LITRE IV. CHAP. VU
chise d'après leur sens 630 . Payerne, ville florissante ainsi que son abbaye , était honorée par les Bernois et les Fribourgeois 637 à l'égal des leurs 038 . Le siège de Lausanne avait souffert dans sa dignité. Le chapitre ayant offensé la maison de Savoie , en déclinant l'élection d'un prince 039 , Sixte IV jugea l'occasion favorable pour enrichir un neveu. Celui-ci, alors cardinal, et qui plusieurs années après devint le grand pape Jules, obtint l'usufruit du chapitre en promettant le vicariat général à Burkhard Stôr, homme très-considéré à Berne dans les affaires ecclésiastiques. Dès que la crainte de Berne eut engagé les Lausannois à se soumettre 640 , il nomma vicaire général un Italien dévoué à ses intérêts personnels 641 . Le gouvernement du Pays-de-Vaud était faible , les sentimens du souverain, équivo-
6î6 Les syndics , gouverneurs et prud'hommes de l'ancien village de Chavomay possédaient une lettre de 1355 du comte Guillaume de Namur , mari de la dame de Vaud , en vertu de laquelle ils croyaient s'affranchir du droit de consommation , du service militaire et d'autres obligations qui les assujettissaient aux nobles syndics et bourgeois et a la commune d'Yverdun. Mais les conseillers du comte , entre les mains de qui les parties compromirent de leur différend, prononcèrent en faveur de la ville (« quod a modo debent ressortiri in dicta villa ») ; vu que la charte ne dit rien de tout cela. Sentence 1473.
" 7 La Chronique fribourgeoise porte que le droit de bourgeoisie fut renouvelé en 1471.
« 8 L'avoyer et conseil de Berne aux nobles et spectables l'avoyer et conseil de Payerne, nos chers Confédérés : Lettreê reversâtes pour les garanties contre toute conséquence de l'extradition de Jean de Liebegk de Berne, livré aux Bernois sur leur demande. Ch. 17 avril 1471.
" 9 François de Savoie (que nous retrouverons à Genève en 1482) 1466. Ruchat, Hist.eccl. du Pays-de-Vaud. p. 85. Ci dessus t. VI. 356,
«*« Convention à Morat, 12 mai 1474. Jbid.
641 Stôr n'aurait pas exporté autant d'argent du pays.
ques, la prépondérance de Berne, évidente en toutes choses.
Le comte Rodolphe de Neuchâtel , de la maison des margraves de Badc-Susenberg, ûls de Guillaume qui avait autrefois occupé l'Autriche au nom de Zurich, redevable des progrès de sa fortune au duc de Bourgogne 642 , en devait le commencement aux Bernois 043 , sans lesquels il n'aurait pas eu un grand ascendant sur les Neuchâtelois 644 . Ayant à redouter en cas de guerre l'un et l'autre État, il resta dévoué aux Bernois, tandis que son fils Philippe continua de servir le duc.
Charles avait enlevé le jeune duc René de Lorraine à sa mère, comme par intérêt pour lui , et avait mis des troupes dans son pays , sous le vain prétexte de le défendre. René était alors fort embarrassé : d'un côté, Charles avait besoin de la Lorraine pour conserver la Haute-Bourgogne, de l'autre il lui disputait l'héritage de son grand père maternel. Le roi de France, l'Empereur, la ligue inférieure , les Suisses , le duc de Bourgogne le pressaient de se décider. Entre la perfidie française et la violence bourguignonne le choix était difficile. Charles força René de faire avec lui une al-
•** Guillaume de Vienne à SL-George et Ste. -Croix , beau-père de Rodolphe , mourut sans laisser d'héritier raàle ; l'héritage fut réclamé par Guillaume de Vienne à Mombis. Mais Charles de Bourgogne soutint la sentence de son tribunal provincial (25 mars 1467) portant que l'héritage devait être commun. C'est ce que montre fort bien Schôpflin, Hist. Zav. Badens.
M Sans eux il n'aurait pas succédé dans le comté au comte Jean de Fribourg-Neuchâtel , père de sa première femme , et il ne se serait guère défendu contre la maison puissante de Châlons-Orange.
"'^Pendant celte année Wh , les Bernois intervinrent deux fois par un prononcé. Les Neuchâtelois en appelèrent au Grand Conseil ; celui-ci confirma le prononcé.