‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 26 sur 75 · LIVRE X. GHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE X. GHAP. V

reUgiou et de ia science. Le duc^ en s'éloîgnanl» Favait laissée eatourëede châteaux forts. Sainte-Catherine la bloquait d'un coté , Versoix de l'autre, et lui interceptait les vivres du Pays-de*-Vaud. Deux galères croisaient devant son port. Son héroïsme brisa ces barrières. Henri IV lui avait donné, dans Lurbigny^ ui^ capitaine digne de commander ses braves. Ce chef à leur tète, les Genevois emportèrent les châteaux de Veygy , de Trembières , de THermitage sur le Salève ; puis ils attaquèrent Versoix. Le baron de Lassaraz ' avait employé 700 hommes d'armes, qu'il commandait, les paysans et 70 forçats turcs à couvrir le bourg de retranchemens. La nuit du 7 mars , Lurbigny s approcha, avec 500 fantassins, deux compagnies d'argoulets, deux de gens-d armerie et 150 volontaires. II avait divisé sa petite armée en quatre corps ; Tun de réserve; les autres , destinés à attaquer de trois côtés : les argoulets par la venue; des fantassins, une partie en faisant sauter la porte de Coppet , et le reste ^ en gagnant une entrée secrète , pratiquée entre la place et le lac. Les trois attaques réussirent. La bannière de Genève se montra avec le jour sur les retranchemens emportés. Lurbigny rentra dans Genève aux acclamations du peuple , auquel il venait de rendre Fabondance. Des députés des villes suisses étaient venus pres-

* « Lequeljurail qu'il forcerait bientôt les Genevois à venir lui crier merci, la corde an col. »

' Guidés par un paysan. — Le château se rendit le snriendemain. Tont fut rasé. — La garnison, qui avait veillé plusieurs nuits , goûtait UD sommeil profond. — Les Turcs furent qpelqufl temps employés aux travaux pobUcs s mais U ville chrétienne de Genève ne supporta- pas loiiglemps le spectacle de leur s^viindc ; elle les affranchit , « dans l'espoir de porter le sullan k user envers les chrétiens d'une même humanité. » — De Thon, — Méteray.

scr les citoyens de poser les armes; saisis par renthousiasme ^ ils retournèrent dans leurs foyers raconter les exploits des fils de Genéye. Gex fut enlevé avec la môme hardiesse que Versoix. Un coup de main conquit le fort Les Cluses ; un coup de main le reprit ^ Quelques revers furent la peine d'une folle témérité. La confiance en Lurbigny tenait lieu de discipline. Une blessure ayant mis ce chef hors de combat , ses compa* g^ons d'armes allèrent tomber dans une embuscade , près de Châtelaine, et laissèrent 1 20 d'entre eux sur le carreau; peu s'en fallut que les Savoisiens n'entrassent ce jour dans Genève , péle-mèle avec les fuyards^. Conforgien remplaça Lurbigny. Une heure après son arrivée, il battait l'ennemi. Avec le succès reparut la confiance; la confiance jeta de nouveau les Genevois dans des embûches. Trompés par les rapports des paysans , des citoyens allèrent vendanger dans le Faucigny. Dans leur imprudente sécurité, ils n'eussent pas même pris d'escorte, si Conforgien n'eût insisté pour qu'un détachement les suivit. Il le composa de 130 argoulets et de 1 50 hommes de pied. D'Hermance , bien instruit , laissa la troupe achever sa vendange. Mais comme elle revenait , suivant les bords de la Menoge , voici tout-à-coup que les routes, les hauteurs, les ravins se montrent occupés par l'ennemi ; là des hussards, là des mousquetaires ; plus loin la noblesse de Savoie, reconnaissable à ses casaques rouges chamarrées d'or et d'argent. Tous poussent le cri de mort : « Point de

*- Le capUaine , cause de celte perte , paya sa faute de sa vie.

' Gautier. — Paradin. —Saluées. — Léti. — Bèze prêchait vaiDcment la pitié pour les pauvres paysans ; les boinnies de guerre , qui ne reee- ▼aient pas^ de solde, n'en continuaient pas moins de ravager les campa* gnes. Remontrance det ministres, 20 /evrf>r''1590.

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