LA GUERRE DE TRENTE ANS. DERNIERE PMIODE
La Franche-Conilé menacée. — Weimar, Rohan et d'Erlach.- Weîmar dans l'évéché de Bâle. — Bataille de Rheinfelden.- D'Erlach gouverneur de Brissach. — Xes Grisons. — AmbasM<le à Madrid. — Mort de Jénatsch. — Vigîer à Coire. — Paix pe^ pétuelle avec Milan (1639) et renouvellement de ralli^nce héréditaire. — L'Engadine et le Prétigau achètent leur plein aiïraB* chissement. — Fin des troubles de Khétie. — Événeniens «lérieurs. — Nombreux mercenaires «n France. — Transgressions. — Foule des réfugiés. — Malaise intérieur. — Impôts.— Rw»" parts. — Cordon militaire. •— Frischherz. — Insurrecdon ib paysans bernois, 1641. — Insurrection dans le canton de Zurich, 1646. — Brusques approches de la guerre. — Turenw^ les Suédois autour du lac de Constance. — DièteàWyl*" Défensional. — Paix de Westphalie ( Wetlsteîn ), — Les mcwR» les lettres et la religion dans la première moitié du dix-«eptié>v siècle.
Les Gonfédérës avaient les yeux sur la Rhétie, lorsque le cours des éTénemens attira toute leur atteif tion sur une frontière opposée» Douze mille hommes, demandés par la France ^ , Tenaient de se mettre en marche sous les colonels d'Erlacb^ Bircher^ Molondm et d'Afifry *. Tout-à^coup courut le bruit d'une pro-
« Par Méliand d'Egligny. Voyes page 57S.
* Rod. d'Erlach de Ghampvent, Jost Bircher, avoyer de Laceroe, Fr.
chaine invasion de la Lorraine et de la Franche-Comté par les armées du roi. Un ministre^ qui avait Tinstinct de la grandeur ^ ne laissait plus la France perdre ses forces^ comme en d'autres temps ^ à des expéditions aventureuses. Richelieu méditait des conquêtes plus propres à ajouter à la puissance du royaume; il menaçait le pays dont la neutralité couvrait les Gantons à Touest f comme Tamitié de la Rhétie leur servait de rempart au midi. Le cardinal infant et Tarchevéque de Besançon envoyèrent^ solliciter les Suisses d'intervenir pour la Franche-Comté. Les Cantons catholiques s'étaient engagés peu auparavant^ en renouvelant leur alliance avec TEspagne^ à défendre cette province. Les villes y craignant d'être entraînées dans cette voie^ évitèrent de s'expliquer sur le sens de l'alliance héréditaire. Sur ces entrefaites^ Condé ayant mis le siège devant Dôle avec 30^000 hommes^ la diète fit partir Alphonse de Sonnenberg^ pour Paris et Rodolphe de Villading pour la Haute-Bourgogne. Mais c'est à peine si ces ambassadeurs réussirent à se faire écouter. Les Franc-Comtois eux-mêmes leur donnèrent peu d'attention , parce qu'ils comptaient sur le
d'Afiry, gouvernenr de Neoch&tel , et Jacques d'EstavayerMolondin. Les deux premiers servirent en Lorraine, les deas derniers en Flandre. Zmrlamben, FI, — Mereare framçaU, XXI, — Les instructions de d'Ërlacb portaient défense de servir en Lorraine, à moins que les trois autres régimens n'y fussent employés. 21 août 16S5.
^ F. de Pontarlier, baron de Vangrenand. Reeé$, février 1656. — Leffrv aa roi, d» 15 avril 1655.
^ Bailli des huit Cantons à Baden. Il reçut des lettres pour le roi , Richelien , le pare Joseph et Bouthillier. Berne , Fribourg et Soleure furent chargés d'envoyer auprès de Gondé. Fribourg voulait battre aux champs, mais Berne lui ferma le passage. Diète du if H juillet 1656. — Manuel bernois, 72. — 2,000 hommes prirent position à la frontière. Bemhard der gro$$e von Rôee, II, 160.
succès des armées impériales. En effets elles balayèrent la province et poursuivirent les Français jusque sous les murs de Dijon.
Les armes du roi n'avaient été heureuses nulle part. £n Italie , la duchesse de Savoie ^ avait été contrainte d'abandonner son alliance. Au nord, les Espagnols s étaient avancés jusque sous les murs de Paris. En Allemagne , les fils du malheureux prince palatin avaient tenté sans succès de reconquérir Théritage de leur père. Mais un homme , à lui seul ^ avait compensé toui ces rcTers. Bernard , duc de Saxe-Weimar, rappelait Gustave-Adolphe. De simple maître de camp> Dieu IV vait^ disait-il lui-même, élevé très-haut , à travers cent batailles ^. Weimar s'était fait un nom en servant les Suédois^ puis^ se soustrayant à leur dépendance ^ il avait traité avec Louis XUI de couronne à couronoe. Le roi lui avait donné l'Alsace , qui ne lui appartenait pas^ pour l'entretien d'une armée de 6^000 chenvx et de 1 2^000 hommes de. pied. Ainsi s'était formée, snr les frontières des Gantons^ une nouvelle puissance, guerrière et glorieuse. Des Suisses en grand nombre couraient apprendre la guerre sous Weimar^ coaix» autrefois sous Gustave-Adolphe ^.
Telle était cette frontière^ lorsque Rohan vint à Berne, après avoir abandonné la Rhétie^. Le chagrin avait dévoré ses jours ^ sans vaincre son cœur. Ses victoires avaient été des crimes comme l'eussent été
* Marie Christine de Boarbon , régente.
^ Registres de Genève» a sept 1639.
» Wdmar envoya qnérir à Genève de Treytonrens , t pour afoir ses conseils, » et le nomma colonel d'an régiment qu'il lechaifeait de lever danslaCuisse romande.
* Dans les premiers jours de mai 1637.