LIVRE IT. CMAP. VII
Le parti qui avait enlevé à la Suisse l'amitié de Charles, profita du temps pour fortifier toutes les autres frontières.
Naguère un conflit fâcheux s'était élevé entre les autorités milanaises et des marchands de chevaux de Schwyz. Galéazzo-Maria , dont le gouvernement était désordonné, payait irrégulièrement les pensions et refusaitde se soumettre à la marche juridique tracée par la capitulation 618 ; Schwyz et Uri rendirent l'affaire fédérale. Sixte IV attisa le feu, afin que le duc fût moins en état de s'opposer à l'agrandissement de ses neveux. Un grand nombre d'hommes des Waldstetten avaient pris les armes ; mais Berne et tous ceux qui avaient irrité ou qui craignaient le duc de Bourgogne , obtinrent à force de diètes 617 que l'on rétablît promptementla marche ordinaire de la justice 618 , souspeine d'une forte amende 619 ou par l'anéantissement de la capitulation.
Le bon duc Amédée de Savoie, auquel son innocence valut le surnom de Bienheureux , cessa de régner avant sa mort, à supposer qu'il eût jamais commencé. Ses frères 620 , en se révoltant, éloignèrent Yolande de France, son épouse, qui gouvernait la Savoie sous son
616 Elle se trouve dans l'art. 7 de la capitulation de 1467 imprimée dans Tschudi; Milan voulait que la Savoie prononçât (qu'une affaire civile fût décidée d'après des considérations politiques).
847 Recès de Lucerne, Matth. 1473; Ibid. mercredi après le vieux Carnaval; Ibid. lundi après les Rameaux; Constance, Qnasimodo; Lucerne, diète de mai; Ibid. Thomas; enfin en 1474 à Berne, Trinitatis. Tiré de la continuation de Ttchudi.
•W L'ancienne Confédération suisse intervint; si le feu des Schwyzois ne s'était pas amorti de lui-môme , Lucerne et Glaris se préparaient à l'étouffer.
•» 500 ducats.
•« Les comtes Janus de Genevois , Jacques de Romont , sire de Vaud , et Philippe de Bresse.
nom, et s'étaient emparés de Chambéry, la capitale , et de Montmélian , la clef du pays. Cet acte de violence excita la colère du roi , frère de la duchesse, et du duc de Bourgogne , son ami 621 , et plus encore l'attention politique de tous les deux, ainsi que celle de Milan et de Berne. On amena les choses au point qu'on laissa aux députés des Bernois et des Fribourgeois le soin de fixer des articles préliminaires à la Pérouse près de Montmélian 622 , et plus tard , à Chambéry , la négociation d'une convention fondamentale 623 . Aroédée , las d'un monde dans lequel il ne trouvait que des souffrances 624 , riche en œuvres de dévotion et de charité 625 , mourut 626 .
Ml Lettre du doc de Bourgogne au duc de Savoie; Utrecht, 20 mars 1471. Guickenon.
M Articles de Montmélian, 8 août 1471, dans Guickenon, II, 412. On attendait pour la conclusion définitive Tanneguy Du Chàtel, seigneur de Bellièvre, gouverneur de Roussillon , que le roi avait chargé de cette affaire. On confia la garde de Chambéry et de Montmélian à Claude de Seissel , maréchal de Savoie , et à l'ancien avoyer Nicolas de Diessbacb. On permit à la duchesse de rejoindre son époux « comme Dieu et la * raison l'ordonnaient. • Du reste l'assemblée de la Pérouse fut nombreuse et brillante. Ce qui produisit le plus d'effet, ce fut la déclaration des villes de soutenir la partie qui se soumettrait
eM Les députés étaient les avoyers de Wabcrn , de Diessbach , de Vnippens et de Praroman. Outre l'organisation de la régence, dont on ne s'était pas encore occupé , l'objet principal était l'institution d'un /conseil secret pour la haute administration dans l'intérieur ; il devait aussi organiser les finances pour la formation d'un trésor et le paiement régulier des fonctionnaires , afin de ne pas gréver le peuple. Montmélian fut confié au comte François de Gruyères, aussi maréchal de Savoie. Celte convention du 5 septembre est dans Guickenon.
m Il était épileptique.
425 II se rendit une fois à pied . avec la duchesse, de Turin à Chambéry par les montagnes, pour visiter le saint suaire (on ne dit pas si la duchesse fut charmée de ce pèlerinage). Une autre fois, il vendit son ordre pour soulager des malheureux. Guickenon.
Me 30 mars 1472.