LIVRE X. GttAP. V
les plus considérables paimi les vieux orcyyaos ëtnient des officiers , les amis 'de Ffyffer «t de l^ussy , qui , comme eux^ avaient appris dans les guerres de Framoe à hair les calviittstes. Ils se rëmApeiA «a conseil secret, bon ^ bourg , 'dans un ëM retiré ^ ThaAer et Me^;ueliii 3 qui représentaient td'onlioait^ le Gan^ ton en diète , recevaient fiour inatrnclion d'agir en inédiateOTS. Secrètement ils ressieiimeiitieurs rappuns avec les <^thoKqneSy leurs ooréligÎMnaifr^s ^. 4ies choses se paMaiettt ainsi lorsque deux 4»puoRis, ^Ins pères Louis et Jacob , «nrivèrent 6 Afipenzdl. Leur coquine piftvt étrange. (Des enfons, à leur aspect, S'e&«fmrent, ^pelant du secours. Le père Louis Jpvécba : rc Pour ne vous laisser «aucun -donse <pie notre loi ne soit la vraie, tnoM vous «esi donnoas notre âme ipsmr gage. » lies Réformés répondirent : « Ceigage/ne nous suftt ipoÎDt; car «i le cKaUe 'l'emportait, ia «aution n'aurait plus de valeur. Hieu!i vaurt mous > en «tenir ^anx Écritsres. » Alors lescapncins dénen«r«*Aenit ann Ap^ penzelkns qu'Us ne devaient pas hisser des hérdti^neB habiter parmi eux. Le 'décret de ta landsgemrâade de "1 524 fut remis au jour : >il ordonnait à la mino^ rite de "se conformer au culte du grand nombre ^. IMjà
* Les noms tnéOfes de ceat qtii le composaient étaient tenus cachés.
* Un meurtre j«4iciaire trahit lear partialité. Le docteur Lei, inéde> cin à AppeDsell , arait w un prêtre se livrer à an acte contre natore. Il le dénonça. Le prêtre s'enfuit. Leu ne peut donner de preure que sa parole ; il est eondamiié i idoit. Il marche au supplice en cfaaiftaiit t en toi , Seigoaor , j^ laia ma-oonfiance. Le'boofrean ft«t^pa Ue» desTais «eiotde laipouToIr^noerlamort. « Jejvs.tdii-il.décotterQnâtéM- Tat, mais non cet honnête homme. • La belle maison du docteur de* vint nn conrent
* Le iO mars 1587.
soi^anisait uoe Saint-Barthélémy. Yingt-wpi jeunes .hommes , qui se montraient réformés ardens , furent cités à paraître devant le double conseil de paroisse ^ S'ils ne cédaient, ils devaient être massacrés sur un signe du landammann. Avisés de ce complot, ils ne s'en rendirent pas moins à la maison commune, mais tous le poignard sous le manteau. Le peuple se pres- ,sait. « Montez, montez, murmurait-il ; mais ne songez pas à redescendre, h Les portes furent ouvertes^ comme pour une affidre criminelle. Megguelin prit la parole. Plusieurs fois il somma les rebelles de se soumettre à l'Église ; autant de fois ib s'y refusèrent. A h fin Sauter, un des conseillers, se leva plein d'impatience : (c II est temps, s'écria-t-il, de montrer à ces coquins ce qu'ils sont. » S'approchant de la fenêtre, k landammann allait donner le signal du massacre, lorsque Jacques Hess se précipita sur lui , le poignard à la main. D'autres fermèrent les portes. Tous jetèrent leurs manteaux, et, faisant étinceler leurs armes en présence de ceux qui avaient juré leur mort , ils se montrèrent prêts à les immoler , pour vendre ensuite chèroneat leur vie. L'homme qui se fait craindre a lui même beaucoup à redouter. « Paix, paix, s'écria Megguelin; qu'aucune violence ne soit commise et que chacun se retire ^ . » Les catholiques regagnèrent leurs foyers, en jurant qu'ils ne souffriraient pas que l'hérésie souillât plus longtemps l'Appenzell par sa présence.
Cependant des mois se passèrent. Tous les dimanches les évangéliques se rendaient à Gaiss pour le sermon. Arriva la nouvelle de la bataille de Coutras, gagnée par Henri IV. Elle aigrit ces vieux capitaines qui avaient
* Le 15 mars.
combattu dans des rangs opposés. Us firent citer de nouveau les Réformés devant le conseil et leur signifièrent l'ordre de n'aller plus à Gaiss^ mais d'assister au culte d'Appenzdl * . Cette fois encore des épées furent dégainées et la voix de Megguelin les fit rentrer dans le foni^ reau. Mais bientôt après la division se glissa chez les Réformés. Bodmer, l'un d'eux , nommé landammann, donna l'exemple de la défection. Beaucoup l'imitèrent. Plusieurs se retirèrent dans les Rhodes extérieures. Un grand nombre se soumirent à l'ordre d'assister au prône. Ceux qui s^y .refusèrent furent jetés en prison.
De ce moment une vive irritation se montra dans les Rhodes extérieures. Cependant leurs hommes les plus considérables hésitaient encore à prendre la défense de leurs coreligionnaires. Le nombre était de leur côté ; mais les Catholiques, appuyés sur le décret de 1524, avaient pour eux l'accord, l'adresse et l'habi* tude des attires. Une alliance qu'ils venaient de con- <îlure avec l'abbé .de Saint-Gall leur promettait le secours de 400 hommes. L'arsenal était dans le chef«-tieu. En diète , les vieux croyans avaient la majorité ^. Cédant toutefois à l'animosité populaire , les préposés des Rhodes protestantes firent entendre leur voix , mais faïUenient et sans accord. Troguen demanda que la landsgemeinde jugeât la querelle , Âppenzell s'y refusa. Alors les communes réformées s'assemblent à Huntvyl K Le peuple s'y rend en foule. Le bruit se répand à Appenzell que les {Hrotestans sont en marche. Le tocsin sonne. Les canons sont braqués. Les femmes
* Le s février 1588.
' Li caisse csntoode pvjail leurs frais, 4ies «cuàtrîlmtioiis ceoi des l^rotestans.
* Le 12 avrit
s'iUrfaenida pierres. La anit se ptsse sous les trmes, et, le lendemain, le peuple entend la messe sans les quitter. G^^endanl les Rhodes extérieures délibéraient. Le iprand nombre reecmunandait l'emploi de la force. La minorité dëooiisefllait les mesures hosdles , lors- «pi^un z&teur fougueux, Tcerris Gallus, Irancbit une baîe, en cmuC : u Quiconque Teot aller chlitier oeax d'Âppenteil, me rarre. m Le peuple presque entier coiinit vem fati. Cependant «des toîx , accoutumées à commiuider Tattention , eurent fisire «gréw la proposîtiûii d'une dénuirche bienveillante snprés des eaihoUques. Les deux pactis s'étaient déjà secrèt^nent adressés aux Cionlédâ^és.
Les Cantons nommèrent unedéputation. Le 24 a'vrîl f&88, le peuple de toutes les JUiodee s'assembla. Les énrangétiques , ks rangs serrés , allèrent camper snr ia prairie ^, siège ordinaire des landsgnemetndes. Les catholH[ttes (se remlinsnt dans ie temple. Les députés employèrent le jour à passer (d'un camp dans 4'anU>e ; à répondre à qui oroyait l'épée le seul moyen d'en fink et à clhercher les tennes4l'un accord. A la fin ile réussirent à ifnîre une proposition, qui fut agréée par (es deux partis. Force fut reconnue à ta loi -de 4 Sth : lé pietitinomfere devait «se conformer au grand dans la religion ^. Libre aux 'magistrats chmm dans les Rhodes exiérieuree d'y coneerver leur domicfile. Ces principes posés ; les deux camps 9e Tnpprochêrent pour les accépiar en eommm, et peur étire de neHveanx magis^ tMU. Sien supérieurs en nombre , les réformés nom-
> AmZihI.
« 82il Vélevail4qiiél<iae diffiealté , te ditnt devait décider , non la force. Les capQciiis devaient être entretenas par des dons volontaires et non pins par la caisse de l'État
mèrml landtaimann Jean Taiiaer \y de Hëritau» Cela aufSl pour que le^partk ae siparosaent plm irrites que jamais,
lies jours rairaiis^ ceux dea réforaMte éo beurg d'AppeozeU qui se semiiii»€Dt à abandemier leurs maisons et leurs pâturages plutôt que leur foi j, firent leurs adieux à leurs foyers. Leurs frères dea Rhodes eatéhrieurea vinrent les cheroher eux et leurs biens meu^^ Mes. De Thospiee au couvent des eapucins^ ils rem-plirent toute la rue de leurs chariots. Ils proaiettaient des maisons à bas prix à ceux qu^ils voyaient quitter les leurs. On remarquait parmi ces confeeseurs de Fëvangile Paul Garfienhauser, Jacob Sohlœpfer^ deux Keller , le riche Paul Jacob et le chancelier Hess. Ckmrad Zelweguer avait déjà depuis quatre ans transporté sa demeure à IVoguen , et reçu , gthee à l'estime de ses nouveaux concitoyens, les charges d'hospitalier et d^inspecteur des bàtimens.
Lorsque ces bannis eurent porté leurs fortunes ^t leurs lumières aux Rhodes extérieures , et que le i|oii« veau landammann , usant du privilège que lui donnait la sentence des Confédérés , conserva son domicile à Hérîsau , les catholiques éprouvèrent du regret de ce que la passion les avait portés à faire. Us cherchaient le moyen de regagner ce qu'ils avaient perdu ^, quand
* n ne sayait pas lire. ZeUweguer.
' Meg;gelm réiuBÎt li se procarer un litre qni doanait li l^abbé la oollatnre de Troguen et de Groab. Il conçut aussitM l'éspoif de Jeter Tfogoen, des Riiodes etlérieures la plus florissante et la plus ilère, dans de tels embarras qo^eRe serait faofle à dompter. Les démagogues oublient souvent, dans leurs Yues intéressées, quel est le tact admirable des démocraties dès que 1*hcnre de la passion est passée. Les Appenzellois invitèrent les pardes à nommer des aibitres. Geui-ci rendiKsnl Hf% catholiques l'usage, commun avec les protestans, du télnple de Grotb* xn. ai
Conrad Tatiner, qui le premier avait levé le cbtpeau de rintoléranoe^ rentra dans sa patrie. Il révélait de France , où il avait servi la Ligue , et de Rome , où le souverain pontife lavait nommé chevalier. Les espërances des Ligueurs étaient détruites , il l'avouait. Mais Philippe II restait Tappui des vieux croyans^ et les Cantbns qui s'étaient alliés à ce monarque exprimaient le vœu de voir Âppenzell suivre leur exemple. Tanner n'eut pas de peine 4 persuader le landammann de Heifliy zélé catholique. L'enrôlement pour la France fut suspendu , tandis que deux compagnies partirent pour les Pays-Bas , au service de Philippe IL Irrités de tant d'audace , les réformés , qui s'étaient prêtés en 4593 à nommer un catholique chef de l'État, portèrent l'année suivante à la première magistrature Sébastien Thœrig , d'Urmesch , un de leurs coreligionnaires ' • Le secrétaire^ en hésitant à proclamer le résultat de la votation , fit naître un violent orage. Peu s'en fallut que le peuple , dan^ son courroux, ne renversât les sièges du magi$trat et n'écrivit sa volonté dans le sang* Force fut de respecter ses choix ^. Mais les catholiques ne se montrèrent que plus impatiens de s'unir à l'Espagne > et le 24 août 1596, ils lui jurèrent amitié. Ils proclamèrent, que le besoin qu'ils avaient d'argent, pour réparer leurs chenûns et entretenir leurs pauvres,
L'évêque reqiit à d'autres temps de faire valoir ses droits à la coUatore de Troguen. Zellwegiter ( 1589 ).
* A la persuasion des ministres, Zaricois pour la plupart, les Réformés reprirent Tanden calendrier qu'ils avaient abandonné 6 ans auparavajau
f Los nouveaux magistrats promirent à Tambassadeur de France, k
.S6aoâti59&, qu« tant«que durerait Talliance perpétuelle, Appeutell .M prrmettrait pas de levée pour l'Espagne.