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félicita lions de Rome et de Madrid. Les Calvinistes , croyant toute résistance devenue impossible^ n'avaient songé qu'à' se cacher ^ . Bientôt cependant ils osèrent reparaître. Les réfugiés se hasardèrent à passer h frontière par des chemins secrets. Des bandes se moD* trèrent* Nimes» Montauban^ Sancerre^ prirent les armes. La monarchie rejetait les Huguenots ; plus de foi possible en elle : ils s'érigèrent en fédération. Leurs chefs étaient captifs ou avaient été immolés ; ils en élurent à leur choix. Cinquante ministres et des proscrits en foule y réunis à La Rochelle^ y arrêtèrent le plan d^une république y assez semblable à celle des Cantons. Les villes se donnèrent, comme celles de Suisse, des conseils des Vingt-Cinq , des Soixante et des Cent. Les conseillers étaient créés pour Tannée et nommaient leurs successeurs. Vainement quelques ministres' avaient réclamé pour le peuple Télection, avec la souveraineté; on eût cru y en l'accordant , donner aux pieds à gouverner la tète. Le reste fut remis à la foi, à la discipline, à l'esprit de fraternité qui, de La Rochelle aux Alpies^ unissait les fils d'un même Diçu. Bientôt l'armée
^ UpopeUnièie, I. XXXL — D'Aubigné. — Sisnoodi. XIX.
^ Gomme J. Morelli, de Paris, oondaiimé à Orléans, mai iWt ^ Genève, le 16 septembre, el de nouveaa à Nimes en 1579. F^i^kiâ, p. 49. ^ Ant Royet soulenftît les môme» doctrines l NeochlUl. Bèie justifie Calvin , dnquel ils s'^tayaleot i • L'opmion de Calvin ne eoabat que contre la t)Tannie de ceux qui ont forclos le conaentcment do praple, pour s'allribuer Tattcorilé de tout foire, > 11 ^joQte s • Je vous p^^ de procéder fort discrètement , ayant Teipérience que telles maladies se gnérissent ploi6t par diète de patience, faisant que peu à pea les ms' lades se connaissent eux-mêmes, qne pav pmi^alîon violente t dontaft peuple n'est pas volontiers capable > ( S5 octobre 1373 ). fntcAf. d'OdvUr Perrot, Ms», D'un autre côté» un cerUin Peocet . à qui l'on a attribué la St. -Barthélémy , offrait au roi le plan d'un gouvernement hkh delé sur celui du su^ltan. De Thou*
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royale s'avança contre La Rochelle. La défense fut hé<roïque. On eût dit les assiëgeans liés par une conscience coupable y les assiégés gardés par une vertu du cieK Le duc d'Anjou y qui commandait, était livré aux conseils d'une cour folle et factieuse. Au camp, comme à Paris , on vivait entre les galanteries et les processions. Ce n'était que fêtes , que rivalités d'amour, qu'amitiés formées et trahies. Dans ce désordre, l'armée se fondit sans gloire ^ . Les Suisses de Tammann et de Heidt périrent presque tous. Avec l'anarchie -se répan** daient de plus en plus des doctrines subversives du pouvoir. Ce fut en cet état de choses , le 30 mai 1574, que mourut Charles IX, âgé de 24 ans'. On raconte qu'il fit venir auprès de son lit de mort Tugginer, capitaine de ses gardes suisses. Le brave, éprouvé dans cinquante batailles , approcha , couvert de pied en cap d'une peau d'ours^, selon sa coutume de se vêtir; et Charles , pour dernier ordre , lui enjoignit de recom*^ mander à ses chers compères de garder à ses succes»> aeurs bonne et fidèle amitié.
Le duc d'Anjou monta sur le trône sous le nom de Henri lU. Depuis Jarnac et Moncontour, les Suisses lui connaissaient une valeur brillante , et des dons qui 8'étaient usés dans de précoces débauches. Ils en**voyèrent le complimenter ^. Les ambassadeurs se pré--
< SîsBKMidî, XIX, 909. — Upopelinière, 1. XXXII. — ITAabJgné.
' Adoré des uns , comme un instrument de Dieu , aux yeux des au- Ifcs le Uérode du massaore des Innoeens. L'Étoile, p. 8S. •«*• D'Anlngné, II, 189. — Lapopelinière, XXXVIL ^ Bnntftme.
* Le « Toquenet • des historiens ffran^is. « On Peftt pris pour un diable sauvage; il n'en était pas moins fort poli dans ses manière». • 11 était neveu de FrœHch. VaitrL Sîg. — C&nservatéur mtiêêe, FUI, S4.
• Steltler,— Blonlscbli, Mem. Tîgurina, 168.— Vaterl. SIg.— Instruct.
i32 HISTOIRE DB LÀ SU1S6E.
sentérent, les Catholiques d'un côtë^ les Réformés de l'autre. Ceux-ci avaient à leur tète Kambli, bourgmestre de Zurich^ protestant sincère^ et l'avoyer de Beme^ Béat de Mullinen^ d'un esprit fin et conciliant. Parmi les Catholiques, on remarquait Pfyffer et Lussy. Kambli s'exprima avec franchise sur les périls dont le trône était environnée II osa plaider pour ses coreligionnaires et solliciter la grâce de la famille de^oligny. Lussy avait reçu des pieux Unterwaldiens une ins* truction particulière. Leurs esprits étaient demeurés frappés de ce qu'avait prédit le bienheureux Scheuber d'Alzellen : qu'en punition de leur alliance avec les Turcs aucun des Valois ne mourrait de mort naturelle ^ Ils croyaient devoir en aviser le roi, pour qu'il cherchât à échapper à son sort. Mais le langage inusité des envoyés suisses trouva peu d'accueil à la cour. Henri se fit raconter quel avait été le pieux ermite, mais il n'en courut pas moins au-devant de son destin. Il prêta d'autant moins d'attention à la voix de Kambli, que déjà ses représentans en Suisse avaient reçu Tordre de lever des mercenaires pour achever la ruine des Huguenots.
L'épuisement des finances du royaume rendait diflEn cile la charge donnée aux ambassadeurs français^. Naguère encore le meilleur revenu de l'État s'employait à payer les Suisses; mais à cette heure il était emporté par la guerre ou dissipé par la cour. La France
der Gesandten. Abtcheide S. S. S 27. — Recès de Baden , 6 man 1575. — Vie de Lossy dans rHeWetia.
* Le langage de La»y cachût on aecret avis de ne point pacdaer avec les Hoguenots.
' Hanlefort, frère de Ppmponne de Bellièvre, U verdis, dans les Grisons , et Schlomberg» ambass. extraordinaire.
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devait aux Confédérés deux millions ^; et cependant elle ne leur envoyait que des promesses trompeuses et des chaînes avec le portrait du roi. Néanmoins Schomberg sut obtenir 6^000 hommes. In der Halden et Zourmatten en reçurent le commandement. L'un était le brave qui, de sa main, avait conquis deux drapeaux à Moncontour; l'autre , vieillard de 72 ans, servait la France depuis Cérisoles. Mais, ni leur expérience , ni leur courage , n empêchèrent les deux régimens de se consumer sans succès en Languedoc, en Provence et en Dauphiné. Point de cavalerie pour les soutenir. Ni tentes ni vivres'n'avaient été préparés. Les maladies se joignirent pour les combattre aux armes de Montbrun, de Lesdiguiéres , des fils de Coligny et du brave de Glane-Cugy, gentilhomme du Pays-de^Vaud ^. Ils étaient réduits de moitié lorsque , le 1 2 juin 1 575, ils furent attaqués sur les rives de la Drôme, dans une position désavantageuse^ par 7,000 Huguenots ^« Ce jour ils les repoussèrent. Mais, pressés le lendemain de tous côtés à la fois^ ils perdirent plus de 4,000 hommes. Zourmatten eut quelque peine à ramener à Die les débris de son corps, qui ne tarda pas à être licencié *. Les Calvinistes I de leur côté, travaillaient la Suisse
* L. i,6Si» 4iS, non compris 70^000 k en rentes constitaées. « Or de penser joair d'eux sens les satisfaire, on sait qu'ils n'entendent cette raison. • Hautefort d la eowr.
^ In der Halden saecomba. Ses grands lùens suivirent son nniqae héritière dans la maison des Réding. Son régiment fat donné à Séb. Tanner, qoi venait de quitter le service du pape pour celui de France. Les, articles Halden. Maiten. Tanner.
' Monibrun avait partagé sa troupe en trois corps, commandés par Abel Bérenger de Morges, le sire de Ghampollion et lui-même.
* Octobre 1574. — Vie de Lesdiguiéres, par Vidal, 47.-* D'Aubigné. — De Thon, UH. — Haffner, mss.— Zurlanben , V, 7.— May, V, 961.
réformée. Quelques-uns s'uoirent à des réfugiés de BesançoD pour tenter une eiitrc|)rise sur cette ville *. Maintes fois^ dans le cours du siècle, la cité impériale^ située au sein d*uae province espagnole , avait solicité ralliance des villes confédérées, dans Tespoir de con«server ses belles franchises par le secours de leur nota redouté. Elle s*était adressée à Berne avec instances. Berne avait été retenue par la crainte de provoquer le roi d'Espagne. Cependant la Réforme s'était alliée dans Besançon, comme ailleurs, à l'amour de la liberté. La moitié de la ville était protestante , lorsqu'un décret de TEmpereur^ y défendit Texercice du nouveau coite et contraignit à lexil des citoyens nombreux. Cétaieni ces bannis qui, répandus dans les pays de Montbelliard, de Neuch&tel et de Vaud, avaient su s'y faire des amis. François de Lettes, baron d'Aubonne, avait levé pour eux 300 hommes dans les environs de Morges. On comptait, pour se maintenir, sur les secoursderélecteor palatin; on marcha. Les réiîigiés se cachèrent dans un petit bois , à une demi-liei;» de la cité ^. Un Français , protestant comme eux , feignant un grand amour des
^ Pièces relatives à la surprise de Besançon, dans les Membres et documens inédits sur la Franche-Comté, 1 , 825. — Histoire touchant la surprise de Besançon , dans Cimber et Danjou, IX. — Dictionnaire du C. de Vand par Letade , article jÉtAonné, — Lea, articlea Lênsê, Béêanu, — Ardi. BeraoiteB. -* L'alttanct des villes siiiaiea atec BewnçiM» tTah pris fin en i5SS ; cette cité en sollicite le renovfelleiDefit en i§7ft, 79, et en 81 ; elle est, en i58é, renoote avec Friboorg et Sdeure poir iO ans, et finit en 1569, sur les représentations du roi d'Espagne. Hagnêr, /. 468.
^ On 9 juin 1575. Ghampagney, ie plus jeane des GranveUe, unii donné dans son hôtel Thospitalité à deux Jésoites, converls d'Un frac qui n'était pas le leur. Notiu tur U$ maisûnt GranvêlU et Sw Mânruê par Dte-
* Le lundi, SO juin 1575 ; dans le bois de Ghaletenlc. Le nom d'O-
aniiquités de la ville ^ s'en était fait montrer les lieux les moins* fréquentés, et avait découvert une vieille tour, la Pelotte, qui s'avançait dans le Doubs; ils atteignirent ce point sur douze batelets, et pénétrèrent dans la place avec l'aube du jour. Ils comptaient sur les bourgeois. Mais déjà le sire de Yergi, comte de Cbamplite, qui avait eu vent de leur approche, venait au-devant d'eux* « Amis ou non ? )> leur demanda-t'^il. Un coup de pistolet fut la réponse. « L'Evangile! Ville gagnée! » crièrent les assaillans. Peutêtre Teussent-ils emporté, si les Suisses, qu'ils avaient attendu toute la nuit, fussent arrivés , et si un coup de pertuisanne n*eût fait tomber de cheval le sire de Beaujeu qui commandait* Quelque embarras s'en suivit. L'artillerie joua '. Criblés par les balles, hachés par les boulets, les prolestans reculèrent. Ile finirent par être écrasés. Les Suisses que de Lettes avait enrôlés pour aller en France, voyant qu'il les avait trompés ,. avaient refusé de le suivre et s'étaient dispersés.
Tandis que se passaient ces choses, les Calvinistes français cherchaient à obtenir des villes suisses des secours plus considérables*. Le jeune prince de Condé, ayant trompé la cour par une feinte abjuration, s'était enfui à Bàle^. De cette' ville il se rendait tour à tour à Berne et auprès de l'électeur palatin. L'électeur, lui
range était aussi prononcé. Ils se trouvèrent six à sept vingts. Les capitaines neuchftteloîs de Diessc et des Tertreanx avaient éprouvé une vive résistance à Morteaux. Droz, HUt, de Vonhvrlier.
* L*arcbevêqne lui même, A. de laBeaulme, marcha contre eux,ajant la rondacbe et le coutelas à la main. Mémoires, .Z70,
* Stettler, — Haller's chronik. — Zurlauben, V, 24; il cite des niétnoires de Qredér. — Recueil des choses advenues en Farméc commandée par Gondé, 1577.
* Il y passa tiii an, au Engelhof , où se lit sa devise : « Pro Ghristo et
ayant promis son assistance, envoya en Suisse un homme adroit ^ insinuant , propre à plus d'un genre d'affaires 9 te docteur Beutrich '• Sous le prétexte de discussions théologiques , qu'il entendait mieux que personne^ le docteur se rendit à Berne et y pénétra secrètement^ sans bruit, dans toutes les maiscMis* Béze, que le sénat écoutait volontiers, lui prêta son aide \ L'élite de la noblesse bernoise arrivait dans ce moment de Hongrie , où elle avait été servir l'Empereur contre les Turcs* Albert de Mullinen, Louis et Pierre d'Er* lach , Béat de Bonstetten , Benoit Nsgueli , Walter de Diessbach, Antoine May, Bernard Tillmann, Rodolphe de Graffenried et Ulrich Koch s'étaient distingués dans cette guerre. Ils s'engagèrent à lever chacun une enseigne de 350 hommes , la plupart à leurs frais. Les capitaines Irmy de Baie, Guy, Hory, Lardy, Desoostes et Henry de Neuchâtel mirent aussi chacun une compagnie sur pied^. Bientôt 6,300 hommes,, sous les co-*
patri dalce periclam. » On fut bien surpris des mœurs de ces pieux fugitife. « Jamais plus de patUardiaes* Chevauchaient-ils dans la campagne» leur plaisir était de fouler les moissons. On leur eût fait affront s^ils fussent demeurés plus longtemps à Bàle. > OcAj. — Stettier, 1574.
* Dans les premiers jours d'Août 1575.-^ Leu. — Arch. de la maison d^Orange, Y, 522, etc. —^ La Graffinière représentait Gondé à Neuch&td.
' « Suivant le conseil de Mdlune je m'adresserai à Bète, qui peut beaucoup. Je m'en trouve merveilleusement entrepris , pour beaucoup de respects. C'est cet homme qui constitue toute sa grandeur en l'advan^ cément de la religion el est de grande efilcacc ; lequel pour avoir l'esprit clair, ne se rend opiniâtre. Il n'est si intact sur l'ambition qu'il ne voulût bien qu'on l'estim&t avoir été auteur de grande chose. » Hautefori à BeUiévre, 16 novembre 1575. — Bëie va souvent à B&le, auprès de Gondé. Varillas, Histoire de Henri II J, f^ 255.
* Jean Ghambrier était maréchal-général de l'armée. — Zurich même olTrit du secours. Lettre du duc d'Alençon "aux magnifiques seigneurs de Zurich pour les remercier de leurs offres de servise {mss, Colbert^ 399).
lonels Louis et Guillaume de Diessbach , se disposèrent à franchir le Jura. Le sénat ayant > à la demande de lambassadeur de France, fait fermer les portes de la ville et garder les passages, les braves traversèrent TAar à la nage et passèrent la frontière sur les préci-* pices et les neiges des montagnes^. Nœgueli, s'ëtant laisse faire prisonnier, aima mieux renoncer, à la bourgeoisie de Berne que rqoindre ses compagnons d'armes» L'ambassadeur du roi ,- Hautefort , à qui l'ar-* gent manquait , ne tenait plus dans sa main les fils qui avaient gouverné bien des mouvemens. Cependant, à sa prière, le sénat envoya des députés à la Neuville, où se formaient les compagnies, intimer à ses ressortissans Tordre du retour. Ils répondirait : « Notre honneur se trouve engagé. Soyez certains que notre conduite sera digne de Berne. Dites à M. de Hautefort que nous ne marchons point contre le roi , mais contre ceux qui le maîtrisent « » Une seconde députation atteignit les régimens qui passaient la frontière , marchant au son bruyant des trompettes. Us ne firent halte qu'arrivés sur terre étrangère. « Quiconque, dit alors Beutrich, ten-* tarait de débaucher nos soldats, recevrait la peine des traîtres. » La troupe courut se réunir en Lorraine aux Allemands du prince palatin \ Il ne i^esta à Hautefort que de presser, de soa côté, Tenrôlement, pour avoir des Suisses catholiques à opposer aux Suisses de la Réforme. Louis Pfyffer mena 6,000 hommes au roi. M^is
* « Si promptement que Tambassadeur ne sut oh donner de la tête. » llellone se jouait de lai.
> StetUer. — llotlio. — ll«nue! dn Conseil , 390. L'ambassade se fit appuyer par les Gantons catholiques. « Le sénat, dit Beutrich en riant, eût dû les rappeler avant qu'ils fussent hors de ses terres. » — Amers reproches de Hautefort, à Badon, 19 déc. i575.
déjà f depuis deux mois , Condé s avançait vers le oœur de la France. Son armée o£Brait aux regards un spectacle nouveau. Quelques mille catholiques marchaient dans ses' rangs. Les intrigues de cour les y avaient jetés , avec le duc d'Alençon. Henri de Navarre joignit aussi les drapeaux. Las de vivre captif à la cour, il s'était enfui, laissant le roi à ses mignons, aux caresses de ces chiens damerets, plus occupé de la révolution qui substituait le collet italien à la grosse fraise goudronnée que de celle qui minait son trône. L'armée, composée de ces étémens divers, colora son entreprise du nom du bien public. Forte de 30,000 hommes, elle côtoya la Loire, se gorgeant de butin. Les troupes royales étaient loin de pouvoir se qiesurer avec elle. Henri HI fut réduit à subir « la paix monsieur, » par laquelle, le 6 mai 1576, trois ans après la Saint *- Barthélémy, il oéda plusieurs provinces en apanage à son frère , recomiat le gouvernement particulier des Églises réformées et signa rabaissement de sa couronne* Il s'engageait à renvoyer ses auxiliaires et à payer ceuk des deux partis '. Témoins de l'avilissement de la royauté, les eathdiques détournèrent d'elle les yeux pour les porter vers le second des Guise.
Les Suisses rentrèrent dans leur patrie, les catho^ liques les premiers; les protestans après avoir attendu trois mois la solde qui leur était due ^. Les villes atten**
^ Il ne conserva que sa garde suisse et écossaise. — La mémoire de / CotigDjr fut réhabilitée.-- De Tfaou, UX à LXIL ^ Dovila, VK ^ D'Aubigné. — Bouillon. — L*ÉtoiIe. — Amyraait , Vie de Lanoiie. — L'écrit de Nicolas Manuel snr la S* guerre civile de Fraoce est-il encore quelque part?
^ G. Diessbacb , repoussant fièremênl ses soldats qoi voolaient leur solde , faillit, comme W. RoU , être mis eu (irison par eut.
daieat leurs ressortissans , Tœil sévère. Ils arrivèrent sans fifres ni tambours , les drapeaux baissés ^ Bâle punit les officiers de quelques jours de geôle. Neuchâtel ajouta à cette peine de fortes amendes ^. Berne condamna officiers et soldats à la prison ; mais pour leur permettre bientôt après de se racheter ^. Comme d'ordinaire^ les simples soldats étaient revenus malades ^ sans argent; les officiers seuls avaient profité.
De jour en jour ces chefs m^cenaires devenaient plus puissans.Ii se formait une Suisse nouvelle, que deux peuples habitaient : l'un déshabitué de la guerre ; Vautre composé d'un petit nombre d'hommes enrichis > façonnés aux mœurs des cours , accoutumés au commandement, environnés de milliers de soldats à leurs gages *. Dans les Gantons catholiques, ces officiers occupaient les premières charges de l'État ; du moins il devenait toujours plus difficile d'y parvenir par une autre voie que par celle du service étranger. Â Luceme, ils siégeaient leurs chiens à leurs côtés , traitaient légèrement les choses civiles : on eût dit un camp plutôt
* Albert de Maliinen osa seul faire son entrée enaeignes déployées , la rausiqae en tête.
^ Jaqneline de Rohao , graDd'mère da doc Uenrî I , avait permis les leféea ; Marie de Bourbon , veave de Léonor et mère tutrice de Henri , les avait sévèrement interdites. A la (Mrière des sept Gantons, Marie fit éloigner la marquise sa belle-mère. A l^JawioU ( prison bourgeoise j» elle ajouta de fortes amendes. Boive» — Reeés de SoUwrê.
* Les officiers 100 I., les soldais 5. SiettUr. -^ Miuim. — Manuel,
* • Geilbeit, Trunkenheit , Meid und Geiti. CéUfMir de Litèthen, carmen de eimitate Lueemâ. Gysat dit de ses concitoyens : « Ëbr verloren « vîel verloren; Leib verloren, mehr verloren; Qelt verloren , ailes verloren. * — L'Ëscarbot :
« Non , vous n*ttves plus rien de l'antique simplesse Qui soûlait honorer jadis voire prouesse. »
qu'un sénats Des bourgeois occupaient bien encore dans les conseils leurs places avec eux, mais de jour en jour moins considérés. Âm Lebn^ simple boucher ^ que ne parait aucun titre, avait été plusieurs années le collègue de Jost Ffyffer dans la charge d'avoyer. £n 1 568, les Ffyffer Ten exclurent. Dans le même temps, la charge du distributeur des pensions de France étant venue à vaquer , l'ambassadeur ^ la donna à Ffyffer de préférence à Am Lehn. Furieux, celui-ci ràUia les boui^eois, attaqua le parti français et s'adressa au peuple des campagnes. Sept cents honunes 4e Rothenbourg marchèrent sur Luceme ^. Plus prompts y ils y fussent entrés par surprise. Mais ils laissèrent le temps ^ aux citoyens de fermer les portes , à 600 soldats de TEntlibouch de prendre les armes et aux hommes qui gouvernaient les petits Cantons d m-tervenir. Dés lors ils n'eurent plus qu'à rentrer dans leurs foyers. Cependant Ffyffer était descendu à un
' Cysat, mss. En 1570, le Petit-Conseil recevait de la France iS ,000 L, le Grand 9,d00, les citoyens i,700. S'il fant en croire André ( Politischc Denkwnrdigkeiten der Gantons Lncems), les pensions de France sTélev&rent en 1569 à 11S,000 I.; de 1544 à 52, elles avaient été de 58,000. On distribua toujours plus à quelques hommes régnans, toujours moins an grand nombre.
* Gomme Kistler, à Berne , Waldmann à Zurich, il y avait on sièci&. C'est id le pendant du Twinghernstreit
* « Der Herr. • Helvetia^ V, 551.
* Se plaignant «du mode de . nomination aux emplois. » C'étaient eux qui, en 1575 , s'étaient soulevés contre « les porcs du roi, Fran$9^ fiche Kronenfresser, • Helvelia, VU, 554. Une^première levée de boucliers se fit en carême ; on la nomma « guerre des harengs • ( Hœring Kri^) ; la seconde le 50 juittet 1570. £n 1573, TEntlibach, excité par les petits Gantons, s'agita à son tour; il voulait payer ses censés en nature, non en argent. Chr. Lue, mss,
^ En s'arrétant au pont d'Emme. « Frledli > les devança et les trt« bit. — Zurich et Berne offrirent leur secours.
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arrangement. Am Lehn et lui sëtaient assurés par une convention secrète le gouvernement de la chose publique. Nominations > pensions, ambassades, ils disposèrent quelque temps de tout en commun.
Mais l'accord entre des hommes intéressés ne dure qu'autant que la nécessité leur en fait une loi. Am Lehn 9 croyv&t s'apercevoir qu'il était trompé, prêta l'oreille aux envoyés de Venise, de Rome et d'Espagne. PfyfiFer, de son côté, lorsque les paysans furent rentrés dans l'obéissance^ crut pouvoir lui montrer ouvertement qu'il ne le craignait plus. Il le fit exclure de la charge d'avoyer ^, et lui refusa une place de capitaine en France , qu'il demandait pour son fils. Alors Am Lehn se livra à de nouvelles fureurs. Il n'hésita pas à révéler son propre crime, parce qu'il était celui de ses ennemis. Il montra quelles mains gouvernaient la république et comment se faisaient ces grandes fortunes qui élevaient quelques hommes au-dessus du reste des citoyens. Il acheta sa grâce par son aveu. Son adversaire s'enfuit à Baden, pour y attendre que les premiers mouvemens de la colère publique se fussent apaisés. Mais voici Gloos, un soldat, qui se lève en conseil, se tourne vers Am Lehn et lui dit : a Si ce que tu nous as appris de Pfyffer est faux, tu nous as trompés; si non , tu es un parjure comme lui; tes biens et ta vie comme les siens sont échus à la république* Pourquoi, dans l'une de ces alternatives, n'a^-tu pas reçu le châtiment qui t'est du? Pourquoi, dans l'autre, n'est-il pas permis à Pfyffer de venir prouver que tu es un scélérat , indigne de toute foi et de tout honneur? » Pfyffer revint
^ Cette chtige n'était pas encore à vie ; mais (fordiqaire on confir* mait les anciens avoyers. CyiaL
à Lucerne, accompagné de l'ambassadeur de France y une lettre de la diète à la main. Son neveu ^ le vaio* queur de Meaux, et toute sa famille se pressèreot autour de lui. Ils vantéi'ent ses services passés et ceux qu'il pouvait rendre encore. Leur crédit le sauva. Ce fut sur Âm Lehn y à son tour^ que plurent les accusalions. Il fuit. Ses biens furent confisqués. On raconte qu'il alla mourir pauvre maître d'école dans TUnterwald ^ . Les Pfy fier régnèrent dés lors à Lucerne sans contradiction ^. Louis Pfyfier fut élu chef de TÉtat et le demeura tant qu'il vécut. Les Confédérés ne ooo* naissaient pas d'exemple d'un homme qui se fût élevé si haut par la richesse , la gloire et Tamitié des têtes couronnées. Aussi les étrangers le nommaient-ils le itn des Suisses. Le peuple des petits Cantons en murmurait parfois, (c Les Lucemois, disaient ceux d'Uri y sont les serfs du roi et prétendent nous gouverner tous^. » Mais ils ne tenaient ce langage que parce qu'ils étaient eux-mêmes vendus à TEspagne^. On était loin des jours où l'on combattait pour la Justice et Téga^* lité. Les rois commandaient le service, les rois le payaient. Paris ^ Rome, Madrid étaient la patrie : Ton y avait son premier intérêt.
Les mœurs nées du service mercenaire étaient bien près de devenir aussi celles des villes évangéliques. La Réforme , qui les en avait bannies y et qui y dqmis un demi«-siècle , leur en fermait le chemin y ne leur oppo* sait plus la même résistance. Bien que la sévérité des
* De Gonsule metor. Horme,
^ n n'y avait pas un siècle qu'ils étaient à Lacerne. ' « DeskonîgseigneLOI. • Chr, Lueem, nus.
* Cfaron. Luc. mss. — Der Xampf der Parteienin Lucero. IMS-74. von BaUfaazar , dans THelvetia , V, 528.