‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 105 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

voient en personne; la jalousie et la haine en sont les résultats ordinaires 480 .

Le duc se rendit ensuite dans la Haute-Alsace qu'il n'avait pas encore vue. Lorsqu'on annonça que Charles, suivi de cinq mille chevaux, de quinze cents lansquenets, de deux cent-cinquante chariots et d'un nomhre considérable de machines 481 , descendait des montagnes de la Lorraine par la vallée de Weileret se dirigeait sur Colmar, toute la population fut saisie d'épouvante ; beaucoup de gens s'enfuirent avec leurs biens ; l'habitant des campagnes fixa les yeux sur les villes ; elles, toutes ensemble, songèrent à la ligue suisse. Comme les Bourguignons entraient de tous les côtés et que beaucoup d'entre eux s'approchaient secrètement de la ville par des sentiers à travers les broussailles, Colmar, dans son angoisse, ferma ses portes à la hâte. Brisach fut accablé pendant six jours par la présence des princes, et ensuite plus durement encore par les Flamands et les Picards. Ceux-ci, assurés que Hagenbach ne les dénoncerait pas, se livrèrent à toutes les jouissances illicites 482 . t»e duc dans son ressentiment contre l'Empereur ne se souciait ni du peuple ni de l'amitié des princes 483 . Il passa une revue près d'Ensisheim , et se rendit à Besançon. Le nonce, le cardinal Rollin d'Autun, l'électeur de Cologne, des ambassadeurs d'Arra-

" 9 Voy. Gamines, II, 8 : « Sur ce quand deux grands princes s'enlrc-

• voyent pour cuider appaiser des différends, veue est plus dommageable

• que profitable. • = Les bivouacs d'AusterliU , Tilsitt et Ërfurtont confirmé la chose. D. L. H.

*» Fugger.

m fYurstisen. *M Fugger. 790.

gon et de Venise, de l'électeur palatin et du duc de Bretagne formaient son cortège. Chemin faisant, il rencontra à Tannes ( 8 janvier 1474) deux anciens a voy ers de Berne, Nicolas de Scharnachthal , seigneur d'Oberhofen, chevalier, et Pétermann de Wabern, seigneur de Belp 484 . « La ville de Berne et tous les » Confédérés des villes et des campagnes, » dirent ceuxci, « accoutumés à la faveur et à l'amitié de ses pères, » considèrent sa venue dans ces hautes contrées comme » une occasion de porter quelques griefs à sa connaisf) sance et d'en obtenir le redressement. Bilgeri de » Hewdorf a réveillé , à son service et sur son sol , des » hostilités assoupies 4&5 . Le bailli de Hagenbach a » privé les habitans de Mulhouse de tous les revenus » accidentels , de tous les intérêts qu'ils devaient per- » cevoir, et même de la liberté du commerce, et d'un » autre côté il a exigé le paiement de leurs dettes avec » une rigueur inique. Certains que le duc a été mal in- » formé des plaintes de la Suisse 486 , ils recommandent » à son équité une ville, leur alliée, placée sous la pro- » tection de son ami l'électeur palatin 487 ; elle n'a be- » soin que de quelque délai. Ils prient enfin qu'il soit

* 8 * 11 paraît que Fribourg et Soleure adjoignirent aussi des députés à ceux de Berne; il en est fait mention dans la Missive de Berne au haut et puissant souverain de Bourgogne, 2 janvier 1474 , dans Schilling.

485 Instruction de Berne, Jbid. en ce point contraire à ce que Hagenbach avance ( n. 449) ; celui-ci crut peut-être se tirer d'affaire parce que l'eau n'est pas le sol.

488 Ils avaient écrit auparavant à Charles sur ce sujet. Schilling, p. 83. Us envoyèrent leur missive du jour des Innocens {Ibid. 93) lorsque Charles et Hagenbach eurent répondu d'une manière évasive à la lettre de Berne {Ibid. 83), sans répondre du tout à celle que les Confédérés leur adressèrent de Bâie.

487 Instruction de Berne. On sait que l'électeur palatin fut et demeura

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