GUERRE DE TRENTE ANS
État de la ConfédératioD. — i<* Les Cantons populaires. —Les princes ecclésiastiques. — Lutte en Thurgovie, après la peste. — 2* Les villes catholiques. — 3® Les villes réformées. — Leurs ennemis. — La France. — Le duc de Longueville à Neuchâtd. —Le père Tobie Gorona, — Murmures de» peuples. -^Ap» proche des Lnpériaux. — Invasion de la Rhétie. — - Combat «k Raschnak. — Conférences de Lindau. -*- Soumission. — Richelieu.— Alliance de la France avec Venise et Gharles-Emmanuel| 1623.-— Intervention du pape. — Remise de la Valtelioei ses soldats. — Évacuation de la Rhétîe. -* Expédition de Goeavres, 1625. — Le cardinal Barberin à Paris. — Bassompierre à Soleure, 16S6. — Traité de Monzone. -^ Réduction de La Rochelle. — Succession de MantoaCi 1628. -^Les passages des Alpes. — Le Valais. — Les Grisons. — Le flot des armées impériales. — lies plaies de la Suisse. — ^ M. de Léon. — Bassonpierre. — Les régimens^d'Erlach et d*Affry. — Paix de Cnerasque et de Raiisbonne, 1631. — Gustave-Adolphe.
Tandis que la Rhétie recouvrait son indépendance; rAUemagne combattait pour savoir si l'Empereur serait pour elle un maître ou le chef d'une ligue de princes et de cités. Les Confédérés contemplaient cette lutte du haut de leurs monts. Déjà cependant ils l'avaient vue plus d'une fois se rapprocher de leurs frontières.
Plus d'une fois des essaims de malheureux, chassés knn de leurs terres désolées et de leurs toits en cendres, s'étaient abattus sur terre heWétique. Les provinces, k cave et le grenier des Gantons, avaient été ravagées. L'orage s'avançait toujours plus menaçant. Par mo*» mens, à son approche, la Suisse se réveillait ^ Le plus souvent la patrie demeurait sans voix, toute meurtrie des plaies que lui avait faites la discorde.
L'Unterwald, la vieille terre des bergers, offrit, en 1618, aux Confédérés l'exemple qu'ils eussent dû suivre. Les scènes de paix et de grandeur s'allient de siècle en siècle, dans l'histoire comme dans la nature, sur cette terre où quatre fois l'an la faux tranche l'herbe des prés ; où les châtaigniers et les grands noyers croissent si près des hautes neiges du TitUs et du Suréna. La chaîne qui court du Titlis à la Bloumalp ^ a mis entre rObwalden et le Nidwalden une séparation naturelle ; les cœurs des populations s'étaient aussi divises. Après bien des querelles , il s'était fait un accord , Fan 1 548 , le jour de Saint-Antoine. « Vous êtes d'un tiers plus nombreux que nous , avaient dit ceux d'audessus de la forêt; vous enverrez donc deux fois un bailli dans les pays sujets , et nous une ; dans les arbitrages, vous nommerez deux arbitres, et noua un; m«s dans les diètes, et lorsqu il s'agira de la patrie et de la foi, nous aurons chacun un député. » Cette proposition avait été acceptée par les Obwaldiens. Bientôt toutefois
^ Pïït exemple, en février 1612» qu'ils jurent de s'enlre-secooiir et repoussent et les reproches des Français et les demandes de troupes que faisait Gasati pour la Franche-Cîomté.
' £t la forêt de Kern. Quatre vallées, celles des deux Aa, celle de Bielch et celle d'Engelberg forment rUnterwsld. Go y comptait dix mille pièces de bétail.
506 HIStOlRB UE L4 SOttâE.
^e avait donné fi^u à dçs interprétations diverses , (^, quarante ans après qu'ette-eut éùi oondue, les den partis se trouvèrent plus irrités l'un contre Tautre qu jamais ^. Des aiintres des quatre Cantons firent agréa une paix nouvelle. La première oonnrention n'avritpn été écrite; celle-ci le fût, et les Confédérés la prÎMt sous leur garantie. Mais les quereiles entre frères «nt difficiles à apaiser. Une nouvelle sentence dos qaatn Cantons n'arrêta pas Texplosion d'un nouveau méooDtentement. Jamais Taillmosité n*avait éHé pins TÎie, ^and Dieu mit au cœur d'un pauvre {randscaia , h frère Martin d'Égelshofen ^ d essayer ce que tani è diètes n'avaient pu faire. A sa voix , des délégoés i» deux parties du pays se rencontrèrent à ÉnefmooSi k première paroisse de TUnterwald, la seule en des teB|S recnlés. Il y distribua la messe dans une antique A^ pelle. II parla : la paix coula de ses lèvres. Il entosBi un chant bien connu , qui invoquait l'esprit d'amo* et de vérité ; cet esprit^ cdui de Nicolas de ïlue^ s » para des cœurs. Peu d'heures suffirent ensuite anxii^ pûtes pour sceller une union , qui dès lors n'a plustf que rarement troublée ^.
Ainsi s'apaisa la vieille querdle à une époque ^ peu de débats se terminaient , où diaqne anaie o voyait naiire de nouveaux. Toujoure les deux eaispi- Le nonce Scapi, et Casati , rqirésealant de TEsp^' gouvernaient les trois Cantons primitib. Us résiibi^^ volontiers à Altorf *. Les trois Cantons maintcnaicot
< En 1589.
^ Le 15 février 1618. Buêingtr.
> « Allorf est émule de Lvceroe et tire après lui SchwjK ei Unlo**'; den. Lucerne tire Zoug, Soleure et Friboui^. » LV»^f«« ^ f^*^'
UVRB XI. CHjlP* IV* 507
ZoQg dms leur parti y en assurant aux communes de la campagne la domination sur celle de la TÎUe^ A Glaris^ c'était par le moyen de la minorité catholique qu'ils tenaient en échec le nombre beaucoup plus grand des Réformés. Schvyzne cessait d'y réYeîUerVinimitîé des partis. Depuis que les deux religions s'étaient séparées dans l'Appenzell^ les catholiques deGlaris nourrissaient le ?œtt Mcret de suivre leur exemple , impatiens qu'ils étaient de prendre part aux avantages du service espagnol. Ils étaient encouragésulans leur dessein par ceux des Cantons qui eussent vu sans peine le suffrage de Glaris annulé dans les diètes. A la fin ^ , ik demandèrent une part égale à celle des évangéliqnes dans le gouvernement, bien qu'ils formassent à peine le quart de la population. L'affaire occupa longtemps les Confédérés. Maints arbitrages furent lenlés sans succès. Les villes s'opposèrent fortement aux prétenlions des catholiques de Glaris. Elles finiront cep^idant par céder , Berne excei^tée , que retiendra la crainte de se voir entraînée au partage de ses bailliages mixtes. Un accord^ donnera la chaîne de landammann deux ans aux catholiques, trois ans .aux Réformés. Chacune des deux sections sera représentée en diète. Chacune d'elles pourra contracter librement des alliances. Les catho^ liques se hâteront d'en profiter pour entrer dans la Ligue d'or.
Au nord , la cause romaine avait pour soutiens les
eêUU de FoUgtio , âon êuêeiêêmtr. Béroldingea eC Pnnteoer leur étaient dévoués.
> Plus (Tone fois te différend fot près de m décider par les armes. Rseéê deê diitu* — StadUn,
> En 1623.
* En 10}$. Sehuler.
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princes ecclésiastiques : Févéque de Baie d'une part, de l'autre l'évèque de Constance et Tabbé de Saint- Gall. Tantôt appuyés sur les Cantims, tantôt sur TAl* lemagne^ ces princes s'étaient tournés vers TEmper^ir après sa yictonre. Leur lutte avec les villes protestantes ne cessait que pour recommencer bientôt. Elle se i^ nouvela en Thurgovie, en 1 61 1 ^ à la suite d'une peste, qui avait dépeuplé la province ^ Après une sucoession de saisons tour à tour brûlantes et glacées, la mort noire ^ c'est le nom que, dans leur effroi, les peuples donnèrent à la contagion, moissonna des Alpes an Rhin jusqu'à des paroisses entières. Zurich perdit 5,000 âmes, Schwyz 2,200. L'eau sortie de la poor^ riture des cadavres se répandit, en un ruisseau, da cimetière dans le bourg. Sur le Haken , un seul homme survécut. Il s'était enfermé, et ne se montra qu'après h peste. Dans la Thurgovie, 34,000 personnes, la moitié de la population , furent enlevées en huit mois. Le char de la mort parcourait les campagnes comme, en temps orcfinaire , celui des meuniers porte moudre le blé. Les corps morts étaient jetés dans de grandes fo»^ ses, que l'on recouvrait de gyps. Point de cloches; pomt d'adieux; point d'accompagnement. Les malheureux qui fuirent dans les bois devinrent la proie des bêtes sauvages , auxquelles ils communiquèrent la mafaulie. Les oiseaux tombaient par terre, d'un ciel empoisouiié. L'affliction, selon le Christ, est la messagère diargée de tourner vers Dieu les pensées des hommes. Elle ne fit en cette occasion qu'ouvrir de nouveaux champs aux
* Poppîkofrer, il, 159. — Lauffier XII, 275.— Schnorrer, Gescfa. dcr Seuchen , II , 455. — Des personnes qui se réfugièrent dans les gorges de Pfeffers, aucune ne fut atteinte par la peste. Ar». — Le pain frais» attirant le poison, devenait blanc en peu d'instants. VûImt.
passions irritées. La peste avait changé des contrées entières en désert; ce fut le terrain dont s'emparèrent les partis. Le sire de Griessenberg le premier remplit de catholiques les maisons, demeurées vides , de ses vassaux y et bannit les protestans de ses fiefs. Les moines de Frischingen y assurait-on , se disposaient à suivre cet exemple à Lommis , ceux de Mouri à Eppishausen. Craignant de voir la Réforme bannie peu' à peu de la province , Zurich acheta Weinfelden ' ^ pour avoir le droit d*y protéger ses coreligionnaires. Les Gantons catholiques courroucés demandèrent le partage de la Thurgovie.
A Luceme, Fribourg, Soleure, et dans la cité de Zoug^ rinfluence de la France balançait celle des puissances du midi. De là deux £Eictions, dont Tune tendait la main aux Cantons démocratiques^ et Tautre, en mainte occasion, aux villes réformées. Les dtés des deux religions avaient un intérêt commun : celui de maintenir leurs sujets dans Tobéissance. La France ouvrait à leurs grandes familles une même carrière de lucre et de gloire. Aussi Lucerne, Fribourg et Soleure se plaçaient^-elles en diète entre la plaine et les monts. Ainsi se trouvaient rapprochés les partis extrêmes. Ainsi se conservait encore le lien fédéral.
Une assistance aussi incertaine était la seule qui restât aux Cantons réformés. Le malheur des temps le» avait laissés sans amis. Les villes d'Allemagne étaient frappées de terreur , Tunion protestante dissoute et Télecteur fugitif. En France la ruine des calvinistes s'avançait rapidement. Berne ne s'était pas contentée de
« 110,000 Oorins.
rappeler ses soldats de ce royaume ' ; pour ne point dépendre d'une cour^ TeDRemie de ses cortiigkiD' naires, elle s*ëtait décidée à acbeter de la LorramecC de la Haute-Bourgogne le sel que les autres Canton recevaient de la France^ Bès lors TambassaidettriMroUy lui portait une arrdente inimitié. U le fit Toiri Toccasion d*ua diflPérend entre les bourgeois intem el externes de Neuchatd'. Ces derniers ^ domidiiô hors des murs, supportaient les charges de la coumnnauté sans en partager les fruits; depuis un siéck c était le sujet de leurs phdntes '• Ils se donnerait u prince et renoncèrent à la bourgeoisie. Le jeune Henri D de Loognevâle et sa mère ^ Catherine de Gonzagne, persuadés avec la cour de France, par les arisdeNi' ron , qu*il était à propos d*humilier Forgneil des 6é snisees, sanctionnèrent la séparation, des boorgems forains. Berne, de son càté , prit le parti de la ville. Ob était à h fin de Tan 1617. Catheriber de Gonzagoed son ûh se rendirent à NeuehâteL lis estîaaaient, seloi les nfaximes de Franoe y avoir seuls qualité de oof
* Bftte et Schaffioase' laiflsèicnt lenrs geoB JHrer de servir • cootie tons. » Siri f^.— GmâcAchoii, JI, 86. — Le Vatêor, L. 16.
' Les fntcnies étaient 500(, les exfemes 1,^00. — Relation et contS' pondanee dé Mîrom-^ Maires laissées indécises par Miron, en W^ msir-i^ DiacooiB de ce qui se ptna en iSid. -^ Wahrhalter fieriiAt, ^ Steck.— Audiences de iSiS, avecreimiqucs. — Boive.— • H faot. ^ Miron , les contraindre à acheter Nench&tel , bien qu'on ait ri de eeUe idée, a
* D^ en isas » sentence dv gsifveraeflt qaî eendiimne les fonûai obéir anx ministraoK» à faire les corvéea et servir soas la bainiife^ Neuch&tel, non da prince. -^ Recours à Léonor d'Orléans, 456S; ^ Marie de Boubon , en 1599. On les nomme « bourgeois sans comffliB* dément » En guerre , ils servent à leurs frais , les bourgeois inlen^ ' ceux de la ville.
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naître des dëmélés de leurs sujets. Ils prirent donc la Toix haute^ firent arrêter le commissaire ^ que Berne avait envoyé conseiller les Neuchâtelois ^, et refusèrent de prêter à la bourgeoisie le serment accoutume K Les Audiences générales n'avaient pas été réunies depuis 40 ana. Des débats entre la nobl^se et le tiers ^ entre les anciens nobles et les and^lis^ et le faste que tons déployaient, rivalisant de magnificence avec les avoyers de Fribonrg et de Berne , avaient fait tomber ces as-semblées* Henri II les convoqua de nouveau pour ks
Jonmer contre la bourgeoise ^. Berne , d'un autre
^ Jonas Steck , originaire de Bile.
* t U affectail de faire dire la messe dans le cbàteaa , coBlrairemeat an traké de Bremgarten. •
* Henri leor demanda de mettre lenrs coutumes par écrit , pour qu'il sût ce qu'il jurait d'observer. David Boive, dédaignant de lui parler français, lot répondît en patois du pays : • Por ce qné di bouta toté nootré contamé par écrit , quand lé ley (lac) serey on poté d'eincbe (encre) et qu'on prisse to les papié qné la papétery de Serrières porrey fére dans cent ans, e gnorai pas prou papiéni einche par lé toté écrire. • L^ troU vojraget it Henri de LonguevilU, dani le Conêerwatewr iuiâêe, 111*
m Et quand on Tonlat faire lecture du Gontnmier , Messieurs sortirent , en protestant, de la chambre des Audiences, ne voulant laisser écrire les cosCUBKS non écrites, lesquelles sont illimitées. » 11 s'agit d'un coutamier qae le doc avait fait rédiger par J. Hory, sa créature. La ville avait le sentiment de sa force. Déjà an demi-siècle auparavant les bouigeob aivaient refusé de communiquer leurs franchises» aUéguanl , en raillant , la faiblesse de leur mémoire.
* I^e 2 février 1618, le gouverneur, Jacob Valier, tenant le sceptre de justice. Les juges étaient trente-trois t Béat Jacob de Mmchâtél, baron de Gorgier, représentant Valangia, dont il était lieuWnant-général; Antoine , son fils, pour Gorgier; J. de Bonaletleu, pour Travers; Ph* d'Estavayer, pour Colombier ; Bern. de Watteville, pour les dépendances de Colombier ; Jost Greder, J. de RoU , pour Kri^gstetten ;. Diesbach de Prangina, avoyer de FnlxiiBg , pour le fief de Rewt ,. dit de Vaumarcua;, Thiébaud d'Ëriaeh , d'Olierhctfen , pour son fi«£ de Goaitelaine dana le Landeron; Nie Walier, pour Diesse; Péterman de Diesbach, pour
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côté, fit dter les parties ^ selon le droite et^ k prisée ne s*étant pas présenté , prononça contre lui par eootumaoe ^ Vainement il invoqua le droit de manhe\ Vainement il courut prêter à Valangin le sermait<|a'l refusait à Neuchàtel , dans le but de se faire des anis dans la montagne. Les Audiences ne répondirent (Ni davantage à ce qu'il en avait attendu. Elles se sé|iirèrent sans avoir fait que formuler quelques lois ' j jup quelques procès et décider qu'à Tavenir elles se réoùraient tous les dix ans. Malgré cette résolution, cette assemblée fut la dernière. Les pouvoirs des Âudienoei passèrent aux Trois-États, qui en étaient l'abr^^el s'assemblèrent tous les ans au mois de mai ^. Ilnerob au prince que de retourner en France , après quinv mois de lutte inutile. Il ne fut pas plus heureux kn-
Vanmarciu ; PeLerman de Glérasse , ponr Bariscooit ; Pét Walier,pov le fief Walier; Rod. da Teneaa; Simon Merveilleux, pour BeUenoi Dietrich d*£nglisberg, pour VoiUaofin en Bourgogne; S. McndleD. ponr Gophrane; P. de Praroman , ponr le fief Baillod ; Ben. Cbunliier. ponr Grajères ; A. de Gonstable , ponr Foi^erens ; Jean et Jonis Ito!* ponr 11 jeconrt ; les 4 châtelains, les 4 maîtres bomgeob et les i 1»' derels. — Essais hbtoriqnes sur les Audiences , rassemblée des coffi ^ communautés et les Trois-États, par M* le maire Hngnenin. — le KM' verain faisait serrir aux juges cinq repas , d^eftner, dtner, noue, soi* per et pnssignon, outre lliypocras*
* t Nous avons condamné et condamnons son Ei. de LongueviUSi ^ février 1618. » Arch. bem.
^ La marche avait lien à Walperschvyl. Ghacone des parties nomniit un arbitre; le snrarbitre était de Solenre, Friboni^ on Bienne.
' Entre antres nne ordonnance contre les banqiders, bateieaDi charlatans et antres attrapenrs de deniers.
* Le Trois-ÉUts fut chargé de juger les causes pour les fonds et biesi allodianx et « tout ensemble d'antres causes. • Ce ne fut qu'en 16S* qu'il fit des lois et prit, comme Montmollin le dit, • renceosoiroi main. • Le Trou-États de Valangin réussît aussi i s'arroger le \m^ législatif.
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^6, shc ans aprés^ voulant $e venger^ il toncéda k des marchands la permission de fonder Henripolis , à l'endroit où la Thielle sort du lac, lente et tranquille»' 11 eut beau faire répandre dans toute l'Europe le plan de son municipe et la charte de ses iicmnmiités ^ • L» beauté du site , la proximité de trois lacs y la liberté d'industrie et de conscience^ le cUlme d'une (erre suisse au milieu de la tempête générale/ ne suffirent pas pour procurer le succès à son entreprise. Tels furent les fruits de la colère de Miron et de rinexpéri^dce de Henri de NeuehàteL Nous verrons un jour de prince , mûri par Tàge^ revenir dans le comté ^ sans sa mère. Italienne altière ^ dont les conseils Tégaraient ; (Aïer^ cher ses appuis dans la bonne condition de son peuple et dans lamifié de la Suisse, au sort de laqueHe Neu* ch&tel ne cessera point d'être uni ; il sera devenu le prince généreux et bienfaisant dont les Neuchàtelois ne parlent encore aujourd'hui qu'avec amour.
L'objet de la cdèrede la IVance, les villes suisses étaienl bien plus encore en butte à la haine des puissances du nddi. Un religieux , le père Tobie, partit de Rome poujp Turin et pour Paris, avec Tordre de fiiire connaître aux deux cours ce que le Saint-Esprit avait mis au ccrar de Grégoire XY. Le saint homme fit souvenir Louis XIII que , si Genève n'eût pas été le foyer de ses sujets rebelles, il les eût dès longtemps ramenés sous son obéissance. Il montra cette ville comme étant à la tète de ces républiques, qui avaient partout, peut-être dans la chambre du prince,ieurs citoyens et lenrs sectateurs. Il appartenait au vicah^du Christ, tout d'abord, puis au roi
* Du 14 octobre iSSS. De tost ce projet il ne reste qu'aie brodrare, oûMertée dans qaék|geB bibUothèqnes.— Les habitans de U chMellainie de Tbielle réinsèrent de vendre l<mie terres.
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trâs-chrëtien ^ d arrêter cette hydre dans sa marche ea lui retrancha&t le chef ^ Le Saint«-Siége cônjuiaitle monarque de donner ce f ujet d'allégement au moode du^étien. Docile à ces avertissemens, Louis XIII alkût se prononcer contre Genèye; mais quelques hoinmes, dans son conseil ^ en appelèrent de la voix de Rome i une religion plus haute. Ils persuadèrent le roi que le Saint - Si^ ne pouvait dispenser de lohsenralion des traités^ sur la £6i desquels Genève reposait tranquille. Rome ne réussit pas à faire goûter son dessein ; mais elle se garda bien d'y renoncer ^.
Attaquées dans leurs alliés et menacées de Couln parts ^ les villes confédérées eussent pu néanmoim se livrer à la confiance ^ si elles eussent possédé Tâffection de leurs peuples. Mais les relations de la seigneurie avec les sujets n'étaient plus celles de ces jouis glorieux , où tous se connaissaient y s'estimaient, et hasardaient gaiment leur vie lun pour l'autre. Les &h entendant leurs pères raconter la gloire de ces temps, contemplaient le présent avec tristesse et s'abandop* naient à la plainte. Les pays de langue romane se moûtraient particulièrement jaloux de recouvrer leon anciennes franchises '. Une assemblée des villes do
A • Genève ijoaterail pea à la palssanoe du dac. Les GaDloni, sorbxtf les bons et belliqueux Mboorgeois, sendenl heureux d'airifor délO^ mak dans une ville catholique. • — Fnuçoii de Salea était là-d«dani>
> Instr. al padre Don Tobia Gorona, mandata del papa GrqponoXV, per nmpresa délia cita di GInevra, iS2S. -« H commence ùaA .* • ^'^ talia che dal eterna providenaa e stata elelta a regere bora fimpo* temporale , hora k> spîrituale del mondob » -^ Inalr. a Gampw'i ^ covo di Gesenna, nundo al S. Sr. dl Savoia, 1624*
* Pour 6tre payée de la lïanoe, Berne avait accepté de J'^ ^ '^ maiin,qn'dleoherchaitàvendredanalePajs-de-Vand. teiN^^^' chier, un Vuillcrmin , ayant pria le marché, vives repiémiatîodf ^^^
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Pays-de-Vaud^ tenue à Lausanne le 4 janvier 1613, sous la présidence de Jean-Baptiste Loys de Cheseaux, avait arrêté le mode de révision du ooutumier. Les bonnes villes continuèrent cette œuvre d'une part S Lausanne de l'autre* Le 15 septembre 1618, les Lau-sannois donnèrent, la main levée, leur adhésion au nouveau code ^. Les prévarications des baillis étaient relevées et portées à Berne ^. A Genève le peuple , voyant ses magistrats trafiquer des places dans le bruit des festins , persévérait à demander le scrutin secret. Il troublait par ses murmures le charme d^une paix, dou-* blement chère après tant d'crages. Les villes suisses trouvaient donc des sujets d'inquiétude de quelque côté qu'elles tournassent les regards. Aussi lorsque Antoine de Graflenried fut appelé à succéder à Rodolphe Saguer dans la charge d'avoyer de Berne , ne Taccepta-t-il qu'à grand'peine ^. Il eût fallu l'héroïsme des anciens âges avec une prudence nouvelle. A défaut
le gouvernement et contre lui. — Constantes réclamation» pour les libertés. •— Berne, en iSiS, croit devoir demander de tons ses snjels un serment de fidélité. (Untertbanen Eid; MandatenbaGh,lV, pw 76). Les Vandois n'en continuent pas moins leurs représentstlons. 6reii«. Jreh. été villes,
* A Morges , en 1616; Dans ce qui touche la procédure oii se rapproche des formes brèves de la loi bernoise; dans le reste, dà droit ro« main.
^ Manuel. — ^Walteville, mém. mss. sur l'ancienne et moderne 1^1. de Lausanne. — Payemes*en tint It son code, t approdiant de celui de Berne. » Avenche, Aigle, Rougemont, les baillia^ mixtes conservèrent leurs lois parlicnlières.
* Des députés furent envoyés mettre ordre « aux assemblées illicites , qui, secrètement , recueillaient des témoignages sur la conduite des bailKs« • Manne/, 21 JuUlei 1633. Berne défend les discussions des villes sans sa permission, 37 décembre 1633. Vif mécontentement.
* Avril 1638.
de ces qualités rares le nouveau chef de la répuMique avait un esprit cultivé et Texpérience des a£Eûres ^.
Telle était la Suisse Undis que Tilly battait en Allemagne les armées de Mansfeld et que TEmpereur étouffait la réforme dans le Palattnat. Des bandes yictorieuses, sans frein, dont la solde était le pillage^ remontèrent le Rhin. Bâle se hâta de s'environner de remparts ' et de lever, dans ses campagnes et dans le Pays-de-Vaud, 800 hommes, sous un officier habile, Bertrand dé Montdésit. Bientôt courut le bruit que les Impériaux prenaient le chemin des (Prisons. Le saccés de ses armes permettait à Tarchiduc Léopold de faire avancer vers les Alpes des forces considérables* Le peuple infortuné^ des Ligues respirait à peine , qu'un nouvel orage, plus violent que les pt*emiers , vint fondre sur lui. Tous les regards se portèrent du côté de la Rhétie.
Le 1 4 juillet 4622, Baldéron pénétra dans TEngadine, battit à Chianflor les quelques cents hommes commis à la garde du pays, et marcha, portant devant lui la flamme et le fer* Robustelli, avec ses Yaltelins, était dans les rangs. Tandis que Salis accourait les combattre avec quelques enseignes, le comte Âlwig de Soulz s'avança^ avec 10,000 hommes, du Montafun par le Val Samnaum et par les sentiers du Sampvoir ^.
* On a de loi on poème snr l'alliance de Berne avec les Ligoei^ iset, > Selon les directions de d'Anhigné et de Maurice d'Onuige, qià faisait nn emploi très-habile de fortifications en tene poor co(i?iir lea soldats de nouvelle levée.
* Les régîmens Alwig et Walteville, et quatre rumens tir^ du Tjnrf, de Salzbourg et de la Forét-Noire« Spreeher, 495. Une première affldre eut lieu près de Canova. Les prisonnien étaient décapités comme rebelles. Des Glaronnais combattirent avec les Grisous.
Les bandes autrichiennes se jetèrent de vallée en vallée, immolant ju^m'à Tenfant à la mamelle , et Uvr^nt au feu les habitations, a L*archiduc, disaient en plaisantant les soldats , nous a promis une maison à ^acun; escargots, nous remporterions; guerriers, Bous^la mettons en cendres. » La vallée de llnn ne fut bientôt qu'une ruine. Salis, hors d'état de résister, se retira par le Scaletta. On se battit sur les neiges des Alpes et dans les solitudes du Dischma, prés de Saint- Vcdfgang. Puis les colonnes autrichiennes envaliirent Davos, laissant derrière elles toutes les cabanes fumantes. Davos fut pillé; les archives dispersées'. Les vainqueurs se firait des jarretières du drapeau que Jules II avait mis aux mains des Grisons, en mémoire éternelle de leur valeur.
Salis s'était reployé sur le Prétigau. Sur le plateau de Rascbnals, près de Saas, il fut rejoint par 500 paysans. On tint conseil. Le général eût voulu descendre à Grusch et prendre positioa près des- ruines de Solavers; mais les paysans^ ne le comprirent pas. « Laissez-nous, lui dirent-ils, combattre et mourir ici. » lis se retranchèrent derrière un abattis d'arbre^ et attendirent l'ennemi* Alwiget Baldéron ne tardèrent pas à se montrer avec leurs forces réunies K II était midi. Les dragons d'Alwig furent repousses. Son infanterie recula. Les PrétigovieBS, s'élançant de rochor en rocher, semblables aux chamois de leurs montagnes, firent tomber sur plus d'yne tète leurs massues sanglantes. Ni la voix de Batdèron, ni- son épée, ne purent arrêter la ftûte de ses lansquenets. Déjà croyant la ba-
* Davo6 était encore le cbeMiea de la Ligne, qni j avait ses archives. ? Le$ sept. 1622.
taille perdue, il ordonnait d'immoler les prisonniers^ quand Alwîg, sommant ses gtts de ne point courriF d^ignominie la gloire de la valeur all^nande y rëosfit ^ les ramener au combat. Les deux généraux montrèrent à leurs soldats les hauteurs et firent envelopper les paysans. Chaque buisscm cacha des Autrichiens. "Foudroyés de toutes parts ^ les Prétigoviens se retirèrent sur la prairie d'Aquâ-Sana; mais la grêle de balles les y suivit. Leur sang inoqda le sol. Ils allaient céder. A ce moment trente héros s*entendirent pour ne point survivre à la liberté de leur patrie. La massue haute , la tète baissée^ ils se précipitèrent sur la multitude des ennemis^ enfoncèrent leurs rangs et allèrent tomb«' sur des monceaux de cadavres. Vingt-^nq de leurs compagnons d'armes, résolus comme eux à mourir, mais plus heureux, firent fuir une fois encore les dragons d' Alwig et leur arrachèrent trois drapeaux , enlevés par surprise avant la bataille. Que les fils de ceux de ces hommes intrépides dont nous savons les noms gardent la mémoire du combat de Raschnals; c*é^ talent : Thyss, surnommé le Fort, Marti, Jean de 3alis, Casut, Campsurner et Enderli.
Salis descendit à Meyenfeld avec les faibles restes échappés à ce carnage. Trop tard les hommes de Coire et du Schalfick se inontrârent sur les Hautefr-Alpes ; voyant la flamme s'élevcar de tous les villages et les Autrichiens répandus dans la vallée^ ils se retirèrent , la mort ^ins le cœur. Alwig franchit la Cluse, passa sur les cendres de l'inoendie qui venait de dévorer Malans, et courut livrer aussi Mevenfeld aux flammes '. Les femmes furent outragées ou massacrées. Le fer
^ Le 31 octobre.
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priva plus d'ua vieillard d'un reste de vie. Les Tyroliens du Montafun , altérés de gain et de vengeance , vinrent en foule acheter à vil prix le butin et les troupeaux. Ils emportèrent jusqu'aux cloches des temples. Le reste des villageois errèrent sans toit et sans pain. Arriva Thiver; la peste se joignit à la faim. La maladie hongroise^ ainsi le peuple la nomma > se manifestait par des douleurs mortelles au cerveau. Elle emporta des malheureux par centaines. On nomme encore cet hiver l'hiver de la grande famine ^
Au bruit de ces malheurs, les Villes suisses furent consternées* Pour les endormir, Tarchiduc avait, au moment d'envahir les Grisons, invité les Confédérés à une conférence à Lindàu. Malgré les faits survenus ^ vingtHfuatre députés des Cantons s'y rencontrèrent. LéopoM leur 'fit connattre dès l'abord ses droits sur les vallées que ses armes venaient de conquérir. Des envoyés des Ligues qui, sous le manteau des Confédérés , étaient parvenus jusqu'à Lindau, s'adressèrent aux ambassadeurs suisses en supplians. Un catholique leur répondit : « Assez souvent nous vous avons avertis d'éviter toute sédition. Quand nous avons envoyé des hommes d'armes pacifier votre pays, vous les avez chassés. Qu'osez- vous nous demander encore? » Le Zuricois Holzhalb s'exprima avec plus de bienveillance et non moins de franchise : (c Chers amis, ne comptez pas sur nous ; nous avons assez à faire dans nos foyers. Nous gémissons sur vos malheurs. Veillez à ne pas les aggraver encore. Viendra le jour où le Seigneur Dieu nous permettra de vous secourir. » La Ligue grise
* Hongerwinter. Ce nom «si ua tablesa.— Sprechen — A Porta, 487^ ^Tschokke.
520 HISIOUB I« LA 8Ui86B.
et la Maison^Dieu signèrent , sous Tëpée dtt vaioqwiiri |a cession de la Basse^Engadine et de huit JnridictioDa^ Elles s'ejQgagérent à ne contraeter aiieune alUanei contre le gré de la maison d* Autriche* Elles piomifart le passage et Teurplanent. Les hoaunes des valléa abandonnées à rarchiduc furent rassemblés par Itf dragons d'Alwig. Debout mr les cendre de kws villages incendiés, les ]Heds dans le sang despères, da fils, qu'ils avaient perdus^ ils jurèrent fidélité à Tap» chiduc. Alwig fit élever deux bastilles à Coire et oont* tniire une forteresse sur le Rbin, pour fermer rentrée des Grisons aux armes étrangères. Féria , de son étéf fit servir les Brégalliens à entourer d^ nouveaux re? tranchemens le château de Chiavenna. .'
L'he^ire était venue de subir le s(»t des vaineni* ii*évéque fit entendre un langage dès loi^;tenips oa-* blié ; à peine osait^oa \e contredire : car on voyvt derrière lui les piques autrichieniies. lies commuM catholiques , daps Teffrc», rendirent les premières ks causes matrimoniales. Coire s'engagea à payer la dtsM et k restituer aux couvens de Saintjjuce et de Samt-Ni* çehs leurs revenus. Le nonce commandait.^. Les eecié- «iasliques, à son gré , se montraient trop
j ji
* Le SO sept Cpiie etlfejBnfèid devaient conserver garnison •airi' chieoi^e. 4 Porta , A88. — Poidneriscbe pandlnnssdedacUon* ^ itvalu, 169. — Sprecber, 519.— Stettler, 549;— Corresp. de Goeffier.- Recès de la diète. Zurich demande que , tous dtssentimens religîeai > part, on se prépare à combattre fidèlement pour la' commune pitri^ l^ catholiques ne ynientpas: de motif d'agv avec prédpitatta 18 êept, Moiina, secrétaire interprète de l'amiM^sade française, proteste, à Lindau , -au nom du roi de France.
* Il dépouilla, de sa propre autorité, les abbés de Pfeffers et de Dissentis de leur charge. — Jovaite» 176. — PorU, 500.— Salis Uarscbiios* Ansf uhrung der Rechtsamen, etc. ~ Eicchom, 19&.
UVKE X^ GUAP. IV. 521
LeDoinleaehg venaitdesigltierr^gageioqptidie payer au chapitre une triple dime p^bclant cioq aumm ^ « Cinq années I s^écria dcapi ^ rii|^et s'irritafi^à la fois de la simplicité des chanoines;^s paieront^ toujours, s Dans le.Prétigau , dans la. Bré^Ue , )es capucins , ca-* chant sous la bure un mélange de vertus , d'inlrlguea et de passions cruelles f se répandir^t de vallée en val*» lée. Dès. lors plus de mariage mixte , plus de baptèniq commun.. I^es plus «impies relations a^ec Thérésie doNp; vinrent bq crime. Robustelli envoya Tordre à Poschiavo de if y plus souffrir les ValtelAs exilés* Le nom d^ la Rhétife était tombé si bas , qa*nn magistrat des payt sqets. osait dicter impérieusement ses ordres aux com-l munes souveraines. C'était peiî encore. Il fallait exter* mider l'hérésie dans cette vallée de langue italienne.' Une nuit donc^^ une horde sanguinaire partit de la Val-r teUne^ conduite par un prêtre, dans Tespoir de sur-' prendre les protestans et de les égorger dans leurs lits.; Mais un avis secret leur avaiC donné le temps de fuir sur les glaces du Bemina. Ils étaient 300 , des deux sexes et de tout âge. Vingt^^^ix d'entre eux^ dont les infirmités ou le poids des ans retenaient les pas ^ furent atjkeints et immolés.
Cependant les succès de la maison d'Autriche avaient réveillé la France. Le soin de réduire les Huguenotc| commençait^ à la cqur de Louis XIII^. à paraître mointf pnessant que celui d arrêter racBroissement de la puia^ sauce impériale. Un homme arrivait aux affaires ' qui
« Le s déembre iStf •
* Le 35 anil 16S3. Spreekêr, Qwâdrio.
* Il n'entra dans le Consâl qae le 26 avril 1624. Mais il était écoat| bien auparavant
52% HlStOlRR DE,yLA SUISSE.
avait rin8l|pG| Âe la puisttQce et qui, le but tracé ^ n'était arrSë par aucun scrupule sur les moyens d*j parvenir. Déti^ire au ded%i^ les filetions pour reprendre au dehors Ta politique de Henri IV, tel était le pbn de Richelieu. Sa pensée ^levint celle du roi , son .lise celle de la France. Les alliés naturels du royanme étaient les Etats protestans. La pourpre romaine^ qœ portait Richdieu, ne Tempécha point d'en faire ks amis de son maître. Madame Henriette de France <ie- Tint réponse de Chartes I*' d'Angleterre. Les Hollandais te chaqg;érent d'attaquerl'Espagne sur les mers. jAnsr Md , en Allemagne , fut pris à la solde de Loui^^XID. Christian de Dannemark contracta rengagement 4e ramener au combat les [Mrinçes de TEmpire. Les Toits, les Hongrois furent travaiÙés. Mille bras furent sûàfe* rés contre les iftille bras de la puissance autric^iemK. Mais Tattention de Richelieu se porta tout particulièrement sur le point par lequel se touchaient les denx couronnes^ rivales de la France. Venise et le duc de Si* voie ne cessaient de remontrer à quel point la subrersion des républiques de Rhétie menaçait la Suisse et compromettait y avec l'indépendance de ritalie , ¥h(^ neur et la sûreté du roi très-chrétien. A la fin les trotf puissances signèrent à Paris, le 7 février 1 623, un W^ par lequel elles s^engageaient à contraindre VEsp^ff^ à lobsopvation de celui de Madrid ^ Il fut cmyeau qn^tttie armée de' 50,000 hommes» serait employée 1 t
* « Josqa'à PenUère restitation de la Valteline et autres Ueox 6tâ vu Grisons. . Traitée de Paix, III, 189. — Dunumi, V, 2, 417.— W»* monte, IV, 65. — Flassan, U, S5S. — Bas8om(ttene, lU, 153. — I^' Vassor, L. 16. — Goichenon ,11. 56, -- Sri , V. — Spwcber, SS** ^ PorU , 511.-r StetUer, 55ii. — Nani, 355.
celle fin. Les Cantons suisses étaient invités à accéder à Talliance ^ •
L*<inqmétude fut vive à Vimne et à Madrid, Gié-^ goire XY offrit aux ^UÈ c^urs de les en tirer et de rébevoir en dépôt la ^^IJHine ^ jusqu^à un aocommo* dément. «Il voulait i'disâit-41, préserver Htalied'èLre encore une fois le théàtr^Sbl^ lotte étrangère et empêcher que la désunion ^ft les fils de l'ÊgUse ne per^ mit à l'hiérésie de réparer ^ brèches. » Jj'Espagne et la France acceptèrent son offre sous l'apparence d'<mour pour la paix; en réaUté> dans le but de gagner du temps et de f assembler leufs forces^ Quelques troupes pontificales 9 sous les ordres du duc de Fiano^ frère du pape^ occupèrent la Yalteline ^.
Peu après mourut Grégoire. Urbuin YIII p qui lui succéda , crut ^ par une sentence équitable , pouvoir pacifier les deux puissances, U leur proposa la restitu«« tion de la Yalteline sous la condition qu'elle fût une qualrième Ligue de la Rhélie ', ou que, sieUe redevenait sujette des Grisons y la religion catholique y fût la Stao^e tolérée. Les baillis devaient tous appartenir à la foiVomaine. L'Espagne conservait le passage. Mais cette communication ouverte entre Mflan et Yienne était ce que la France ne pouvait permettre ; die per-
* Mtron prene la oour de relever l'âffecUoo monrante des Soûles; « Sagaer, WaHer, tons les pln« affectionnés meurent Do sang est chen di^ cieL On annonce une comète. » Miron â Puiêuuix, S août 1625 (MéL dû Mémoireê, iHreê et Uttre$i BibL de Cjirâenal),-^ Comparez Sîri, F, kàB.
— Le roi envoie 500,000 écos poor les acquiesçans. Reeéê de Baden, mai, 1625. Relaiwi de Reiui $ur Ui afiùreê di$ GritMM.
> Il y laissa Vico , comte de Bagnes. Grégoiie eût volontiers fait de la Valtciine un fief de famille. Tkeàir, europ,, I, ftG8. — Qaa</n>, 996.
— Merc. français, X,
' Avec le Poschiavo. ta février.
524 HI8TDIRB PB LA SOISSB.
sévéra à demander la simple exécution du trafté de Madrid. L'Espagne non plus n'approuvait pas la proportion du pape. Abandonner la Yalteline était^om de sa pensée* Elle allégua «on aerm^it aux habitans de cette vallée, de ne point les repl|cer sous la dominln tlon des Ligues. Rien n*égalait la 'Crainte des Yaltelint de retomber sous ce joug aJw|orré. Le vœu des nobkt et des prêtres de la proviiw^était de voir leur patie demeurer au Saint-Siège; us espéraient la liberté sou la protection éloignée de saint Pierre.
Tandis que se" poursuivaient ces négociations, h Rhétie gémissait dans la servitude. Une j^onvention' venait de rendre^ à l'évéque presque tous les droits qu'il possédait avant la Réforme. Encore les deux Ligues s'étafent-elles estimées heureuses d'avoir, par cet accord , arrêté le cours d*em{Métemens arbitraires et toujours nouveaux* Mais il ne fut pas plus tôt sigsé que rÊglise, mesurant ses exigences à la pnsillammité d'un peuple abatfti ^ manifesta des préteimOD$ nouvelles. Alors les Réformés commencèrent à fraiip dre que la ruine de leur relig^oti ne f&t résolue.Jtt' n^ cachèrent à Alwig ni leur^ inquiétudes^ ni jusquoùle désespoir pouvait les porter* Les maladies et le départ de plusieurs divisions avaient affaibli Tannée autrichienne; Alwig, à son tour^ éprouva quelque crainte. Il avoua que , bien qu'il conseillât de s'arranger arec rÊglise , il n'avait pas d'ordre concernant la religion* Ce mot ne fut pas plus tôt sorti de ses lèvres, que tes
* Décembre iSf S. Geotes, (ttmes , rétabli«ement dei ooavens à K«t' lis, à Coire, nominatioii par le prâlat, on promit tout L'évéque demanda la clé de la eathédnle.— Porta. — MemorahHia Ddvoùma ««• commencé par H, Sprechtr^ continué dam sa famille, — ' Bvrgli^^^ pauim.
UVfi£ Xï. CHAP. IV. 525
chefs des Ligues se regardèrent; ils venaient de voir
tomber la peau de lion dont s'était couverte la faiblesse
du clergé ; ils rougirent. La frayeur fit place an mépris^ ^ 4
et tout ice que les menaces avaient arraché retomba
dans'.ronbli.
Délivrés de cette crainte^ les Grisons nen'^soupirëre&t que plus ardemment après le départ des Autrichiens^ qui achevaient de ruiner Tantique fleur de leurs vallées. Alors courut quelque bruit des préparatifs de la France '» « Une armée ^ assurait-on^ se rassemblait en Bourgogne* » L^Empereur , qui n'était pas prêt à soutenir de combat^ crut devoir ôter le prétexte à une rup»» turc et retirer ses troupes de Rhétie. Alwig , sitôt qu*il connut l'intention de son maître , parla de la possibilité de son départ^ si les Ligues voulaient l'acheter , et s'engager à se maintenir l'une l'autre dans le dévoue-ment à l'Autriche» Les Grisons promirent tout^ donnèrent des otages et payèrent 24^000 florins '. Les Impériaux partirent au printemps de Tan 1 624. Le sceptre de l'archiduc ne pesa plus que sur huit juridic* lions et sur la Basse-Engadine. Il fut donné six mois aux habitans de ces vallées pour embrasser la foi vo^ maine ou vider le pays '.
Cependant les projets de Richelieu parvenaient à leur maturité. Les Autrichiens n'étaient pas partis qu'un envoyé du roi fit connaître secrètement aux
^ Le sire da MesoU • gendre de Miron » airif e seerètemeDl en Ehétie.
* 4,000 floriiis contre reDgagement qae ramiée » en s'éloignant « ob» lerveraît nne bonne discipline.
* Le 94 août Une taxe annuelle de 700 florins fat impoeée à cbacnne des juridictions pour Fentretien des capadns. Des articles, signés à Milan , accordèrent aux évangéliques propriétaires en Valteline à*y venir vaquer à leurs affaires.
S96 HlSTOillB DB LA SUISSE.
chefs des Ligues le plan de son maître* Bientôt se présenta devant la diète de Soleure François Annifaat d'EstréeSy' marquis de Cœuvres S ambassadeur extraordinaire du roi Louis XIII. Une somme de 600^400 livres le suivait. Il promit aux Cantons le paiement de leurs peiiuons arriérées^ du sel à bas prix; puisâtes invita à se réunir aux puissances qui voulaient ThJiy^ pendanoe des Grisons. Les catholiques hésitèrent. Les protestans ne s'en montrèrent que plus prompts à se lever. La crainte qu'inspiraient les bandes formidables de Tilly, répandues sur les bords du Rhin^ et la néœisite d'entretenir des garnisons à Bâle et dans T Argovie, n'arrêtèrent point Télan. Mille Bernois^ sous Nicolas de Diessbach , i ^000 Zuricois^ sous Gaspard Sdimidt, 200 Neuchàtelois y sous Guy^ 1^000 Valaisans^ so» Angelin Preux \ et 700 Glaronnais se rangèrent so» les drapeaux. Ils prirent avec 1 ,200 fantassins et 4M
* Frère de la bdle Gabrielle. «^ • n aimait à boire et avala bra avec eax , qui lai rendirent Taleureasement. Mais après s'être à porter la santé dn roi , ils se trouvaient froids dsns leurs délibéralioM, préférant la liberté*pnbltqae à la soif de dominer. » Bartbâemi de Gnmmont. — Sprecher, 57S. — Javalta, ISA. «— Stettler, 559. — ThéaL bkU I , S54. — Mercure , X, 170. --> Unage , 55. — Anbéry, Mém. poor tt cbdiea ,11, 114. — Expeditio Valtelinaea, aactore Abelio Samartbiiu^ — Négoc de Cœuvres, 5 vol. cotés Miu. étr,^ 9,204» B. rojale.— Bétbune alla à Rome chercher* plus de prétextes à rexpédition *• « H n^ a guère d'attente à avoir aux Gantons qu'on ne se fasse voir en campagne pour les préparer à se ranger à leur devoir.» — Inst. secrètes i « Qm tout se règle selon la mesure des négociations que Bétfaune fera à Kone, S. M. n'ajFant intention d'en venir à une rupture. Que tout ae fmm à secrètement que l'on paisse croire que le marquis ait fait la chou lui-même. » Puis i • Si les garnisons sont espagnoles, vous exécoteres k traité de Madrid i si romaines , nous sollicitons depuis aases longtempi la lestitution , fàt-oe aux Espagnols, sur qui nops saurons bien les ft* prendre* •
* D'une famille vevaisane , réfugiée à Sierre lors de la Réfonne.
c^Taliers français les chemins de la Rhétie ^ Les Grisons eiilésy Salis à leur tête, marchèrent à ravanigarde. Le lac de Walenstadt fut tra versé^le Jjjidn fran-^ chi , le Luciensteig occupé» Un polygone fut élevé ea hâte entre Malans et le pont du Rhin. Salis s'empara, de l'entrée du Fréligau^ Alors un 'cri de joie retentit dans la Rhétie. Gœuvres^ d'ambassadeur devenu géné« rai , et qu'accompagnaient des représenfiins de Venise et de Charles-Emmanuel , proclama les huit juridicr tions libres du joùg de l'Autriche. Il invita les trois Ligues à renouveler leur antique union y et leur alliance avec le roi. Il leur promit la restitution de leurs provinces. A ce langage, tout s'émut. Les tambours bat-, tirent, appelant à une expédition en Valteline. Les officiers de l'archiduc* s'enfuirent, et, d'un pas plus rapide encore^ les révérends pères capucins. Les pauvres paysans supportèrent avec patience l'indiscrétion des Français. Us virent sans trop de douleur l'armée alliée dévorer en peu de jours ce qu'ils avaient amassé pour tout l'hiver. Lorsque le blé manqua , ils se résignèrent à faire leur nourriture du fruit des buissons. Les bataillons traversèrent, les derniers jours de novembre, le Domleschg et le Prétigau , et, sans se laisser arrêter par les neiges qui couvraient les Alpes, ils
^ Richdiea, L. XV« p. 4i0, dit i S,000 fantaasiiis, 500 chevaux. --: SS octobre leu* Botta, IV, 397.— Nani, VI, S7S.— Le Va«or, L. XXI, 663. Landes et De Vanlx marchèrent en tête avec les Grisons. Sons prétexte d'un pèlerinage à Lorette , ils avaient tons va el pris ane carte de la Valteline. On marcha tout d'abord sans armes. Près de Wesen , les peoples ayant fait quelque résistance , les tamboun battirent On cmt la Valldîne livrée , tant die coftta pen ; et • comme les Barberins penchaient pour la France, Pasqoin, interrogé èi il papa é fané ctUhoikOf répondit i • Tom^ iacis ck'êgU i ckrUiianiuimo. — La oorre^ de Gcea* vres avec Béthone fait comialtre les vrais rapports des deux conrs.
928 mstoïKB tfe la iinfiSB.
descendirent dans la Yalteline. Les troii{ies poMifiâ^ ks, ramassis de brigands y prq>res à piller el non py à combattre^ flfrent peu de rësistanoe. QodqiM phtti seules ne se rendirent qu'après un kmg siège, eatic autreale château qm, du haut d*une colline romantique domine le paradb de ChiaTenna* 11 manquait^or Fattaquer de la srosse artillerie. Les Rhétiens ralièrart diô^cher en Vllteline^ traînèrent Icis pièces sar les noges du Bemina , sur les lacs glacés de la Haut^-Eogidine, et| de précipice en précipice , à travers la Brégaille, à la surprise et à la col^ des officiers firancai!» qui n'apprirent qu'après en être sortis les périls q«% avaient courus. Le château capitula le 10 mars 1G2$. Gceuvres avait laissé les Espagnols se finctifier dinsk poste de Riva i qui unit ou sépare la Valleline et Cha* venna« Il perdit à l'assiéger beaucoup de monde, moiBi par le fer que par les maladies ^
Ce réveil de la France frappa l'Europe d'ébmoe ment. Le pape choisit son neveu, le cardinal Barberai pour l'envoyer à Paris, se plaipdre de l'injure faite lo Saint-Siège et en demander réparation. Le jennel^ fut reçu avec des honneurs extraordinaires. Tout Riris fut illuminé les trois jours que durèrent les céié* monies de sa réception ^« Mais l'heure des omfëreocei venue : « Le roi > dit Richelieu, qui s'est toujours montré le premier fils de l'Église, veut, comme sa Sainteté
' Qaiitiga comoiuidait les Bipagiiolfl. Pappeidieim Tint ptendie ^ eommandemeQt de ce poète importaDt , doot la prise eût oofcrt le bc et le Mflanais.
* Le dac d'AaJoa lai fini les rênes t le toi le reçat snr le pied de fégalité. Bickêlieu, L. S2. — Négac. de iota ce tfui g^éit pauéf par U* ^ eani Barbtrin. La même question ooeopait les Confédérés ta la "^ tation de Grég. Meyer. Ils ne surent que se diviser.
LIVRB XI. GHAP. lY. 529
la Valteliae catholique ; mais il ne peut , sous quelque prétexte que ce soit, favoriser la révolte de sujets contre leur souverain. Que l'hérésie ne puisse s'établir dans la province. Que les catholiques des Ligues la gouvernent. Qu'ils ne procèdent en justice qu'assistés de lieutenans, les élus du pays. Quant aux passages, il appartient à la France , qui a sacrifié des millions pour s'assurer l'amitié de la Rhétie^ de les fermer et de les ouvrir. » Le légat, à ce langage, fit paraître une grande surprise* Le pape ne pouvait signer un traité qui rendait la Yalteline aux Grisons, a Eh bien, reprit Richelieu, que les Valtelins s'administrent eux-mêmes, au civil comme au pénal. Les Ligues ne conserveront que le droit de grâce. Elles prendront l'engagement de ne descendre jamais en armes dans la province. Elles recevront , comme indemnité , un tribut annuel de 25,000 couronnes. » — « Le saint Père, repartit le légat, ne peut consentir à restituer en aucune façon la Yalteline aux hérétiques. Il demande d'être remis en possession des forts dont il a été outrageusement expulsé. » N'ayant pu rien obtenir, Barberin partit inopinément, sans attendre les présens du roi , ni vouloir écouter de nouvelles propositions. Le pape remplit TEurope de ses griefs. Il écrivit en Suisse ^ : « L'Église reprocherait sévèrement à son chef son incurie, s'il laissait impunément avilir l'honneur du pontificat. Quand la religion se trouve attaquée, maudit est l'homme qui ne plonge son glaive dans le sang ! n Déjà l'Espagne avait obtenu des Gantons catholiques la levée de 7,000 hommes ^. Déjà elle avait acheté de l'abbé de Saint-
* Pièces diverses, entM autres le Bref dn 17 férrier 1636. s Nani.