‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 122 sur 178 · LIVRE IV. CIIAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CIIAP. VII

quatre ans pendus à ,des arbres 6&& . Après une courte délibération 066 , six cents Bâlois se postèrent prés de Délie pour défendre la frontière 657 , et les Bernois convoquèrent à Lucerne une diète de tous les Confédérés 658 . Sur ces entrefaites, trois cents campagnards du district de Pfirt, munis de toutes sortes d'armes, entreprirent spontanément une expédition contre Blamont par le temps le plus défavorable 659 . Atteints par huit cents Bourguignons, ils abandonnèrent le fossé qui les protégeait, et hasardèrent en rase campagne , avec des arquebuses mouillées par la pluie, un combat dans lequel ils furent aussitôt assaillis , dispersés et presque anéantis 660 .

Cependant le duc de Bourgogne assiégeait avec soixante mille hommes 661 Nuys, place forte alors, à quatre milles au-dessous de Cologne, relevant avec son bailliage impérial de l'archevêché. Des forteresses tout autrement puissantes, tombées de nos jours presque sans résistance, ont fait voir que les murailles vivantes sont les plus solides*. Dans l'espace de onze mois 662 ,

«* Schilling; Edlibach.

6S « Samedi avant la St.-Barlhélemi.

687 Edlibach. Stcttlcr : seulement 400.

La Lettre de convocation de Berne, lundi après la St.-Barlhélemi, est dans Schilling.

•s» Le sire de Blamont avait fait irruption dans le Sundgau avec Hagenbach. Munster.

««• 90 périrent, 100 furent faits prisonniers. Id. Edlibach exagère les nombres.

6,000 Anglais sons Sommerset; 8,600 Italiens; 4,000 Savoyards. Paradin. ,

* C'est qu'on ne les défend pas comme Saragosse. D. L. II. *« Du 29 juillet 1474 au 28 juin 1475.

Charles livra en vain cinquante six assauts à la ville de Nuys en sacrifiant quinze mille hommes 663 : ni dixsept tours battues en brèche, ni trois cents maisons ruinées, -ni la faim qui obligea pendant long-temps à se nourrir de la chair des chevaux 664 , ne purent abruti v le courage de l'électeur Herrmann de Hesse et des habitans de la ville. L'Empereur requit tout l'Empire de lui aider à soumettre le duc à sa volonté, espérant trouver une excuse à sa propre inaction si l'Empire négligeait de remplir son devoir ; il adressa une sommation semblable aux Confédérés.

On vit approcher avec une rapidité menaçante la plus grande guerre que les Suisses eussent encore soutenue. Les plus sages craignirent avec raison, dans ce moment décisif, de se fier entièrement à des cours puissantes, moins peut-être parce qu'ils savaient que pour le grand nombre le juste et l'injuste sont des mots vides de sens *, que parce qu'ils avaient le sentiment de leur propre inhabileté dans l'art des traités. Aussi , pour les négociations difficiles, la plupart donnaient'des pleins-pou-

661 Hœberlin, Histoire d'Empire, VII, 29, écrivain exact et consciencieux, qui puise aux sources.

m Haffner , Hist. de Soleure. Ils mang rent 350 chevaux. = Dernièrement, un homme célèbre par des découvertes dans l'art de guérir , par la nouveauté de ses vues et la simplification de procédés chirurgicaux essentiels, M. Matthias Mayor , chirurgien en chef de l'hospice cantonal de Lausanne, a fait voir dans un écrit (Sur CHippop/tagie en Suisse. En Suisse, 4 «38 , in-8.) que l'usage de la chair de cheval offrirait de grandes ressources , non-seulement dans les places assiégées , mais dans les temps de disette et toujours à la classe pauvre. C. M.

* Ils en sont bien punis aujourd'hui : la confiance étant détruite, les princes demeurent seuls en présence du géant. D. L. H. (écrit vers 1809).

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