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496 HISTOIRE 0B LA SCTISSC.
ment par le général autrichien Reitnauer, qui, déclarant nnl leur serment, les incorpora dans une armée destinée à châtier l'insurrection. Les Fï*étigOTiens ^ armés d*épées et de fusils pris à l'ennemi, coururent s*emparer des lignes du Luciensteig, la porte de leurs ▼allées ; et comme, la veille, Baldéron les occupait à la construction de ses forts, ils firent à leur tour servir les soldats captifs de Baldéron à l'achèvement de' leurs remparts ^
Après ces succès, les paysans firent savoir à leurs frères X de Davos, du SchaMSà et de Courvalden, qu'ayant pris les armes pour la cause des consciences et de la liberté, ils comptaient Sur leur secours. lis écrivirent aux treize Cantons qu'ils sauraient respecta les droits de la maison d'Autriche. Rodolphe de Salis vivait à Zurich, exilé ^. 11 était jeune par les années; mais la valeur et le sang-froid le rendaient Tégal des vieux capitaines. Invité par les Prétigoviens à venir les commander, il accourut avec son frère Ulysse , qui promettait d'être- un héros, et avec des bannis nombreux. Pierre Gonler, héritier du patriotisme de son père, amena ses Davosiens. Venise, Berne envoyèrent des subsides '. La foi , l'union se chargèrent du reste.
Salis n'était pas arrivé que Gouler et Enderli , avec
* Anhorn , pdingénene. — Gvler, FreihdbkanipL ^ Tschokkt. — Porta . 464. — Sprecher» 884. — Stettler» 6SflU- — Meister, 855. — Theatrum enrop., 694- — Kaslels fat bientôt vçtks à moitié détrait, et dévoué à n'être Jamais qu'une ruine , le témoin de la lutte des pajsans.
* 11 avait hérité des biens et do prudent courage <fe son onde, do même nom , lieutenant-général au service d'Autriche. Son frère Uljsse , qui servait sous Mansfeld, ne tarda pas d'accourir. Aucune famille suisse n'a donné autant d^ofiBciers illastres à l'étranger.
' Venise 85,000 ducats, Berne secrètement; je crois les autres villes suisses aussi.
600 hommes^ avaient assailli Meyeofeld^ qu'un nombre double d'Autriehiens se préparait à bien défendre. Reitnauer 8*avanea de FeHkipcb ^ à la tète de 600 lansquenets* Il écouta à peine les paroles de pak d'envoyée des Ganicms^^ aceonrus en hàte^ Longeant le Luciensteîg ^ il ooeupa la montagne de Flsescb et les vign^ qui entonreot ce village'. Couler et Enderfi choisirent 250 braves % fléchirent avec eux les geiloux, puis tombèrent, la massue à la main, en poussant un cri terri-- Ue, sur les bataillons impériailx« Deux cent trente Autrichiens demeurèrœt sur le champ de bataille , la plupart le crâne fracassé, la cervefie jaiUfôsante. Beau*coup d'autres se noyèrent dans le Rhin. Reitnsner ne fut sauvé que par la vitesse de 9^- ebeval, qui le traitsporta d'ime rive à l'autre au moment oà Gouler allalit le faire prisonnier ^. Le sokil, à son coucher, réfléchit dans ce jour son image à Torieuty en sorte que les Rhétiens crurent que, comme ani tenips de Josué, Faslre recottimençait sa courM pour leur permettre d'accoropfir leur victoire. Ayant reconnu parmi les» morts les corps de (dusienrs^ sohiatfil de la garnison dé' Kastels, qui avaient juré de^ ne |âFâiais pot*ter les ai^me^ contre les Ligues, ils les ens^velir^t le bras levé^ trois doigts hors de terre/ comme pour dire an cié) leur parjure.
' Rédlng et Marli.
' Sttp le bord- de la ravine ( Bkfi ).
* M. Taebokke dit 85. « Ib ne pei5clîreiH fOi ah hoMme. • El cependant les Aotricbiens éuieat 9harméê.hM paysaoA le cifoyâieiii ; niais ils décoDirrirent qu'ils ne Tétaient point contre leurs massves. •— Leur Uctiqae était d'attendre , immobiles , le premier feu , puis de fondre sur TeiHieiiii.
^ Le Goliath était pris, si le cheval de Guler eût M meiUeur. 5 mai.
500 HISTOIRB DE LA SCISM.
Apres cette action^ les communes reçurent des ren«forts de toutes parts. Des Appenzellois accoururent en grand nombre; les exploits des PrétigoTiens avaient réveillé chez eux le souvenir de ceux de leurs pères. Cependant Baldéron, enfermé dans Coure, trahissait ses craintes par le changement de son langage^ qui de grossier était devenu bienveillant. Il s'entourait de fortifications, et, voulant fermer aux insurgés les sentiers de la Haute-Ligue, il avait jeté quelques cents hommes dans les châteaux de Haldenstein et de Lich-* tenslein , adossés à la paroi du haut Calanda. Les Appenzellois ofifrirent à leurs frères de les aider à s'ouvrir ce chemin. Haldenstein fut emporté d'assaut. La garnison effrayée de Lichftnstein posa les armes. Dans cet intervalle, les milices de la Haute-Ligue étaient venues planter leurs drapeaux entre Felsbei^ et Reichenau , déclarant qu'elles se borneraient à détendre ces limites et n'iraient pas plus loin. Indignés , Suisses et Prétigoviens se précipitèrent sur elles, les mirent en fuite et prirent eux-mêmes position au confluent du Rhin. Lea drapeaux des communes évangéliques de la Haute- Ligue vinrent se joindre à eux. Cependant Baldéron aussi recevait des renforts. Camille del Monté lui amena quelques compagnies espagnoles. Cerbelloni, avec 700 hommes, s'empara du fort et du passage de Tiefisn* kasten. Dés lors se livrèrent, deux mois durant, des combats journaliers, sur toute la ligne du Luciensteig à Reichenau. Cerbelloni n^avait pas achevé de se retrancher, que Gouler fondit sur lui, le salua d'une grêle de balles et le contraignit à capituler. Le nombre des assaillans n'égalait pas celui des Espagnols. Le siège de Coire commença. Celui de Meyenfeld fut continué. Les Prétigoviens n'avaient pas de canon. L'eau man-
quaitaux assiégés. Les lansquenets, pour s^en procurer, se couTrirent des yèiemens des bourgeois et des robes de leurs femmes , et, protégés par- la pitié des paysans , ils allèrent creuser hors des murs; mais ce fut sans suocës. La garnison , forte encore de 1 ,000 hommes , se vit réduite à se rendre et passa la frontière , après avoir juré de ne plus servir contre la Rhétie. Alors tous les drapeaux se réunirent autour de Goire. On songeait à détourner de la ville l'eau du Muhlibacb^ lorsque le ciel se diargea de l'ouvrage ; les pluies, creusant une ravine^ changèrent le cours du ruisseau , sans le secours des hommes. Dés lors la soif se joignit à la faim pour faire fléchir lorgueil de Baldéron. Il avait perdu l'appétit ^ ses soldats le courage. Il capitula. Le 16 juin., l'homme qui avait rempli de terreur tout le pays des Ligues défila^ avec 2,000 soldats, reste de ses forces, entre les rangs des Prétigoviens, rangés. sur son passage, leurs massues sanglantes à la main. Les assiégeans n'étaient pas 4 ,400 hommes ^.
Les jours suivans. Salis s'avança jusqu'à Ilans, afin de recueillir les communes de la Ligue Grise. A son approcbe, toutes les hautes vallées renoncèrent à l'alliance de Milan et donnèrent des otages. Neuf mille florins exigés d'elles, pour leur part, aux frais de la guerre, forent distribués entre les braves qui avaient sauvé la patrie. Le 27 juin 1622 eut de nouveau lieu, à Coire,
* « n appwDt nn homme noir, d'une taille démesurée , qoi 6tail le ODorage du Goliath et brisait sa résistance au Dieu d'Israël. >
* Ayant découvert dans les rangs des Autrichiens R. Gapel, de Beven, et Conrad Planta, frère du sire de Rhésuns, ils les renversèrent de cheval et les arrélèreiit. PlanU réussit à fuir; Capel fut fusillé. —Les vainqueurs étaient 950 Prettigoviens, i50 hommes des communes voisines, et 800 volontaires suisses, sous Schiek, dTAppenzell, Verdmnller, Stapfci: pt Steiner de Zurich. On a conservé leurs noms.
502 msTOiav de la suisse.
rassemblée des trois Ligues ^ Son premier acte f«ii de proclamer une amnistie» Des députes furent envoyés demander Tëvacuation de TEngadine et des pays su-^ jets^, P autres furent chargés d'aller intéresser les Confédérés et les États libres de TÂUemagne aux mal^ heurs de la Rhétie. Chacune des Ligues reçut Tordre vde tenir 1 »200 hommes prêts à défendre la liberté r&* conquise '• Salis fut nommé général. Ces mesures arnètées^ les Grisons prirent le ciel à témoin de leur loyal dessein et mirent leur patrie sous la protection deDieo, le suppliant d'être leur grand capitaine. L'évêque attendit de savoir ce que Rome lui permettrait ^.
Les Confédérés s'assemblèrent à Baden K Le roi de France^ instruit de l'état des choses par ses envoyés et par lambassade des Gantons ^y leur fit témoigner avec «baleur l'intérêt qu'il prenait à la Rhétie, Quelques députés plaidèrent avec non moins de force la eauae héroïque des Ligues. D'autres assurèrent que la réconciliation des Grisons devaitavoir pour résultat la raine de la foi catholique dans leurs vallées. C'en fut assez pour paralyser les Confédéi^. L'archiduc Lé(^pold sut profiter de leurs divisions pour les persuader d'inter^
* Joder (ni de nouveaq président
' Kiievenbullçr, ann, Ferdin. Part. IX.
* Une garnison fut conservée h Coire. P. Guler fat commb à la garde ^tt Ludensteig, fortifié selon le plan d'Arduser, de Davos.
* m C'était déclarer qne hors de T Église il n'avait pas de patrie. •
* Stettler, 545. — - Sprecher, ftSd. — Recès de Badeo et d'Aral!, D'Aran le bourgmestre Meyer se rendit à Sien; les ValaiSMis lot promirent quelques cents hommes. Lauffsr, XIV, 64.
* L'ambassade nommée parla cBèle (v. pag. 494) n'ayant pa se mstin en chemin, les Gantons évangâiquesse décidèrent à lenvofaran roiRhHi et L. d'Erlach. Ces députés trouvèrent le prince en Poitoo» gnerrojant contre les huguenots. Il leur promît réponse par son ambassadeur Miron. Porta, 469. -— Spreeher, 382. — Lauffer, 64.
LlVJtB XI. CHAF. 111. 503
venir oomme médiateurs , non comme partie. Abandonnés à eux-mêmes^ les Grisons ne perdirent pas courage* La Basse-Engadine gémissait encore sous le joug autrichien. Baldéron s*y était jeté. Les drapeaux des Ligues s'y donnèrent rendez-vous. Les uns, partis de Davos et de Kastels, desc^idirent' les sentiers du Fluela, d'autres ceux de l'Albula. A l'aspect de leurs bandes, les Autrichiens fuirent , laissant derrière eux les villages en cendres ^ Dans leur terreur, ils se disposaient à abandonner Sainte-Marie. Le Val Moutier eût été reconquis, si les Rhétiens ne fussent revenus trop tôt sur leurs pas. Dans le même temps, les paysans du Prétigau coururent reprendre aux Tyroliens leur bétail. Descendant à la fois du Slépina, de la Fourche rocheuse et des escarpemens du Rhéticon, leurs bandes se répandirent dans la vallée de Montafun, la rançonnèrent et repassèrent les Alpes avec un double butin. « Vous voyez, dirent .leurs sages quand ils furent de retour, que la victoire ne se range pas nécessairement avec la puissance et la fierté ; car eue vient de couronner la bonne cause, soutenue par d'humUes paysans. »
' VetUn , Gnar^a » Remiis, Gerneti , etc. 9 joillet iSît.
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