‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 15 sur 75 · LIVRE X. GHAP. H · texte numérisé non relu

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paroles de Zwingle fût justifiée par l'événement , ses successeurs ne les répétaient plus que d'une voix affaiblie* BulUnguer avait un pied dans la" tombe. Calvin avait plaidé la cause de l'alliance française ^ Bèze n'avait épargné ni lettres ni voyages pour entraîner Berne dans la dernière expédition. Depuis que la majesté du caractère de Calvin ne gouvernait plus les conseils de Genève et les cœurs des chefs de la Ré* forme ^ y la discipline avait perdu de son nerf , la parole des prêcheurs de son autorité^. Le changement fut surtout remarquable à Genève dans les années qui suivirent la Saint-Barthélcmy. Un grand développement dans les fortunes y fut suivi d'un changement no;i moi ns grand dans les mœurs. Les premières porsécutiona de France avaient frappé les classes inférieures ; elles avaient donné à Genève des hommes actifs , qui y avaient transporté leur industrie. Fabricans de drapai orfèvres ^ pelletiers , imprimeurs , ils amassaient de la richesse par le travail. Mais la Saint - Barthélémy ayant jeté hors du royaume des hommes d'un [dus haut rang^ il en résulta des affaires plus considérables cl de nature à conduire par une voie plus prompte à la

* La Toie élaît glissante.

^ Ce n'est pas que la voix de Bèae fût sans gravi lé. « Je pense à voua jour el nuit, écrit- il à Henri de Navarre; je crains que j'incendie ne vous enveloppe. Que Tennemi ne vous empêche pas d'assister an sermon. Écoulez la parole de Dieu ; meltei-la dans votre cœur, et qu'elle règne sur vos yeux et sur vos oreilles. J'honorerai ceux qui m'honorent, dit le Seigneur. • iO juillet 1572. — Consulté par les Églises des Pays- Bas sur Tobligatlon d'observer la paix de religion , il fait entendre la voix de la tolérance et de l'équité. Arch. d'Orangé, Vll^ 135, UÔ.

> « S'enhardissent- ils jusqu'à donner quelque avis an magistrat, ce- Ini-ci s'en lient ofîensé. » — Le Conseil n'exécute pas les arrêts du consistoire. — Vial, notet extraife» de diven regiêiresei tnanutcriU^fnss,

fortune. Alors Genève commença à faire valoir^ comme Baie, ce qu'elle avait amassé de capitaux et ce qu'une position heureuse lui donnait de crédit ' . Plusieurs abandonnèrent le petit commerce pour le grand , d'autres le grand pour la spéculation. Pyrame de Candolle ayant demandé rétablissement pour des Juifs de Francfort^ : « Que ne constituons -nous plutôt nousmêmes une banque y dirent messieurs de Genève ? Qui ne placera volontiers son bien dans une ville respectée par les tempêtes , où la justice est courte et bonne ^ où le bras des puissans ne peut atteindre. Ceux qui nous auront confié leur fortune seront intéressés à veiller avec nous sur les traces de nos ennemis. » Mais déjà des relations multipliées avec les grands y les richesses accrues et l'impatience du joug avaient amené bien des infractions aux lois de Calvin. Les conseillers se drapaient dans de longues robes, pareilles à celles des magistrats des villes suisses. Des oreillers de plume avaient recouvert leurs sièges naguère de bois* Des femmes se montraient parées de guimpes et de bracelets d'or. Les tables se couvraient d'un double dessert ^. Bientôt on entendit déclarer le consistoire inutile. <c A quoi bon ses remontrances vives et fréquentes ? Dans les causes matrimoniales y il suffit qu'il ait exposé le vrai sens de la loi de Dieu. En un pays où l'on a distingué le temporel du spirituel, la question d'application ressort du

^ «On empranta, pour prêter à un gros intérêt, au iO, aa 15 et bien pins haut »

^ 11 présenta à Messieurs lejuif Salomon Oslas , qui s'offrait de leur payer un tribut de 6,000 ducats , et de doubler la somme en temps de guerre. Il y eut 80 voix dans le Deux-Cents pour accorder la demande.

* Le nombre des serviteurs se multiplia. Furent gens de qualité ceux qui ne travaillèrent plus de leurs mains.

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magistrat. » Lia peine de Tadiiltère fut réduite à quelques jours de prison et à 40 écus d amende ^ Le droit de grâce fut conféré au Sénat ^.

Les pasteurs^ il est vrai, n'étaient pas les témoins muets du renversement de Tordre de Calvin ^. Ils s'é« levaient contre le luxe^ Torgueil ^ la mondanité. Us ac-» cusaient surtout la dureté des riches. « Je crois y disait Perrot, que si Christ revenait sur la terre et se présentait dans notre ville , il n'y serait pas écouté qu'il n'eût offert un répondant ^. » Trembley soutint qu'il y avait en enfer plus de charité qu'à Genève. Deux chaires de droit furent créées et confiées aux célèbres jurisconsultes Hottmann et Bonnefoi. « Un pareil établissement , dirent les ministres^ est fait pour ôter du lustre à la théologie y pour attirer à Genève des jeunes gens de qualité, de mœurs dissolues, et pour achever de ruiner la discipline de l'Église. » Ils tonnaient contre l'accaparement et l'usure. Se fondant sur la loi de Moïse , ils appelaient de ce dernier nom tout prêt à un intérêt plua élevé que le cinq pour cent ^é Bèze avait plus de

^ La peioe varia suivant les temps et les personnes.

^ Vial, msa. — Extrait de r^gbtres divers par J. L. Mallet -*- Regî»^ très dn Conseil* — Picot •— Léti , 214-

' Peu avant 1572 , ils se montraient encore pleins de déférence. Ils avaient le pas devant les Conseîb dans les cérémonies publiqaes ; ils demandèrent « de marcher à gancfae de Messieurs , > reconnaissant que

• l'honneur d*é(re mèléa aux rangs de la seigneurie dépassait leur vœu. •

• Mais lorsqu'ils virent renverser Tun apr&s l'antre les édita de Calvin » ce gk'and trésor de Genève» ils montrèrent la ville que ces édtts régissaient comblée de bénédictions • tandis que les grands États étaient remplis de confusion et de troubles. • FûtL

* • ira4-on pas vu des seigneurs de la ville laisser de grands personnages se tenir debout devant eux . la tête nue ! •

' Quelques-uns voulaient qu'on lapld&t.le syncKc Varro , qui avait prêté au denier dix. Le Conseil dut le punir « pour ne donner à crier. •

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lumières et moins d'emportement que ses collègues, il savait que le prêt de l'argent est soumis aux ehanc^ variables du commerce; Calvin' et Mëlanchton lui avaient enseigné l<e vrai point de vue en cette matière. Mais il s^élevait contrie les profits hors de raison que Faisaient quelques liommes, aimsant des besoins de ieurs frères, il eut voulu voir Genève plus attentive à conserver sa réputation et moins avide de richesses. <t On rép&nd , s'ëcriait-il , que chacuti est banquier dans celte ville ^ ce qui est bien odieux. L'esprit de Bieu s'est-^il donc d^ retiré du mitiéu de nous ? Pour^ qubi faut-il que des deux yesut de ht république l'un soit rempli de poussière! )» Il fit un livre sur ce qu'il pensait des droits et des devoirs du magistrat^; mais Messieurs n'en permirent pas la venle , par la raison qu'il renfermait des vérités odieuses ^.

En itième temps que de la censure du clergé , Messieurs de Genève dierchaient à s'affiranchir du contrôle du peuple. Plus leurs fortunes croissaient^ plus il \eùT paraissait )iumi(iant et dangereux ^ de laîwer formuler la loi par l'assemblée des citoyens. Dès

A Zonridi, à Vevey, partofrt on disaK t • la vitte eM pHeine de venevien. • Les marchands , an scandale de plosicnn , araient fait p<mr la halle oà its avaient obtenu de pouvoir s'assembtor , des réglemens qai respectaient peu fts éditt.

* Calvin commentait Moî^ parla 161» constitution de Jasliaien.

^ fie eïergé dut tesser de ^prendre part à la nomination des «ncmis dm consistoire.

> Dejnre raaglsftrataum. « Livre ^poarraft occasionner liilevn des troubles que Genève serait aceii»ée d%voir eansé.' • ^- M noftt ia7S. T^jCs paslears Goladon et Lefendieus furent casaés.

* • C'est ^ds délsagréttble iet présqn'iESpraticahfe , dé poiter as igénérai tout changement d'édits.... 11 n'y faut porter que les élediofis^... » Atn^ tes patriciens', à fk)me , trouvèrent dangereWt d'assembler les coibiéesdc» tribus. • - «

Tan i 568 , ils avaient su faire consaerer le principe qu aucune proposition ne pouvait être portée devant le peuple qu'elle n eût été soumise au petit et au grand Conseil. Us réussirent, deux ans après > à se faire donner le droit de lever des impôts , sans les avoir de-** mandés aux sufirages de la bourgeoisie ^ Dés qu'ils l'eurent reçu , ils doublèrent les gabelles ^ et «e déli^ vrèrent par ce moyen du poids des conitributions vo^ lontaires qui» lorsque G^iève était pauvre , avaient suppléé à rinsuffisance de ses revenus. L'usage s'introduisait peu à peu dé considérer comme inamovibles les membres des Conseils ^. Les mêmes hommes se per^ pétuaient aux mêmes charges. Les pouvoirs se cotacentraient en un petit nombre de mains ^. Jean BotilUer essaya d'arrêter les Conseils dans cette voie. U de-* manda la balotte ^ , ou le scrutin secret, dans les élections; la liberté, pour ,les membres du Deux-4]eBta , de proposer ce qu'ils jugeraient avantageux à la réfMi-<^ blique, et la nomination de doUEe conseillers muets, qui eussent le droit d'assister aux délibérations du Sé'^ nat ^. Oki lui rappela la loi d'une ancienne république ^ qui ordonnait aux citoyens assez hardis pour dMian-

* « Tous approuvèrêiil, exce|Hé ttois «a qMlre. Dîea y doiivt m béoédidiM. • iS7a.

* • A rimiUlion des villes allemandes qai s'éUseDt cnrichiespar.ee moyen. » 1577.

' On procéda par i'exclasîon de ceux qnî étaient jugés Indignes de siéger. Le giobean devint «ne fome.

* Berat «a put plus ^eAe à Genève, comme elle le fakaH nafaiM avec quelque reproche : > tout est chez vous soumis au populaire*. »

^ « GoBinie dans les villes italiennes , et non à YornUùi^ du secrétaire ; ce qnî mémo est négligé. ■ tS77.

* BMe , Looerne» Schaflhooae offraient l'image dt quelque ckmsê de

semblable.

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der un changement à la constitution de venir le pro-* poser la corde au cou. On lui montra, dans Xénophon, que Lacédémone n'avait vécu si longtemps glorieuse que pour avoir été fidèle à ses lois* Sians chercher davantage d'exemples , on lui rappela les périls par lesquels Genève avait passé durant les cinquante dernières années ^ , et l'obligation où elle s*était Tue de chercher un remède à ses agitations* Elle avait trouvé la tranquillité en suivant Texemple des villes de Berne, de Bàle et de Zurich. « Pourquoi troubler ce repos! Pourquoi ne pas considérer l'admirable tempérament des pouvoirs qui régissaient la république! Et quel temps prenait-on pour jeter la discorde dans ses murs ! Autant vaudrait ouvrir la brèche à l'ennemi. » La prospérité de Genève croissait tous les jours. Les citoyens vivaient dans l'abondance ; ils ae laissèrent persuader. Enflés par ce succès , les Consdls osèrent demander , comme étant les vrais représentans du peuple, d'être seuls chargés à l'avenir de la révision des édîts. Mais le Conseil général rejeta cette prc^io-

sition ^.

C'était en tous lieux que le peuple cessait d'avoir la part qu'en d'autres temps il avait prise à la chose pu-* blique. Cortès, États, libertés particulières se mouraient. Le pouvoir de quelques honmies s'élevait sur les ruines de l'influence populaire. La fin des guerres nationales avait préparé ce changement dans les Cantons. Tant que le peuple avait été tout entier en armes , il s'était fait redouter. La fière indépendanoe de

* • La hardiesse de plosieaTs n'a-t-elle pas été Jusque ptopoaer de faire donner l'estrapade aax à anciens syndics ? ■

i En 1582. > Pour mieox conlenir le peuple dans l*ÈUt dn inonde It pins sujet à séditions. > -* Rejeté, 11 nof. 1584. J» L. MaUet.

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ces milices 9 qui faisaient trembler les trônes^ tenait aussi les Conseils dans la crainte ^ Mais lorsque , dans les Cantons protestans, les peuples furent rentrés dans le repos , les gouvernemens ne cherchèrent plus qu à les y maintenir, loin des affaires politiques. Berne s'y prit avec une adresse et une persévérance remar-» quables. Four n'avoir plus à consulter les citoyens , le Deux-Cents, le pouvoir dominant de la république depuis la Réforme , s'était, en 1 560 , adjoint 99 membres choisis parmi les bourgeois les plus influens. Le clergé se voyait entouré de respects. Ses pensions avaient été augmentées. Les sujets du pays romand ne pouvaient perdre leurs habitudes de gouvernement propre. Les bonnes villes surtout ne cessaient de se plaindre de la violation de leurs franchises^. Nyon s'é« tait enhardie jusqu'à ressaisir le droit de nommer son Conseil. Berne écouta les plaintes , consentit à une rédaction des coutumes et lui donna sa sanction. Elle convoqua les États ^ ; mais pour leur demander 30,000 écus. Dès lors il ne fut plus de longtemps question de les solliciter. Dans les Alpes de la Gruyère, le peuple avait conservé Tusage de s'assembler pour délibérer sur la chose commune. Les baillis lui représentèrent

' lyaatant plus que le soldat valait mieux que Foifider.

> ■ Afin qa'à Favenir , de meilleur courage nous puissions vous faire^ humble service. • Recueil de$ /yriviiégee, II ^ 277, mê$, — C, de MulUnen. — Grenm, i570.77, ei 1580, i59i.

* A Pajerne, le 28 mai 1570. Six florins par ménage durant 8 ans, «pour achever de dégrever le pays. > Vive résistance. Lausanne ne veut contribiier que sous forme de don. L*impôt ne fut levé qu'après sept ans de lutte avec le pays et après que Berne eut confirmé les privilèges des villes ; elle se réservait > le droit de législation en matière civile et eccléaiaatiqoe. • Grenu. — SuitUf. Pourquoi les Vaudois n'offrirent-ils pas de se racheter entièrement?

combien il élait peu convenable que de jeunes bommes de 14 ans, incapables de gérer leurs propres affaires, prononçassent sur celles de la communauté; combien ia jeunesse, maîtrisée par les passions, était peo soucieuse du juste et de Tinjuste; qu'il suffisait'du seul mouvement d'une multitude pour lui ôter le calme nécessaire à la délibération. Ce langage plut aux préposés des communes. Les bergers sont pour la plupart dispersés dans les Alpes, sans ambition; d'autant plus dignes d'être consultés sur la chose publique qu'ils ne désirent pas s'en mêler ; ceux du château d'Oex remi« rent tous leurs pouvoirs à 28 d'entre eux. Ceux de Rou<gemont et du Gesnay ne puisent être amenés qu'un demi^ècle plus tard à confier à une aristocratie les pouvoirs de la commune '. Les membres des Conseils restèrent soumis à une réélection annuelle ; mais elle était obligée si, par des fautes graves, ils ne s'étaient rendus .indignes de siéger. Indépendans du peuple, ib furent souvent plus libres de suivre les mouvemeos de leur conscience. La nouvelle assemblée conserva le nom de landsguémeinde : souvent pour le peuple le nom est plus que la chose. Les baillis, le croira^tnm? eurent l'adresse de faire considérer ces changemens comme des faveurs et de faire solliciter de la seigneurie ce qui était l'objet de tous ses vœux^. Jamais le sénat

* ChftteUîn, banneret, greffier, 24jarés, 5 feifeD9et70 conseîUcrs fonnërent le Cent , repréaenUnt de la oommone. Les appeU allèrait i Berne; ceux du ch&lean d'Oex, comme, de coœbotti|;eois, à la booigeoisie et an Conseil ; ceax des anciens sujets des comtes , au GonseiL Gesnay jugeait en dernier ressort au criminel ; ce droit lui était vena di l'ignorance où étaient les comtes de la langue allemande. Berne avait la grâce.

' Mullcr's Werke, tome 23. Aubdnne avait quelque temps conservé

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de Beroe ne refusait durement une grâce ^ • Accordait-^ il quelque privilège, il en limitait la durée au temps où ceux qui le receraient se conduiraient en sujets (^is-* sans. Les indigens étaient persuadés par des bienfaits que le gouvernement songeait à eux. Leur nomkre était grand. La suf^ession du servage avait fait en-» trer dans Tétat légal une multitude affranchie , mais sans ressource. Une loi , de l'an 1 571 , chargea chaque commune d'entretenir les pauvres^ ses ressortissana» Cette loi changeait la commune Uhre du mayen«âge en une association nouvelle» Les bourgeois furent distin-» gués avec soin des dooûciliés^ Leur condition fut pré-cisée« Ce fut un nouvel aliment à Tesprit de localité, à Tesprit national un nouveau coup ^.

C'était ainai que les pères de la pati^ie formaient le peuple à des habitudes tranquilles, tandis queux<» mêmes, après avoir endormi la Réforme, se prépar iraient à renouveler leui^ alliances avec les rois« Plus même de ces jeux où le prix appartenait au lutteur le plus adroit^ au pâtre qui avait lancé ta pierre la plus pesante, ou à celui qui était demeuré le plus longtemps, et le plus avant, le corps penché sur le précipice. Berne défendit ces combats, que Haller a chantés. La Grèce a appris à aimer la gloire dans la plaine d'OIympie. Rome s'est formée sur le champ de Mars à la conquête du monde. Les Suisses ont appris à combattre pour la

son conseil coromonal; il fot supprimé, comme il l'avait été dans les autres villes du Pays-de-Vaud.

' Elle recommandait à ses baillis la douceur pins que rexaclitude, • afin que le gouvernement passât des pères aux enfans. »

* Les Mandats. — Glui's Rogwilcr Chronik » 54. — Les idées d'État changeaient et s'unissaient à celle de patrimoine , dans le gouvernement de la république comme dans les communes.

152 HISTOIRB DS LA SUISSB.

liberté dans les fêtes où le berger se rencontrait ane le laboureur; où les chants de guerre, les danses, les miles exercices s'alliaient an sein de la vieille hospitalité. Aux grands travaux succédaient les nobles délassemens. La joie était joie. La vie était belle. La patrie était la grande passion. Glorieuse, elle méritait qu'on mourût pour elle. Maintenant déchirée , méconnaissable, elle n'était plus la première affection que d'un petit nombre. Les haines religieuses avaient pris sa place. Les Confédérés avaient été prés de combattre les Confédérés dans les champs de la France. ' Chaque année le fanatisme allait puiser dans les guerres de ce royaume un aliment nouveau. Chaque année les auxiliaires des deux parti» rapportaient à leurs foyers de nouvelles semences de discorde. Les catholiques, qui avaient eu le dessous dans la dernière campagne , sentaient le besoin de la vengeance. C'est en ces cireonstances qu'un esprit nouveau se manifesta dans TÉglise romaine; que le réveil gagna les Cantons, et que sur tous les points elle quitta la défensive pour attaquer i son tour.

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