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lieu de ces fêles ^ d'un petit-fils de. Charles Emmanuel^ du même nom que lui , fut considérée comme un té-' moignage de la bienveillance naturelle de la maison de Savoie et de la perpétuité du Ken qui l'unissait aux Confédérés. Tout fut digne de l'illustre maison et ré*** pondit à l'avantage qu'elle se promettait de l'amitié des Suisses. Vaine espérance, que l'étoile de Richelieu de-* vait bientôt faire évanouir! Les Cantons catholiques renouvelèrent aussi leur alliance avec le Valais*
Telles furent les suites d'une échauffburée dont la France s'était promis d'autres fruits. Richelieu témoigna son déplaisir ^ Il eût rappelé Rohan si, plus que jamais, il n'eût eu besoin de lui. Les Suédois le près* saient « de combler ce fossé, d'où leur venait lout le malr » On les écoutait à peine, il est vrai, lorsque leurs armes étaient heureuses. Mais leurs afifaires déclinaientelles^ les regards se portaient de nouveau sur la Valteline. Dix fois l'ordre fut envoyé, dix fois il fut révoqué, de s'emparer de cette province ^. Il finit par êCre donné sérieusement après la bataille de Nordlingen, le Leipsic des Suédois. Lorsqu'il vit tous les versans de l'Allemagne balayés par les Impériaux, Richelieu jugea l'heure venue de descendre dans l'arène.
Vers les premiers jours de l'an 1635, Rohan reçut
pourtant loi toacber la maio, • se cou^nrent Chacun des dépotés reçat iOO ducats. Les mottets ne manquèrent pas. Arch. Turin. Negou. cù Sniued , M auo, IV. — RelaL délia solenità nellà rinov, délia tr^ga ddle se! Canton!, 1654. — Siri.
* • La cour fut mécontente de cette entreprise, laquelle réossîssant, Taffair^ n'eût pas déplo au roi. » Jamais une plainte contre Richelieu.
> Le 9 avril 165 A, Rohan prend le régiment d'Erlach à sa solde, « cst^nant la présence de son chef plus que 1000 soldats • . Contre-ordre. Rohai^ envoie à d'Erlacb 16,000 Hv^ de dédommagement sur ses propres deniers.-
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deux injonctions contradictoires en apparence. L'une ^ de se préparer à envahir la Valteline; l'autre, de partir pour l'Alsace où l'attendait une armée : le but du ministre était de cacher son dessein. Le printemps ne se montra pas plus tôt^ qu'arriva l'ordre de traverser la Suisse à quelque prix que ce fût. L'exécution n'en était pas facile. Demander le passage eût été révéler son plan; le prendre devait soulever les Cantons. Faire filer les troupes en corps était chose sans exemple ; par divi^ sions, c'était s'exposer à en perdre la moitié. L'affection que portaient les villes suisses à Rohan leva ces difficultés. Bâle la première permit le passage, qu'elle venait de refuser au duc de Lorraine. La campagne bâloise fut franchie d'un pas si rapide qu'à peine, dn haut des remparts, on put suivre les traces des Fran* çais. Deux messagers volèrent, l'un, porter en Rhéde, à Landes, Tordre d'envahir Chiavenna, avant que l'attention des Espagnols fût éveillée; l'autre^ bitt savoir à Berne qu'usant du privilège que lui assuraioC les alliances, une division française allait passer sur son territoire. Obligé de traverser la Suisse inaperça, le chef de ce corps ne pouvait convoquer une diète. Mais il ne doutait pas que Berne ne permit ce que Bàle avait accordé sans hésitation. Les députés des quatre villes réformées écoutaient, réunis à Arau ^, les propositions de Méliand, que la cour venait d'envoyer demander 12,000 hommes. Rohan sut bientôt qu'elles ne lui opposeraient pas de résistance. Pour ne point.piovoquer celle des catholiques, il évita de passer la
* Attendant le retour de Hînel et d'Erlach, eofojés I Paris. Les catholiques avaient envoyé de leur côté Bircher, Rédipg et Zurlaoben. Os plaidèrent au mieux les uns contre les autres. Znrlaul)en, VI, 420. — Gazette de France. — May, V, 427. — Erlach, I et II, 24.
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Reuss à Mellingen. Il est, plus bas en Argovie, un lieu où quatre grandes rivières réunissent leurs eaux, avant de les verser dans le Rhin ^ Le général français y rassembla des bateaux et passa TÂar ; puis il prit la route de Winterthour et de Saint^all. L'abbé le pria vainement de prendre le chemin de Wallenstadt y eomme le plus facile et le plus court. La ville de Saint-Gall, la plus riche de la Suisse, fit Tadmiration des Français par son industrie et sa politesse. Ils fussent venus secourir ses citoyens , qu'ils n'en eussent pas été reçus avec plus de joie. Quelques jours encore, et l'armée de Rohan se trouva tout entière dans la Valteline« La moitié des Confédérés ignoraient encore son passage ^.
Il restait à se maintenir. Huit mille fantassins , 400 cavaliers, se voyaient chargés de défendre un vaste camp, retranché en apparence dans les Alpes, mais ouvert par des cols nombreux. Une étude soigneuse du pays avait appris à Rohan que, dans les monts comme dans la plaine, il est, outre les chemins accoutumés, des sentiers innombrables, connus des paysans, en sorte qu'en sage capitaine, il se garda de disperser sa petite armée pour la défense des passages. Ce fut en rase campagne qu'il résolut d'attendre l'ennemi. Il plaça Landes et les Grisons de Brougger à Bormio; à Chiavenna, Ulysse de Salis, dont il connaissait la vigilance et le courage. Lui-même il prit avec 3,000 fan-
« StUly.
* Rohan, 70. — Herc. français, XX-XXI. — Th. earop., UI , 896. — Rahn, 957. — Hafiier, L 566. — Mem. Tigur. 258. — La campagne de Rohan passe a?ec raison poor nn modèle d'art militaire. Sa connaissance des hommes et des lieux était parfaite. Voyez ses Traités du, gomem, du CanioHa et dû Vïntérit dê$ princes. -~ Jovalta. — Sprecher, 205. — Tschokke.
lassins et quatre cornettes de cavalerie position a Tirano, à une égale distance des deux points extrêmes , de manière à pouvoir s'opposer aux Espagnols lorsquHb déboucheraient par Côme^ aux Allemands ^ lorsquib sortiraient des gorges du TyroL Quelques oarrages furent élevés en hâte. Les colonels Gouler^ Jénatsch et Florin furent pressés d'amener trois régimens, qu*ib s'étaient chargés de lever aux frais du roi. Jénatsch eut le premier formé son corps de braves; il courut i leur tète brûler le Martinsbruk et construire quelques retranchemens pour la défense de la Basse-EDgaidine; puis il descendit à Bormio.
Déjà se montraient Espagnols et Allemands. Lebaroo de Golz pénétrait dans le Val Moutier^ avec la première division d'une armée de 1 ^200 chevaux et de 8,000 fantassins. Ces soldats^ méprisant l'ordre d'épargner li malheureuse vallée^ pillèrent les habitations, enun^ nèrent les jeunes femmes et versèrent dans la gorge if leurs époux de l'eau de fumier, qu'ils nommaient ot boisson suédoise. Des enfans furent torturés^ ^ vieillards livrés aux flammes; on voulait les oootraindre à découvrir de l'argent caché. Vingt annéei de guerre avaient créé ces mœurs. Le baron de Feroamond viut prendre le commandement de ces bandes féroces. A son approche. Landes se reploya. Rohanse trouvait à Chiavenna, ralliant son peu de forces contre les Espagnols , qui s'avançaient le long du lac de Cdme.
Près d'être écrasé entre deux armées, l'une et h^^
plus forte que la sienne ; informé que la Ligue gnse s'était séparée des deux autres et menaçait Coire; entouré d'officiers dont plusieurs répandaient le découragement et la défiance parmi ses soldats, il vit ^ qu'il ne lui restait que de vaincre ou de mourir hono-
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rablement. Il ne le cacha point à ses compagnons d'armes, a Nous avons franchi des monts presque inaccessibles pour descendre en ce pays; de penser à la retraite ^ leur dit*il , vous n'avez qu'à lever les yeux pour en voir l'impossibilité. Pour INeu donc, mes amis, faisons que ces vallées, presque inconnues au monde, deviennent importantes à la postérité et soient le théâtre de notre gloire. >» De tous les ennemis de Rohan le temps était le plus à craindre; aussi ne perdit-il pas un moment. Il savait qu'attaquer, avec des Français, c'était doubler sa force. Il prit le chemin du Maloîa , et courut, par l'Engadine, prendre Fernamond à dos.
De TEngadine à Bormio s'étend une prairie , longue de deux lieues, semée de cabanes éparses : c'est le Val Luvin. On y arrive de Bormio par le Val de Fréele , de Poschiavo par Pisciadella , de l'Engadine par le mont Casanna ; ce fut de ce côté que descendirent les Rhétiens et les Français. Fernamond se retranchait en hâte lorsqu'il se vit assailli de toutes parts ^ Brougger et Jénatsch se montrèrent les premiers. Les Engadins les suivirent, brandissant leurs massues ; puis les communes des Dix-Droitures ; les Davosiens sous Vildner , leur capitaine. Cent vingt hommes descendirent par le Camora , d'autres par la gorge du Val Féna. Tous les défilés des Alpes vomissaient des combattans. Après une heure et demie de résistance les Impériaux furent rompus et se retirèrent sur Bormio.
Rohan n'eut garde de les poursuivre. Prenant le chemin de Pisciadella, il descendit à Tirano, persuadé
« Le 27 join 1685.
583 UISTOIAB DB Uk SUISSE.
que rennemi viendrait l'y chercher. Il arrivait à peine que les cavaliers de Fernamoud se firent voir. En mèiDe temps se répandit dans Tirano Tordre de préparer h vivres pour une armée espagnole^ qui approchait, commandée par Gerbelloni. Rohan courut aux Impériaux. Deux ponts 9 séparés par une ile, couvraieatk fleuve à Mazzo. Les Allemands occupèrent Tun^ ^ Français l'autre, non sans peine. Les deux avant'-p^ des se prirent corps à corps , frappant de Yéfi») * colletant 9 les plus forts jetant les plus Subies daas TAdda* La nuit sépara les combattans. Le leDdemaii se passa en escarmouches ; le fleuve séparait les <k0 armées. Gerbelloni s'avançait. L'on assure que n'ayint pas vu ses titres sur l'adresse d*une lettre de Fertfmoud, qui l'invitait à se hâter, il l'avait renvoyées»* rouvrir ^ Rohan, près d'être pris entre deux feoi) recula jusque d^riéré un ravin, difficile à fraBcbff' Fernamond fit la faute de lé poursuivre. Les Ao^ chiens ne furent pas plus tôt descendus danslapiÂi^ qui se voit entre Lovéro et Mazzo , qu'ils y furenK^' taqués avec vigueur ^. Sur un signe de RobaO; ^ •natsch prit un détour et courut, avec 600 Rhétietf; tomber sur l'ennemi par un autre pdlnt. Ate^l^ Autrichiens s'embarrassèrent, reculèrent; ilsessaf rent encore de s'appuyer aux ponts de Grosk) ^ ^ Sondalo ; puis ils finirent par se débander, laissiot* sol jonché de morts et miDe prisonniers aux duûds (h vainqueur. Des fugitifs, les uns se sauvèrent sur tt^ de Venise, les autres dans les monts de BomuD.F^ namond se l'epkrya sur Glourenz, dans le Tyrol^ ^
* Priorato, uomini illustri.
' Le 2 jaillet.
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y rallier ses débris. Le général fiançais se tourna contre les Espagnols , qui déjà campaient à Berbenno. A la nouvelle de- la défaite des Allemands , ils vidèrent la Yaltdine. Rdian se vit de nouveau maître de toute la vallée. A ce moment les colonels Gréder et Schmidt lui amenèrent. 3,000 hommes des Gantons protestans. Gréder était le fils d'un (^cier chéri de Henri lY ; Schmidt avait pris part , sous Gœuvres , à la première conquête de la Valteline.
Malgré ces victoires la situation de Rohan n'était pas de nature à lui inspirer la ccmfiance. Les combats et les maladies avaient afl^ibli son armée. La province s'épuisaît. Il ne recevait pas d'argent. Cependant les Allemands Se reformaient dans le Tyrol et les Espagnob recueillaient leurs forces sous les canons de Fnentés. Dix mille hommes venaient de traverser la Suisse catholique et marchaient vers la Valteline ^ • Les généraux qui commandaioit ces armées concertèrent cette fois leurs mouvcaaiAS. Rohan, de soh côté, ooDtinua de prendre Tîrano pour son centre d*opéralloii. Sitôt informé que Fernamond desctedait le Val deFréele, il y vola, et, sans lui laisser le temps de s'avancer davantage, il l'attaqua des trois côtés par lesquels cette vallée est accessible'. Il avait 4,000 hcmutaes, l'ennemi 7,000 fantassins et 800 chevaux. Il Taborde , les piques baissées , pour repousser le choc des eeoadrons; puis Suisses, Grisons , Français se prédpitent snr les Allemands. Jénatsch les prend par le flanc des montagnes. Foint de grâce. Quinze cents
* Le trésorier en tête , achetant le passage de Canton en Canton , en payant les pensions arriérées. Vîngt-hnit caisses renfermaient ses réanx. ^ Le 51 octobre.
hommes sont hachés; le reste s'enfuit. Si Landes (ut accouru du Val Pédénos, Tarmée autl'ichienae eàt été détruite.
Rohan quittait le champ de bataille, lorsqu'il reçut la nouvelle que Cerbelloni était à Morbégno. Il apprit en même temps que le général impérial^ ccmite de Schlick, s'ayançait dans le Tyrol avec une non?dk armée. Il se reploya et courut aux Espagnols. Us étaient postés entre les monts et l'Âdda ; un rnissm les couvrait» Suisses, Français s'avancèrent, les enseignes au vent^ Les corps francs gravirent les moDti< D*autres divisions se glissèrent , à travers les saules, k long de TAdda. Le combat s'engagea à deux heures;! cinq , les Espagnols fuyaient, abandonnant leur trésor et leurs bagages» Luvin , Mazzo, Fréele et Morbégno, quatre victoires , avaient pour quelq&e temps âofsé Tennemi de la Valteline. Les troupes impériales a^ant été rappelées en Allemagne , où leur présence était devenue nécessaire, Rohan eut bon marche des Eqitgnols. Déjà, dans son ardeur, il songeait à donner si duc de Créquy rendez--vous sous les murs de Miboi mais Créquy n'avait pas été heureux. Des arméei du roi de France , toutes à Texception de celle de h Valteline, avaient éprouvé des revers.
La province reconquise, les Rhétiens endemandèrsBi la restitution* Rohan connaissait leurs droits. Usatsit aussi les justes griefs des Valtelins. Selon leur expn^ sion% les bergers envoyés pour garder le troupeau s'étaient trouvés être des loups, qui le dévoraient. Robsn chercha dans l'équité les termes d'une conciliation* I^
' Le 10 nov. Spreeher. — Rohan.
^ Celle dn paysan da Danube.