‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 16 sur 75 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

BORROMEB.

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L'arcbevéqne de Milan dans les bailliages des Suisses. — Ses efforts pour pénétrer en Valtelîne. — Le'sire de Rhézuns. -— Strafguérichts de Coire en 1572 et de Tusis en 1573. — Dreysieglerbrief (loi contre les soulèvemens) en 1574. — Guerre au eommerce suisse. -» Voyage de Borromée dans les Cantons en 1570. — GoUége helvétique à Milan. — Les Jésuites à Luceme etàFrîboui^. — Buonomiy premier nonce perteanent en 1578. — Joachim, abbé de Saint-Gall. — Christophe Blarer, évéquede Bàle. — Les capucins à Stantz et à Altorf. — Nouveaux efforts pour pénétrer en Valteline. — Borromée dans la Mésolcine. —

— Tectono et ses brigands. — Mort de Borromée ( 1684). — Caractère de sa réforme. — Dégénéradon des mœurs et des études cbex les protestans« — Le calendrier grégorien. — Le nonce Ninguarda. — Ruine imminente de la Confédération. —

— Douleurs des villes évangéliques. — Quelques jours heureux : les Argonautes znricois à Strasbourg.

La cour de Rome , inquiète du séjour prolongé de l'hérésie dans les provinces italiennes des Suisses^ songeait incessamment aux moyens de rétouffer. Elle avait^ dans ce but , cherché , pour l'en voyer comme inquisiteur à Côme , un homme qui fût pour cette frontière une sentinelle vigilante. Elle l'avait rencontré dans un religieux, d'une humble origine , qui voyait les sa vans, lavait les pieds du pauvre^ vivait dans l'oraiSon et

s^ait l'activité que demandent les affaires. Le peuple, i«>y«ot Ghisliéri marcher les pieds nus, la tète nue, la barbe plus blanche que la neige , assurait que sa vue seule avait converti des protestans« On cita bientôt les abus qu'avait extirpés l'envoyé de Rome , les couveos qu'il avait réglés ou libérés de dettes. Venise même se vit entraînée à livrer le petit nombre qu'elle cachait d'amis de la Réforme ^ L'homme selon le cœur de Philippe II, Ghisliéri fut nommé Grand-Inquisiteur. A la mort de Pie IV, il fut élevé au pontificat ^. Borromée , en contribuant plus que personne à son élection , avait cru travailler à porter la vertu sur le trône. U fut l'âme du règne de Pie V ^, comme il l'avait été du précédent Il n'eut pas besoin, pour exercer cette haute influence, de résider à Rome. Il se consacra à ses fonctions, sans sortir de son diocèse de Milan ^. Ambroise était son modèle; la piété sa passion^. Il avait abandonné son patrimoine à sa famille « Persuadé, comme Zwioçle et Calvin , que la pluralité des bénéfices esi eùBdamnable, il s'était douille de ceux qu'il possédait, et avait volontairement réduit à 20,000 ducats un revenu

< Le génie et la vertu s'onirent en vain pour protéger Garaéseocikî et Paléario. «

^ Lettres de Pie V. — Sa vie, par Caténa, ton secrétaire, dans les Bollandistes. — Ranke, i, 877.

' Giussiani, vita Borromtti.-^ Beacapo» vila^ — AcU ecclesi^ Iftdiolanensb. Milan 1599. — Œuvres» 5 voL Milan i7â7. — Lettres imprimées et mss. — La Biblioth. ambroisienne en renferme 51 volâmes, dont les notes d'Oltrocchî , dans la Vie par Gtnssianî , sont un extralL — Stoti, Cari Borr»nieu8, Zaricli, 4781. — Biogr. nniv. -^ Gui tu, tMy ria dî Codo, U. ^ HoUingert hùt. eccL, lU, 8&$ ^ 9^1,

^ Depuis 80 ans aucun archevêque ne résidait.

^ « Albanase baptisait ses compagnons au bord de la mer ; le jco de Borromée enfant fut de b&lir da oratoires , de les orner et de contrefaire les cérémonies de l'tgUse. * Qoéêau, vus ^évéqmn MuHr4s.

de 1 00,000 ' ; il iîit d autant plus grand qu'il abandonnait davantage. Statues, tableaux profanes, Umi ce qui pouvait rappeler la sjdendeur d'une cour avait été banni de son palais* On eût dit la demeure d'une eom« munauté religieuse ^. Bient6t l'on vit sortir en foule, d'une maison aussi bien réglée , des hommes d'égKse instruits» des vicaires de mœurs pures, des missionnaires dévoués ^, des légats qui surent faire respecter le nom de Rome dans les cours. Cette réforme ne s'ao-^ Gomplit pas sans une vive opposition. Un jour que le jeune prélat était à genoux devant l'autel, un coup d'arquebuse partit à quelques pas; sans s'émouvoir, Borromée acheva* sa prière ; et quand il se releva , Ton vit tomber à ses pieds la balle qui n'avait qu'eflDeuré son rochet. Dés lors il fut un saint pour le peuple , témoin du miracle. La peste que nous avons vue ravager la Suisse, descendit à Milan* Plus de repos tant qu'elle dura. Tantôt on voyait l'archevêque marcher à la tète des processions , baiser la croix et Tarroser de larmes , cherchant à désarmer le ciel; tantôt gravir sur de hautes échelles jusqu'au grenier du pauvre , pour lui porter un double secours ; toujours aux lieux les plus infectés. Comme les maux les vertus sont contagieuses. 11 suffit de quelques années pour que Milan fût nommée

^ il n'avait conservé que le revenu de son ardiev^hé et uoe peiwiim do roi d'Espagne.

^ Tel prêtre était chargé de ses aumônes publiques , tel des particulières» tel de tecevoir les hôtes, tel d'observer l'archevêque pour ne lui peripetlre aucun oubli de sa dignité. Tous ensemble, avant le soleil levé, sa^ loaienl, par un chant de psaume» le retour du matin. Jamais d'audience à une femme que devant deux prêtres. Quelque temps il mangea avec toute sa maison ; puis il prit seul le pain et de l'eau qui faisaient sa nourriture» pour ne point paraître condamner l'appétit de ses convives.

* Les Oblaii, dévoués à porter secours à tout besoin.

156 HISTOIRS DB LA SUISSB.

une Jérusalem^ le modèle de Rome. Elle devint pour la catholicité ce qu'avait été Genève pour la Réforme. Tout ploya devant Tautorité de Borromée, comme tout s'était courbé devant celle de Calvin. Hommages reçus de toutes parts , Tarchevèque les reportait tous à TÉ* glise. Il ne recevait pas de bref sans se découvrir la tête. On l'imita. Le langage du Saint-Siège rappela de nouveau les temps où la terre lui prêtait une obéissance absolue ^

L'activité du saint prélat embrassait les aflbires du monde romain et les plus humbles devoirs du ministère. Aussi n'y eut*il bientôt pas de lieu dans le diocèse de Milan vers lequel Borromée n'eût porté ses pas. Un visiteur le précédait. Le rapport de cet envoyé à la main^ il examinait y corrigeait^ introduisait l'uniformité des rits et relevait la discipline. Au moment de pénétrer dans les provinces des Suisses^ au pied du Saint-Go* thaM', il invita les Cantons à lui envoyer des témoins de ce qu'il ferait; il voulait désarmer les soupçons et s'aider du bras séculier pour vaincre les résistances. U eut bientôt gagné les députés ^ par ses dons^, sa savante adresse et l'autorité de sa présence. Ses paroles étaient rares , mais toujours assaisonnées. Uo sourire adoucissait la majesté de son visage. On comparait ses paupières à un arc-en-ciel de paix. Aucun sacrifice ne paraissait lui coûter , tant il le faisait simplement.

*■ La bulle Coma domini^ résomé des doctrines altramontaines, est de Pie y. — Rome avait poor toute force militaire 500 soldats, dont 580 étaient suisses; elle commandait au monde.

s En 1567, la première fois.

' Puntiner, Roll et Zam Brunn.

* • Ad demercndos legatomm animos • Lettre du cardinal, da 5 ii#- 9€mkre,

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Les députés finirent par ne s'écarter ni de sa personne ni de sop avis ^ • Réclamait-il des droits , comme appartenant à rÊglise : « Nous les donnons à votre bonté» » — Dites 9 se hàtait-il de reprendre , que vous les rendez à Dieu. » Us lui abandonnèrent le jugement des clercs 9 comme à un ange envoyé du ciel pour corriger. Des hosties, le corps du Christ! usaient abandonnées à la moisissure dans des vases couverts de poussière. Les curés vivaient publiquement avec des cpurtisanes et se montraient à Tautel entourés de leurs bâtards^. Borromée envoya les plm ignorans s'instruire et interdit aux plus déréglés ladministration des choses saintes^. Il visita jusqu'à ces lieux reculés ^ que foulent aujourd'hui les voyageurs d'un pied curieux. Ses Italiens ne l'y suivirent pas alors sans reculer d'effroi devant. la majesté des Hautes- Alpes, sans gémir sur des fatigues insoutenables, ni sans s'étonner de voir le premier dignitaire de l'Eglise se frayer un pénible sentier jusqu'aux dernières limites de la terre habitable. Avait-il atteint le laJte, tout baigné de sueur, c'était pour vaquer aussitôt à qudtque office du culte ; le salut des âmes le délassait plus que le sommeil *.

* • n a l'esprit tnBche-nœnds, ■ disait BaonomL

^ Les coBvens étaient • monialiam non dicam coUegia . sed amantium contnbernia. ■

* « Le plus grand nombre des hérétiques est ici raté, écri?alt le seciétaire bailtival en i5S9. ■ Reeé$ LucemoU, Ces restes de )a réforme protestante fuient étouffés. Meyer'ê Locamo, IL

* « Et quand ses prêtres sortaient» vaincus par l'odeur de cette mullîtude de pâtres , tous apportant la puanteur de leurs cabanes et de leurs écuries, Farcbeféque continuait, debout, sans Jamais se lasser d'élever rhoftie jusqu'à la demiéfe. • — • Son regard d^à consolait les pauvres gans. k— N'ayant trouvé qu'une petite ai}berge sur le St-Golhard, il j

158 HISTOIRE im LA flOtSSB.

Après avoir mite ces proviaoes, ilfiEza ses regards sur celles des Grisons ^ • Le pape lesf lui montrait à con« quérir ; mais une loi des Ligues en interdisait Tentrëe à tout eodësiastique étranger. On travailla , pour s'y fray w un chemin^ à gagner quelques hommes , des plus OMisidàables du pays. Baptiste deSalis^ fidtieà lan* ciemie foi , fut créé chevalier romain. Jean de Planta ^ seigneur de Bliézuns ^ d'une grande autorité ^ était en Hbétie le chef du parti impériaL II avait un fils qu'il espérait voir un jour évèque de Coire. Il ^ieiyanda pour le jeune homme la prévôté de Tégho , que les OrisoDS y ne croyant pas des réformés impropres à ré*-" gûr un couvent , avaient donnée aux Guiociardi. Fie V fit pour Pknta plus qu'il ne demandait. Il le nomma> pnr une butte ^, son proair(mr général , et lui confia , sous ce titre, le som de repr^Eidre pour TÊglise et TégKo et tous les bénéfices souillés par la main de rhérésie. Il menaçait de la colère de Dieu et de cdle des bienhen*vmx Pienre et Paul^ quiconque s'opposerait à l'exéculion de ce mandat. Le ton « l'extension de la bulle étaient de nature à rendre impossible l'accomplissement des vcBUX^ plus modérés^ qu'avait formés Planta ; il le fit comprendre à Rome. Une missive nouvelle ne fit mention que des droits de l'Église dans le diocèse de

(oûétL on bén^ce pwn éen prêtres , de l'ordre des Oblarts , avec 100 écas de revenu. Aajoard*hai deux capacins reçoivent les voytgean.

*■ Irfeyei's Locarho» II, 2SS. --- Gantn, II, 189, 196. — LWerdIs, méttoire dans lé Mercure français, X ; Lettres et mémoires , mss. danv^a Biblioth. royale. Sérilly, fl€-18, etc. — Tcbokke, OesdIkiHè von llhofien. — A Porta. — Sprecher. -^ Gampell, mss. — Qaadrio. — Reces des Diètes soiases. — Epîstol« reformatoram.

> Pridiè Gai. Martis 1570. — « Borromttas et Beatns episcopns atque qaidam aKi nescio quld contra evangdimn consuttarvnt. « HMrhi Ctttnpeiii fiiit, rhetiêarum UhrJ duo, e, 69.

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Côme. tJn troiaiénie bref étendit à ses fils et à ses petits* fils les pouvoirs donnés au seigneur de Rt^uns.

Fort de ces titres et de l'appuide son parent ^ Hercule de Salis ^ capilainé de la protiuce , Planta se rendit en ValteUne. Il fit inféoder le monastère à 90q fib Conrad, et crut ses vœux remplis K Mais iee Guicdardi, à qui les communes de Rhétie avaient ooafiirë T^^jtio, recoururent au peuple souverain. L w d'eux av«it épousé la sceur d'Antoine de Salis , d'un vieil ennemi de Planta : l'affaire'deviht par cette circonstance une querelle entre les deux maisons. Eik fut portée devant les trois dieCs des Ligues ^ chargés , selon le vieil usage y du courant des aflhires. Il s'agissait de savoir qui de Rome ou des Grisons régnerait sur la province; le Conseil n'osa jugera Rbézunsy effrayé , courut lui porter les bulles de Rome. Il persévérait à demander Téglio pour son fils ; mais c'était moins du pape qa*il voulait le tenir^ que de la libre volonté du peuple de Hhétie. Le Consul eonvoqna , mi nom et aux frais de Rhé2uas , un certain nombre de reprësentaos des commuBes^ : c'était ce qu'il avait eoutume de fiMre dans 4es «as difficiles. Mais le Goùseil agrandi n'osa , non plus , prononcer : déjà 4e peuple -s'était emparé de la question. Il s'expri*» atUkift vivemeut sut k compte de ces fils 4u ^ys qui lui

« Qc$ohte 1»7I.

' 5aivanlLiverdis/« I» concuirenee sarvenne en rélecUon de l'évé* qoe A t^orU fnt la principale canse do tnnuilte contre Rhésana, son MhiMMor. • Le people accusait Pta&U de pins d'un crime , eatr^autres érwmàtlMé le prMeatear Gellarfo , «de MoiImsix) , saiaî f^fès de Cirîa. veana par des honmes apoaléi, M brftié Hf à Rome.

' Un Bejtag; un Pittaeh, «dans le langage des ambassadeors français* pour lesquels le Sundestag est le Tuntach , on ponehac. Les majora des Beytage, pour devenir loi tfirvera^ne, devaient avoir la uncfioD dn Sandestag.

préféraient les colifichets de Rome, et recherchaient par des voies^ secrètes tel honneur qui était leur honte. Les brefs de Rome avaient été déposés dans les archives de l'État. Il ne fut pas difficile aux pasteurs de Coire, Eglin et Campell, d'en obtenir des copies. Dés qu'ils les eurent en main , ils se rendirent auprès de Rhézuns et le supplièrent de faire à sa patrie le sacrifice de son ambition. Il les chassa sans les entendre. Alors coururent les copies des trois pièces. Un sourd murmure se répandit de vallée en vallée. Planta lutta quelque temps , la flatterie, la menace à la bouche. Il finit par s'enfuir, espérant donner à la fureur populaire le temps de se ealmer. Le peuple est gouverné par l'inconstance.

Dès qu'il crut les communes redevenues tranquilles. Planta prit le chemin de l'Arlberg, de Pfeffers, et, traversant les solitudes du Kounkel, il rentra dans son château de Rhézuns. Ce fut en mars 1 572, peu de mois avant la Saintp-Barthélemy. Les soupçons, les haines n'habitent pas les seuls palais des rois ; les mêmes défiances qui portaient les princes à s'observer, l'épée à la main , se cachaient sous l'humble loit des bergers. Les ennemis de Planta ne répandirent pas en vain le bruit que des soldats se tenaient prêts à sortir des gorges du Tyrol, pour relever le papisme dans la Rhétie ; qu'à Milan se tramait la conquête de la Yalte- Une et le massacre des réformés. A ces rumeurs, mêlées à la nouvelle du retour de Planta, la Brégaille, Avers, Stalla, l'Oberhalbstein , d'autres coosmones encore de la Maison^Dieu , Schambs dans la Ligue- Grise^ toutes les Dix-Droitures firent flotter leurs enseignes, descendirent à Goire, et, campées autour de la ville, demandèrent justice. La majorité des communes

était sous les bannières ou y avait des l*eprésentans. Planta venait de descendre à Coire pour y prendre conseil. Ayant appris qu'on songeait à Tarrêter, il ne fit que tourner bride> et^ les larmes aux yeux^ il s'enfuit dans une des contrées les plus solitaires de la Ligue-Grise, au-dessus des forêts de Laax y chez un peuple catholique comme lui. Mais ses coreligionnaires étaient plus irrités encore que les protestans, de ce qu'il avait trafiqué des droits souverains de la Rhétie; ils le firent prisonnier. Des messagers coururent de commune en commune, appeler les patriotes sous les armes» Sept enseignes furent bientôt réunies. Ce fut environné de leurs bruyans essaims que Rhézuns descendit à Coire, les vétemens déchirés, sur une humble mon-^ ture, naguère le seigneur le plus puissant du pays, à cette heure objet de colère ou de compassion. Un jour suffit au peuple pour nommer le strafguéricht, tribunal chargé de sa vengeance ^ Barnabe Grass prit place comme président. Autour de lui se rangèrent quarante - deux rois de village. Ponticella, qu'une mort pféihaturée ravit aux lettres , dans lesquelles il promettait d'exceller > fut contraint de leur servir de secrétaire. Chaque Ligue choisit 200 hommes pour leur former une garde ^é

Des députés des Cantons accoururent supplier les juges de remettre leurs pouvoirs aux tribunaux ordi* naires. Ils reçurent pour réponse : « Élus par les com* munes de la Rhétie ^ notre seul souverain , nous avons vocation pour prononcer stir des faits qui touchent au salut du pays. » Alors deux orateurs s'avancèrent, l'un

* « Rbadamtnthea judicia. >

* « G«nmer. »

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