‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 37 sur 75 · LIVRE X. cuÀP. y · texte numérisé non relu

LIVRE X. cuÀP. y

riorité sur les champs de bataille ^ où toujours on les avait vus au premier péril ; par les largesses ^ , dont ils étaient les distributeurs , et par la dévotion , dont ils étaient les modèles. Ils bâtissaient des monastères > ajoutaient au revenu des cures et à la pompe des églises; ils donnaient à tout venant. On raconte de Lussy qu'après qu'il eut été frappé d'apoplexie^ au sein d'une fête de famille^ il survécut dix ans, et que, durant tout ce temps , il ne laissa pas de jour se lever sans aller à la messe des capucins, puis faire sa prière et ses aumônes sur la tombe de ses ancêtres ; pas de jour finir sans aller à vêpres, après avoir congédié la joyeuse société de ses amis. Il fut enseveli ayant à ses cotés le rosaire et le bâton qu'il avait rapportés de la Terre*- Sainto^

Lucerne et Zoug différaient des cantons primitifs en ce qu'un corps de bourgeoisie s'y trouvait entre le peuple et les familles régnantes. Les bourgeois de Lu«ceme obéissaient en grondant ^. L'histoire de Zoug est celle de la lutte, toujours renouvelée, des citoyens contre quelques hommes puissans et contre le peuple des cam^- •pagnes. Le Conseil , rempli d'officiers au service de France , gouvernait les bailliages avec douceur* Les pensions étaient versées dans la caisse de l'État. Le bien-être était général. Les bourgeois n'en portaient le joug que plus impatiemment. Ce Ait Adam Baobmann,

* Luflsy recevait de Aome annuellement 800 couronnes , de la France 1000 fr., et 400 pour ses amis, d*£spagne 600 couronnes; j'ignore combien de Venise et de la Savoie. Fie, par Chr, et Mekhior detmB^n, — FalL Slg, — On voyait chez le cardinal de Retz un portrait de Pfyffer qui le représentait avec trois bourses à la ceinture, pleines, la première d'or français, la seconde d'or espagnol, la troisième d'or savoîsien.

^ Il mourut en 1606, Sigé de 77 ans.

' Il avait été défendu à ta commune de s'assembler.

332 HISTOIRB DS LA SUttftB.

surnommé le Rouge, qui , le 1 1 mai 1 5S5 , se fit Tergane de leurs piailles. Il souhaitait la place de chancelier, qu*iui outre venait d'obtenir. U demanda TabrogaAion d*une loi récente, qui donnait au Genseîl riiiitiative des propositions à la commune, la rédaction des franchises , et l'élection duchanoelier par la laadsgemeiode. La cause fot plaidëe devant lès trois com*mimes de la campagne. Le gouvernement «ccusa les txMirg^eois de songer au partage des bi^is de la ville et témoigna le désir que la landsgemeinde ne pût à 1 Avemr être convoquée si dix voix n'en faisaient la demande. Les trois communes prononcèrent : « Les citoyens éliront le chancelier. Quiconque propose le jMUlage des biens communs est déobu de la bourgeoisie. La landsgemeinde sera convoquée lorsque dix v^ le {requerront ^ Aucune pro9)eBition ne sarai portée devant l'assemblée générale ^'elle n'ait eu Tapproba- 4ioB du GonseiL » — k Plutôt mourir , s'écrièrent les citoyens^ que d'aooepler le dernier «article I » Les Cantons primttifo), les viUes,, tous les Confédéffés envo]iéneot successivement des députés à Zoug* Us menacèmnt d'intervenir, aux termes du convenant de Staaz. Tout Sut îmitîle. L'«xaspération des esprits paroiastU MM comble , lorsqu'elle s'apaisa tout-À'itioup. Les portes du conseil venaient de s'oufcir ponr plusieurs amis de ihohmann et la place qu'il recherchait de lui être as- ;Surée. Les Confédérés reconnurent à la landsgemeinde je droit de déposer , à toute époque de l'année , le majgistrat qui aurait perdu sa confiance ^.

^ • Si on nooabre moindre de voix , le conseil Jiigeia de l'opporlunité. •

^ • Ils déclarèrent, do reste, inviolables les usages delà r^mbllgoe. • — :Stadlin. UL — Zarlaiiben« troubles de i&Sâ.

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A Soleiife, à Fribourg aussif, le vieil hooneni! atotl hk plice à une vertv nouvelle. Let métiers avaieiit été abeodcmnés ^ Le commepee m rëfiigiait de Sofeure à Olten. Le9 eonseik de fVibourg avaient exela les eifoyene de Téleetioa des bannerets^ , jadis les tribuos^ en peuple, et de eelle ém grand saiitiey. Fartoa* ées eoaseîla secrets.

Dana les Cantons proiestans let grandes famittes étaient parvenues par des voies diverses à la ridiease et au monopole dm pouvoir. La bantpie anrait créé desfortunes à Genève et à Bale^, l%idustrie à Zuricli. A Berne les honoraires ^de 44 bailliages, apanage escio^ sîf des maisons patriciennes, lee entretenaient dana Topulenoe^. Le commun des bourgeoir n^étah j^ua

' Encore en 1540, quand Wenge fat confirmé dans H charge d%mofar, il M ifttoidit an alief de l'éCal, lea deoi ana q«e daraîl ae magi^ tntim« d'csooer métier, Tendfe via, ai viande, etc. Les Hafiaer, les Vagner» les Greder ajant rencontré la fortune sur les champs de balaiUe« n'avaient plus besoin d'une pareille recommandation. Tons imitaient les mœurs de la cour de France.

a En 4555 et 4560. Areh. Frib. Mu. de Nvéqite de Lentbourg. EmêU" eter gesehw» Brief der Siadt Freiburg, daHÈ l'HeUetia, I, 804. L'Escarbot nomme Fribourg • l'abrégé de Paris. •

• Les dames mémement, bonnâles et civiles , T font la révérence ainsi que dans nos villes. ••• ^ El ne lefMent point un honnéle baiser Si k danse lequiert de cette forme user : Aymif avec ce, de la beauté requise Pour en rendre bientôt une belle ame éprise. •

> L'argent avait été prêté an 50, an 40 pour cent Ces bénéficesétaient naguère encore laMs aux Juifs;

*■ Les testamens montrent conbieD s'étaient aoerae» les fettniies danale cours du siècle. Longtemps rien ne fut déterminé sur la darét et \m poaaessiott d'un bailliage. En 1565, elle fut iiée à 5 ans • pour qu'on plus grand nombre en jouissent. » Lea sénateurs «^étaient p» éligiblea; dès- 1564 ils le deviftrenl. — U y «vait encore des artisans dans le eon*

considéré que comme une classe de sujets, la piremière en rang et Tappui des Conseils au besoin. A leur tour les bourgeois se retranchaient dans leurs privilèges. Pendant plus d'un «iéele la famille illustre des Onelli réclama vainement de Zurich , sa nouvelle patrie, les honneurs du citoyen et le droit d'éligibilité ; il lui follut arracher, par la menace d'aller s'établir tout entière à Berne, ce que ni ses services ni ses alliances avec ce que Zurich avait de familles les plus considérables ne pouvaient obtenir ^ Les capitales donnaient l'exemple; les villes de second ordre le suivaient, les villages imitaient les villes; ou plutôt, tous obéissaient à l'impulsion du temps. C'était à qui se clorait. Les bourgeois se distinguaient avec soin des simples domiciliés. Plus pour ceux-ci de part à la taille des forêts , au pâturage commun, à l'assistance du pauvre. Achetaient-ils, les bourgeois avaient sur eux le droit de retrait. Quit-* taient * ils le lieu , la traite foraine les allégeait du dixième de leurs biens ^. Au-dessous d'eux encore était

seil. Des étrangers , faisant métier, ponvaient l'exercer 6 ans dans la yille , quitte à MM. de Berne de les recevoir bourgeois ou les reoTojer après ce temps. De fVaftevUie sur le gouvernement de Berne mu, — Mafiiielf. — De TUUer.

^ Les corporations n'admettaient pins que des hommes dont l'habilelé poavait enrichir la cité de qoelqae art nouveau. Ces nouveaux bouigeois ne pouvaient être élus aux conseils , s'ils étaient ressortiasans du Gantou, avant 10 ans, de ta Confédération, avant 20, de l'étranger, avant 40* En i689 cette ordonnance fut modifiée. Qui n'était pas né sujet de Zurich, ne pouvait, ni sa postérité, jamais devenir éligibleà la magistrature. Ce fut en 1670, que les Orelli arrachèrent par la menace ce que l'oligarchie leur avait si opini&trément disputé. Dans la votation , iS9 membres du Conseil se retirèrent comme leurs parens; 74 reslans leur eonférèrent tons les droits du citoyen. V. Meyer's Locamo, H, 527.

* Le droit variait. A Brientx, l'État retirait le troisième, ailleurs le vingtième denier; le cinquième dans Ip P.-de-Vaud. On l'abolit dans plus d'un lieu.

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la multitude des vagabonds'^ accrue par le ^Bervice mercenaire et par le malheur des peuples voisins. Le pays élevait-il la yoix contre ces hôtes mcommodes, la diète et les gouvernemens ordonnaient « une chasse aux gueux ^. » C'était ce qu'ils venaient de faire après la paix de Veryins. A tous les degrés de l'échelle so<r ciale se manifestait un mouvement contraire à celui qui , dans des siècles héroïques^ avait porté le peuple à la liberté. C'étaient une noblesse nouvelle, sortie d'entre les bourgeois 9 des classes refoulées^ jalouses^ un peuple parqué, de plus en plus étranger à la chose publique. Les constitutions reposant sur des usages plus que sur des lois écrites^ le nouvel ordre de choses était né sans peine des nouvelles mœurs. Aux anciennes maximes avaient succédé celles que nous lisons dans Stettler ^, qui écrivit à cette époque l'histoire de BernCt (f Le pouvoir^ dit-jl, appartient aux sages ; Dieu veut punir, lorsqu'il permet qu'un peuple s'ingère du gouvernement. » Mais les sages étaient accusés de Folie. L'avoyer de Mullinen gémissait de ce qu'à Berne le mérite ne fût plus un titre à l'élection ; de ce que, tandis que les hommes les plus éminens vivaient dans leurs bailliages , les a£Paires se traitaient par de jeiine$ hommes sans expérience. Les suffrages des simples membres du Conseil n^étaient pas comptés à l'égal de ceux des sénateurs. Ce qu'avait résolu le Deux-Cents en nombreuse assemblée, une assemblée moins nombreuse le révoquait. Les baillis rentraient dans leurs

* Heimathloseo.

* Recès, entï^aulres sept. 1551, mars 1565 ; 1598. — Ari, — Xellwegner. — Tillien

» An 1578.

336 HISTOIKB DB LA MTIBSE.

foyers sans rendre aucun compte ^. Tet était le éésordre que le revenu n égalait plus la dépense* Dfetns plus d'utt CanUm il fallut songer à des impôts.

Les impôts étaient nés dans les monarchies avec ks armées permanentes. L'avidité des cours les avait ac-* crus. Dans les pays voisins de la Suisse ils dévoraient la moelle du peuple. Philippe li prélevait sur ses sujets le dixième de leurs biens y pour pouvoir leur assiH rer^ selon son langage , la religion et le repos. Rome vendait les revenus et les charges ; elle affc9*mait le présent et Ta venir. La taille n'avait pas cessé , pemdanl les guerres civiles, de s'unir aux fléaux qui désolaienC la France. Seuls encore les peuples suisses la repoa9<* saient comme un titre de servitude ^. Le nom de libres Confédérés , que leur donnaient les rois> leur devait le odeur. Les gouvernemens ne leur rendaient pas compte et n'avaient pas leur confiance. Bàle essaya néaamoÎDS, à la fin du siècle , de prélever sur ses sujets une laxe légère. Condamnée par les Confédérés ^ à livrer à Tévèque 200,000 florins pour son rachat, elle invita ses sujets à payer cette somme avec elle *• Elle établit, le 1 8 janvier 1 591 , un impôt d'une rappe par poi sur la vente du vin en détail ^ ; et ne voulant pas laisser

* Minaels 890 à A19, pimim, entt'autres 1977, 88, 90, etc.

* Chaena avait donné son achellnig avec Joie Ion de la goone de BooifDgoei mais It saorifice étaîl voloBlak^et oa «n voyait le but et le terme. Toot était bien cliangé, Denz fob Benw avait essayé de taxer le Pays-de-Vaad, « pour le dégrever > ; telle fat la résistance que L. Exe, durent assurer au pays , pour l'avenir, la franchise de tout impôt qui! n'aurait pas voté.

* En 1585.

* « Les comptes de la ville montrant que ces bailliages ne rapportaient pas ce qu'ils avaient coûté. »

* Bϐpfenning, Un centime et demi.

cette charge peser tout entière sur les aubergistes^ elle leur envoya des vases à mesurer le vin réduits d'un dixième. Cette ordonnance fit naître Tinsurrection connue sous le nom de guerre des rappes. « C'est à la ville, s'écrièrent les paysans , à payer ce dont elle retire les fruits. Si noussommes appelés à supporter les charges, nous devons être admis au partage des droits ^ » Les bailliages de Farnsbourg , Yaldenbourg, Hombourg, Ramstein et Liestall , les mêmes qui , deux siècles et demi plus tard, se sont séparés de la Ville, s'assemblèrent en landsguemeinde , rejetèrent l'ordonnance et firent retentir de leurs plaintes tous les Cantons. La diète s'assembla. Les députés n'eurent qu'une voix : « C'est l'excès du bien-être qui rend les paysans orgueilleux. Entr'aidons-nous selon les alliances. » La fierté grossière d'envoyés de la campagne de Bâle accrut l'irrita^ tien ^. « Allez , leur dirent les représentans des villes ; vous êtes indignes du nom suisse, dont vous vous glorifiez, et que vous devez à vos seigneurs. » Trois fois des envoyés des Cantons se rendirent à Bâle , en médiateurs; trois fois ils échouèrent. Cependant la diète n'osait pas ordonner des mesures contre les rebelles. Zurich et Berne, les plus pressés d'agir, craignaient que leurs peuples ne fussent secrètement d'intelligence avec les Balois. Des mercenaires couraient à ce moment en foule , les uns auprès de Henri IV, les autres vers la Ligue. Les Étals catholiques, dans ces circonstances, voyaient avec joie l'embarras des villes protestantes. Leurs gens eussent volé de grand cœur au secours des

^ Nnlle fMirt , après la réformation , od n'avait fait moins pour les écoles qne dans le canton de Bftle.

^ Les campagnards ne farent-ils point écoutés en diète à cause des calboliqaes, particnUdrement des Cantons démocratiques?

paysans. Des années se passèrent sans que Bak reçut de secours. Enfin ce que des villes puissantes n'avaient osé^ un homme se chargea de Tentreprendre. Leé io'* surgës avaient perdu de leur première ardeur» Qoel* ques communes , Liestall entr'autres ^ inclinateDt fers la soumission. Les paysans devaient s'assembler ie 1 3 mai 1 594 ^, pour empêcher la défection de s'étendre et pour la punir > 8*ii le fallait. Ce jour, avant raube, le tambour battit dans Bàle. Il appelait les arqueburiers à une fête, que leur donnait André Ryff» leur capitaine. Une coupe et un drapeau de soie devaient être le prix du meilleur coupé Ryff s'avança, le front serein , le costume annonçant la joie. Une daine d or faisait quatre fois le tour de son pourpoint noir. Des plumes blanches flottaient fièrement sur ^ toque de velours. Tout^à-^coup^ rc Amis, dit-il à ses compà^ gnons de fête, nos seigneurs nous envoient secourir leurs sujets fidèles. Jurez de m'obëir. Je vous promets de n'exiger de vous que ce que je suis prêt à faire le premier. » Tous levèrent la main. La petite troapede 70 hommes marcha sur Liestall. Un paysan gourer^ nait les insurgés par sa parole : c'était Jean Siegrist > de Niederdorfk Ryff conçut le dessein de remploya à les ramener à l'oh^ssance. Stknubin , pasteur de Boubendorf 5 se rendit au milieu des villageois > qvi s'assemblaient de toutes parts en armes. Aux cris dd femmes et du peuple : « A mort ^ à moitt, le pi^ cheur ! » il répondit avec calme : « Que vous sernrait ? je mourrais en chrétien* Oubliez plutôt le passé;

« Une Undsgemeinde, tenue le il , à SÛMch, ne s'éunt pu jof^ MME nombreuse, avait convoqué celle da 15, Les pastenxs, toosdela ville, avaient regagné do crédit perdu parles chefs de rinsonectieB*

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car je imiA apporte la paix. » Il réussit ^ bien qu'avec peiae , à parvenir jusqu'à Siegrist et à lui faire goûter l'idée d'une entrevue avec le chefbâlois. On convint de se rencontrer le lendemain ^ à 9 heures , dans la plaine qui sépare Valdenstein de Boubendorf . La nuit fut tumultueuse. Vingt fois les arquebusiers se crurent sur le point d'être attaqués. Dès que le matin parut, Ryff s'avança^ suivi du pasteur Straubin et de 1 5 de ses soldats. Personne au lieu convenu. Invoquant Dieu , il gravit la coUine ; personne. A la fin toutefois , il voit les paysans sortir d'une forêt ^ mais bien armés , par rangs de cinq , et si nombreux qu'ils continuaient de défiler après qu'il en eut compté plusieurs centaines. Ryff n'hésite pas. 11 ordonne à ses gens de demeurer immobiles^ et lui-même, s'élançant au galop de son cheval , s'arrête à quelque distance des campagnards , leur commande de fiiire halte et les salue cordialement* c< Chers paysans , leur dit-il, un différend subsiste depuis trois ans entre vos magistrats et vous. Dieu Fa permis pour nos péchés. Adressons-nous à sa miséricorde. Nous sommes venus, en petit nombre, comme vous le savez , non point vous assaillir , mais protéger les hommes paisibles et conférer avec vous. Que Siegrist ^ avec trois témoins^ sorte de vos rangs. Au nom de Dieu , nous entrerons en pourparler. » Siegrist s'avsmça. c< Tu sais ta fiitite , Ini dit le capitaine , et la peine que tu as méritée. Tu n'ignores pas qu'en quelque lieu que tu ailles , dans tout l'empire romain , tn dois renoooitrer la vengeance de tes seigneurs. Mais je sais , wei , qu'<asant du sens remarquable et de l'éloquence que Dieu t'a donnés, tu sauras aujourdliiri même Téooncilier ce peuple avec ses magistrats. Tu ne l^rendras point ssr toi la responsabilité de ce qui ad-

viendrait , si tu agissais autrement. Je te le juré au nom de mes seigneurs, ton crime est oublié, j» Auguste fut moins grand, convainquant Cinna d'ingratitude; il ne fut pas plus heureux. Siegrist promit de s'employer à la paix. Aussitôt, sur un signe des deux chefs , tous leurs gens s'avancèrent. Us firent cercle. Ryff prit la parole. c< Ghers paysans , fidèles sujets ! On a allumé de grandes haines pour une cause légère. La plupart de vous ne vont pas dix fois l'an au cabaret* RefuseriezvQUS de donner dix rappes dans l'année à vos seigneurs, dont le trésor s'est vidé pour l'évéque? Cette contribution ne vous est demandée que pour pouvoir vous protéger, le cas de guerre échéant. Dieu de bonté, ouvre les yeux à ce peuple ! Détourne d*eux la hache vengeresse; car la moisson est mure. Chers paysans, ayez pitié de vous , de vos femmes et de vos enfans. Voyez celui qui vous égara, qui pour vous s'est jeté dans le péril, voyez-le menacé par l'épée. La vie de Siegrist est dans vos mains. Je lui jure, et à vous tous^ oubli complet du passé , si vous rentrez aujourd'hui dans l'obéissance. Choisissez entre le sacrifice de quelques batzen et des malheurs dont les enfans de vos enfans conserveraient le souvenir. J'ai mis devant vos yeuxTépée et le livre, la guerre et la paix. Vous me serez témoins au dernier jour que je ne vous ai rien caché de ce qui pouvait vous sauver. » Il dit. Si^rist conjura le peuple de donner la paix, à lui, à ses enfans, à. la patrie. Les paysans, sur l'invitation de RyflF, se partagèrent par bailliages, pour délibérer. Us étaient 2,500^ liours femmes se montraient sur les hauteurs, armées de fourches et dans l'attente. Les uns après les autres ils firent leur soumission. « Jamais, dirent^ ils, jusqu'à teiie heure, nous ne comprimes ce dont il

s'agissait. » Tous^ à genoux ^ ils jurèrent obéissance^ la main levée vers le ciel^ qui venait de se couronner d'étoiles. Sur un ordre de RyfF, des pains, des fromages, un tonneau de vin arrivèrent en ce lieu même. Des cris de joie remplirent les airs. Bientôt les députés de la ville vinrent recevoir le serment des campagnes, au sein d'une fête qui se prolongea trois jours. Point de sang versé. Aucunes larmes, sinon celles que fit répandre le retour de la concorde. RyiF avait montré ce que, dans des jours difficiles^ peut un homme sans colère et sans crainte. A.u défaut de ses concitoyens \ le héros fit frapper une médaille qui représentait l'événement et portait les mots : « Voilà ce qu'un homme a su faire. » Les villes suisses applaudirent à cette issue d'une querelle qui les avait vivement inquiétées, Dès lors elles s'enhardirent. Zurich osa lever à son tour un subside de guerre sur ses ressortissans. Elle provoqua, par cette mesure, un mécontentement général. Un soulèvement éclata sur les bords du lac et dans le bailliage de Gruningen. Le supplice d'un des promoteurs de l'insurrection ramena le repos, non la confiance '•

Le peuple suisse était descendu du rang qu'il occupait ai\ copimencement du siècle ; toutefois^ son sort >

^ « fileffiienrs ne voient rien à redire à sa conduite, sinon qu'ils trouvent qu'on a fait bien de la dépense. • Nous devons à Ryff te récit de ce qu'il a fait en cette occasion. II l'a inséré dans la chronique, beau mas., riche en dessins, aujourd'hui encore la propriéfô de sa famille. Le pasteur de Bubendorf fit graver la scène de la pacification sur la fenôtre d'une maison voisine du lieu de l'événemenL Gc dessin est reproduit dans le n^Xyilda Nêujahrsblatt fur BaseU Jugend» — Archiv. fur Schw. GQschichle und Landeskunde, SOS, — Basilea sepulta, Ul, — Conservateur, IX , 83.

^ Meyçr von Knonau, Schvr.^îeschicbte, 1598.

342 HI8TOIRB DB LA SUISBB*

auprè3 de celui des peuples voisins, était edcore à en-' TÎer. 11 est un sommeil dont rintelligence s'éveille enrichie; tel était celui des Gantons. ISi l'élan des esprits n'avait cessé y ni les efforts du peuple pour améliorer son sort. La liberté remportait d'humbles, mais d'importantes victoires, à l'heure mène où sa tète semblait forcée de se pencher. Plus de traces de servage, sinon dalis les bailliages communs ^ L'Évangile avait, chez les Cantons réformés, fait disparaître les dernières traces de main-morte, comme il avait, en ses premiers siècles, dénoué , dans l'empire romain, les liens de l'esclavage. La population ^, dans ces Gantons, s'était accrue d'un quart dans le demi-siècle qui avait suivi la Réforme ; d'un tiers à Zurich. Cepen*

' « Accordé à M. de Nemours de s*enqaérir de ses serfs dans le Pajsde-Vaud , pour que » s'il s'en trouve, ils se rachètent , ou sortent da pajrs, parce qu'on n'y veut point de serfo. » Sehreibtn an dU AtaM^ 4er fVêUçken Liinder, 26 déc. 1579. — Grenu. -— Pour être reço Àppenielloisy il fallait jurer que l'on était libre de servitude. ZellvegiÊir, îlî, 256. — An , 280. — Dans le pays de Neuch&tel l'aiTranchissement se fit plus lentement II n'y avait plus de màinmorti^bles dans le Valugin, presque plus dans le Val de Rui, où cependant on comptait oa« conditions différentes de personnes (bourgeois, francs bourgeois, bout* geois amodéréSj babergeans, geneveysans, taillables, etc. ); maislo serfs étaient nombreux à la Côte, Colombier, B&le et Rbcbefort; ib faisaient le tiers des bil>itans du Val de Travers. Une loi, en 15&7, abolit les coDstilntioDs de rente perpétuelle en denrées ; elle fut abrogée en 1566, par suite des plaintes du peuple, auquel on ne voulait plospi^ ter. Af . de Ckambrier.

> Vaterl. Slg. — B&le avait i6,000 àmei. Oikê. -* Zurich avait en 1529, 12,760 hommes sous les armes; en 1572, 16,970; en 158$» 15,550. — Les années de la fin de ce siècle et du coimneDcemeot da suivant ont été nommées celles de la DiêUtt de 50 an»^ Partout le prix des terres s'était accru , malgré les obstacles mis à l'achat par les étraDgers. — Berne commence k s'occuper de ses forêts (18 janvier 159S)> En 1572, Claris défend d'exporter le bols. La chasse, libre jusqu'alors, fut défendue aux habitans. En 1550 se montre le dernier bouquetin.

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dant elle avait à peiae atteint la moitié du chiffire auquel la liberté ^ la culture et l'industrie Tout portée de nos jours. L'horlogerie commençait à Genève ^ Berne avait, en 1 591 , aboli la vaine pâture. La découverte des mioes de Bex ^ venait de Taffranchir d'une partie du tribut qu'il payait à l'étranger pour le sel. Dans une fête, qui empruntait ses symboles à la Bible et au vieil Homère indistinctement , les vignerons et les agriculteurs continuaient^ à Veveyi de célébrer au sein de la plus magnifique nature les victoires de Tintelligence et du travail sur la matière. Dans les Gantons catholiques , la culture avait fait moins de progrès. £a plus d*UD lieu l'agriculture y avait même reculé devant la vie pastorale ^. Cependant TUnterwald^ lancienne patrie des bergers, autrefois tout entière inféodée à des nobles ou à des couvens ^, achevait de se racheter de toute dime. Voulant être libres dans les choses spirituelles y les Unterwaldiens avaient acquis aussi le droit d'élire leurs pasteurs ^.

La législation avait fait des progrès. Au commencement du siècle, il n'était presque pas en Suisse de lois écrites. Les magistrats, administrateurs et juges tour à tour, prononçaient selon des coutumes vagues, incef-* taines, et selon l'équité. Hommes de guerre pour la plur part , peu soucieux d'études , ils écoutaient volontiers les caprices de l'inspiration. Des bourgeois, à Soleure, ayant échangé daiis l'ivresse de grossières injures , le

* Par Gnsin, cfAulan , eu i5S7.

* Oa de Panex, décoaTertes en 1554 1 i&O ^>os h propriété de \^ famille Tobel d'Aqgsboarg. Berne les acheta, en 166$, 104,000 livres.

> Vaterl. Samlnog,

* Engelbefg, Murl, Munsler, SU -Léger.

^ Basinger, t73.

conseil les mit à l'amende d'une mesure de bon vin « que leurs chers seigneurs iraient boire avec eux. » Deux femmes s'étant battues, elles furent enfermées dans une prison étroite et condamnées à manger d'un même plat avec une même cuiller ' • Peu d'avocats K La cause était plaidée par les juges eux-mêmes. Au criminel, la coutume respirait la colère. Elle était surtout cruelle dans la Suisse orientale, héritière du génie sauvage des Allemani. Le blasphémateur voyait creuser sous ses yeux la fosse qui devait Tengloutir après qu'on aurait arraché sa langue de son palais. Le Juif coupable de vol était pendu la tête en bas , pour que les chiens vinssent la dévorer, («'auteur d'un viol était couché dans une tombe; Tépieu qui devait le transpercer était remis aux mains de la femme offensée , pour qu'elle lui portât sur le cœur les trois premiers coups ';

*- Gemâlde der Schweilz, Sololharn. — • Si les accusés se comporient mal, les j âges peuvent les faire chfttier en leurs personnes. » Gemàlde, ZarUh, 237.

* Oq bien , ils étaient sans importance. Encore an coromencemcot du siècle dernier, l'aYocat, dans te pays de Neucbàtel, n'était pas émancipé. Son plaidoyer ne pouvait se prolonger an-delii d'une demi' heure , encore ne parlatt-il que sons la correction d'un parlier. MaiiU, de Cautariti du droit rotnain , de la coutume de Bourgogne et de la Cero- Une, p. S6. — A Genftve , sur la représ^tation du clergé, le Conseil interdit aux avocats les plaidoyers oraux « parce que l'ancienne simplicité apportait plus dç soulagement aux parties que les harangues au moyen desquelles on jetait de la poudre aux yeux des juges. • Oetoh^

' « Gegen syn unkQsch Hers.... Und soll die beswangte Wibspenon von niemand crger geschats verden. • L'an 1548 offre encore UQ exemple de l'application de cette ordonnance. Toggenbarger uud St.- GalUr protocolle. Dans le Rheinthal , qui avait juré par le sacrement payait 60 bats ou subissait h jours de prbon. Les tavernes étaient înterdites au Jureur; \\ devait faire pénitence publique; le maugréeur était puni par le carcan , le bla»phémateur par l'épée. iirx, 2A8 ( Mandat* àc

au bourreau d'acheyer ; . puis la terre recouvrait le corps.

C'est à ces coutumes folles ou barbares que commençait de succéder un ordre meilleur. Le progrès venait de Tétranger. Bien qu'écrite avec du sang y la Caroline^ code criminel de Charles V^ substituait la régie à Tarbitraire. Les Cantons s'empressèrent de la recevoir comme une amélioration^ et comme la loi de Tempire^ dont la plupart croyaient encore que toute justice devait émaner ^ . Dans le même temps la France faisait sur le droit de savantes études '. La Suisse apprenait à les connaître par ceux de ses fils qui fréquentaient les universités de ce royaume et par ces étrangers nombreux que les persécutions en avaient bannis. Calvin, ilottmann, Bonnefoi, Dumoulin et GodefFroy firent de Genève un foyer de jurisprudence. Peu à peu le besoin de sortir du chaos des coutumes se manifesta dans l'Helvétie occidentale. On commença par recueillir les usages et par les écrire. Berne fit vé^ diger ses lois y non plus dans l'ordre chronologique y mais dans celui des matières '. Le Pays-de-Vaud obtint par ses instances la rédaction de ses franchises ^. Le

Cabbé Diethûlm ). — A Claris , du pain était distribué aux enfans le jour d'âne exécution» pour les attirer à un spectacle destiné à servir d'exemple. Gemâlde der Schwtitz.

^ La Caroline parut en i534« Peu d'années après nous la voyons suivie, sinon comme loi, du moins comme guide dans toute la Gonfédéralion. En 1538, Berne fait enseigner les juges, dans le Pays-de-Vaud, selon le droit impériaL Arek. bern, Missiv.

* Gnjas commentait le droit romain. La loi des Bourguignons fut, en 1566, publiée par lui sous le faux titre : Papîniani responsum,

* En 1599, par le secrétaire Hans RÛttî. Le droit romain n'est pas étranger à ce code ; mais il n'est pas cité.

* Mai 1577, par Quixard. Berne se réserva de pouvoir modifier. Aigle

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Valais * rassembla ses statuts^. Fribourg, SoleureS Lucerne, écrivirent leur droit. Cinquante coutumiers furent publiés en ce temps. Confié^ à récriture , les lois se trouvèrent fixées. On put les comparer. Les voies se trouvèrent ouvertes à la raison, peut-être à la chicane. Neuchàtel, presque seule, ne voulut point se dessaisir du privilège qu'elle s'était attribué, de déclarer librement les points de coutume. Le pays prenait conseil de la ville comme anciennement la ville Tavait pris de Besançon '.

Ces coutumiers du xvi^ siècle offrent un mélange de lois civiles I politiques , et de simples ordonnances de police. C'était, dans un ordre et dans un langage un peu plus sévères $ la grossière naïveté du moyen-âge. Partout la torture, le talion ^. Du reste la diveigence des usages était extrême. A Zurich , les fils héritaient des cinq neuvièmes, les filles des quatre restans. A Payerne, les mâles prélevaient le quart du bien de leur père, et le reste de la succession se divisait en paris égales. Le débiteur insolvable était traité comme voleur ; seulement il avait le droit de retrait. A Genève, il était promené dans la ville, monté sur un âne, à re^ culons, tenant la queue de Tanimal ; arrivé dans Saint- Pierre, il faisait cession solennelle de ses biens etrece^

conserva ses coulâmes ; Gh&teau d'OBx et le Gessnay prirent le code de Berpe ; les Ormonds persévérèrent dans leurs coalumes non écrites. • Qai ne cnllîve terre a peu besoin de loix. t « En i57i.

* Par les soins de Staël. Ce droit se composai! d'anciens statuts de Nuremberg et de Fribourg.

, > M atile , lostît judiciaires et législatives.

* Les anabaptistes et les puritains les prepiicrs s'élevèrent sérieusement cpntre la torture. Uallam le fait remarquer.

LIVAB X. CHàP. V. 347

vait trois coups sur le derrière ^ En plus d'un lieu la commune pouvait confisquer la terre du « mauvais ménagier. » Elle devait faire labourer le fonds de la veuve indigente et de Torphelin ^. La loi du Valais ' prenait sous sa protection , comme marqués par le baptême du sceau de Christ^ ceux qu'elle nommait les pauvres chrétiens ^ et que nous nommons crétins aujour^ d*hui« La peine la plus ordinaire était pour le pauvre la prison, pour le riche l'amende; le juge, qui en retirait yne part, prononçait en souriant. Les biens des cri-» minels, des bâtards ^ et des suicides étaient dévolus à Tétat. Les Gantons qui n'avaient pas de prison condamnaient les coupables au service mercenaire ou les plaçaient sous la surveillance de leur famille. Vers la fin du siècle , ils firent avec le duc de Savoie un traité , par lequel ils prirent l'engagement de les lui livrer pour ses galères ^. Les villes suivirent cet exemple ® : elles étaient loin des premiers jours de la Réforme. A Baie le voleur était jeté au Rhin; s'il échappait, Dieu l'avait Youlu^. Le délit commis dans des lieux fréquentés éiait puni d'une peine aggravée. Dans l'Âppenzell, la faute qui eût été punie d'une amende de trois livres , un jour ordinaire, l'était de dix le dimanche, la nuit, les jours de marché, de danse , et le mercredi des cendres. Tout Âppenzellois s'obligeait à veiUer au

« Picot, 11,22. — J. L. llaltel, mss. 1552.

^ Les jeunes hommes de Nyon , en proclamant la fêta annuelle de la SU -Jacques, faisaient savoir que, selon leur charte,, les vignes qui n'étaient pas encore fossojées le seraient par eux et à lenr proCt.

* Incl)rts Vallesis reipublic» statata, orf. 55.

* Du moins eu plus d'an lieu, ' « Unnutze Gesellen. »

* Dès 1571.

7 Ochs.

maintien des Qrdonnances.Voilà la vraie démocratie ^ A Zoug^ quiconque rompait la paix devait déposer son épée dans la maison de ville; il demeurait deux ans privé de la fréquentation des hôtelleries et des droils du citoyen. La compétence était vague ^ les formes incertaines l Dans le Pays-de-Vaud^ la procédure avait été réduite à la demande, la réplique et la duplique '• Les fiefs dans ce pays étaient aliénables^ selon la coutume de Bourgogne, et ne suivaient pas la loi de l'empire. Berne retirait à chaque mutation le quart du prix de Tçnte; elle réduisit au sixième 'ce lods^ source d'un revenu considérable ^. Les conflits entre le souverain et les seigneurs justiciers ^ étaient fréquens encore; ceux-d défendaient leurs droits héréditaires, celui-là cherchait à tout ramener à une commune loi.

Au recueil de ces usages , d'une origine inconnue, se joignait un nombre croissant d^ordonnances nouvelles. Comme le siècle , elles portaient le caractère religieux* Nos pères croyaient, ainsi que l'antiquité, que Dieu étant la fin de l'homme, les gouvememens devaient commander la religion^. Les mandats s'attachaient

* Silberboch ( le pins ancien Landbuch ). — Zellwegner. - Bi» Nsf s'étant rendu coapable (fbomicide, fut condamné à ne point boire de vin dans les hôtelleries, à s'abstenir de toute fête publique, kéfiMr la rencontre des parens de la victime, à aller, le cierge en miui, 5«F nouiller trois fois sur le tombeau du mort, en criant grâce! ^ ^^* payer 200 livres pour des messes pour l'&me du défunt, et 150 à si veuve. Gemàlde der Sekweifz, AppenzelL — C'élail, parmi les fcoœ»' ï qui courrait couper la corde du pendu pour sauver ses jourS' coutume leur donnait ce privilège.

> Stadlin.

* Grenu, 277.

* Au dixième pour les fiefs rutaux.

* Twingherm.

* Mos lois ne sont le plus souvent qu'une trêve entre des ïniéréts

donc^ avant tout, à fixer la foi^ à régler la vie, à pu-^ nir les juremens, le blasphème, la nëgligence du culte, la sorcellerie^ la violation du lien conjugaP. La danse, les jeux, l'usure, étaient particulièrement défendus lorsque des années peu fertiles avaient amené la disette ou lorsque une invasion des Turcs menaçait la chrétienté '. Les États catholiques luttaient de zèle avec les protestans '. Venise gouvernait ses peuples par les délices; les Cantons suisses les leurs par la sévérité de leurs ordonnances. On a loué Venise. Ils subsistent; elle n'est plus.

La plupart des lois nouvelles portaient le caractère de la tendance jalouse des classes régnantes. Les franchises qui protégeaient le citoyen contre une arrestation arbitraire se modifiaient^. La procédure devait être écrite et secrète. Les tribunaux criminels , qui se tenaient naguèi'e sur la place publique, ou sous le grand tilleul, hors des portes, se cachèrent dans les salles des hôtels de ville ^. Les cités sujettes furent

liles. Une bonne loi fait plus; elle montre au peuple un but et lui en fraye le chemin ; paix, idéal et règle à la fois.

^ Les noces étaient précédées d*un examen sur la religion. Coll. de Mandats, de Baltîcr, etc. Gernlerî antiquitates, 1582.

* • Vu qu'impossible d'y remédier, sinon par le glaive de la foi. » — Dans la lutte la victoire n'était pas toujours à la loi. Vingt fois défense de porter des chausses tailladées, mode empruntée à la morgue espagnole; les législateurs finirent par subir la mode, tous l'un après l'autre.

* Les mandats catholiques ont plus que ceux des villes protestantes le caractère de légalité extérieure. > Quand sonne midi , que tout ce qui habile Luceme fléchisse les genoux , qu'il soit dans la rue, dans l'atelier ou dans le Conseil, » etc.

* « La sûreté individuelle doit céder à la sûreté publique. • Documens sur le P.-de-Vaud , 385. Statuta Vallesis, etc.

^ Il y eut protestation , 1551. Cysat — Les Conseils devinrent les arbitres de la vie des citoyens. — Sous Poyet , les procès avaient cessé d'être publics en France.

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