LIVRE IV. CHAP. VIII
hommes voulait débloquer ou approvisionner la ville assiégée ,9 , tandis que le comte de Romont, Jacques de Savoie , à la tête de huit mille hommes d'infanterie et de douze mille chevaux 20 surprendrait les Confédérés 21 avec le plus grand secret possible 22 et les occuperai t. Une partie de ces troupes vint par les défilés élevés qui séparent le Pays-de-Vaud de la Franche^Comté ; le comte se les adjoignit ; ils se réunirent à Passavant. La trahison payée 23 , assure- 1 -on, avait laissé les défilés sans défense ; on crut que l'honneur et la loyauté commandaient de suivre les confins du Sundgau et de la Lorraine 24 ; la
*• Sehitling et Sietiler parlent aussi tous deux de cette intention.
Selon Tschudi rose., elBullinger; Edlibach et la Chron. frib. disent 30,000. Schilling : « 12,000 Français, Bourguignons, Savoyards, Lombards et Picards et une infanterie considérable. « Mous suivons l'indication des premiers, mais nous croyons que, le corps de Thiébaut a été compté par d'autres avec ces troupes, dont le bruit public à exagéré le nombre, comme il arrive. ' - 1 ;
11 Tschudi msc : 10,000 Confédérés, et 10,000 de leurs alliés; selon d'autres 8000 Confédérés seulement, ce qui n'est pas vraisemblable, puisque Berne , Soleure et Zurich fournissaient à eux seuls 6000 ; sans parler de St-Gall, de Baie et de Schaffhousc, Uri, Schwyi, Zoug, Glaris, Lucerne et Fribourg n'auraient-ils. envoyé que 2000 hommes? Edlibach porte le nombre total à 15,0Q0. Peut-être les nombres indiqués par les cantons dépassèrent-ils Feffectff?
** Il approcha du camp à l'insu des Allemands, Edlibach le sait, W urstisen le raconte , et Gaspard Barzœus le chante : « tacito studens adrepere gressu. » (Bibl. de H aller, IV, 228. )
M On lit dans le compte de Jean de Vurry y conseiller à la. cour des comptes à Dijon, que Guillaume de Rochefort, seigneur de Pluvost, conseiller et maître des requêtes, et Simon Cléron , écuyer, furent envoyés avec 1200 florins vers la division dos .3 0,000 Allemands et Suisses, pour obtenir des chefs et des conseillers que ce corps ne fît pas son entrée par Joux et Pontarlier. Mém. ae ¥r. et de Bourgogne.
24 On disait que l'objet de la guerre était de secourir les alliés , dont il fallait , par conséquent, avant tout garantir les frontières.
route par Jougne était peut-être plus avantageuse 26 .
Le dimanche 13 novembre, vers midi, le comte de Romont joignit les avant-postes des Zuricois auxquels il tua cinq hommes 26 . Les Suisses, exercés et préparés à tous les hasards de la guerre 27 , après une courte délibération abandonnèrent à la ligue inférieure 28 la défense du camp contre les attaques ou les sorties de la garnison 29 . Eux-mêmes, en bon ordre, divisés en avant-garde, corps d'armée et arrière-garde, armés de hallebardes et de longues lances 30 , se partagèrent en deux parts. Félix Keller, plus rapproché de l'ennemi , rangea en bataille la' majeure partie des troupes ; appuyé contre un étang et un bois , il ne pouvait être attaqué par les flancs. L'avoyer de Scharnachthal , conduisit les milices de Berne, de Lucerne 31 , de Fribourg, de Soleure
** Le chemin était plus court, plus rapproché de leur pays, plus avantageux pour une guerre de position.
m JVurttiaen,
27 Atqui improvisum castris , mirantibus hoslem
Arma cito impavidus , ruit oninis in arma repente Helvetius, et facto velocius ordine tanto , Sequanicas fervore acies tanlisque Rotundum Aggreditur Comitem nervis , ut, etc.
M On nomme particulièrement Schletstadt et Colmar.
19 Nous ne savons pas si le corps de Thiébaut arriva à propos pour joindre le reste de l'armée; cela paraît vraisemblable, vu que l'historien bourguignon Gollut ne fait pas mention de Romont , comme ordinairement on ne nomme pas les généraux subordonnés quand le général en chef est présent.
,0 « Us marchèrent bien joyeusement et en bon ordre. » Schilling.
11 Lorsque les Lueernois rencontrèrent les Bernois sur le chemin de Uéricourt, « ils confondirent tout à fait leurs rangs, ne voulurent plus » se séparer les uns des autres, et établirent leur camp en commun. » Schilling, 137.