‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 107 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

d'eux des présens de noces 499 . En général il multiplia les impôts pour forcer le pays qui s'était volontairement mis sous la protection de l'Autriche à nourrir les soldats bourguignons , ses oppresseurs. Il revendiqua pour le prince , la chasse , amusement des nobles. Afin de faciliter la consommation aux troupes, il interdit l'exportation, et ne permit pas même au bourgmestre Pierre Rot, de Bâle, d'emmener les produits de sa propre campagne 60 °. Ces vexations inaccoutumées et la licence à l'égard des femmes, engagèrent beaucoup de villes à pourvoir à leur défense sous leurs propres chefs 501 . Enfin on convint avec Fribourg en Brisgau de le surprendre de nuit à Brisach. Ce complot négligé , puis trahi, fit périr un grand nombre d'hommes dans les tortures et inspira plus de prudence à Hagenbach. La terreur lui semblait la meilleure garantie et la plus digne de la grandeur de Charles. Ayant appris que la petite ville de Tannes n'entendait se soumettre à ses ordres que dans la limite de certaines franchises, il résolut de faire voir au pays ce qu'on devait espérer d'une pareille conduite, et convoqua une diète à Tannes. De bon matin , la plupart des habita n s dormant encore, il obtint à force de promesses qu'on lui ouvrît les portes. Les villes se précautionnaient, non contre le brigandage, qu'il réprimait parfai-

« Envoyez votre dépulation , et qu'elle soit composée de bons compagnons. .

* w Protestation de l'abbé de Murbach : • Nullo jure nisi potenlia frétas» (dans Schôpflin). Chez les princes ces sortes de présents étaient devenus un subside ; les fonctionnaires n'en pouvaient point exiger.

500 Wurstisen, 465.

5M Outre Bâle , Colmar et Scblettstatt , les quatre cantons forestiers. Edlibach.

tement 602 , mais contre sa violence. Tous les citoyens considérables, forcés de se rendre en hâte à l'hôtel-deville, furent désarmés, emprisonnés, trente d'entre eux conduits sur la place pour être exécutés. L'effroi enchaînait tous les assistans. Une femme, dont le mari devait périr le cinquième sous la hache , et aux yeux de laquelle ce danger faisait disparaître le monde entier , rompit les rangs en poussant de tels cris, que tout-à-coup la voix de la nature étouffa la crainte générale et qu'avec ou sans la volonté du bailli on délia les condamnés &03 . Le bailli laissa long-temps sur la place les cadavres des suppliciés, il confisqua les biens de ceux qu'on avait sauvés. Son opinion était que les princes allemands , liés par des formes, laissant aux villes l'élection de leurs magistrats, ne savaient pas gouverner; il voulait que les ammestres et les bourgmestres fussent à ses ordres ou abdiquassent 604 ; il déchira d'une manière insultante la charte des franchises de la puissante ville de Gand 605 , et déclara qu'il saurait bien soumettre Brisach.

C'est ce que considérèrent les villes et les seigneurs , réfléchissant s'il valait mieux renoncer à temps à cette lutte inégale ou réunir des forces pour la soutenir; ce dernier parti eût exigé qu'ils changeassent en une amitié

m « On pouvait porter sans inquiétude à travers le pays de l'or et de l'argent au bout d'un bâton. Munster, Cosmographie , 1. III, cb. 115. Ml Schilling, 80; Edlibach.

m Stettler, 212.

m De la Marche dans les l<ot : « En ses pays trouva plusieurs re-

• belles pour les gabelles et partialités (partis nés d'anciennes dissen-

• sions ). Pour telles querelles les villes les plus belles a brief suppédité

• (soumises). D'autorité a aucuns décapités, et leur ôté les privilèges,

• tous prians d'humbles mercys, nuds à genoux. » Au commencement des Mémoires il parle nommément de Gand.

Page 1