. • JSneas Sylvius , de Statu Europœ; apé Freher., Scriptt. jR. G. II, 143 ( éd. Struv. ).

'* Maechiavelti , Arte délia guerra , 1. II.

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