LIVRE IV. CHAP. VII
» ment, aux bureaux de péage , que les gens du »pays 515 ? Loin de faire revivre d anciennes préten- » tions le duc ne s'est-il pas efforcé de leur concilier la » bienveillance de l'archiduc? Si le bailli Hagenbach » lésa offensés 516 , c'est à l'insu du duc , ils le verront n par la punition de tels abus 6,? . »
Les députés se rendirent d'abord à Fribourg, ou lavoyer Raoul de Vuippens les reçut avec les honneurs dune hospitalité libérale 51 8 . Les vieux membres du Conseil se rappelèrent les nombreux témoignages d'amitié du duc Philippe 519 ; chacun savait avec quelle facilité on tirait de Bourgogne bled , vin , fer et sel. La députation fut congédiée amicalement et sans plainte.
A Berne , siégeait alors , sur le fauteuil de l'avoyer, Nicolas de Diessbach 52 °, dans toute la vigueur des années 521 et de l'éloquence , riche , hospitalier, cher à la bourgeoisie par ses mœurs et sa libéralité, plus entreprenant qu'on ne devrait pouvoir l'être dans une ville libre, bien prononcé en faveur du roi. Autour de lui, cinq anciens avoyers, cinq chevaliers, sept autres gentils-
m Les gens du pays payaient probablement eux-mêmes plus qu'auparavant.
« Grevé aulcuns de leurs gens. »
117 Le duc « pugnira ceux qui auront mésusé de leur état , sans dissimulation. •
« Ils leur donnèrent de leur vin ; » sans doute le vin d'honneur. Réponse de Fribourg. Ihid. 349.
Ml Comment , « sans faire grande réponse, • il libéra sans rançon un Fribourgeois commis à sa garde.
** L'avoyer de 1473 était Adrien de Bubenberg et il ne devait sortir de charge qu'à Pâques; mais dans la Réponse des Bernois {Ibid. 351) ou voit qu'il était présent, et l'avoyer absent. J'ignore comment ce fait s'explique.
51 Né en 1430.
hommes et douze conseillers de familles bourgeoises, hommes dont plusieurs ont légué à la postérité un souvenir honorable 622 . Les grandes et anciennes maisons, Vex-avoyer Adrien de Bubenberg à leur tète, aimaient et respectaient la cour de Bourgogne. Mais beaucoup de familles, que leur propre considération 523 ou celle de lavoyer régnant avait accréditées auprès des conseils et des bourgeois, et qui, à son exemple, se rapprochaient avec affabilité des gens du peuple 52i , tenaient le parti de ce magistrat. 11 proposa de se concerter mystérieusement avant les séances, puis , sous prétexte d'un secret d'Etat, voile ordinaire des intentions impures, de faire autoriser un petit nombre à traiter au nom de tous la chose la plus importante 525 . En l'absence de Diessbach, son parti ne l'emporta pas encore entièrement sur l'avis de la majorité, mais on gagna de plus en plus de jeunes hommes hardis, et on réconcilia avec le roi le spirituel conseiller Henri Matter, dont le père était tombé au bord de la Birse sous les coups des Armagnacs 526 . L'astrologue de la ville de Berne , dont les avis exer- •
. •» Anshelm donne la liste des conseillers; = et d'après loi M. i* Tillier, II , 208. C t ML
6 " Tels que l'ancien avoyer Péterraann de Wabern et le greffier Frickard (favorable, comme historien, à Diessbach). J. L. de fYattmlte.
iU Anshelm se sert d'un mot caractéristique x .ils étaient plus com m uns. »
524 L'avoyer obtint que les Deux - Cents autorisassent vingt- deux membres à agir de concert avec lui au nom du Grand Conseil. fVaUtville , Uist. de la Cohf. helv. t. If. = Ce fut l'intrigue française qui produisit la guerre de Bourgogne, que des gouvernemens sages eussent prévenue. Si l'issue en fut momentanément glorieuse , ce fut au hasard qu'on le dut; elle eut pour nous la fâcheuse conséquence d'abattre une puissance amie qui éloignait de nous la France. Les Diessbach ont été bien récompensés depuis par celle-ci. D. L. H.
**« Anshelm. Voy. t. VI, chap. I, p. 106, n. 515.