LIVRE IV. CHAP. VU
Ses frères travaillèrent de nouveau contre sa veuve, qui, d'après la dernière volonté d'Amédée, se chargea de la régence pour son fils aîné, âgé de sept ans; une longue lutte de passions et d'intentions secrètes fut terminée par une décision favorable à la duchesse; toutefois, on exigea qu'elle n'entreprît rien d'important sans Févèque de Genève. Jean-Louis de Savoie, princeévêquede Genève 627 , archevêque de Tarantaise, évêque de Maurienne , abbé ou prévôt de l'abbaye de Payerne et de neuf autres monastères 628 , était le frère cadet du duc défunt, seigneur plein d'esprit et d'énergie, adroit à se plier aux circonstances, du reste, soigneux de conserver sa dignité, quand les plaisirs des sens ne la lui faisaient pas oublier 629 . Montchenu, commandeur antonite, et un gentilhomme du nom de Chissy étaient ses favoris tout puissans; il sut les soutenir contre ses frères. Le commandeur s'appuyait sur le roi , Chissy était bourguignon. Une jalousie politique ou autre entretenait entr'eux la dissension : Montchenu, que Chissy croyait tout occupé de femmes, eut l'audace de surprendre celui-ci dans la chambre et dans le lit de l'évêque, et de l'emmener en chemise , attaché sur un cheval. Vaine tentative; son propre frère, qui avait perdu le temps en conversation avec des femmes, fut arrêté entre les portes par les Genevois , subitement soulevés ; pour le racheter on rendit Chissy à l'évêque. Jean-Louis ne songea qu'à venger l'affront fait à son favori ; il se rendit, lui quarantième, secrètement de Ge-
«" Après son frère Pierre, depuis 1458 , pendant 24 ans. 618 Lévrier, Comtes de Genevois, II, 37.
•*» Un jour , par exemple , déguisé en cuirassier, il séduisit la femme d'un menuisier, qui le rossa duement
nève en Piémont, trouva l'adversaire à table au milieu de dames , et lui donna la mort 630 .
Lorsque la Suisse se brouilla avec la Bourgogne, Berne fit souvenir la ducbesse d'une amitié consolidée per des services mutuels 631 . Yolande , qui pénétrait les artifices de son frère , soutenait une correspondance intime avec Charles; mais désirant le maintien de l'équilibre dans l'intérêt même de ses enfans , elle offrit sa médiation 632 ; si une réconciliation devenait impossible, elle suppliait qu'on lui laissât garder la neutralité.
Ce vœu de la duchesse était sans doute sincère 633 . Son beau-frère Jacques de Savoie , comte de Romont , baron de Vaud , pays par lequel la domination savoisienne confinait à la Suisse, était haut placé dans la faveur de Charles de Bourgogne, grâce à un amour immodéré de la guerre 634 . Antoine d'Avenches gouvernait le Pays-de-Vaud en son nom. On protégeait les anciens droits 635 , on prononçait sur les chartes de fran-
Guichenon, H ist. de Savoie, etSpon, Hist. de Genève, avec quelques différences qui ne. portent pas sur les choses caractéristiques et ne sont pas inconciliables.
6,1 Berne à la ducheue, 27 mars 1474 i les anciens ducs . rempubli-
• cam non segniori studio quam suam continuis incréments aluerunU . 6JJ Par le président Antoine Champion et Humbert Cerjat de Com-
bremont à la diète de Lucerne , 24 avril 1474. Continuation de Tschudi.
"« Elle devait comprendre son impuissance et l'intérêt commun qu'on trouvait dans la paix ; on ne peut pas juger de son système par la conduite de Romont.
"* Michel Hoset, Chron. de Genève, Msc.
Ms Rescrit pour . priores confratriarum villarum . (tribus, corporations) nobles, bourgeois et . gubernatores, . les autorisant à faire des saisies (. vadare -) pour paiement d'intérêts, de pensions, de services et de contributions : . ex usu non scriplo. » Aux châtelains : .cogas virililer
• et compellas summarie, . toutefois d'après la coutume de Vaud; Morges 1474. Le rescrit est adressé à Nyon.