LIVRE IV. CHAP. VII
active leur haine pour la Suisse, qui datait de plus de cent cinquante ans. Lanimosité régnait chez les nobles bien plus que chez les bons princes autrichiens et chez le peuple du Tyrol ou du Vorarlberg , à moitié suisse par ses mœurs et ami de la liberté. Le bailli humiliait puissamment les nobles. Le premier pas qui rapprocha sensiblement l'Autriche et la Suisse fut fait par l'évèque de Baie, Jean de Venningen, le comte palatin Ru precht, levêque de Strasbourg, le margrave Charles, beaufrérede l'Empereur, les villes de Schlettstatt, Colmar ctBàle, qui vivaient tous en bonne intelligence avec les deux partis. Ils convinrent avec Mulhouse et la Confédération suisse d une ligue formée pour dix ans et dans laquelle la loyauté dispensait d'une stipulation précise 506 ; toutefois on prit l'engagement de payer les dettes de Mulhouse, et, en cas de rachat des seigneuries de Sigismoiid , d'avancer la somme pour laquelle elles étaient hypothéquées 607 . Vers le même temps les Zuricois terminèrent à l'amiable un ancien différend entre les habita ns de Rapperschwyl et quelques villes du Vorarlberg 508 . « Si vous cherchez de la sagesse, m disait le peuple , « allez à Zurich 509 . »
Charles méditait à Dole, de concert avec l'Angleterre 51 °, un vaste plan contre le roi de France , lorsqu'il apprit ces évènemens ainsi que le bruit d'une
546 Convention d'amiable accord dans les collections de Tschudi et de Haller. Nous devons nous consulter et nous aider fidèlement, • selon que nous le jugerons nécessaire. •
" 7 • Quand on voudra faire le rachat. • Sigisraond n'avait pas encore décidément opté entre l'ancienne et la nouvelle relation.
stl Stumpf, A18, b : « au sujet d'une dette passablement vieille. »
599 Schinz, llist. du commerce.
S1< Il avait auprès de lui les envoyés du roi Edouard. Extr. d'une anat nne chronique dans le t. 11 du Comme» de Lcnglct du Fresnoy.
alliance de ce monarque avec la Suisse et d'un rapprochement entre ce pays et l'Autriche ; il reconnut partout la main de Louis. Inquiet, il s'empressa 511 d'envoyer à Berne et à Fribourg (6 mars) Guillaume de la Baume , qui jouissait de toute sa confiance pour les affaires les plus importantes de la Suisse, et de le charger du message que voici pour le comte de Romont 512 : « Le duc sait de quelle manière l'astuce française mine » l'attachement des Confédérés pour sa maison ; mais » il désire savoir si l'on en est déjà venu à conclure un » traité. Que le comte veuille donc déléguer incessam- » ment le chevalier Henri de Colombier et Jean Allard » vers les villes et les Cantons, pour leur rappeler » qu'entre leurs pères et ses pères, entre la Bourgc— » gne, la Savoie et la Suisse a subsisté et subsiste une » vieille amitié héréditaire; on apprend que, pour la » troubler, certaines gens répandent que Pfirt et l'Aln sace autrichienne 613 ont été hypothéquées au détri- » ment de la Confédération. Si le duc eut refusé l'hy- » pothèque, ces pays seraient tombés à son grand » détriment dans des mains beaucoup plus dangereu- » ses 614 . L'exportation du vin et du bled a-t-elle été » interrompue ? les Suisses ont-ils été traités autre-
m* « En grande diligence, » lbid.
6,a Ces Instruction» telles qu'elles furent rédigées par le président et le conseil de Dijon sur l'ordre de Charles sont dans les Preuves annexées à Comines , H , 347.
111 Pays d'Aussois ; = appelé aussi d'Aussay et d'Airxai , la vicomtie d'Aussay, dans les chartes publiées pour la première fois par M. Zellweger, voy. Appendice B. C. M.
514 Le roi s'y serait décidé à la fin pour séparer ainsi le duc de ses possessions voisines de la Suisse. Comment se fait-il qu'il n'ait pas eu cette idée plus tôt? Voulait-il mettre Charles en collision avec les Allemands?