LIVRE X. C!IAP. V
mande de Lamotte^ envoyé de la Ligue^ de lever 6^000 hommes. Les Zurlauben, à Zoug^ et les Réding, à Schwyz, s'étaient prononcés pour Henri IV. Pfyffer se rendit à Zoug, le jour de Saint-Oswald. Il saisit le moment de l'élévation de Fhostie pour jurer à haute voix qu'il servirait fidèlement ta sainte union catholique. Leiandammann Zurlauben, prenant aussitôt la parole, jura de son côté de servir le roi de France de son épée. Tous deux ils tinrent leur serment. Zurlauben courut auprès du roi. Pfyflfer acheva d'enrôler deux régimens^ qui partirent le 1 3 juin^ sous tes colonels Rodolphe Pfyffer et Sébastien de Béroldingen ^ . Berne et Soleure leur refusant le passage , ils prirent la route du Saint-Gothard , traversèrent la Savoie, la Bresse, et jcngnirent Farmée de Mayenne.
Sitôt arrivés, ils s'adressèrent aux Suisses de l'armée royale; aux catholiques , les invitant à quitter les drapeaux de rhérésie ; à tous, les exhortant à abandonner un prince qui ne les payait pas. Les braves , pour réponse^ leur envoyèrent quelques pièces d'argent à Tcmprefnte d'Angleterre , et leur ofSrirent de leur en faire parvenir autant que la pitié de compatriotes le requerrait. C'était agir à la Henri IV. Leurs vétemens en lambeaux ne prouvaient pas moins k pauvreté du roi , leurs visages , la (bim dont ils souffraient. Heqri résolut de leur rendre l'abondance par une entreprise hardie. Mayenne s'étant éloigné pour aller à la rencontre d^'auxiliaires espagnols, le Béarnais se mit à la tète de ses gens , prit les chemins les plus courts , et
* « AUei Icair la main à ce que le roi abandonne Genève et- faltianee anglaise » et l'aviseï de ne plas IrouMer la Saisse , en noos animant lea uns contre les antres. » — t Soleure ne s'inquiète ni de Teicommunicatton ni de IV^pée des Espagnols. • SilUry.
parut subitement, le 31 octobre , aux portes de Ftois. Il /oulait effrayer la capitale, l'emporter peut-être, tout au moins enrichir ses soldats par le pillage des faubourgs. Sa marche fut si secrète que les faubourgs furent enlevés sans effort et qu'il s'en fallut peu que Tarmée n'entrât^ par la porte de Nesle^ dans la ville avec les fuyards. Trois jours les soldats se gorgërent de butin. Puis, sans attendre Mayenne^ le roi les dispersa dam les provinces , pour les faire subsister durant l'hiver. Ne pouvant payer les Suisses y il licencia le plus ancien de leurs régimens y celui de Gallati , en réservant son chef et sa compagnie colonelle pour sa garde. Balthazar de Cressier conduisit en Suisse le reste de oe corps.
Au printemps de l'an 1590, Cressier ramena 1,500 Confédérés à Henri IV. Il le trouva qui faisait le siège de Dreux, dans le but de couper à ses ennemis les communications de Paris avec la Normandie. Henri leva le siège, à la nouvelle que Mayenne approchait avec 25,000 hommes. Français , Espagnols , Suisses , Lorrains. Son armée se composait de 8,000 fantassins et de 3,000 cavaliers. Comme il aimait les partis prompts et décisifs, il résolut d'offirir le combat. Non loin des champs ensanglantés par la bataille de Dreux , au couchant de l'Eure, entre les villages d'Anet et d'Ivry, s'étend une plaine que ne traverse nul obstacle. Aucun lieu meilleur pour la cavalerie. Un léger renflement du terrain se prêtait à cacher l'armée à l'artillerie de l'ennemi. Le roi choisit cette position pour attendre Mayenne. Le 14 mars, au matin, il le vit s'avancer. Se tournant aussitôt vers ses soldats , le visage riant : w Mes compagnons, dît-il en se couvrant de son heaume. Dieu est pour vous; voici ses ennemis et les