‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 19 sur 75 · LIVRE X. CMàF. IU · texte numérisé non relu

LIVRE X. CMàF. IU

assurait qu'hommes , femmes se réunissaient dans les grottes des Alpes ^ où des spectres impurs leur apparaissaient : le reste^ on n'ose le raconter. Ces écarts de la nature trahissaient la présence des puissances de l'en^ fer : Borromée n'en doutait pas. Il croyait, tant les préjugés religieux aveuglent les yeux les plus pënétrans, qu'un pacte infâme liait les sorciers au diable^ et que la rage leur faisait trouver leur plus grand plaisir à fouler d'un pied sacrilège les signes de la rédemption ^ • Aussi son premier acte futril de faire jeter à la torture les personnes suspectes de relations avec l'enfer. Le prieur de Rovérédo, le {Nremier^, avoua , dans les tourmens, avoir donné son âme au prince des ténèbres. Et lui , et quatorze femmes, qui confessèrent le même crime , furent livrés aux bûchersu Les sentences furent pro-* noneées par des ecclésiastiques, sans égard pour les libertés du pays. Tandis que les principaux étaient gagnés par des largesses, le peuple fut soumis par la terreur. Bientôt tout accourut à la pénitence. La tiédeur des prêtres fut châtiée. Les mariages mixtes furaobt rompus. Les familles évwgéliques coururent effi^iyées chercher une nouvelle patrie au-delà des monts. Cependant, l'archevêque faisait demander à Coire J'entrée de la Rhétie. Mais la voix des ministres y fut plus forte que la sienne. « A peine, dirent-ils, ce digne

* Lit ad Sabell. card. — • Ingens sagarum numerus. Sordenl templa, hUeni calhedrK. » Borromée s*éUit fait précéder par BorsaCus , célèbre joriscoDsalte milanais, qai s'était bien assuré de tous ces faits.

' Uomenîco Quattrino. • Son supplice par le feu fit idescendre une précieuse moisson de bénédictions. > RécU d^un témoin , dans les GemàUU der SchwtiU,Graubundien, 55. — Quodrio , U, 6S. — Leu, arU MUox. Compendio storico délia Mesolcina da a Marca, S* édiU 134. — i50 personnes renoncèrent au diable. Hottinger, 9S0. — Dans le val Calanka vivaient plus de cinquante familles protestantes. Anhorn pating. 72.

neveu de Médicis ^ a-t-il mis le pied daos le Misox , que rinquisidon y est établie et qu'il y règne en souverain : ou plutôt que l'Espagne y commande. Voulezvous vous donner à l'Espagne ? Qu'en pensera le roi de France votre ami ?» A ces accens , le peuple prit les armes. Les Brëgalliens se disposaient à tomber sur le dos des missionnaires , lorsque , par une prompte retraite , ils se dérobèrent au coup qui les menaçait. La Rhétie ne se borna pas à renouveler le décret qui fermait ses pays aux prêtres étrangers : opposant la guerre à la guerre^ elle décida de fonder une école supérieure à Sondrîo, pour les Valtelins des deux religions ^.

Quel parti restait à Borromée ? De travailler à soulever la province contre ses seigneurs. Il s'adressa dans ce but à Philippe IP. Il ne se rencontrait nulle part plus qu'en Valteline une multitude ignorante et facile à émouvoir. Un clergé nombreux la gouvernait , tout en la dévorant jusqu'aux os. A sa voix , à celle d'une noblesse impatiente , la multitude se leva pour repousser l'établissement d'une école évangélique. Le mouvement fut si brusque , que les protestans du pays faillirent être massacrés tous. Les Ligues n'en persévérèrent pas moins ,k faire exécuter leur décret. Alors, Terreneuve, gouverneur de Milan, leur écrivit : « Si l'école n'est supprimée, le commerce a cessé d'être libre. » Les Grisons suspendirent leurs desseins ; mais

*■ • Dont le nom sonnait aux oreilles des Grisons » * ut campana martetlo. »

' Giossiani. — Gantu, II, 192. — Leu, art. Sondrio. — Diète à Davos. Anhom, — Protestation des V Gantons, S& juin , du duc de Terranova, 9 décembre.

' « Il lui fit part de desseins si secrets qu'il n'osait se hasarder à les confier au papier. » A Porta, ill, 31. Ltitre de Borromie , p, S S. — Tcbojcke. —Hottinger, III, 921.

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étk même temps, da^s le besoia d'un appui , il$ eurent récours aux .Gantons et demandèrent d'être admis dans leurs alliances ^ Quelle que fût la division des Confédérés > dix Toilc se prononcèrent pour la Rhétie. Peut-être eût^elle obtenu les trois qui lui manquaient/ si les Espagnols n'eussent sourdement détaché la Ligue grise dès deux autres. Elle recula : tout fut rotnpu. Les négociations entamées n'aboutirent qu'à une alliance de Zurich et de Glaris avec les Dix Juridictions^, et au renouvellement de cdle qui unissait les deux autres Ligues aux sept Gantons , les plus anciens Confédérés.

' Cependant Terreneuve avait reçu des instructions de Madrid. Il devait assister les Valtelins , mais secrètement , de manière à ce que , s'ils réussissaient à se-' coùer le j'oug, le roi n'eût qu'à se montrer pour en recueillir le fruit ; s'ils échouaient , on ne pût lui imputer d'avoir violé la paix. Les Valtelins assuraient n'avoir besoin que du secours de 400 hommes pour renverser leurs tyrans. Terreneuve , pour le leu$ procurer ^ jeta les yeux sur un Milanais^ ruiné par un coup de la fortune et qui cherchait à ressaisir ane chance plus heureuse. Tectono se mit en rapport avec de nom* breux aventuriers. Âbdua^ Rubbiata , ^Icone lui formèrent un corps , composé de bannis et de brigands '^ troupe vaillante en paroles , qu'iU nommèrent une arinée. Tectono se parait de graûds noms, de celui de

*' p. Florin » Diélégnen deSatis, fl. de Hartmuiis (1586;.

' En 1590* Bttme leva 5,000 hommes, soas Louis d'Ërlach d'Oitm/ poar les secourir. Sfhler, 2S0. •— On faisait difficulté de recevoir les Dii Juridictions , à cause des droits de l'Autriche. — L'évéqoe Pierre II ( un RsÉKher \ de Zons, frère d'Anne, mère de JnvaKa, 1581-1601 ) agit sous main. Eiekom, 164.

* « Farabotis. • Quadrio^

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