LIVRE m.SECT. 2^. GHAP. IX
Teur de son fils Louis d'une autorité sagement exercée durant quarante ans ^^y et , retiré dans la charmante solitude de Ripaille qu'il avait construite luir-mème ^^ ^ entouré d'amis bien chers ^^, il alliait la jouissance des plus doux plaisirs de la vie ^^^ à l'espérance des joies étemelles f mais la considération qu'il avait acquise l'emportât dans toutes les afiEaires d'État sur le pou-r voir transmis à son fils ^^^. Il fut l'objet d'une affection et d'unie vénération si universelles^ que lorsque le con^ cile de Baie entreprit de remplace): Eugène IV par un autre pape, cette assemblée crut ne pouvoir pas. faire un choix mieux entendu qu'en, portant ses vues sur
» pins sûr et le plus plantureux de tons ses voisins. • Olivier de la Marche \\. L
** i&34; voy. Guiehenon, h. a. Il ne s'était proprement déchargé que du détail des affaires courantes.
'* «Un beau et somptueux manoir» à cette époque, selon Paradin; il l'avait bâti lui-même dans ss^ jeunesse. Un soir il quitta inppinément Thonon , avec quelques domestiques , et se rendit dans cette solitude chérie. £lle a été décrite, telle qu'elle était alors, par TVurttisen, Hist, de BâU, 3S7 et suiv. de la nouv. édit.
^** Un de ses six confidens, Humbert de Golombier-Wufflens , appartenait à la noblesse romande.
'** Une ancienne opinion, que probablement Engiierramf de Monttrelet a fait naître, attribue cette retraite autant à la volupté qu'à la dévotion ; la question que fait Voltaire n'est donc point une plaisanterie sans fondement :
bisarre An&tf dcj|e !
£s^-ii vrai que dans ces beaux lienx , Des soins et des grandeurs écartant toute idée, Ta vécus en Trai sage , en vrai voluptueux?
ÊpUre sur le lac de Crenh^e .
tti Parmi les villes du pays romand, Nyon, p. e., s'adresse à lui, en 1437, pour réclamer la liberté du marché. Ch. dans la Collection de HalUr.
234 HISTOIRE DE tA 8UI8SB.
un prince si sage. Félix ( ce fut le nom qu'il snbpCa ^^\ suiri du cortège de tous les grands de ses États héréditaires et acquis^ se rendit à Baie en traversant la Suisse occidentale; ce voyage, les pompes de sa réception^^ et de son couronnement^®^, les actions et les destinées de sa vie comme souverain pontife, son retour enfin dans son cher Ripaille, aux charmes duquel il sacrifia la dignité de vicaire de Jésus-Christ ^^, toutes ces choses appartiennent à une autre histoire. Les Confédérés lui rendirent obéissance^®''; ses sujets du pays romand continuèrent pendant sa papauté à s'adresser à lui pour des affaires temporelles ^^. Il éleva au rang de comté Romont^®®, entre Fribourg et Moudon, remarquable par sa belle et forte situatiop suï* une colline au bord de la Glane, et pour agrandir un fief ^^^^
*•* Je ne puis in*enipécher de citer les vers qui suivent le passage de la note *". EsUil vrai
.... Qae, lassé bientôt de ton doux ermitage, Tu Toulua être (fàpe et cessas d'être sage?
Lieux sacrés du repos, je n'en ferais pas tant , Et malgré les deux clefs dont la vertu nous frappe ,
Si j'étais ainsi pénitent ,
Je ne voudrais point être pape.
«<** Voyei en la relation dans GuUhewm , U , 819 ( tiiée des archives de Turin ) ; fVarstiten , 1. c. 390 ; Brukntr, CttnauUiê du pays de BàU ( Mêrkwùrd. d. Latukehafit Boiel ), p. i&75.
m fVuntisen.Lc.
*•• 9 avril 1449. II mourut à Genève le 7 janv. 145i. Art de vérif» ia dates, p. 837. >
*<^' JEncBosSylvius,}. c. 135.
"* La ville de Nyon ( ch. n. 15Î ) lui écrit : « Sanctitati et Excelsiludini vestrae. » =Voy. sur cette charte la savante et judicieuse discussion de M. Grenus, Documens, etc. p. 66 et 67, n. Ift. G. M.
*•• « Castra, » ville, châtellenie , mandement et ressort ( à réception des domaines réunis au sire François de Bussy ). Testament dans Gutehenon, II, 304.
"« .In augmenlum feudi nobilis et ligii;» il lui avait déjà donné précédemment « Slavayacum » ( Estavayer ). Ibid.