‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 111 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VU · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VU

» marché et la sûreté règne 539 depuis que votre sei- » gneur gouverne les pays voisins. Que Dieu soit avec » lui!» Les députés, accompagnés d'un conseiller de Stanz, se rendirent au pays d'Uri. Déjà les bergers étaient partis pour les Alpes, les magistrats pour la diète. L'accueil fut néanmoins honorable, et la réponse amicale. Les Schwyzois se chargèrent d écrire aux Glaronnais et de demander la convocation d'une diète générale. Reçus avec bienveillance à Zoug, avec distinction et dans des dispositions favorables par le Grand Conseil de Zurich 540 , les députés se rendirent enfin à Soleure. Ils y furent accueillis avec respect et cordialité 641 , et reçurent les meilleures assurances, pourvu que Pierre Hagenbach se montrât plus équitable envers Mulhouse et plus circonspect dans ses propos 542 .

Cependant l'Empereur et le roi, pénétrés de la nécessité d'arrêter les progrès de la Bourgogne, estimaient que ce soin ne pouvait être mieux confié qu'aux Suisses ; ils travaillèrent donc la Confédération dans ce sens*. Frédéric avait déjà préparé les voies, à Baie, à force de bonnes paroles, et plus tard il s'était expliqué plus clairement envers Adrien de Bubenberg 543 . Mais qu'après les journées de Morgarten, de Laupen, de Sempach, de Naefels, après le concile,

" 9 On n'avait donc pas besoin de sauf- conduit. Ci-dessus à n. 503.

640 • Conseil très-honorable en grand nombre et gens anciens. • Réponêe de Churich. Il y est dit qu'il y avait trois chevaliers dans le Conseil.

541 « De grand courage (cordialité) , en tout honneur et humilité. » Ripome de Salorre.

545 « Ne pas procéder à la propalation de telles paroles qui pourroient faire cause de grand insulte. •

* « Travailler la marchandise , » comme disait Barras. D. L. H.

*» Anshelm, Chr.on.

après les guerres de Zurich, de Thurgovie, de Waldshut, la maison d'Autriche songeât sérieusement à une paix solide et à des relations d'amitié, les chefs de la Suisse ne purent le croire malgré les assurances 544 de l'administrateur de Grenoble, Jost de Sillinen 545 , qui traversa leur pays pour se rendre à sa prévôté de Béronmûnster 546 . La cour archiducale , qu'il visita ensuite, trouvait peu probable que les Suisses voulussent se réconcilier avec la noblesse, avec la queue de paon , avec les croix ronges , et imprudent de la part de l'Autriche de renoncer à ses prétentions. « Les pays » perdus, répondit le prélat, sont perdus à jamais. » Mais une nouvelle guerre amènerait de nouvelles » pertes, tandis qu'une réconciliation sincère ferait la » sûreté de l'Autriche et que la bonne amitié pourrait » procurer des avantages. Suisse, je connais le peuple : » il y donnerait les mains. » Ces vues parurent dignes d'être examinées. Des diètes s'assemblèrent, comme nous avons raconté plus haut. Ceux à qui une haine invétérée faisait oublier l'empire des circonstances, ne purent pendant long-temps croire au succès. Les villes et les seigneurs supportaient impatiemment le joug de Hagenbach, et inclinaient par conséquent pour l'archiduc. A la fin , Jost de Sillinen se rendit avec le comte Jean d'Eberstein comme ambassadeur français à Cons-

ia Edlibach : t Cela leur sembloit être une plaisanterie. »

645 Alors vivait encore Sybond Allemand, évôque, à ce qu'il paraît, tout entier dévoué aux choses spirituelles ; il vécut jusqu'au 20 janvier 1477. Sainte Marthe, Gallia Christ., II, 606. Bultinger donne donc avec raison à Jost le titre de gouverneur. Après cela il devint évéque (on le voit par ses armes à Béronmûnstcr). Hottinger, Uist. eeciés. de l'Helv. ,11. 456.

11 parut agir sans mission et de son propre mouvement Edlibach l'a admis ainsi.

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