LIVRE IV. CHAP. VI
au droit de bourgeoisie 142 et mirent Schaffhouse dans l'embarras. Zurich intervint pour leur rappeler leur devoir ,43 . Plus sages que les Im Thurn, les Fulach, en s'attachant à la Suisse 144 , trouvèrent une garantie pour leurs possessions attaquées ,45 .
La prise de Hohenberg 146 dédommagea le duc Albert de sa mésaventure près de Schaffhouse; bientôt les troubles de sa maison le préoccupèrent 147 . Vers le même temps (1 455) Guillaume de Fridingen , le comte Jean de Thengen et Allwig de Sulz s'entendirent pour faire piller des Strasbourgeois qui revenaient des bains de Pfaevers 148 et les enfermèrent dans les châteaux de Hohenkrsehen et d'Ëglisau. Hohenkroehen , propriété de Fridingen , est situé dans une belle exposition sur une montagne à quelques lieues de Schaffhouse ; Eglisau est à quatre lieues de cette ville , sur les deux rives du Rhin. Ce lieu, les villages et les métairies, cinq fois moins considérables qu'aujourd'hui 149 , rares et disséminés dans des plaines vastes et arides entre la Tôs et la Glatt aux flots dévastateurs, formaient la seigneurie des comtes de Thengen , voisine du Klek-
141 Ils se rendirent à Diessenhofen, qui appartenait à l'Autriche. 141 Prononcé conciliatoire de Zurich et d'Veberlingen. 1456.
144 Alliance de combourgeoisie pour 50 ans entre Jean et Conrad de Fulach à Lauffen et Zurich, 1455. hFaldkirctu
145 Nommément Lauffen.
IM Fugger. Miroir d'honneur de ï Autriche t 617 ; avec une ch.
147 Histoire de l'Autriche antérieure de St. -Biaise, II, 158 et suiv. 11 est certain qu'on leva des troupes ; du reste l'événement que nous allons raconter peut en avoir été l'occasion.
148 D*Einsidlen, selon Tschachtlan.
149 Le bailliage d'Ëglisau ne comptait en 1794 qu'environ 4&50 habitons ; en 1529, 74 ans après cette histoire, seulement 1422. Le tous-bailli Rutschmann de Hfinlwengen dans la Bib. de Fasi, t. I.
gau, où régnait la maison de Sulz 150 . Le bruit de cet acte de brigandage et la plainte des Strasbourgeois, unis à Zurich par des relations d amitié 151 , éveillèrent l'indignation des Suisses. Les frères et les amis des guerriers auxquels ce comte Jean s'était montré inexorable dix ans auparavant 152 apprirent cela, profitèrent de la disposition des esprits, s'associèrent l'un dix, l'autre vingt compagnons valeureux, et, déguisés en marchands, se rendirent avec des chariots à Zurzach pour la foire de Ste.-Vérène. Là, tout-à-coup, quoique désapprouvés par les autorités suisses, dont aucune ne les favorisa ouvertement, ils s'armèrent des hallebardes amenées sur leurs chariots, pour commencer une guerre de vengeance. Ils entrèrent dans le Hégau. Ils assouvirent leur colère sur Thengen , siège principal de l'ennemi , s'emparèrent de ce château par surprise et sans résistance, et le brûlèrent de fond en comble 163 , leçon donnée à la victoire inhumaine. La bannière des Zuricois, après une déclaration de guerre régulière, marcha sur Eglisau pour délivrer et venger les Strasbourgeois , conquit la tour et la ville , prit possession de Rheinau 154 , porta le fer et la flamme dans le Klekgau et dans les domaines des Findingen 16& . Les Im
450 Ou même entremêlé. La comtesse de Sulz possédait des serfs à Wasterchingen. Ch. 1438, dans Uerrgott, Origg.
451 Xfvot dans le sens des anciens.
"* Voy. ci-dessus, t. VI, p. 178 180.
,5> Il périt là quarante hommes (si ce n'est quatre-vingt-dix). Tschachtlan. LouU Edlibach, à Tan 1457, raconte la même chose en la désapprouvant.
u * Depuis celte époque le couvent est sous la protection de la Suisse* Van der Mcer dans la BibU de Hallcr, VI, 277. 155 On paya 3000 florins de contributions de guerre. Tschudt.