LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. IX
duc ^^; mais ce général n'existait plus : l'envie des courtisans l'avait renversé et à la fin il eut la tète tranchée par ceux dont il s'était servi pour ^ se venger de son maître ^*. Francesco Sforza, également éminent dans la paix et dans la guerre^ l'avait remplacé auprès du duc; mais la puissance de l'envie et la faiblesse du prince^ qu'il éprouva^ lui aussi, le déterminèrent à passer chez les Vénitiens, afin de faire sentir le prix d'un homme de cœur et de talent à un prince qui ne savait pas l'apprécier. Philippe n'était pourtant pas dénué d'intelligence; au contraire, lorsque la nécessité l'exigeait, surtout pendant ses jeunes années^ il se môntraitactif et prudent^ et même noble à l'égard de souverains plus puissans que lui ^^; mais ce même prince, dés qu'un homme ne lili paraissait pas indispensable dans l'heure présente, préférait de beaux jeunes hommes aux plus habiles généraux. Dès qu'il en avait trouvé de conformes à ses habitudes *^, il s'ahandonnait entièrement à eux ** , et les employait pour toutes les afiaires d'État *^; seuls ils l'entou-
*• T; IV, p.592:
** Par les Vénitiens, le 5 mars i4S2. Art de vérifier le$ dates, S38 (édit. de 1770).
** Tels qa'Alonso d'Aragon et de Sicile.
*' n les éprouvait au moins pendant deux ans , pour voir s'ils pouriraient supporter la solitude , le silence, et se conformer à ses autres habitudes. Petruê Candidus Decembrius (de Vigevano) dans Muratori, XX, iOOA.
** Toute la résidence leur était ouverte ; ils partageaient avec le prince les jeux et les choses sérieuses; ils l'accompagnaient en tous' lieux. ïbid.
** > Horum patieniiam ( inaltérable attachement ) cum diutius expeiitns esset; » quand ils devenaient plus âgés, il leur confiait (a direction des affaires de la guerre et de la paix. L'auteur cité en vante pliisierirs pour leur esprit; mais celui que le prince aimait plus que tout autre (« ciii tnaxime innitebatur •), Scaramuzza, qu'il avait toujours à sa table et t. i5
raient incessament (sa femme vivait dans un autre palais, où «lie s enfermait); le sénat se levait à leur ap« proche , tout Milan les honorait comme des dieux : les hommes d'un mérite personnel , surtout les militaires , quand même leur élévation était son ouvrage^ lui in* spiraient de la défiance et il cherchait à les écarter. A mesure que Fage l'appesantissait ^^ , il Se confinait da* vantage dans son palais; il arriva de là qu'à la fin chacun faisait dans le pays ce qu'il voulait ^"^ et qu'en Italie sa gloire déchut ^^.
L'année où Sforza le quitta ^^ , quelques confédérés d'Uri ^^, en contestation avec des Milanais^ ne purent obtenir à Airolo ^^ dans la Léventine^ ni ensuite à Betlinzone, la justice qui leur était due aux termes de ia capitulation ^^. Dans ce moment la bannière cantonale revenait sur l'Etzel de la première guerre contre Zu* rich. Les alliances exigaient aussi bien que l'équité que , tout comme Urseren avait aidé Uri dans les affaires fédérales , de même sur la frontière italienne Un
pour lequel il exposa sa vie, avait servi comme marmiton (« lixa vulgatissimus») dans la cuisine de son frère. IbitL 1008, et pour ce qui suit, 1005.
*" Il était de grande taille et il grossit extrêmement en avançant en âge; toutefois il ne dépassa pas la cinquantième année. JSnMs, 1. c.
^'^ il donnait à ces jeunes gens des villes et leur permettait de faire autant de gains qu'ils le pouvaient. DecembrUu , 1095.
*' « Ut omnibus per circuitum populis etprincipibus contemptui esset.» Sneas, 1. C. 142.
*^ 1459 , jirt de vérifier les datet^ 1. c.
^^ D'après Texpression de la cL et d'autres circonstances, ce devaient être des babitans dlJrseren.
^^ « In loco Aizoli » , d'après la ch. n. 9i, dont la copie imprimée fourmille de fautes; voy. t. IV, p. 391» n. 32^8.
^> Selon la capitulation de 1426 ; t, IV, p. 889 et suiv.