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LIVRE IV. CHAP. VII

» interdit au bailli d'user d'insultantes menaces contre m la Suisse. » La députa tion parla dans des termes modestes et touchans ; elle eût été écoutée dans une heure plus favorable. Charles, entouré d'ennemis des Suisses, la reçut froidement : on ne dispensa point les députés de l'usage de sa cour de mettre un genou en terre, on n'abrégea point cette cérémonie 488 . Charles leur dit en peu de mots de le suivre. De Dijon ils retournèrent chez eux sans réponse.

Sur ces entrefaites (10 janvier), Louis XI et Nicolas de Diessbach, député de Berne, et chargé par cet État de parler au nom de tous les Confédérés, convinrent d'une alliance 489 dans la prévision d'une guerre avec la Bourgogne 490 . Le roi voulut encourager la Suisse; elle, de son côté, jugeait l'appui du roi indispensable. Le traité assurait à chaque partie ce dont elle avait besoin : au roi, un nombre suffisant de troupes 491 soldées à raison de quatre florins et demi par mois 492 ; aux Suisses, vingt mille francs par an 493 , et

ennemi de l'Empereur. Pour savoir dans quel sens la ville jouissait de la protection de l'électeur, Voy. chap. VI, n. 576.

* 8S Schilling, p. 95 , le dit expressément. Des écrivains plus modernes ont cru devoir le nier; mais c'était l'étiquette de la cour. = Pour les sujets. Quelle bassesse de s'être soumis à une pareille humiliation ! D. L. H.

489 La Ch. du 10 janvier U7â est dans le Comines de Lenglet du Fresnoy , t. III. p. 369 ; ce ne fut probablement qu'un projet dont le conseil entier de Berne sut à peine quelque chose.

• Spécialement contre le duc de Bourgogne. » Le roi réserve ses engagemens antérieurs, « horsmis le duc de Bourgogne. •

* M • Tel nombre qu'il nous semblera honnête et que le pourrons faire. »

* M Les soldats devaient recevoir le premier florin au commencement tlu départ , deux autres aux frontières de l'Helvétie, à Genève.

« En témoignage de sa charité. » La somme devait être payée à Lyon.

en temps de guerre vingt mille florins du Rhin par trimestre 494 ; le tout dans les termes les plus propres à inspirer de la confiance 496 et pour la durée de la vie du roi. Cette négociation eut lieu entre un très-petit nombre de personnes et sous le sceau du plus profond secret.

Pierre de Hagenbach, persuadant au duc que l'obstination allemande ne pouvait être domptée que par des troupes étrangères et par la rigueur 496 , obtinthuit cents hommes des Pays-Bas et la promesse que des troupes lombardes occuperaient le pays. Il célébra pour lors à Tannes son mariage avec une comtesse de Thengen, alliée à plusieurs grandes maisons 497 . Il invita aux fêtes les nobles et les villes m , mais en exigeant

4 ' 4 « Tant et si longuement que nous continuerons à main armée. » Les 20,000 francs continuent néanmoins à être payés. Un de ces francs vaudrait <de nos jours trois florins, 32 schellings. (Voy. dans le t. Vide la Correspondance de Sclduzcr la fameuse dissertation t Sang suisse et argent françaitu) — D'après ce calcul un franc d'alors en vaudrait environ huit aujourd'hui. • Un pareil traité, dit M. de Tillier (II, 207 et 208) , put se conclure six ans à peine après que les simples soldats eurent déclaré sous les murs de Waldshut, qu'on devait verser son sang, non pour de l'or, mais pour l'agrandissement de la patrie. » C. M.

4,1 « Pour autant que cette amiable union doit estre de bonne foi gardée, ferme et inviolable. » Beaucoup de choses non déterminées, sont abandonnées au bon vouloir.

496 Charles disait que Hagenbach avait raison à l'égard de ses maudits Allemands (Edlibach); qu'il fallait les contenir par une discipline sévère {BuUinger ). La nation se ressentait de sa mauvaise humeur contre l'Empereur.

497 Nous retrouvons ces comtes comme héritiers de Nellenbourg. La femme de Hagenbach fut probablement fille de Jean et nièce de la mère de Géroldsek dont les relations amicales avec Hagenbach ont été mention nées ci-dessus. Voy. H aimer, TabL gènèal. 493 , 481. Sur le mariage , voy. ScliôpfUn, Al*, illustr. III, 598, et Knebel écrivain contemporain.

4 » IML et dans FiUslin] Géogr. 111, 373, l'invitation à Mulhouse:

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