LIVRE m. SECT. 2*. CHAI?. I
merce de Genève avec l'Allemagne était déjà si considérable y que les villes de Souabe prirent les armes pour le protéger contre le comte de Lupfen, les Landenberg et d'autres brigands delà caste nobiliaire ^^''. Pour éclaircir les rapports intérieurs des villes du Payfr^ de'^Yaud^ nous ne citerons qu'un exemple, celui de Nyon : Nyon, centre d'une banlieue importante, et ress(H*t dont la bannière servait de point de ralliement aux sires de Coppet, de Prangins, des deux Monts ^^*, de RôUe et d'Aubonne, était le cheWieu d'uû mandement qui s'étendait depuis le milieu du lac de Genève ,
le long des rives populeuses du pays de Gex, jusqu'audelà du ruisseau d'Alaman ^^^ , et dans Tintéirieur du pays, au-delà des collines vineuses, jusque sur le Jura et au lac des Rousses *^^. Nyon possédait des bois *^* et des pâturages jusqu'à l'ormeau qui sortait de l'enfoncement au-dessous de Genthod *^^, probablement la frontière de l'ancien territoire de Genève ^^^. La communauté se composait de nobles et de bourgeois ; dans
*'^ Chronique de Stianpf, V, 13; Bahn, 307; Criuim, Chronique souabe. II, 50 , b. (édit. de Moser )• Les sires Mônch de Bâle et Jean de Rechberg « dont il sera question plus d'une fois, prirent part à cette expédition , qui eut lieu en 1440.
<>* « De montibus, veteri et grandi. » Ch. n. 152.
*^* é Juxta terram S^ Protasii , jnncto d'Estevey et Berolau > Ibid.
*^* c Âb aqua Orbà , lacum Rosses et vallem Fenas. > Ibid.
*'* « Jus marrinandi et bocherandi in monte nigro de Jura. » Ibid.
*'^ « Ab nimo subtns Gento ( Genthod ); » retraite visitée avec vénération et amour, dans la seconde moitié du 18* siècle, par des centaines d'hommes nobles et sages de diverses parties du monde ; lieux que je n'oublierai jamab, où Bonnet interrogeait la nature et sfenthoosiasmait pour Fespérance de Timmortalité.
*'* A un quart de lieue de là on a trouvé des monumensdes premiers Genevois. T. I , p. $5 , n. 13.
les familles des premiers ^ les armoiries ^^* et la maison faisaient partie du droit d'ainesse; pour les droits de l'humanité y c'est-à-dire pour la défense ^^^, Tordre civile la possession de ses biens ^^ et la libre jouissance des dons de la nature dans les forêts et les eaux ^^"^^ les gentilshommes n'étaient que les égaux des bourgeois. Le châtelain du duc avait la garde du château ; le pouvoir législatif ^^^ résidait dans la commune sous la direction du conseil et sous l'autorité du prince ^^^ ; la ville confiait ordinairement ^^^ le pouvoir exécutif aux syndics» au conseil et aux bannerets ^^^ Le premier de ces pouvoirs doit s'entendre des ordonnances qui concernaient les besoins de la vie^ le pain, le vin^ la viande^ le bois ^^^ y et la police intérieure. Ils jugeaient euxmêmes les crimes capitaux ^ mais le prince conservait le droit de grâce. A lui appartenait le corps de Thomme provoqué et tué en duel ; l'armure, à la ville; si le provocateur était vaincu, non-seulement il payait les frais,
*** « Sive annoriîs. » Ch, n. 153.
^'^ Il y a là-dessos plusieurs dispositions dans la vieille eh.
^^^ Les bourgeois mêmes pouvaient posséder des fiefs nobles , « lande septimii solnta. • I. c.
*'^ Les nobles et les bourgeois jouissaient du droit de chasse ainsi que du droit de pèche dans le grand lac, Ibid.
*" Les conseils et les communes peuvent établir des statuts , des ordonnances de police (« gitas, » sans doute « cridas») et expliquer leurs coutumes. IbiiL
^^* On proclamait les • crids » en son nom et au nom des bourgeois.
140 Outre ceux-ci ils avaient des gouverneurs (commissaires de quartiers), des greffiers et des huissiers.
^^ Les bourgeois pouvaient les élire et les destituer.
^^ m Cridas vini ministralis (le métrai, le maire ) mensuras sigillat • Les « macellarii ( bouchers ) messeliers » , les gardes champêtres et les bei^^ étaient nommés par la ville ( ou par le conseil ). Les poids et mesures étaient conformes à ceux de Genève.