‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 14 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

tous. Lucerne, sans consulter Berne, qui était directement offensé , invita les villes et les cantons à lever des troupes, et sans attendre leur réponse marcha contre Constance, bannière déployée. Le lendemain matin les Unterwaldiens suivirent. En peu de jours marchèrent les milices d'Uri, de Schwyz, de'Glaris, de Zoug et de Zurich. Tandis que les Bernois faisaient leur déclaration de guerre 109 et que l'avoyer Wengi leur amenait trois cents Soleurois no , quatre mille Confédérés , altérés de vengeance, entrèrent dans la Thurgovie pour ravager les terres qui relevaient de Constance. Ils s'emparèrent d'un bourg considérable situé au-delà de la Thour, Weinfelden, juridiction d'un cousin du jeune patricien imprudent 171 . Si les Suisses avaient voulu, ils auraient tout ravagé sans opposition jusqu'au pied des murs de Constance, tant la cour de l'archiduc Sigismond était en proie aux troubles ! tant sa puissance était chancelante ! Quant aux seigneurs souabes, ils étaient si convaincus de la supériorité des Suisses, que la ville de Constance, abandonnée par eux, expia la faute de son jeune citoyen. Les Confédérés se contentèrent de trois mille florins 172 ; pour deux mille autres ils rendirent Weinfelden* Le vieil évêque Henri de Héwen, maintenant aussi médiateur 173 , reconnaissant que les Suisses ne tarderaient

*•» Déclaration de guerre dans Ttchudi, mercredi avant le jour de la Croix, en automne 1458.

170 Haflher.

171 Berthold Vogt, chevalier.

171 Voy. l'histoire dans Eiterlin, Tschudi, Bullinger, Raltn.

171 L'autre médiateur était le gentilhomme Albert de Sax , seigneur deBûrglen, non loin de Weinfelden; ce village avait brûlé peu de mois, auparavant. Tschudi

pas à devenir maîtres de la Thurgovie, se hâta de faire alliance avec eux pour toutes les seigneuries de l'évêché 174 , dont lui-même avait acquis plusieurs 175 , et assura par là le repos de ses derniers jours 176 . La charrue, le chalet, les armes, voilà ce que connaissaient les Suisses; le peuple décidait de l'emploi des armes, peuple grave, cordial, énergique, indépendant, exempt de crainte; c'était là sa dignité.

Les Confédérés retournèrent chez eux par trois routes 177 . A la tombée de la nuit, des miliciens d'Uri, de Schwyz et d'Unterwalden parurent devant la porte supérieure de Rapperschwyl , demandant le passage et la couchée. Cette ville avait été pendant un siècle 178 invariablement dévouée à l'Autriche 179 dans des guerres longues et difficiles; aucune n'avait autant souffert en proportion de ses forces : la vieille habitude du respect, le souvenir de tant de sacrifices, un certain sentiment d'honneur entretenaient chez elle l'espérance d'un meilleur avenir; mais elle succomba sous le poids de dettes honorables, privée d'appui, entourée de la Suisse , dont elle avait en vain tant de fois attendu et cherché la ruine. Beaucoup d'habitans se dirent à la fin : « Ceux que leur souverain laisse sans

174 Arbon, Gûtingen, Bischofxell, Schônenberg , Tannck , Golllieben , Castell, Kaiserstuhl , Klingnau , Tûngen , Neukirch , Kûssenbcrg , GeyenhoTen, Marchdorf, Moosbourg elBaumgarlcn.

* 7 » Gûtingen et Moosbourg, 1452. J.-J. Hottingev, llist. ecclès. de Cil civette, II, 432.

171 Traité daUiance. Zurich, mardi après St.Gall 1458. Uri et Untcrwalden n'avaient aucune part à cette alliance.

477 Tschudi.

178 Depuis 1353. T. III, 58.

179 Excepté le court espace de temps pendant lequel l'empereur fcigismond l'obligea de se rattacher à l'Empire.

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