‹ Histoire de la Confédération suisse (volume 5)Chapitre 9 sur 75 · XII · texte numérisé non relu

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pour Christ était sincère^ bien que, comme les Ébionites de la primitive Église , il ne vit en lui qu'un homme divin. Fauste, son neveu, et Théritier de ses convictions , chercha dans le voisinage des monts Carpathes la liberté de les professer, qui lui était refusée aux pieds des Alpes ^ . Mais quelle ne fut pas la stupeur quand Ôcchin , le pasteur vénéré de l'église italienne de Zurich , fut accusé de penser comme les Socins ! Un négociant arriva de la foire de Baie, appor* tant un livre ^ que Castellion avait traduit de l'italien en langue latine. Cet écrit , l'ouvrage d'Occhin , ren-* fermait sur lé mariage, sur le péché originel, sur h personne de Christ, des opinions étranges. La douleur, l'indignation furent vives. Le Vieillard de 76 ans reçut trois semaines pour se préparer à chercher une nouvelle patrie. Il partit de nuit, pour éviter la fureur populaire, avec des enfans encore en bas âge. A Bàle, ni en Allemagne il ne trouva à se fixer. La Pologne le rejeta. Ni feu, ni lieu« L'on dit qu'il mourut quelque part en Moravie ^.

* Les lettres de Galviaet de Bèie les y poonnivaie&t, recominin* danl la discipline. Mab les Sociniens y tronvèrent poar alliés les peochans anarchiques , qoi n'ont pas permis à ces pays de connaître le repos sons Tombre d'une fraie liberté. On les vit se rapprocher des Mabométans. S'ils eussent été compris, les Tores se fussent fait un parti en Autriche cl en Pologne ; de nouveaux périls eussent menacé l'occident -* Lorsque, quelques années plus tard, on songea, à Bàle, à publier le Taimud, « livre mabomélan très inique et pestilentiel , • le nonce Féli* cianus mit une grande importance à l'empêcher, « vu l'accrolssemeDl des anti-trinitaires de Pologne. »

' En 1563. « Trente dialogues » est le titre du livre. — Meyer^ Locamo, II, 166. — Ruchat , IX, 57. — Schellhom. ^~ Hottinger, 871

' L'eoiie, attachée à la fortune des Italiens réfugiés à Zurich, saisit le prétexte qui s'offrait pour faire abolir leur cuite particulier. — La mort de Gastalion le déroba au châtiment qu'il avait encouru , comme tra-

Bullinguer vieilli , convalescent à peine ^ voyait se manifester ces ennemis nouveaux , sortis du sein de la Réforme ^ en même temps que les catholiques se relever. Jeune y il avait vu les doctrines protestantes , marchant de conquête en conquête^ envahir jusqu'à rislande. Dans les pays même qui ne les avaient pas embrassées, les couvens tombaient; la noblesse, la magistrature , les corps enseignans s'étaient détachés de Rome. Mais déjà se montrait un esprit tout autre. Les confréries se ralliaient. On recommençait d'aller en pèlerinage aux tombeaux des saints. Une réaction, préparée par les Jésuites , s'opérait dans le silence» Ces pères avaient pénétré à Vienne , à Cologne , à Munich, la Rome de TÂUemagne ' . Ib avaient rétabli les écoles et recommencé les disputes de religion. Les nouveaux défenseurs de Rome ne laissaient plus à leurs adversaires l'avantage de l'instruction , ni celui de l'austérité. Leurs mœurs étaient irréprochables; leurs mé^ ihodes sûres. Arts, science, discipline^ enthousiasme^ ils savaient tout faire converger vers un seul but. Jamais de^désaccord. Point de temps perdu dans de vaines querelles. Partout derrière eux le bras du prince, prêt

dactenr d'Occhin. 11 était si pauvre que le magistrat de Bàle lui avait penoDÎs de pécher du bois flottant de la Birs , pour se mettre à l'abri du froid. Gela soffit pour que ses ennemis l'accusassent de voL Bèze lui reprochait «de êoUUr des gens dans les hôtelleries pour prendre à ses roses les arrivans. » De œterna Dei prœde$ttnatione adver$us Castalionenu Les cendres mêmes de Castalion ne forent pas tranquilles ; Grjméus le fit sortir do milieu des tombeaux de sa famille, où trqts Polonais , ses élèves» lui avaient donné une place. — BayU. — Eneyelop, de Er$ch et Gruber. — CeuteUionU defensio» — Le Christ n'a point prononcé condamnation sur qui méconnaît le Fils de l'homme, mais sur qui pèche contre le Saint- Esprit, L«c Xi J, 10. C

* En 1550, en Allemagne ; en 1559 ils s'établissent à Munich. RiUike,

à les seconder. Forts d'un double appui, ils marchaient de ville en ville , offrant le choix entre Tacoeptalioa du concile de Trente ou le bannissement. Tout se passait sans tumulte. Une vaste révolution s'accomplissait sans bruit. Elle s'avançait sur tous les pmntSy inspirée par la vertu de Borromée.

C'est en présence de ces périls que la Réforme continuait de se déchirer. Les Luthériens se fussent plutôt rapprochés de Rome que des Zwingliens et àtè Calvinistes. Ceux-ci eux-mêmes étaient épars, sans lien. L^heure n'étah-elle pas venue pour les frères de se dire : « Nous sommes un ? m Dès l'an 1 536, les villei suisses s'étaient réunies dans une profession de fei commune; mais elles ne l'avaient pas publiée. Dès lors ridée d'une église évangélique s'était développée dans la lutte avec Rome et les Luthériens. Le prin*cipe avait prévalu , qu'aucune des villes ne pouvait modifier la confession commune sans l'adhésion de ses sœurs. Mais Baie , loin de l'adopter , s'était rapprochée de l'Allemagne , et Genève ne s'exprimait pas sur la prédestination et la discipline comme le faisaiœt ks Gantons ^ • Les divergences étaient nombreuses j k* obstacles difficiles à vaincre ^. Il fallut^ pour en triompher , Faction des circonstances et l'appel de l'étranger.

L'empereur Maximilien venait de convoquer ^ leU

t Cependant Genève ei Zorich étaient convennes d*ane cantosk* commune sur les sacremens (15^9). Cabtiui opéra, FUI, SAS. PteBÎff paa ven la rémiîon des deox branches de l'Église réformée.

* Des denx parts , an dire de Bnllinger, on s'écartait de ce divin taftpérament des Écritures, par lequel les doctrines qui paraÎBStDt k Tespritlle l'homme les plus opposées se concilient dans le fait pour fis* qui les reçoit. — Calvin était trop fin pour Bullinger. Bollinger poor Calvin était « une tête dure ( Bullingerus durum caput ).' »

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janvier 1566, une diète de TAUemagne, qui devait s'occuper d'intérêts religieux. Comme Ferdinand I^' y Maximilien se montrait Tami de la tolérance ^ Mais les Luthériens y guidés par un faux zèle , s'efforçaient de faire rejeter les sacramentaires de la paix de l'empire. Ils avaient surtout à cœur d'en exclure Télecteur Palatin , Frédéric III , que les Calvinistes d'Allemagne regardaient comme leur chef. L'électeur demanda à Bullinguer des conseils, et une profession, qu'il pût soumettre à la diète d'Augsbourg. Peu de mois auparavant BuUinguer , croyant la mort à sa porte , et souhaitant de laisser à l'Église un témoignage de sa foi , avait écrit le résumé de ses croyances; il l'envoya. Cependant de toutes parts s'exprimait le vœu de voir les églises réformées publier une confession commune. Bèze en avait fait la proposition. Mais l'on ne savait si Ton devait travailler à une œuvre nouvelle ou reprendre un des formulaires déjà tracés. Les esprits se divisaient sur cette première question, lorsqu'arriva d'Allemagne une lettre de Frédéric, pleine de la joie qu'il avait eue à lire la confession de BuUinguer. Tous aussitôt de s'écrier : ce Que n'en faisons-nous la nôtre ! » Toute confession participe aux ténèbres comme à la lumière de l'âge dont elle exprime la foi ; mais celle-ci valait mieux que son siècle. Elle n'était pas le fruit de la dispute , ou l'œuvre froide et mesurée d'une assemblée de théologiens, mais l'épanchement d'une âme fidèle, animée d'une

* Et celui des Suisses. Bon accueil à lenn dépotés, recés de Baden, 21

yiiin 1566. •— Beêtâtigungsm'kttnde dêê Kaiêer's Maxtmilian$ II, Augà-

burg, à mai 1566. — Ochs, Gesch. von Basel* i56S, cite des lettres de

noblesse conférées aux Brandt et aux Falkener. On les tenatl secrètes.

Plusieurs n'en faisaient nul cas.

pensëe de paix. L'œuvre d'ua homme qui se croyait à sa dernière heure , elle avait emprunté quelque chose de la solennité de ces graves momens. L^excommunication ne s*y trouvait pas. Sur la Gène ^ elle exprimait la doctrine de Zwingle avec clarté^ quoique d'une manière moins tranchante que n'avaient fait les précédens formulaires. Un voile était laissé sur ces hauteurs de la science religieuse , dont il n'appartient pas aux mortels de contempler l'éclat^ sur ces abhnes dont ils ne sauraient mesurer la profondeur. Bèze apposa le premier à la confession de BuUinguer sa signature et celle de Genève. Berne, Schaffhouse, Mulhouse envoyèrent leur adhésion; puis les Grisons , Bienne^ Saint-Gall. Les pasteurs de TAppenzell et de Glaris étaient zuricois pour la plupart^ : leurs suffrages se trouvaient acquise Bâle seule tarda près d'un siècle à se conformer^. On ne s'était pas adressé aux Neuchâtelois , de peur de les compromettre avec leur prince; mais ils montrèrent qu'ils étaient libres en religion^ et joignirent gaiment leurs signatures à celles de leurs alliés et de leurs frères ^. De l'étranger, Knox et quarante et un pasteurs de rÉglise d'Ecosse envoyèrent leurs noms. La plupart des Anglais qui avaient été réfugiés en Suisse suivirent cet exemple. Les églises du Palatinat, deFo-

* La signature officieUe d'Appcnzell et de Claris fut apposée en I6â4> ^ Bâle conserva , durant ce temps , la confession qu'cUe s'était donnée cil 1534- Suizer ne lui permit pas même de déclarer l'accord de cet ancien formulaire avec celui qu'adoptaient les Cantons. Maïs son successeur, G rynéus, se rappi-och a de rÉglise helvétique, etZwinger, qui succéda à Grynêus, signa la confession suisse en 1644. — GernUri dispui,— Iselin*» Berieht von dent Zusiand dér religion in Basei,

' Dans l'édition de 1568. Lettre du clergé Ncuchàtctois aux ministret de Zurich, ^2 juillet 1566.

logne ^ et de Hongrie ^ reçurent la confession helvétique. La prudence voulut que les églises françaises^ tout en rendant témoignage de leur accord avec les Suisses y publiassent leur formule particulière. Ce que les théologiens les plus distingués ^ ce que Calvin n'a-* vaient pu ^ s'accomplit à cette heure sans effort. Près d'aller à de nouveaux combats, plus sérieux qu'elle n'en eût encore livré, la Réforme s'était recueillie, re* connue et formée en un corps ^.

* Les unes en 1567, les autres plus tard. Il est aujourd'hui encore en Pologne de nombreuses églises de la confesûon helvétique. BibU Ger^ man.. •

' Dans le sjnode de Debrecsin , en 1567.

* Corpus et syntagma confessionum, 1612. — Hospinianua.-^ Ijavater, hisL sacram. — Plank , Trennung und Vereinigung der Protest arches.. — Ersch und Graber, Encyclop. art. Heb, Con/«w. — Aucbat^

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