‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 123 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VU · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VU

voirs aux Bernois , à cause de la langue, ainsi que de leurs connaissances et de leurs mœurs plus polies *. A Berne, l'esprit élevé de Bubenberg fut privé de toute influence par la prépondérance que donnait à Nicolas de Diessbacb son argent et celui du roi ; à peine lui communiquait-on les affaires 606 .

A la nouvelle de l'approche de l'ambassade française, tous les Cantons résolurent de se réunir en une diète brillante, au centre de la Confédération, à Lucerne, dés que Berne annoncerait son arrivée 666 . Cette ambassade vint. Elle exposa dans les termes les plus insinuans « avec quelle peine sa Majesté très-chrétienne avait » appris que le duc de Bourgogne ne les laissait point » en paix ; que le conseil du roi et ses secours en hom- )) mes et en argent ne leur manqueraient pas; qu'il priait » chaque canton 667 d'accepter désormais deux mille lim vres par an, comme un don de son amitié 668 **. Que » le roi ne prendrait à sa solde leurs vaillans guerriers » qu'en cas de nécessité , et alors encore à condition » qu'ils ne fussent pas eux-mêmes en guerre. » L'avoyer de Diessbach accompagnait les ambassadeurs. Les belles paroles et les communications faites en secret

• La prépotence de Berne avait probablement été préparée par les intrigues de Diessbach et du parti français. D. L. H.

Anshetm : Il en appela aux Deux-Cents , mais on déclina son appef.

666 Recca de Lucerne, août : chaque canton enverra deux excellens députés qui devront, à l'intention du roi, se montrer honorablement ( mettre leurs plus beaux habits).

6,7 Y compris Fribourg et Soleure.

"» Recés de Lucerne, septembre. Si les Confédérés assurent sa tranquillité pendant la guerre, il leur paiera annuellement , pendant sa vie, dix raille francs.

'* Les gages de la servitude. D. L H.

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aux plus influens * captivèrent les membres de la diète. Ils abandonnèrent aux Bernois le soin de la négociation. Plusieurs, qui prenaient goût aux présens du roi , n'osaient pourtant pas soumettre au peuple les propositions de la France; le peuple savait que naguères un serment aussi sacré que les alliances perpétuelles avait proscrit les présens et les pensions des princes étrangers GG9 . Ces sortes d'affaires, pensaient-ils, ne devaient être dirigées que par un petit nombre de personnes ; on pouvait s'en rapporter à l'habileté politique du seigneur Nicolas de Diessbach.

A son retour à Berne, on discuta le pour et le contre. « Notre loyal et mâle peuple , pauvre et hos- » pitaiier, étranger à la mollesse 67u , servant honora- » blement sa patrie sans salaire C71 , passerait pour de » l'argent sous la dépendance du roi ? Et de quel roi ? De » celui qui, bien éloigné de la sagesse et de la bonté de » son père , est l'ennemi des princes 672 de sa nation et » des institutions de son royaume , sinon Fratricide, du » moins fondateur de la tyrannie 673 , sans foi ni loi, avide » de troupes et d'argent, ami de tous les gens dissolus, » propagateur de la corruption. Pourquoi ouvrir nos

* Les argumens irrésistibles. D. L. U.

669 Recês de Luceme t mercredi après Laetare, 1472. Recés de Schwyz, 1474 : Corroborer lous les dix ans ces statuts par serment avec les alliauces perpétuelles.

670 On ne voyait encore que peu de carreaux de fenêtres, on n'avait que des contre-vents, la soie était rare. Anshelm.

671 On commença seulement alors à salarier les magistrats de la bourse commune, pour neutraliser l'égoîsme et afin que l'on pftt aussi appeler au gouvernement des hommes pauvres. Jd.

*"* Il diminua leurs pensions. Id. Louis se montra dans les comracncemens dur envers les serviteurs de son père et les grands de sa cour. 171 II fait tout sans le Parlement , sans loi et sans justice. Id.

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