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bassadeurs des grandes puissances ^ empédièrent la meilleure partie de ces secours d'arriver à ceux qui Fatr tendaient impatiemment. C'est ce que nous aurons plus tard à raconter.
Déjà cependant Venise n'était plus seule en Italie à ne pouvoir supporter le joug de l'E^gne. Comment Charles -Emmanuel eût-il vu d'un œil indifférent l'union des grandes puissances? Lui, qui avait cru ceindre son front de la couronne de fer de Lombardie, allait-il descendre au rang de vassal d'un des princes dont il s'était vu l'égal? Son orgueil s'indignait à cette pensée. Le cafnéléon avait si souvent changé de couleur qu'il lui en coûta peu pour se transformer encore. L'on apprit qu'il favorisait sous main les prolestans de France ; qu'il négociait en Saxe ^ , en Hollande , ei i}u*il faisait demander pour le prince de Piémont la main d'une fille d'Angleteri*e. Suppléant à la force par la souplesse , le plus grand monarque du siècle si sa fortune eût égalé son ambition, il avait ses agens dans toutes les cours, et travaillait à avancer ses affaires chei tous et avec tous. Sur ces entrefaites Gonzague, duc de Mantoue ^ vint à mourir ', ne laissant de son mariage avec Marguerite de Savoie qu'une fille unique. Aussitôt Charles-Emmanuel s'empara de la princesse , fit marcher ses troupes, les Suisses les premiers ^^ qui en étaient le nerf, et se prépara à défendre ses préten-
* Vëlasco, Gueffier. Becé$ de B^den, 1616.
^ • Ao nom d'uno commune origine. » Mercure ttÈtai, 831. — Salo> ces, m, 99. « Tondant ses sujets au vif, et pourtant aimé d'eux autant qu'un prince le peut être chez soL »
> En 161S.
* Sous Âm Rbyn, Pfyffer et Kalbermatter. Les gouvememens dureoi leur rappeler qu'ils ne devaient servir que dam des gderres
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ticHis contre r£8|>agne, Philippe III se mit ea mouvement de 8011 côté. Cinq mille Vallons traversèrent U Suisse f Milan se remplit de soldats ^ • Cependant ^ les négociations s'entremâlant aux opérations militaires y un état incertain se prolongea jusqu'en 1617, que le duc se vit sérieusement attaqué. Dans son péril^ il recourut aux Cantons. De tous Berne étant le plus puissant, il n'hésita pas à s'adresser aux seigneurs de Berne. Des négociations furent entamées à Saint-Maurice, sous la médiation du Valais ^, et poursuivies par le accours de Carleton et de Wake , ambassadeurs d'Angleterre à Turin. On se souvint qu'anciennement les ducs de Savoie et la république étaient amis. Charles- Emmanuel avait 9 maintenant, plus à craindre des Espagnols qu'à espérer de recouvrer le Pays- de- Vaud ' : il en fit la cession formelle. Puis les deux États s'allièrent aux conditions suivantes ^. (c La partie attaquée sera secourue par l'autre avant le mois écoulé. Berne donnera 2,1 00 hommes au moins , 4,200 au i^us. EUe nommera les capitaines, le prince les officiers supérieurs. 11 les choisira parmi des hommes agréables à la ville de Berne et qui soient ses bourgeois:
* Allemands, italiens, espagnols, et les Suisses de Conrad de Béndldingen. Alt, 590. — Boita, Storia dltalia, IV.
^ De Mathieu Scbiner, capitaine du pays. StetiUr, « Étant mémoratifs, écrit le duc aux Valaisans, de la maxime que les petits princes et les libres républiques, qui ne recognoissent que Dieu et leur épée, se doivent joindre contre les grands monarques qui voudraient les ofièilser.»
* Sîri, IV. — Acte signé Gabaléon. Ratifié par le duc, le 9^ juin, lé sénat de Ghambéry, le h juillet iS17.
* Arcb. Turin. Gmy. XIX. Negûtz oo SuiMuri, maxto, IIL — Traitéi, pa^mrt FIL — Affaires d'Italie, 16iS-20, dans lesarch. de Simancas, B. 9i. — Lauffer. — Alt, X, 344.
420 BISTOIftB DB LÀ SUISSE.
Le secours du duc consistera en 200 cuirassiers , 1 00 arquebusiers à cheval et 2,000 fantassins au plus ; en 200 cuirassiers et 1,500 fantassins au moins. H y j<Hndra 8,000 couronnes par mois. Les régimens de la république auront leur justice particulière et tous les privilèges des Suisses en France Ml ne sera construit de r Arve au Valais aucune forteresse , ni aucune nef armée. Les différends qui pourraient naître seront jugés à Lausanne par des arbitres demandés aux Confédérés. » Ce fut en ces termes, le 23 juin 1617, que ks deux États scellèrent leur réconciliation ^. On s'unit pour 20 ans. Genève était comprise dans le traité. Voyant le péril du duc, Berne n'attendit pas qu*il eût signé pour lever 4,000 hommes, et les envoyer, sous Antoine d'Erlach, en Piémont '• Dans le même temps Lesdiguières , comprenant ce que commandaient les intérêts de la France, leva de son propre mouvement^ une armée et courut secourir son grand ami , le duc de Savoie. Le duc se releva , grâces à ces renforts. Il eut des avantages. Des Suisses de l'armée espagnole tombèrent entre ses mains, et durent à leurs compatriotes la vie et la liberté. Cependant la cour de France travaillait à la paix et la fit conclure à Favie , le 9 oc-
^ Et de tons ceux dont jouissent les Gantons catholiques en Piémont
^ Maigre les efforts des ambassadeurs de France et d'Espagne pour l'empêcher. Gaichenoru — Mavatori, — SirL — Capriaia, L IV*
> Manuel 55. — Ils furent levés avec Tordre de Venise.
* Il était autorisé à agir si les Espagnols ne désarmaient pas. Gmichtnôn,ily 586. — ZHioli, X, 265. Le roi avait fait signer un armistice; Biais « un aussi grand monarque que Philippe lit ne pouvait élre lié par les trùtés et ne reconnaissait d'autres lois que de sa clémence. » Tolède fut nommé gouverneur de Milan. Henri de Nemours, qui vivait dans son apanage du Genevois et du Faucigny , tenta de s'emparer de la Savoie. Il fut battu devant Annecy. Gaiekenon, 891. — Muratori, 169. — Botia, 159.