XII
firme la plupart des résolutions prises à Tosis. H nV ▼ait eu qu'une voix pour interdire la résidence aux ambassadeurs éti^ngers ^ • Gueffier, sans avoir l'adresse de Pascal , affectait de gouverner comme Ini. Il éuit revenu d'un premier exil le firont superbe^ le ton fier. Furieux à la nouvelle du décret qui le bannissaùt de nouveau y il accourut, par des chemins détournés , de Meyenfeld à Coire. Douze cents hommes se trouvaient dans cette ville , catholiques pour la plupart II releva leur courage. On se fortifia. On appda des reotorts. Quelques cents hommes occupèrent le château de Reichenau , à la jonction des deux Rhins. Mais aussitôt que les hordes assemblées à Igis eurent vent de ce qui se passait 9 elles se mirent en marche et passèrent vivement là Plessur ^. Les remparts de Coire^ le château de Reichenau furent emportés. Lugnetz, DissentiS; toutes les communes de la Haute-Ligue furent soumises par la terreur. Guelfier, se voyant vaincu , jeta son chapeau sur le parquet et jura^ en le foulant aux pieds dans sa colère, que le roi se vengerait ^. Il courut à Soleure, verser ses ressentimens dans le sein de Méri de Vie , ambassadeur de Louis XIII auprès des Gaintoas.De Vie vit, à Altorf , Casati, et, sous prétexte d'une dévotion à saint Charles Borromée, se rendit à Milan, pour convenir avec le duc de Féria des, moyens de dOTdpter les Grisons *. *
* Plosneoft par ptlriotlsùie , plosieun pour venger l'hilars t^ ^ Padavicino.
> Oetobre i6i9.
* • lo referiro al mio rè il dîspeUo che gU e faUo in U mit po" sema, il rè vi abandonnera , e Spagna vi engfaîoUirà. • H disait ^ Selon le Soiiiiiiair« ifef nigoeiaiUm» franfuiuâ en Rhétie, mit»
* A Porta, 179.
LlVHB XI. CHAP. U. 451
Cependant les drapeaux des trois Ligues se réunissaient à Daros, et le peuple, squs les armes > nomoiait un nouveau tribunal , juge de ceux de Goire et de Tusis^.Élu;le lendemain d'une victoire^ le stra%ué^ richt de Davos se montra superbe. Sept mois il proion-^ gea ses séances» et l'eût fait bien plus longtemps, si le bruit d'une invasion étrangère ne Teùt dispersé ^. Les peines proQoncées à Tusis furent aggravées. Les Planta s'étaient enfuis ; des sergens furent envoyés arrêter en tous lieux les hommes suspects d'être leurs amis. La somme des amendes se trouva bientôt portée à 140,000 florms ; encore était-elle loin de suffire aux frais du procès ^é Des ministres guidèrent les délibérations. Les ennemis les plus dangereux de la foi, comme de la liberté , ont toujours été les hommes qui les ont pré^ehées le poignard à la main.
. Tandis que ces choses se passaient à Davos un vaste incendie s'allumait en Europe ; la guerre de ^ente ans venait d'éclater. Les Bohèmes s'étaient soulevés contre la maison d'Autriche. Ils avaient appelé au trône l'électeur palatin , Frédéric Y , gendre de Jacques d'Angleterre^ neveu de Maurice d'Orange 5 . l'ami des villes suisses. Toute TËurope prenait parti. Les Cantons étaient presque aussi divisés que TAUemagne. L'achat que Zurich venait de faire de la baronnie de Sax ^ ; le départ de troupes bernoises et
A Sprether, 127. — Tschc^e.
^ Le i jnilieU — « Les frais faits aux dépenses joornBUëres forent de 40,000 il. ; tant il en coula pour appeler la ruine sur te pays. • Anhornm
* Six commissaires allèrent en Valteline prêter force aux arrêts du souverain. Porta, 180.
* Voyei page 523.
452 liisioms de la mmm.
zuriœises pour Venise; le passage dadiic de BfaiisfeU % qui, après aroir servi le duc de Savoie , amit regagné l'Allemagne en traversant lentement le territoHne ée Berne, avait irrite profondément la Suisse cathoUqne. Le nom d*hérétiqnes maudits était dans toutes les bouches ^. Les cinq Cantons venaient, de leur côté , d'ofirir aux puissances du midi leur alliance^ dans le but de défendre contre les villes les évéques de Goire et de Sion ^. Cependant à cette heure fatale le bon génie de la Confédération veillait sur elle; les alliances Tem-» portèrent. Les deux camps savaient encore se rapprodier brsque les étrangers ne soufflaient pas la discorde. Us avaient su s entendre, dans un intérêt ecNnmun ^ pour faire renouveler la déclaration de neutralité de In Htute^Bourgogne ^; pour presser la France d'acqaitler sa dette, et poui* s'opposer à l'élévation, ccmtraire tmx traités, des péages de T Autriche^* ils étaient intarvenus en fiiTeur des paysans du Friekthal et de la Forêtr» Noire, soulevés par le poids des impèts ^. D'aeeord il^ s'étaient prononcés sur Tinutilité d'envoyer dorénavant demander à un nouvel empereur la confirmation des franchises '^. Plus d'une fois ils étaient convenus que le péril d'un canton devait être considéré comme le péril
« Roeès de Bulen. iSiS. ^ Man. WettiteÎB» à Bile, I» Oaampmd, de Manafeld avec Em. Midier.
* Les villes venaient de s'en plaindre vivement Recé$.
* Berne avait reçu de Fambassadeur anglais à Tarin nne copie de la lettre des cinq Gantons, où se lit aussi le nom de êeeiê mmuUtê.
* En AOiO.
* Recès.
* Bu i6iâ» Artkiv. fmr Sekm. Gtitk, und Landêtkttné^ wm Euher mkd Hotiingêr, 1829.
' Recès^ 1016 et il.
de tous ^ L'esprit qui leur avait dicté ces résolutions se montra lorsque les hostilités commencèrent en Allemagne. Assemblés à Baden, dans le mois de novembre 1 61 S, ils se promirent de vivre en frères^ de rejeter une injuste méfiance et de ne point compromettre à la légère Texistence de la patrie.
Ce ne fut pas avec cette prudence qu'agirent les représentans de la Rhétie^ assemblés à Davos. Les vœux de la plupart d'entre eux étaient contraires à l'Espagne ; ils le manifestèrent hautement. Les ministres, élevant la voix, demandèrent au ciel le triomphe de leurs frères persécutés. Les représentans du peuple se donnèrent sans retenue à la cause du roi de Bohème. Une lettre de ce prince les assura de l'amitié de l'Allemagne et les exhorta à tenir leurs passages bien fermés. Les Grisons ne se bornèrent pas à faire au prince une réponse favorable; fls envoyèrent deux ecclésiastiques^ à Prague^ assurer Frédéric que leurs armes étaient fourbies et prêtes à servir la sainte cause de la foi. Tout se fit sans consulter les communes et sans égard pour la minorité catholique. Nul souci de la colère de l'Es*» pagne. L'ardiiduc Léopold, ayant demandé pour un convoi d'armes le passage par la Valteline^ reçut une réponse hautaine. Les Rhétiens abandonnaient la position paisible que leur assuraient leur pays, vaste camp retranché dans les Alpes^ et leur alliance avec les Cantons. Ils couraient^ les yeux bandés, se jeter au sein de la tempête qui déjà se levait de toutes parts.
* En 1615, tooslet Gsotont prennent l'eagasement de secourir celai qui serait ttlaqné.
^ Tchnschi et Bonorando. — Rtnke, die Rdm. P&pste.
4a4 HISTOIRE DB La sihsse.
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