UVRE XI. CUAP. IT
Quelque yaste que fui l'esprit de Richelieu , il n avait pas tout embrassé dans ses calculs. Il ne jurévoyait pas que les calvinistes reprendraient les armes' • Mais Rohan avait saisi cette heure, comme la dernière , pour tenter, s'il se pouvait^ d'empêcher la ruine de la religion réformée en France ^. Il s'était rendu de ville en ville , la Bible devant lai , essayant de relever les débris de tant d'églises ni^uére florissantes. Au moment où les troupes pontificales se joignaient aux Espagnols pour reprendre la Yalteline, les calvinistes s'étaient souleva. Attaqué des deux points extrêmes , Richelieu avait appelé sa colère et sa perfide adresse à son aide. Il avait persuadé le roi de la nécessité 4e s'arranger avec Rooie et TE^gne, pour pouvoir écraser les huguenots. Viendrait le jour d'attaqudr la maison d'Autriche. Telle était la comlnnaison qui avait amené le traité de Mon*- 2one^. Les sujets des Grisons leur étaient rendus^ nais 4Vec le droit d'élire leurs magistrals ^. VingtHÙnq miHe ^couronnes de tribut deyaient dédommager la Rhétie <le œ ^'elle cédait. Le refus d'accepter ces conditions entraînait pour ^Ue la perte de ses droits* Les forts
* « Cette inf&me rébeUîoa de nos hérétiqoes. • RicheiUu, L, XVI,
* «ÏMDàîft }e n'ai pri» lés aimes qtiê ptt* nécessité. Je cherdie mon mpos an ciel , et Dveo «oe fera la grâce <ie trdater too^oan oelai de ma conacieBce ea la terre. > Rohfim,
* Richelieu feignit d'être fort irrité contre Dafargis, qaî avait signé. « Il avait , dit-il , dépassé ses pouvoirs. • Le traité n'en fut pas moins ratifié, ayecpeo de modifications. Le père Joseph l'avait dicté. Areh. cur,, //• iirU, III.
* Les Ugnes avaient la «onfirmatioiit nais si elles neladonnafenc pas, les provinces pouvaient s'en paaser. Les deux poissances se chargeaient de faire respeeter leur volonté par les armes. — Torquato Gonli reçut les forts , an nom en pape , et les rasa. — Sk Monsone eût été accepté, la Valteline serait suisse encore.
élevés par les deux partis devaient être remis aux soldats du pape et rasés par eux.
La publication du traité de Monzone causa un sour lévement universel contre la France. Charles-Emmanuel , aussi fier qu'il avait pu Tétre à la fleur de ses ans^ appela l'Angleterre à le venger. Venise ^ Berne et Zurich eurent honte de s*étre fiés à la France €t repoussèrent avec mépris les explications de ses âivoyés ^ Les Rhétiens^ lorsque Ghàteauneuf ^^ ambassadeur extraordinaire du roi^ leur vanta, dans m discours composé avec adresse , le traité de Monzone, et qu'il leur représenta son maître comme le restaurateur de leur patrie, firent éclater leurs murmures. Leurs milices se débandèrent. Les Bernois, les Zuricois, les soldats de Zoum-Brounn regagnèrent leurs foyers. Vainement les Gantons envoyèrent à Paris ^ Vainement Couler, Schauenstein et Molina, députés des Ligues, y passèrent dix-huit mois à solliciter, ft revinrent apprendre à leur patrie qu'il ne lui restait que de se résigner à son destin. La Rhétie s'y soumit^ silencieuse, mais fière, et dans l'espoir que Tinstabilil^ des choses humaines amènerait tôt ou tard Theoie réparatrice de grands torts.
Richelieu ne s'occupa plus qu'à mettre les huguenots hors d'état de troubler à Favenir les plans de sa poK* tique. Sur un de ces rochers que baigne l'Océan, aux côtes de France, s'élève La Rochelle, la Genève de
* Recès de Baden, 1626. — StetUer.
' JnvalU , soi. — Pièces divenes dans Damont — Reoës de Soleore. diète dn 50 déc. 16S6 au 6 janner 1627. — Brochures diverses.
* « Ils ne vont que qnéter ; il faut les renvoyer. Les aocueiliir ne bit . qne les rendre pins fiers. > Miron, Sa correspondance de cette époque est en chiffres presque tout entière.
LIVBB XI. CHÀP. IV. 537
l'ouest. Sa position forte , ses richesses y acquises par le commerce^ ses vaisseaux de guerre^ sa foi surtout, la mettaient à la tète de la réforme française. Richelieu mena Louis XIII l'assiéger avec toute la puissance du royaume. Les grands s'y laissèrent conduire ^ Les Suisses y coururent, sans songer qu'ils combattaient contre eux-mêmes en ruinant ce qui restait d'opposition et de vie républicaine en France. La ville se rendit après que les rats même eurent été mangés, que le prix d'un* peu de paille pilée se fut élevé à dix livres , à mille celui d'un peu de blé. Le 30 octobre 1628, Richelieu, vêtu de la pourpre, célébra la messe dans La Rochelle. Rome chanta sa victoire.Genève n'osa montrer son deuil \ Berne venait de solenniser le jubilé de sa réformation ; tout le peuple avait renouvelé le serment de vivre et de mourir pour la seigneurie, la patrie et la sainte foi ; la douleur fut profonde ^. L'Angleterre avait prêté quelques secours aux réformés de France. L'Espagne, l'alliée de Richelieu, leur avait promis secrètement 600,000 ducats ^. Inutiles appuis. Tout ce que le dévouement religieux et les qualités qui font le grand capitaine purent faire, Rohan le montra; mais sans succès. Ce ne furent bientôt plus que murs croulans, que libertés municipales foulées aux pieds. Les châteaux de ces gentilshommes qui avaient, avec les
' « Je crois qae nous serons assez fous pour prendre La Rochelle. » B€u$ompierr4m
* Genève chargea ses ministres d'exhorter les Rochellois à l'obéissance. 6 juin 1627.
* Le Man. do ch&teau de Rongemont dit l'impression reçue. — Le jubilé fut célébré huit jours. La Bible de Piscator fut réimprimée et vendue à très-bas prix. Grunet {BibL hem. IX, 258).
* Mém. de Rohan : 500,000 ducats. «Voulant les cantonner. *
538 HISVOIRB DE Lk SUISSE.
Suisses , porté Henri IV sur le trôae , tonibërait les uns après les autres. La monarchie s'avança triomphante sur ces débris. Rohan , voyant que Diet m Toulaît pas sauver les Églises par son bras, céda dos* cernent à sa destinée et se retira à Venise ^. De ce !»► ment il y eut bien encore des calvinistes en Fiance, mais il n*y eut plus de parti de la religion* RididicB put loumer c(»itre la maison d'Autriche toutes la forces du royaume.
Il se montra d'autant plus pressé d'attaquer quels armes de l'Empereur n'avaient pas été moins henreM que les siennes. Elles avaient vaincu lous les ennenB qu'il leur avait opposés. Wallenstein , oe fou de géoi^ Achevait dans le nord de l'Allemagne de disperser xm derni^e résistance et distribuait orgueiUeusemeot à » soldats les dépouilles du vainqueur. En même tmfi venait de s'éteindre en Italie^ <ktts la personne <k Vincent, dernier des Gonzague, l'antique fanilk^i^ dttcsde Mantoue et de Mooiferrat^. Son héritier^ le duc de Nevers , d une maison française. Mais ïbpagne et Charles-Emmannel s'opposaient à ses préi^ tiioDS. Aicbeiieu jugea digne de la ^ire de son m^ de soutenir le prince son sujet. L'ambassade enSiite reçut Tordre de regagner les €onfédérés ^ de les disposer à servir la France ^ et de travailler à tenir les ^ sages des Alpes ouverts au roi , fermés à l'ennemi*
Parmi ces passages , le Valais était devenu des plt» importans. Longtemps la France y avait combattu le* Espagnols en protégeant la Réforme. Richelieu, voulant complaire au pape et ne plus donner occasion de
* Le 37 juin 1629.
' Mars 1628.
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suspecter sott catholicisme^ prit une Toie nouvelle. Il écrivit : « Il est temps de remettre le Valais en goût de dévotion. » Les^gensduroi s'adressèrent aux Vataisans. et Vous avez , leur dirent-ils , deux écueils à éviter : celui de k diversité de religion et celui de la multi^ plicité des alliances. Si vx>us en croyez cette piété, le bon Qêûie d'un pays jadis arrosé en sang des martyrs , elle ne Vous permettra pas d'amoindrir le pouvoir de l'évéque^ Le prélat vient , dites«-vous, de faire pu«blier Tintroduction du calendrier grégorien sans vous avoir consuttés^ Et pourquoi ne vous rendriez- voud pas semblables en ^e point k fous les états catholiques? Pburquot ne donneriez- vous pas cette joie au pa)pe ^ et au roi frëSM^hrélien , qui vous a voué tant d*aitection ^ ? Vous avez rejeté les pères jésuites* Vous avez, en le fai* sant , attife Mr vcms les yeux de l'Europe et vous êtes exposés au danger qu'il y a à contester avec les inté*^ ressés en cette matière ^« Quant aux alliances , on vous propose i^lie du puissant monarque de l'Espagne. On vous promet le vin, le sel, le riz à bon marché. On ajoute que> du jour où le traité sera conclu , personne n'osera è'attaquer à une république Famie d'un si
* Seul encore en possession de son siège , de tons les évêques dn midi de la Snisse. 11 réègne, janvier 1627. BrevU narratio dietœ sedunensU, — Vévéque MU roi, l^ Janvier, • Quant à cette résignation, je la tiens de grandes conséquences. Bélhune a mes ordres pour que S. S. ne déroge pas au droit d'élection du chapitre et aux privilèges des dizains , d'approuver. Cependant je ne suis pas marrj de voir les communautés prend/e'€ette affaire si fort à cœur; il fant les conforter. ^ Biehelieêu
^ Il avait suffi pour plusieurs que le calendrier fût présenté par révètfae pour qu'ils le rejetassent Sous le même toit les uns comptaient les lotfrs à la vieille manièi^ , les antres en bien plus grand nombre avaient commencé à compter différemment
' C'étaient tes agmis Trançvs qui avaient fait expulser les jésuites.
540 HiaroiRE de la suisse.
grand roi. Mais les princes ne veulent pas de nnm %n amitié* Tite-Live^ de son temps ^ Ta fait voir^ etks Écritures en donnent de nombreux exemples. Or, sO en est ainsi , pourquoi rompriez-vous avec le roi de France, qui vous donne de grosses pensions, vous envoie un sel meilleur que celui d'Italie, et nourrit àss frais huit ëtudians de votre pays * ? Pourquoi romprievous avec Berne, dont Tamitié garde vos frontières et a mis fin à de longues guerres ? Y a-^t-il quelque ressemblance d'humeur entre vous et ces Espagnols^s vantés? Mais il y a bien plus à dire. Vous est-il iw mis de violer vos sermens, lorsque vous savez qnek peuple de Dieu observa religieusement celui qui avait fait à Rahab , bien qu'elle ne fût qu'une ^ larde ^? »
De tout te<nps les argumens de la France avaieit paru tour à tour forts ou faibles selon que les mé^ chargés de l'or du roi , prenaient ou non le cbeioBi trop peu fi^quenté, de la vallée du Rhône. Cnjo* que les pensions s'étaient trouvées en retard^ ks dizains de Brieg et de Conches avaient fait avecl%pagne un traité qui excluait la France des passagesoD Simplon. L'or étant arrivé, les deux dizains avai<9' témoigné leur repentir. A cette heure, la France él»^ en arriére de quelques mille livres. Cette somme W payée. On écouta volontiers toutes les demandes «s Valaisans. La plus pressante concernait la personne*
* n fallait empêcher les jennes clercs d'aller étudier à Hiiao- 1^^** laisans solUcitaient les moyens de fonder un séminaire chei eax.
> Brief discours d*Dn simple Valésien. — Miron, Relatioa deti* ambassade. — Instructions données à l'interprète Valier. — Propoab^ de Basso , envoyé milanais. Il offre le sel à bas prix. Les salines de™' guay et du Poniin , en France , étaient au pouvoir des cAlÎToi^
l'évèque. Il leur était odieux, u Intéressez-vous à Rome en notre faveur , disaient-ils^ et faites sortir un tel homme du milieu de nous ; sinon , nous devrons songer aux ifioyens de sauver notre patrie d*un schisme , dont le Seigneur Dieu tout-puissant^ par l'intercession de la Sainte-Vierge , veuille la préserver ! » Ayant appris qu'ils tenaient ce langage y Richelieu n'hésita pas à abandonner le prélat à la haine du peuple ^ Les jésuites ne furent pas rappelés : ils étaient Espagnols. Mais les pères capucins rentrèrent en Valais avec des prêtres français. Ils persuadèrent le peuple d'envoyer faire au nonce sa soumission. Dès lors les patriotes séparèrent leur cause de celle de la Réforme. Les lois contre l'hérésie furent exécutées. Gomme les Locarnais^ comme les ValtelinSi les évangéliques du Valais, la Bible en main^ quittèrent en grand nombre la terre de leurs pères. Ils se retirèrent dans le gouvernement d'Aigle y où plusieurs familles descendent de ces réfugiés; d'autres dans l'Oberland. Un bien plus grand nombre^ surtout à Brieg et à Louêche, les yeux fixés sur leurs foyers , n'eurent pas le courage de les abandonner. La conviction qu'ils crurent pouvoir renfermer en leur cœur ne passa point en héritage à leurs fils. Ainsi s'éteignit, après un demi-siècle, une flamme
' On lui offrit une pension de S, 000 livres, s'il résignait sob évèché, qui lui en donnait 6,000. Vainement Scapi conseilla l'acception àTéféqae, 85 février 1627 ; jirek. de FaUre, Le pape n'accepta pas la résignation d*Hildebrand , et le renvoya , Ini conseillant le sacrifice d'une partie de ses droits temporels à ta conservation des spirituels. Pendant 2 ans qne Tévéque fut à Rome, son chàtean de Majorie fat occupé par les patriotes Schiner, Kalbermatler, Magheran. Ils battirent monnaie au type des sept étoiles. L'évéijoe offrait à Louis XIU son alliance , à l'insa des patriotes ; cenx-d s^alliaient avec les Grisons à l'insu de Tévéque.
542 HisioiRi^ ra hh wmn*
qui eût pu changer la face de la vallée du Rb6ne ^ • Les Yalaisaos renouvelèrent en grande pompe leur al-* liance avec les sept Cantons catholiquest I^e roî de France les félicita sur leur réconciliation avec TÊ* glise^. Une conjuration du capitaine Antoine Stolkalper , dans les intéi*éu de l'Espagn/e,, fut d^ouverte, et Stolkalper condamné à mort '. L'évèque vécut dix ans encore, plutôt le captif de ses diocésains que leur conducteur spirituel et leur prince ^.
Mais c'était peu d'avoir reconquis le Valais , si les Confédérés n'étaient regagnés à la France et entraînés à la défense des Grisons.^ Le mécontentement était général chez eux; la méfiance çxtréme. Le langage des envoyés de Richelieu n'en fut pas moins ^ c<Hnilie ^elui du ministre lui-même, sec, pressant, impérieux. Il est vrai que depuis le jour où les Confédérés avaient totssé les étrangers fouler impunément le sol de la Rhétiei
* A peine sait-oa eDcore en Valais qn'il a été un jour oii la moiUé da pays avait embrassé la Réforme.
> Uttreda 15jnini6S7.
* Les têtes des patriotes devaient tomber , savoir : celles des bannes rets Scbiner à Lovèche, Im Eich I Viè^, 6a grand-beillî de Holen, du colonel Preux à Sières , d'Ambubl à Sion. Ainsi SU l'avoua dans la torture. On s*était assuré 800 italiens. Theiler, curé de Sion, était oompromis; sa grâce fut accordée au nonce. Bérodi, — f/évéque, de retour de Rome , ne fut admis à reprendre son siège qu'après avoir reconna les Valaisans francs patriotes et la Caroline mensongère. 80 déc 1630. Les seigneurs de FÉtat le ramenèrent alors en triomphe à Siea. Som propre récii danê (m Arok. épiée. Il publia en 16S5 des constitutions, qui témoi> gnent de son aèle pour l'instmctioD des cleics et pour lean iniB&iiniSéi, Aome ne consentit à confaner son sucoesseor, Supevsai , qn'iaprès lè* vocation de la reeonnaisaanoe faite aux patriotes. ScottL
^ Broch. nombreuses. — Factum contre les Garolines, ele. Le Mémoire contenant les 85 griefs contre l'évèque. — Lettre d'Aile!, bttniieset de Lonèche, au colonel Vfyfkr. ~* Recseil de UA. de Roten, relatif ^ Hild. Jost '
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FegtinM de l'Europe , la haute considération dont ils jouissaient; 9 la gloire même de leur courage avaient baissé. L'on ne se rendait pas compte des causes qui tenaient leur valeur énchainëe : leurs discordes y Taltëration du principe républicain, la désafifeetien des sujets^ la vénalité des chefs qui paralysait le bon vouloir des amis de la pMrie. 11 suffisait que les alliés des Cantons eussent été abandonnés et qu'un des remparts de la Suisse eût été franchi , pour qu'on jugeât les Confédérés déshérités de la vertu de leurs pères ' • Les envoyés français le leur firent soitir. En mémp temp» ils promirent de Tor^ de lappui. Ils énumérèrent fous les sujets de plainte que la Suisse pouvait avoir reçus de la maison d'Autriche. Ils ne tardèrent pas à pouvoir emprunta des motifs nouveaux au succès des armes françaises en Italie. Louis XIU en personne avait passé les Alpes. Les barricades que le duc de Savoie lui avait opposées à Suze avaient été emportées en courant. Charles-Emmanuel était entraîné par te flot. Les agens de Richelieu semaient ces nouvelles avec le bruit que les Français savent (aire des moindres exploits. A les en croire , les victoire» d'Anuibal aavalent pas été si glorieuses. Le roi , devenu l'alUé du papC; et libre d'inquiétude du côté des hugunnots, s'avançait à la délivrance de la péninsule.
Mais tandis que les Français tenaient ce fier langage, la nouvelle arrivait d'autre part que 16>000i cavaUers
* « Laxata fœderb Invkti vfmnk negtig«nUâ feîpvbKeiB. > ^«^ « Leor verta s'est ensevelie dans l'oisiveté an point qu'ils sont tombés dans le mépris de tout le o^onde^ > « On va voir la France laisser 4 ans se passer sans leur envojer d'ambassadeur , L'Espagne 6 an;^ sans renouveler son alliance. > Linage,II, 252. — L'Espagne était puisée. Gustave- Adolphe coûtait moins qne les Suisses.
et de Dombreux régimens d'infanterie y détachés des armées de Wallenstein^ s'approchaient du Rhin. L'Empereur y en même temps qu'il faisait marcher ses esca-* drons, offrait aux Confédérés de se charger de la garde de leurs passages. Cette proposition étrange opéra ce que les instances de Richelieu n'avaient pu (aire. Les Confédérés se rallièrent. Ils se^^mirent^ catholiques et protestans^ de combattre pour la patrie commune, quel que fût Tennemi^ Six mille hommes allèrent camper entre Bàle et Schaffhouse. Mais ces mesures n'étaient pas prises^ que cinquante-et-une cohortes et onze escadrons , sous Mérode , pénétraient en Rhétie par le Luciensteig, et que y le 28 mai 1 629, ils faisaient leur entrée à Coire. De nouvelles divisions les suirirent, sous Âldringer et Gallas. Le comte de TorojuUano commandait l'armée , forte de 40,000 hommes. Cette multitude inonda l'Italie, laissant quelques mille soldats à la garde des défilés des Alpes. Les vallées de la Rhétie commençaient à renaître. Le paysan relevait son toit^ la commune ses droitures* Le nouvel évéque , Joseph Mohr, de Cerne tz, avait rendu quelques ordonnances qui respiraient l'amour de la justice et de ht bonne discipline ^. Les pasteurs, instruits par le passé, avaient pris entre eux l'engagement de ne plus s'immiscer à l'avenir dans les affaires du monde. La Valteline, de son côté, cherchait à sortir de l'anarchie et a se donner un gouvernement. Mais le torrent couvrit tout et rejeta le peuple sous le poids des charges dont il relevait à peine. Le soldat, sans discipline , vida l'éi»-
^ Baden , 12 mars 1628. Ib répondirent à l'Empereur « qu'ils ne lasseraient à personne qu'à eux-mêmes le soin de garder les chemins des Alpes. > Berne ordonna un jeûne.
> Le 22 juin 1627.
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He et le cellier. 11 meoa paître ses chevaux sur les champs conune sor les prairies ^ Les villageois furent contraints de voiturer le bois ^ la pierre^ la chaux ^ pour les redoutes qui Vélev&rent au Luciensteig > devant les ponts de la Landquart, à Reichenau , à Tiefenkasten^ à Camogask^ en d'autres lieux encore. Rodolphe de Planta rentra dans l'Engadine, le cœur aigri ^ pareil à ces tyrans qm, dans des âges de terreur> ont régné sur la solitude et le silence^. Il désarma le peuple^ chassa les pasteurs et ne laissa plus se reposer les instrumens de la torture. Les Rhétiens avaient, peu avant Finvasion, envoyé des ambassadeurs à Insjwuck ', traiter du re«nouvdlement de l'alliance héréditaire. Les envoyés re^ vinrent , parés de chainea d'or ^ faire connaître à leurs concitoyens ce que l'Empereur voulait bien encore appeler du nom d'alliance. L'Autriche se considérait ccMBme souveraine des huit droitures et de la Basse- Engadine. Les passages de la Rhétie devaient lui être ouverts en tout temps. Elle daignait payer ces privilèges par une pension annuelle de 600 florins à chacune des Ligues. L'alliance conclue avec l'empereur Maximilien avait cessé.
'* Celaient ces bandes dont Schiller dit qu'elles pillèrent toliante millions d'éeiis en peo d'années sur le sol de la Germanie. La colère da ciel fondit sur les bords de l'Adda. Les mnses fuirent et jnsqn'aax oiseaux. Cantiu Promêui $poêi. « Nalla santo, nuUa sicnrô. • Bçldoni a $moi aoUei. La peste réduisit la population de la Valtdine de lAO à 40,000 ftmes. La mort sous toutes les formes on une fie («re que la morL Au mflien de ces scènes, sB^ipUce de sorcières et de malheureux accusés de propager la peste. Brigands multipliés*
* Lui-même ne marchait qu'entouré de gardes.
* Le il nov. Mathias Wertemann, de Pleurs, chatgé«d'affaires impérial à la cour de France , les avait assurés que Ferdinand était bien disposé pour eux.
%iv 35
546 IlIStOIRB DB LA SDUSB.
Celte brusque violation du dbroit des gens jeta les Confédérés dans la stupeur* Un siècle aupartTant diacun eût saisi sa bonne épée , et ne l'eût remise dans le fourreau qu'après avoir vu le dernier Autrichien repasser la frontière. En 4629, les Cantons se bornèrent à prendre les mesures que cofiimandait leur sûreté ^ Zurich fit tailler 2,000 massues dans les forêts de h Sihl. Berne nomma général de ses milices son nouTcl avoyer, Jean Louis d'Erlach , baron de Spietz , versé dans la guerre et dans les affaires. Guillaume de Diesahach fut chargé de lever 2,000 volontaires , poor que les familles ne fussent pas privées de leurs soutiens. Les officiers ne furent pas tous choisis dans la capitale. Mais ces mesures populaires n'empêchèrent pas que Berne ne dût entretenir une garnison de 400 hommes, moins contre l'ennemi du dehors que par les craûiles que lui inspiraient ses sujets ^. La disette et la peste se joignirent encore aux causes de malaise et de découragement des peuples. Les contrées voiûaes de la Goa* fédération , ravagées par la guerre , ne donnaient pins comme autrefois le vin ni le blé. Une foule de malho^
* Des négociations forent entamées avec les villes d'Ulm et de Nuremberg , avec Garlisle, ambass. anglais à Turin. Viliars, à Paxîa. ne reçut que de belles paroles. Mém^ d^Erlack,
> Des assemblées de gentilslicNnmes de k Gdte , leaaea à Njon, aous ta présidence du sire de Goôdrée, avaient vivement inquiété Berne. To«tes les villes réclamaient. Grenu. — MûmiÊêU éà Btfma. — On dœma k : boargeoisie de Berne \ nobles Gamaliel de Xavel et Fr. de Jolfrey , de Vevey. Manuel, 57. — Ce fat en ce temps qn'Émilie, scmir deMavriee de Hassan, épouse d*Emmanael de Portn|[al , chercha son refqge dans le ch&teau de Prangins. Ses filles portèrent leurs- droits à la oonrona^ de Portugal en dot à leurs époux , le colonel 6roU et les gentfhkommee vandols, Damon, Desvignes, Du Martberay, Rodimondet Ce dernier voulut les faire valoir et se nifaïa. ManmeU dé Bam*. NotUê de M. D. JE. Chavannti dam la Feuille du canton de Faud, année I8S8»
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reuXy dépouillés d'abris et du reste , passaient et repassaient la frontière. Le désespoir les portait au crime. Dans le seul UnterwaM, au cœur de la Suisse ^ 120 malfaiteurs périrent , par la corde ou Fépée, dans le cours de deux ans* La grande quantité de mau* ▼aise monnaie émise par l'Allemagne avait augmenté d'un tiers la valeur des grosses pièces d'argent. Les Juifs y se glissant en tous lieux malgré les ordonnances^ avaient encore accru par leurs spéculations le prix des espèces d'argent et d'or. Un grand trouble dans les re** lations ordinaires de la vie en avait été la conséquence. Puis la peste avait recommencé. Dans la malheureuse Rhétie 12,000 personnes furent enlevées en peu de se* maines. Neuf cents trouvèrent daiis le cimetière de Glaris le repos que la société ne donnait plus. Le pasteur de Kemzen , après avoir écrit sur le registre mortuaire les noms de presque tous ses paroissiens , y écrivit le sien aussi , se sentant atteint par la maladie. On compta dans le canton de SchafiFhouse 1 ,400 couronnes déposées sur les tombes déjeunes vierges ^ Telle était la misère que le nombre des personnes qui , dans ces années , quittèrent la bonne patrie suisse pour aller chercher en Hongrie une terre épargnée, s'éleva à soixante-dix mille ^.
* Le berger de Mérisbansen n'entrait pt os dans le viitage. Le iftatin, sa comemose appelait depais la colline le troupeaa que« le soir, il accompagnait jusqu'à ta vue des maisons. La peste ne t'atteignît pas moins en plein diamp. Sekalk, Erinerimgen au$ Sektiffhatuen's Ge$ehicht€,
^ Meyer's Schw. Gescbicbte, I, 508. — Basinger^s , Gescb. von Unterw. 28&. — Scbaler, G. von Glaris, S60. — Vaterl. Slg.— Les soldats étrangers avaient apporté la peste. Notu im Kirchenbueh von ThtuU, — Les babitans et la vallée dn lac de Jonx se réfugièrent dans des cabanes semblables à celles des charbonniers. Tycècorbeaux (inflrmîers) et des nutrroHê (guéris de la peste) venaient les soigner. Ils dépouillaient les
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£a ces circonstances arriva en Suisse LéonBralarl ', chargé par Richelieu d'entrahier les Cantons à la défense de la Rhétie. Il les réunit à Soleure, et leur apprit la tIvc douleur qu'avait ressentie le roi de France, de rinjure faite à la Ccmfédération par l'enyahiasement da pays des Ligues. « C'est une partie de votre corps qui a été toucha. Si vous n'y>portez remède , votre propre ruine approche. Le roi veut s'unir à vous dans une noble entreprise. Il contracte^ à cette heure même, à Fontainebleau , une alliance avec Venise» Hâte^vous, de votre côté , de lever une armée volante \ p^ir re* conquérir les passages des Alpes. » Il dit , distribua quelques sommes , mais ne ramena pas la confiance. Les vflles eussent traité bien plus volontiers avec OUvier Flemming ^, que l'Angleterre venait de leur envoyer, les Cantons démocratiques avec Gasati , le nou* vel ambassadeur de Milan , qu'avec le représentant de la France. La promesse d'un secours de 4,000 hommes, et l'assurance que le roi se mettrait en personne à leur tète, toucha peu les Confédérés. Ils se bornèrent à répondre : (( Nous saurons^ si nous sommes attaqués, défendre notre patrie. »
Richelieu jeta de nouveau les yeux sur Bassompienre.
morte. Les Boai^îgDons pillèrent maisons et cabanes. Recueil htMt, par Dapid Nicole f dan» le tome II ds» Minu fmbUés par la êoCm de la Smiaaa r»mande. Ancan de ceux qui avaient des cautères ans bras et anx junlici ne mooraL Centuriee de Kilden, médecin de Pq/eme» La peste enleTa, à Berne» 2,492 personnes. Elle priva le Deux-Cents de 40 membfes, Favoyer d'Ërlach de neuf enfans. Mes, d'Erlack,
^ Apportant 800,000 livres. —* Diète le 26 août, aux frais dn rot. Stettler, 58d. — Linage, II, 220.
' Le premier il plaisante sur cette expression, appliquée à une suisse.
' Manuel bernois, 58, p. 278.
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Il venait^ il est vrai^ de le charger d'un commandement en Italie; mais compr^iant Fimportance de ne pas laisser les Impériaux recruter en Suisse et d'y pou-^ voir faire des levées^ il preserività l'habile nëgocialeur un voyage dans les Cantons. L'arrivée de Bassompierre mettait toujours les villes suisses en émoi. A Berne ^ à Soleure^ plusieurs séances des ConseUs furent employées à ordonner sa réception. Aussi le vin , le poisson furent-ils exquis ^ Les jours se passèrent à table. Les affîiires se cachèrent sous les divertissemens. Cependant on annonce l'arrivée à Soleure du dianceher d'Alsace ^^ envoyé de la maison d'Autriche. Bassompierre ne l'a pas plus tôt appris que^ se confiant dans son adresse ^ il jure de lui faire reftiser audience. Il commence par son grand ami ^ l'avoyer de RoU^ président de la diète. — ^ « Vous aurez la voix de mon Canton ^ lui répond en riant l'avoyer de Soleure ; mais aucun des autres ne s'y prêtera. » Les députés de Claris trouvent l'entreprise hardie ; ils la dissuadent; ils promettent néanmoins leurs voix. Autant en font Uri^ Schwyz y Zoug , les villes réformées. Bassompierre comptait sur d'Affry^ député de Fribourg. S&r dès lors de la pluralité des suffrages ^ il fait expliquer à l'assemblée par MoUbndin , son secrétaire interprète , que l'ayant convoquée dans l'intérêt particulier du roi, il la prie de ne point permettre que le chancelier d'Alsace
' Manuel 59. — Dîèle le 9 mars. Jmb. et Mém, de Boêumpierre, — StetUer, 8u{)p1. — ^linage, n, S9A.^Haffaer, 11,-283. — Mercaie, XVI, Si. ^ Th. enrpp. U, i64. — >FlaaMD, U, â27. — Léonard, IV.^, Hém. d'Erlach, p. il.
* Volmar, qui représenta, avec Trantmansdorf, FEmpereor dans le congrès de Westpbalie. Ses plaintes éclatèrent à Baden, dans la diète ordinaire.
soit admis ; s'il l'était, la France lui atMindonnerait cette diète et se réserTerait d'en convoquer uae nouvelle. Ni ce qu'avait ce langage d'inoui, ni la crainte d'offen» ser l'Autriche » dont les armées environnaient les Cantons, ni la convenance de garder entre les grandes puissances la balance égale, ne l'emportèrent sur Thabikté de Bassompierre à manier les esprits des Confédérés. Les députés furent les premiers surpris du résultat de leur vote. L'Autrichien s'éloigpoa furieux, en déclarant les Suisses tombés dans l'indignation de son maître.
Alors Bassompierre, au milieu des bals, des festins et du bruit ^ loua les services rendus par les Suisses à la cour de France. U parla de la reconnaissance du mo« narque, de sa grandeur , de son dévouement à la cause de la liberté des peuples* Tous les États confédérés avaient leurs députés en diète , excepté les Grisons, tf Quoi donc, s'À^ria l'ambassadeur , telle est leur es* tréme misère, qu'ils sont réduits à n'avoir plus de voix. La plainte même , permise aux plus misérables , leur est défendue. Non, rien ne vou^ doit tant éinou^ voir à leur courir ej(i aide que l'impuissance où ils sont d'implorer votre secours. Que si vous souffriez le toit qui leur est fait , où serait ce ^ax fait désirer si ardemiment votre alliance par les princes , qui n'épargnent aucun soin pour se la procurer? Quelle crainte auraient vos ennemis de voir se renouveler en vous cette ancienne impétuosité , cette vaillance et cette grandeur de courage, qui vous doit être héréditaire? Qui rechercherait pour la défense de seâ États cenx qui laisse-
* • Maidi it, ie me tronvai mai des dâbsoehes f ak« durtnl la diète,
et me ûs saigner. • BauQmpiêrre.
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raient occuper les leurs sans résistauce et sans voulo» les reconquérir ? Quel besoin aurait-on de vos passages^ a|Hrès que les principaux auraient été soustraits à votre puissance ? Mais c'est trop parler pour un homme de* ma profession ^ et à ceux de la vôtre , spécialement sur un sujet qui parle de soi-même. Je finis en vous offrant de la part du roi mon maître les vivres , le canon, 4^000 honunes de pied et 500 chevaux. Ces troupes se. joindront 9 pour marcher en fthétie^ avec 6,000 hommes que je suis chargé de vous demander. Mais si Dieu,, pour le malheur des Grisons et le vôtre , ne vous inspirait pas d'accepter ces offres, sa majesté se servirait des troupes qu'elle requiert aux occurrens de ses affiiires. Il lui resterait la consolation d'avoir, au-delà même du terme des alliances , voulu vous rendre les services d'un sincère ami ; à moi , de laisser à la postérité ce monument de sa royale vigilance et de sa sioguliére affection au bien de votre patrie. »
Les Confédérés donnèrent au roi 6,000 hommes ^, sous François d'Afiry , de Fribourg, gouverneur de Neuchâtel, et sous Jean-Louis d'Erlach. Ce jeune officier voulait essaya du service de France , après avoir combattu successivement sous d'Orange , sous Charles- Emmanuel , pour les protestans d'Allemagne et pour le. roi Charles de Suéde. Les deux régimens partirent au printemps , mais non pour les Grisons ^. D'Affry se rendit en Lorraine , d'Erlach en Italie. Il y eut
* Lei dnq Gantoof s'eicasèrent sur la nécessité de défendre leurs bailliages olmmontains. Rome prêchait la paix. • U nous est agréable que TOUS» pour qnila guerre continue d'être nne moisson de triomphes, cherchiex, avec tant de soin » la paix de l'Italie. » Brtf du 9 man 1650.
* Les Zorieois faisaient observer qae le Rbii^ n'était plus gaéable jusqu'en septembre.
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beaucoup à soufirir. Point de paie; nul aoin^ nul égard. Les officiers français assignaient le plus souvent am Suisses leurs quartiers aux lieux les plus malsains. Le régiment se fondit presque entier^ autour de Casai, par la faim S le fer et les maladies. Quand le oolonel réclama le remboursement des sommes avancées à ses soldats I des propos injurieux furent la réponse K CcinuDe, à la fin du siècle le prince Eugène , le noble Bernois tourna le dos à la France et mit au service des prinoet allemands un bras qu'elle eut à regretter. Ses sernces n avaient pas mérité cette récompense ; car ils avaient contribué pour quelque part à conquérir h double paix, qui fut signée cette année à Ghérasque et à Ratisbonne.
Les deux traités furent pour la France deux grandes victoires. Par celui de Chérasque, l'Empereur iovesiitNevers du duché de Mantoue. Il s'engagea à laisser libres les passages de Rhétle , à raser les ouvrages qu'il y avait élevés et à retirer ses garnisons. La France évacua les États de la maison de Savoie, ne conserraM que Pignerol. Charles -Emmanuel n'était plus. Ce^ prince, qui avait suecessivement aspiré aux trônes <!*& pagne 9 de France, et de Bohême; aux yeux de qui Henri IV avait fait briller le sceptre de Lombardie; qui avait envoyé disputer à Ferdinand la couronne impériale et avait songé à solliciter la pourpre romaine pour parvenir au pontificat ; motunit , après avoir
< Les Soisses payèrent le TÎn Jusqu'à 60 sols la pinte Je pain t4>olfc Brtack, » Oehs, Guck. von BaseL
^ « Vous êtes des guenx, qui n'anriex à manger qne le pain sec sans le service du roi. • — Noblement il refnsa la somme rédaite qnî loi fui offerte. BasBompierre, II, 5ÎÎ. — Exiraiii pourêenirà t'hUtoire de h L fErlaeh, liréi de $e$ papien originaux par HalUr, m»i.
échoué vingt fois contre Genève, aussi dépouillé, ausn malheureux que son aïeul Charles IIL Le traité de Ra* tisbonne donna plus encore à la France que celui de Chérasque. Elle obtint la disgrâce de Wallenstein, dont ks armées se débandèrent ^ Richelieu prenait, de son c6té, rengagement de ne prêter aucun secours aux ennemis de l'Empereur. Mais de la main qui donnait cette promesse, il signait a?ec Gustave- Adolphe , roi de Suède, une convention par laquelle il devait lui payer annuellement 300,000 rixdallers ^, pour qu'il fît bonne guerre à la maison d'Autriche. Ainsi Louis XI, un siècle et demi auparavant, armait le bras des Suisses contre Gharles-le-Hardi.
Le 20 juin 1 630 , le héros suédois descendit sur le rivage d'Allemagne. Il était à la tète d'une armée petite, mais éprouvée. L'esprit qui l'animait était celui des premiers réformateurs. Son langage , comme le leur, était simple ; sa persuasion, d'avoir une mission à remplir ^. Le vêtement de ses soldats était grossier comme celui des vainqueurs de Morat et de Grandson. Lui-même portait une veste grise et un chapeau rond sans ornemens. L'armée contrastait par le nombre, l'ordre et la reUgion avec la multitude, le faste et la
^ 6irL — Hénanlt , 617. — Mercure, XVII. — Archives eorSeoMs, S« série, m. — Le roi s'engage à procurer la vente projetée de Neochàtel ( Linage, II, 2S9 )• On destine à cet achat l'argent de la vente de Pi* gnerol. Jreh. Tturin. Saluées, III, 848.
* Toat ne fot pas livré. Qa'avait-on besoin des Suisses, que l'on payait chèrement? Le traité de subside est de Yan 1680, l'alliance du 38 janvier 1681.
* « En partant, il pleura et dit , levant les yeux au ciel : J'obéis au roi des rois. Si c'est sa volonté que Je succombe en combattant pour la liberté, mon pays et l'univers , je lui rendrai , à l'instant où il la rcdc< mandera, une vie qa'il m'a donnée pour accomplir ses desseins. •
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cruelle impiété des légions impériales. Gintate connaissait la tactique de son siècle^ mais il s'était fait b sienne. Il divisait ses bataiUons en pelotons moUieSi qu'il entremêlait à ses cavaliers. Ce fut avec ces divisions légères , et gouyemées avec art , qu'il vainquit Tilly^ vainqueur dans quarante batailles. Les Suiuei ne connaissaient encore les Suédois que par la tradition, qui donnait à des peuplades des Alpes une origine commune avec la leur. Ils apprirent avec une grande surprise que cr ce roi des neiges », comme on le nommait à la cour de Ferdinand, s^avançait, recueitlant les hommages de TAllemagne, relevant les princes et les villes, reconnu de la Baltique au Danube par h loi de la victoire. Il n'y avait pas un an que les troupes impériales avaient quitté le voisinage des Cantons pour se porter vers le nord ; quelques semaines seulement s'étaient écoulées depuis que les garnisons autricbieik nés avaient abandonné la Rhétie, aux termes du traili! de Chérasque, lorsqu'un envoyé de Gustave-Adolpbt se présenta en Suisse^, réclamant l'amitié des Cùotéié' rés. Déjà les chevaux des escadrons suédois s'abreovaient des eaux du Rhin.
* Sadler.
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