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leur faisait une loi de s'allier au priuce qui payait ses pensions , plutôt qu'à celui qui ne remplissait aucun engagement. Zurich porta le fait en diète. Elle demanda ce qu'il adviendrait des Gantons, lorsqu'une minorité pourrait, à son gré, contracter des alliances. Thœrig invita les Confédérés à sommer les Rhodes intérieures de soumettre à la landsguemeinde le sujet de la querelle. Les voix s'étant partagées également , le différend occupa plusieurs diètes. Glaris , Soleure et les villes réformées se pipnonçaieat pour l'un des partis , les six autres cantons encourageaient l'autre à ne point faiblir. Dans le cours de ce débat, le mot de séparation Ait prononcé d'une voix de plus en plus haute. Sur ces entrefaites , la landsguemeinde de 1597 élut landammann Paul Gartenhauser , un des bannis d'Âppenzell, et conféra toutes les charges à des réformés. Les catholiques quittèrent l'assemblée sans avoir prêté serment , en se disant 4es uns aux autres : « Il ne reste que la séparation. » Dés longtemps les évangéliques désiraient n'avoir plus à montera Appenzell pour toute affaire. Les Confédérés finirent par se voir contraints designer le partage du canton ^ Ils conservèrent ce qu'iU purent d'unité. Les cœurs émus , ils prononcèrent que les pays extérieurs et les pays intérieurs auraient chacun leur gouvernement ; que toutefois il n'y aurait qu'un canton d'Âppenzell ; qu'en diète ^ les représentans des deux confessions n'auraient qu'un suffrage et le perdraient s'ils ne s'accordaient pas ^. Les deux sections devaient envover à tour un bailli dans le
* Le i** mai 1597. — L'aclc de séparation, du 7 mai, dans Valser» appendice.
> Les archives devaient rester è Appenzell, à l'usage de toutes les^ Rhodes.
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Rheinthal et se répartir par égales portfons les pensions d*Autridie et de France. Les araies furent psT'** tagées. La maison commune , l'hôpital , la maladrerR, Tarsenat, la tuilerie et la boucherie, situés dans le bourg d* Appenzell , restèrent h propriété des Rhodes intérieures; les protestans reçurent 18,000 florins pour élever sur leur territoire des édifices publics. Les Appenxellois se comptèrent : ils étaient 2,783* caChofiques et 5,959 réformés ^. Ceux-ci construisirent k Tro^ guen la maison commune , siège de la justice. Ils convinrent de tenir leur landsguemeinde tour-â-tonr à Troguen , à Huntwyl et à Hérisau. Les catholiques signèrent Talliance Borromée. La paix ne reparut dans rAppenzell que lorsque Tanner eut perdu toute influence. Il mourut sur h. paille d*une écurie^ atteint d'une maladie dégoûtante.
Ainsi se combattaient les partis refigienx. La lutte se reproduisait partout, quelquefois au même foyer. Des deux fils du sage et vaillant Ulrich de Hohensax, Albert avait servi Philippe II et s'était fait chern* du duc de Pkrme; Philippe, le disciple de la Réfinrme, de la philosophie et des lettres, avait refiisé, ^peè^ k Saint-Barthélémy, de se laisser retenir k la cour de Charles IX ; Tami de Gniflaume d^Orange et de rélccfeur Palatin, il leur avait prêté 20 ans son épée et ses con>* seils^. A la fin, ils rentrèrent Tundans son chiteau de Fortsteck, Tautre dans celui de Sax. Philippe parta^ geait son temps entre la culture des lettres, celle d**un
^ T compris 7i5 catholiques , domiciliés dans les Rhodes eitèrieores. A^jooitfhiii l'Appenidl a pins de 50,0S0 habitans. Rëêiek, CrtÊtaUê der SebmêUu — En 1600, les Rhodes intérieures entrferent dans Palliance Borromée. Fête k Lnceme. Lne. Chrtmik.
* Conservatenr saisie, XII, 48. ^ Vat Slg. — Lea.
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riche jardin et les soins de son petit empire. Rien neût troublé la paix de sa vie^ sans l'inimitié de Georges son neyeu^ dont les moines intolérans^ chargés de son éducation, n'avaient pas dompté la violence* Le jeune homme faisait trembler le pays où son oncle ne songeait qu'à se faire aimer. Un jour que la cour de justice se tenait à Saletz, Philippe s'y rendit, bien que malade^ parce que son Irére devait s^y rencontrer. Après avoir présidé le tribunal, il lui fit servir une collation. Ce fut le moment que prit Georges pour chanter des vers obscènes, qui lui attirèrent une réprimande du vieillard. Tirant aussitôt son coutelas, aiguisé la veille, l'impie s'élance sur son oncle, frappe et atteint le cerveau. Philippe meurt, en remettant à Zurich le soin de pacifier la contrée. Trois fois un tribunal cita le baron Georges. Comme il ne comparut pas, les juges prononcèrent contre lui la peine de mort. L'Empereur, les princes d'empire et les Cantons reçurent communication de la sentence. Georges avait cherché un asile dans le couvent de Bandem; mais craignant d'y être sai3i# il en sortit déguisé, mena quelques années la vie errante d'un brigand et finit par être décapité pour ses crimes* Son cousin, Frédéric-Louis, l'héritier des biens, non des vertus de son père, livra ses jours à une courtisane, qui le conduisit à sa mine. Contraint, pour satisfaire ses créanciers, de vendre à Zurich sa baronie souve^ raine, il en reçut pour prix 1 1 5,000 florins ^ Puis il
* £Di6l5.IliDoiirirtrat«l9. -*-Ucoq)0dePliifip|^dellobei«M
' bien qa'aocnne jirécaiitioQ n'eût été prise ,po«r \» préserver de U cor*
mption , 86 conserva înis et entier dans ie temple de Sennwald. Les
catholiques des alentours entrent au miracle et vinrent en foule adorer
les restes du fidéte disciple de Calvin. Beuon, Umuljpwr la sovoim^ U^
alla mourir dans le mépris , le dernier d'une maison qui avait fleuri neuf siècles dans THelyétie et Tavait parée de plus d'un laurier.
Mêmes combats en Allemagne. Chaque année la Réforme y perdait quelque terrain. Trêves, Mayence, Paderborn et cinquante villes encore ^i naguère prolestantes, avaient été reconquises par les Jésuites. Ferdinand II d'Autriche et Maximilien I de Bavière, les élèves de cet ordre, étaient son espérance. En 1 596, le jeune archiduc avait dévoré la douleur de prendre seul, à Gratz, la pâque romaine. L'année suivante, il avait été faire à Lorette, en pèlerinage, le vœu de restaurer l'ancienne foi. Les églises de Hongrie, celles des Frères, en Bohême, furent fermées. Une multitude bannie des provinces autrichiennes, s'enfuit en Allemagne et dans les Gantons '. Une invasion des Turcs 'suspendit à peine les querelles de la chrétienté. L'assistance des Luthériens ne fut pas requise : des convertis pouvaient seuls compter sur l'assistance du ciel. Les Confédérés donnèrent 250 quintaux de poudre ' et supplièrent les princes chrétiens de réunir leurs armes contre l'ennemi commun. Cet orage passé, la lutte se. rengagea en Allemagne. Les protestans, conseillés par
i69. — Muller^ Antûfuité* »m$s€ê, VH« portU, tC" SO. — La branche des Sax d*Uster finit en 1638.
* Il était, en Autriche aussi, grandement question dans la noblesse et la bourgeoisie de fonder la liberté comme chez les Gantons. Plus d'un écrit avertissait les princes d*élre attentifs aux .dangers qui menaçaient leurs royaumes. Mercure français, IX; écrit d* an envoyé impérial à Pariêm
' On lui demandait vingt drapeaux. La Suisse renouvela souvent le don en poudres. Recés de$ Diètes. • Encore de celte bonne poudre qui a fait sauter les remparts de Gran. • Ib craignirent qae le don ne devint un tribut. Dimanche après 5; Jean-Baptiste^ à Baden^ 1596.
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Henri IV, s'unirent à Heilbron ^ Maximilien de Ba-> vière leur opposa une Ligue nouvelle. Les flammes de la guerre^ à peine éteintes en France, se rallumèrent sur l'autre rive du Rhin. Nous touchons à la guerre de trente ans. Le catholicisme, qui se mourait au commencement du siècle, marchait à celte heure dé conquête en conquête. Sachant prendre au besoin les formes les plus diverses, il s'était uni, dans les Pays- Bas, à la liberté, à l'absolutisme en Espagne, à la souveraineté populaire en France. Le pape n'avait pas cessé d'être le juge des nations.
Cependant la Réforme était encore pleine de vie. Le principe de sa faiblesse est près de celui de sa force : religion des consciences > elle a dà s'individualiser. Tous les ans des tendances nouvelles. Calvin avait anéanti toute gloire devant celle de Dieu. Houber, ministre à Berne, releva le prix des vertus humaines et soutint la prédestination de tous les hommes au bonheur éterneP. Il dut fuir. Mais des maximes semblables aux siennes se répandaient en Allemagne; l'école de Saumur en semait la France, Arminius les Pays-Bas. Les riches adoptaient ces doctrines indulgentes^ en même temps qu'ils secouaient le joug des lois disciplinaires. Les classes souffrantes ne s'en attachèrent que plus fortement à l'austérité des lois de Calvin. Alors se montrèrent, dans la plupart des pays proteslans, ces sectes puritaines, le fruit de l'union de la Réforme avec des passions nouvelles; mélange de religion et d'amertume; de liberté, d'héroïsme et de préjugés
< Le 12 février 1605.
' Ainsi Lescaîlle. Ainsi CI. Aalberry, professeur de philosophie à Lausanne ; il se laissa ramener. Berne d MM, Bœuf, J, de Merle et Cfl, AMerry : • Il est finalement aceordé que la diversité n'était qu'en paroles > IV. MissUenj 1591.
aer?il68 ; alliage d'orgueil et d'humilité , de barbarie et de douceur; tantôt inspirées et subUm^, tantôt ce que les a montrées l'auteur des « Foritaios d'Ecosse; » démocraties qui 9 dansCromwell, oateu leur Boiia|iarte. Ces sectes indépendantes, et toutes celles qui étaient nées de la Réforme, continuaient d'avoir les yeux tournés vers la Suisse, comme vers leur berceau. Mais ce foyer, qui leur avait communiqué S4 chaleur, l'avait lui-même en grande partie perdue. Lorsque la patrie est une vallée et la nation une famille , les idées tendent à se circonscrire. Lorsque le peuple ne coniiaU ni l'extrôme richesse , ni l'extrême indigence , que des idées communes en rapprochait toutes les classes, il conserve je ne «aïs quel calme jusque dans ses agita<* tiens ^ . La Réforme avait, en Suisse, pris ce caractère^ qui est celui de nos tribus. Sur les pas de BuUiaguer et de Béze ^, elle s'était également éloignée d'un calvî* nisme rigide et des nouveaux pélagiens. Tout se couvrait de la confession helvétique, le ^éle comme la tiédeur. Plus de Zwingle, pl«s de Calvin, plus de conquêtes. La veille eticore, la Réforme gourmandait
^ De nos joan le safivtge mÛTenelffmvenie le Canton de Vawl. famille dont tons les membres 9ont r«pprochés par lepeu de différence de la tulture et des fortunes. Tel homme siège le matin comme premier magistrat du pays , qui, le soir, prendra place comme simple juge, plaideirti-eonmne^vocailt on enseigiiera comme ioÊstlttitear. Quand la (latrie esl «ne vaU6e, la r^ùbiîque est natopelle. Le peuple flevritp «r «e qoi serait ailleurs l'anarchie.
' Bèae lui-même avouait que (elles idées qu'il aYait , jeune, considérées comme fondamentales , lui paraissaient , dans son âge avancé , de celles qu'on ne doit énoncer qu'avec prudence. En politique comme en religion. Consultés par les presbytériens d'Angleterre sur leurs devoirs relatifs à l'Église anglicane, Bëce, Bullinger, Gualter leur conseillèrent de souscrire les cérémonies de r£|^ plutôt que de s'en séparer. Strypt, I, 452.