LIVRE IV. CIIAP. VI
Thurn ,5G , les Falach 157 et d'autres nobles , alliés à la maison de Thengen par le sang ou par des relations féodales, parlèrent au bourgmestre et au conseil de Schaffhouse en faveur des héritiers des fondateurs, de la ville, des comtes de Nellenbourg, recommandés par tant de bienfaits 158 . Schaffhouse intervint ; la paix se fit ,59 . Eglisau fut abandonné à Zurich , à titre d'indemnité pour les marchandises et pour les frais 160 ; Zurich donna une somme au comte Jean pour lui aider à relever Thengen 161 . Cet événement réprima le brigandage dans les plaines du Rafzerfeld 162 .
Le joyeux dévouement témoigné aux Strasbourgeois par la jeunesse de Zurich dans les combats , éclata aussi dans un jour de fête et dans des jeux communs (1456). Sortis le matin de Zurich avec un vase bien enveloppé, rempli de bouillie de mil brûlante et avec des petits pains tout chauds , les jeunes gens descendirent si rapidement la Limmat, l'Aar et le Rhin, que le soir la bouillie et les pains furent placés chauds encore sur la table de l'ammestre de Strasbourg , et dis-
156 Ils possédaient eux-mêmes autrefois des droits sur Eglisau, dont la validité fut reconnue par le tribunal provincial de Rolhwyl. Ruger, Chron. de la ville de Schaffh.
« 7 Jean de Fulach reçut de Thengen la Staig , le Ramsbûhel et la dime de Waslerchingen , 1430. Waldkirch.
151 Eberhard de Thengen avait épousé Anne, héritière de Nellenbourg. Pfutcr.
159 Jeudi après la Nativité de la Vierge.
160 Non pas avec toutes ses dépendances. Ch. 1476, constatant que la propriété d'Oberhôri était alors encore litigieuse (dans le nouveau livre blanc de Kibourg).
1,1 On donna cette somme pour racheter Eglisau. Rahn.
m Tschachtlan, Tsehudi avec sa bonhomie : « On jouit dès-lors assez long -temps d'une bonne paix à l'endroit de ces garnemens » (tels que ces comtes).
tribués aux danseurs ; ils voulurent montrer ainsi avec quelle promptitude ces villes se secourraient dans des occasions plus importantes l63 . Étalant les prix remportés à la course, au saut, en lançant de grosses pierres ,64 , ils retournèrent plus lentement dans leurs foyers; le vase resta comme monument dune amitié ingénieuse 16& .
La fête plus brillante du tir auquel la ville de Constance invita beaucoup de seigneurs et de cités, ainsi que les Suisses , eut une issue moins heureuse (1458). Tandis que les treize principaux prix 166 offerts par la ville et beaucoup de dons particuliers excitaient l'adresse des tireurs , un patricien de Constance refusa de recevoir d'un Lucernois un plappart de Berne 167 et le rejeta insolemment ,68 . Le Suisse, irrité surtout par l'approbation railleuse que d'autres donnèrent à son adversaire , défendit l'honneur national ; à la fin on recourut à la violence, il la repoussa. Aussitôt tous les tireurs suisses , accusant l'hospitalité violée , retournèrent dans leurs villes et leurs villages , le cœur rempli d'amertume. Tel était l'esprit fédéral, qu'une insulte faite à l'un d'eux devenait la cause de
*" Bullinger; Tschudi; Rahn.
"* Remportés par Jean Hosch et Henri Waldmann. Les Grecs conservaient aussi les noms des vainqueurs dans les jeux.
165 Ce fait n'est pas plus au-dessous de la dignité de l'histoire que les figues présentées par Caton dans le sénat pour prouver la nécessité de détruire Carthage, parce qu'on les avait apportées de là en trois jours.
166 Appelés aventures,
167 II en fallait cent pour un marc (1^21) ; 29 pour un florin (1475); H aller, Cabinet des monnaies (Munzcabinet), I, 292.
168 Plappart de vache. Il dit que l'ours marqué dessus n'était qu'une vache.