LIVRE m. SECT. 2*. CHAP. IX
aidât Urseren* L'abbé de Disentis , à qui cette vallée était de tout temps unie par des obligations féodales ^^, et ses alliés sur les premières rives du Rhin et du côté de Coire ^* prirent part à l'expédition. Uri, qui avait rendu la Léventine à regret, craignait de perdre l'occasion de la reprendre^ si les Milanais se ravisaient subitement et donnaient satisfaction* Ainsi , après avoir à peine rempli les formalités d'usage ^^ et sans entrer en négociation avec d'autres Confédérés ^^, les habitans d'Un passèrent en hâte le Saint-Gothard , prirent possession de la Léventine^ comme d'une hypothèque pour leurs prétenticmSy marchèrent en avant avec leurs troupes auxiliaires et s'emparèrent de Bellinzone ^''.^ La guerre pouvait devenir menaçante pour le duc^ si Uri et la Rhétie s'unissaient avec Venise. Il n'était plus aussi facile que quelques années auparavant ^ d'exciter des troubles et des dissensions dans la Haute b'giie Grise. Le sage évêque de Coire ^ Jean Abundi Mûnsinger^ qui redoutait pour sa principauté la puis-
^> T. n, p. 598; en 1&26 il fut nominativement compris dans le traité de paix, t IV, p. 391, n. 825. En 1425, avait été conclu entre le pays et lai, an sajet de ses droits sur Urseren , une convention d'après laquelle tout ammann nouvellement éln recevait de Tabbé sa charge et la juridiction, et donnait à celui-ci en signe de reconnaissance une paire de gants. Leu , arL Urseren.
*^ « De valle Rheni • ( non le Efaeinthal , mais le Rheinwald ) « et de Gmalia » ( > Curvalaba » , Gurwalchen ) ; dans la eh, défigurée n. 91.
** Les troupes du duc se plaignirent que les proclamations et la déclaration de guerre n'avaient pas été faites dans les règles. Ibid,
^* Aussi Tsehudi, malgré son attention , n'a-t-il rien su de tonte cette affaire.
'7 Le parti dn duc s'en plaint ailleurs; il pense qu'on aurait pu se contenter de la Léventine.
^' T. IV, p. 459 et suiv. Je m'étonne que ce fait ait pu être rapporté à l'an 1440 par Texact Porta ( Camp, délia stùria délia Rezia, 170 seq, ).
sance croissante du peuple^ mourut ^^; son successeur^ Conrad de Rechberg, était lié par une double parenté ^^ avec les comtes de Sargans, alors encore les plus grands seigneurs de la Haute ligue ^^ ; les dispositions des peuples les forçaient à vivre à tout prix en bonne intelligence avec les Confédérés ^ la ville de Coire elle-même fit alliance avec la ligue Grise ^^. Le duc pouvait d'autant moins être indifférent à cet acte, qu'on regardait les Schwyzois, ses voisins, et leurs plus anciens confédérés comme un peuple sauvage et terrible ^^> mais les Grisons comme le plus terrible de tous ^*. Dans le même temps le meilleur général qui lui restait encore ^^ fut vaincu en Italie ^^.
Dans une situation si critique, le duc eut recours. à deux confédérations voisines, sachant qu'ordinairement les confédérations préfèrent un modique avantage à des entreprises hasardeuses. Milan vit arriver de la Suisse, comme négociateurs, d'upe paix, le chevalier
«9 A Méran, UkO. J.-J. Hoitinger, HisU eccL de VHelvéL, H, 405.
^^ Son frëre était gendre du comte Henri» Porta, h g. 171. Il avait eu pour mère Adélaïde de Werdenbeig. Hubner, GénéaLi table 529. tl n'avait pas luirmême les sentimens d'un prince ; > il empochait beaucoup d'argent et s'en allait (vers les siens); à cause de cela les habitons de Gurwalchen ne voulurent pas Iç souffrir plus long-temps. » Tsehudi, Gallia comata,
'* > Sub quorum domînio est tota vallis Rheni, • CA«, Milan, 1450, dans Ulysse dk Salis-MarschUns, Hist, polit* de la ValUlme^ IV, 75, et ci* dessus, t IV, p. 436 et 451.
** Le jour de TAscension , 1440. PoWa, I. c. 167.
" Ci-dessus, n. âS.
' ^^ « Montani in montibus Alpium et vallium Guriensinm commorantes* • caeleris ruralibus magis horribiliores. » Félix Htmmerlin , dans la Bibl. helvét, I, 32.
65 Piccinino.
^* Art de vérifier leê dates f Q7b,