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Elle 3e prolongea quatre joigrs. Déjà l'ambassadeur parlait d'établu* à Zurich sa résidence* Breitinguer épancha sies inquiétudes dans le sein d*un petit nombre d'hommes encore fidèles à la Réforme. Ce qui se passait était à ses yeux la ruine des mœurs et de Tindépen* dance. Les tribut s'assemblèrent. Castille s'y présenta, et &t, d'un ton fier, le panégyrique de l'alliance; puis des voix confuses imposèrent silence à la minorité. Les hommes qui persévérèrent dans leur opposition furent traitée de rebelles; quelques-uns furent châtiés '• Sor-« lie des voies de la Réforme,. Zurich n'attendit, pour prouver au roi son dévouement, que le jour où il demanderait des soldats aux Confédérés.
Ce jour ne devait pas tarder d'arriver. La guerre civile venait d'éclater en France. La noblesse féodale avait pris les armes. Bouillon faisait pressentir le prochain soulèvement des Églises. La cour, de son coté , demanda deux régimens, sous Gallati et Fégueli ^. Ils partirent, les compagnies bernoises les dernières, et Jenteipent . Berne n'eut pas plus tôt appris que les Suisses n'étaient pas payés et que leur nombre se trouvait réduit à moins de 6,000, contre les capitulations, qu'elle
* Des ecclésiastiqaes de campagne eotr^aalres. La minorité obtint cependant que la résidence fût refusée. CoU, Leu, dam la fVasserkirehe, Tigurina, — CatliUe. — Meyer's Schw. Gesch. 489. — Lescarbot , tableaa de la Suisse, présenté h T^uis XIII en 1618 ; page 69.
^ Mise, ligur. — CasUlle. — Lescarbot. — Rappel des Bernois en 1615. — Sletller. Vainement Tambassadeor cita Sallnste et l'antiquité. Plaintes de l'ambassadeur sor la mauvaise conduite de J. d'Ërlach et Gasp. deVillading, envoyés en France, qui avaient calomnié Sa Majesté par des propos atroces» pensant être oisifs quand ils n'ont rien fait contre le service de S. Maj. Une lettre de d'Erlacb avait été interceptée , qui dévoilait la politique de Berne. BibL de l'Ànenal, à ParU ; Âmbau^ 625. — Lettre de CoêtilU aux Caniom à Baden,
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rappela ses soldats. Castillè résolut de Fen punir. 11 ne se borna pas à lui retirer les pensions du roi; il lui chercha partout des ennemis. Il empêcha sa réconciliation avec Charles -Emmanuel. Fribourg, par ses conseils y demanda le partage des pays que les deux républiques possédaient en commun* Les paisibles populations de ces bailliages mixtes se virent agitées pour une querelle qui leur était étrangère. Les consciences furent travaillées, les familles troublées. Catholiques^ protestans se comptèrent, se comptèrent encore^ pour savoir à qui appartenait la majorité ^ Le résultat ne fut pas favorable à Fribourg. Les Réformés l'emportèrent à Echallens, à Poliez^ à Penthéréaz. Les croix furent abattues. Toute la Suisse fut mise en feu par ce différend. Ce fut a l'ambassadeur ^, qui craignit que la guerre n'éclatât, de travailler à l'apaiser. Au nord, Castillè aigrit les dissentimens qui existaient entre Berne et l'évéque de Baie. L'évéque avait renouvelé son alliance avec les Cantons catholiques ^. F(M*t de leur appui et des secrets encouragemens de la France, il s'efforça d'étouffer la Réforme dans le Val Moutiers. Les pasteurs les plus zélés furent bannis^. Les choses furent portées si loin , que Berne avisa ses coreligionnaires^, renouvela ses relations, longtemps interrom-
^ Une population flottante , composée des pauvres, penchait loor à loar de l*un ou de l'autre côté. Areh, VautL {EctiaUem).
* Miron, successeur de Castillè.
* En 16 iO. L'évéque s'engage à n'entreprendre rien d'impotUDi «ans avoir avisé les Cantons catholiques. Tour à tour ils lui envoient ma repréêeHiant, pour son conseiller, 1 100 fl. l'an. SiettUr. — Bpùt. dêéÊCt, 4a apoL bem.
* P. Virct entr'antres.
pues^ avec Moutiers^ et leva quelques mille hommes. Sa fiére attitude commanda la paix.
Gastille avait été d'autant plus pressant dans cette affaire qu^l lui importait de s'assurer les chemins du Jura, pour de nouvelles levées auxquelles Berne paraissait peu disposée à^donner le passage ^ Il avait composé deux régimens. Les villes, secrètement avisées que ces troupes devaient être employées contre la religion , refusèrent de laisser partir leurs hommes - d'armes. Holzhalb, de Zurich, nommé colonel de l'un des régi* mens, fut remplacé par Jost Gréder, de Soleure. Le second corps partit sous F^ueli ^. Les Suisses, arrivés en France, virent Bassompierre se présenter à eux comme leur colonel-général. L'usage ne permettait pas qu'un autre qu'un prince du sang les commandât. Mais la grande âme de Rohan , qui avait été revêtu de cette chai^, et la religion réformée qu'il professait, l'ayant rendu suspect, la cour l'avait dépossédé, et avait cru ne pas déplaire aux Suisses en leur donnant pour chef le seigneur le plus accompli du royaume '. Bassompierre appartenait à cette noblesse des frontières allemandes ^ qui parlait les deux langues familièrement. Gracieux, libéral, magnifique, ami dé la bonne chère et des joyeux propos, il pritpromptement un grand empire sur l'esprit des Confédérés. Il les conduisit au combat du Pont'de-Cé, aux si^g;es de Saint-Jean-d'Angely, de
* Dépêches de Gastille.
^ AU, SS5. — Stettler» 474. — Ensemble 4,S00 hommes^
* MiroQ ravtit conseillé.
* Son père avait servi l'Espagne, l'Empesenr, la France; loi-méme il hésiu entre l'Espagne et le roi ; les bonnes gr4ces de Henri IV le gagnèrent — Mémoires de Bassompierre , édit 1708, l, 259; II, iOtt, 280, 888.
Montpellier, à la prise de Sens, à l'attaque de Montauban : à la ruine de la cause réformée.
La nouvelle de ces succès répandit le deuil dans les villes suisses. Les membres du corps éyangéH(:{ue étaient sans lien. Plus d'Elisabeth, plus de Henri IV. Ni de grands noms, ni l'esprit qui naguère animait d*une même vie les fils dispersés de l'Évangile. Les consciences étaient descendues au niveau des intérêts. Les questions d*ordre religieux , qui avaient si vivement occupé le bel âge de la Réforme, s'étaient transformées en questions de mœnrs et de rapports sociaulx:. Les classes élevées s'étaient enrichies par la vente des biens d'Église. Les progrès de Tindustrie et du commerce leur avaient donné des trésors. L'Amérique leur prodi* guait l'or, les perles , tous les alimeirâ du luxe et de là sensualité. Au sein de ces voluptés nouvelles, tes rich^ s'attachaient à la terre par mille liens èe plaisir. lies doctrines qui enseignaient le renoncement et Tégalïtë en acquirent d'autant plus de prix pbui^ les classéi moyennes et pauvres. Leur austérité s'accrût au même degré que la dissolution chez les grands. Le puritanisme se montra , la Bible d'une main, les armei éé
Tautre , une sombre énergie dans les traits. Les hattCes classes, de leur côté, s^'éloigûérent tous les jours davantage des mœurs et des doctrines de Calvin. EUtes mirent aussi toujours plus de distance ent^ elles et le penple ^ .
Les villes suisses n'étaient pas étrangères à ces mœurs ^. La conduite hautaine des gôuvematis, lem^
* Hercore français, IX, 842, X. — Capefigue, VIU. ■— Siri. Jacques Siaart se fit l'apologiste de la prérogative absolue.
* Tillier, Gesch. v. Bem. IV, 36. — Stetller, mss. — Maouds, 25, 24.
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rapines , le dérèglement de leur vie étaient l'objet dnn murmure général. Berne eut le courage d'y vouloir porter remède. Elle nomma un conseil de réforme. Elle invita les communes à choisir chacune un homme d*église et de leurs citoyens le plus estimé , qui vinssent déposer sur les vices de Tadministration. Les plaintes de concussion, d'abus d'auiorité, de mépris du pauvre arrivèrent de toutes parts. David Tscharner, baîllî de Morges , était des Bernois le plus beau , le plus fier et le mieux doué des dons de l'esprit. Gravement inculpé, il se présenta d'abord la tête haute. Mais quand il vit te sérieux du sénat ^ il reconnut le danger, se courba , fit l'aveu de son crime et implora sa grâce , mais inutilement. Il eut la tète tranchée^ après avoir été dépouillé des insignes de son rang et des joyaux qui couvraient sa poitrine ^ Les larmes de plusieurs de ses juges se confondirent avec son sang. Pierre de Werdt, bailli d'Aigle, et Josué Gachei, avoyer de Payeme, furent condamnés à l'exil et à de fortes amendes *. Pierre de Watteville avait, par de perfides intrigues, jeté Daniel Moratel dans de grands périls ; il dnt lui payer 10,000 couronnes de dédommagement *.
Mais tandis que par Ténergique impartialité de ses mesures, Berne essayait de rappeler dans son seiù l'esprit de la Réforme, il s'enfuyait de tous lieux. En France, les grands abandonnaient l'un après l'autre la cause évangélique. Entrés dans l'Église comme chefs de faction , ils en sortaient comme tels. Lesdiguières ^ achetait, en abjurant, sa réconcîliatian avec le roi.
* Das barret, die Baarschaft 27 juillet 1612. ^ L'uu 2,000, Tautre 1,000 conronnes.
* Le dac de Savoie menaçait le P.-de-Vaud.
* « A qui , selon M. Gapefigne , Genèye et les Suissos froposaîcnl
Snttj, Bforaay traosigeaioit cox-mémes : VotsèxJj parce <|a*il avait poor la guerre cÎTik une horreur ^ale à edk que lui iuspiraieut les mœurs de b cour. DéoKM^disés par TabandoD de leurs cheb, affaiblis par plus d*un reyers, les bourgeob des villes restées fiddes et les habitans graves des Alpes et des Céveunes pn>* longeaient néanmoins leur résistance. A leur tète s'àait mis Rohan, qui fût devenu le prince d^Qrange de nouvelles provinces unies, si les temps eussent permis que le succès répondit à son courage. Tous les vœux de la Suisse réformée étaient pour lui. La cause des fràres persécutés de France n'avait pas cessé d*ètre pour elle celle de la religion, et celle de Tindépendance des petits États.
Ces pensées occupaient les villes suisses lorsque Ve« nise envoya solliciter leur alliance. Pressée par l'Espagne, en guerre avec l'Autriche, abandonnée par la France, Venise ne pouvait recevoir de secours que par les Cantons. Elle implora le passage et des soldats. Certes die avait mérité d'être écoutée. Elle avait, en 4 607, défendu contre le Saint-Siège une cause qui était celle de tous les États souverains. Ses nouveaux périls étaient ceux de toutes les puissances du second ordre. Elle pouvait récompenser libéralement. Aussi fut-ce bientôt à qui d'entre les jeunes patriciens, à Berne et surtout à Zurich , se presserait autour de la table de l'jambassadeur et recevrait une part dans ses largesses ' .
soui main d*ériger one répabliqoe dans les Alpes. • Je n*ai rien tioavé qni confirme cette allégation.
* L'ambassadear était Gr^orio Barbadigo. Sa magniiîoence sénatoriale» la grâce de son parler iulien le firent croire nn descendant des Sapions. Ses splendides banquets, dans l'hôtel de la couronne , ne fnroit pas moins éloquens que sa bouche. StettUr, ManaeUt 97 à 29. — « Une
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Aucun égard au mécontentement populaire; aucun aux avertissemens jaloux des grandes puissances. Les exigences des deux villes retardaient seules la conclusion du traité. Enfin, le 6 mars 1 61 5, les conditions en furent arrêtées. Venise pouvait lever deux régimens , l'un à Zurich , lautre à Berne^ chacun de 2>100 hommes. Ces troupes ne devaient être employées ni sur mer^ ni à des assauts. Les villes nommaient les capitaines f Venise les colonels ^ avec l'approbation des Cantons. La solde était fixée à un prix élevé. Les passages étaient ouverts aux amis , fermés aux ennemis. Il était assuré à chacun des deux Cantons une pension annuelle de 4^000 ducats , et 2,000 ducats par mois en cas de guerre ^ Des conditions avantageuses étaient stipulées pour leur commerce. L'alliance devait durer douze ans , et se prolonger douze ans encore si les parties ne déclaraient pas y renoncer. Elle n'était pas signée que Zurich laissait enrôler, et que le bourgmestre Holzhalb^ nommé colonel du régiment zuricois , obtenait de pouvoir partir et conserver sa charge. Cependant l'alliance ne fut jurée qu'en 1618. Venise, qui calculait^ et n'avait pas obtenu dans la Rhétie le même succès qu'en Suisse, différa le serment jusqu'à l'heure où le secours des Confédérés lui fut devenu nécessaire. Mais alors même les révolutions des Grisons , l'opposition des Cantons catholiques et les intrigues des am-
méme politique avait rapproché Zaricois et Bernois. Ea 1615, quarante Bernois ayant accompagné le bailli Caspar de GrafTenried à Baden, de nombreux Zuricois les allèrent chercher, Holzhalb à leur tête, etTunion des deux villes fut scellée an sein des bals et des fêtes. SteUler.
* Venise s'engageait à déposer dans les arsenaux de chacune des deux villes 560 harnais et 700 mousquets.