LIVRE IV. CHAF. V1H
et la levée d'une armée qui , sous les ordres de Guillaume de Montferrat, aiderait ce prince à briser l'opiniâtreté allemande ,0& .
Cependant les Bernois, les Soleurois et ceux de Bienne, de concert avec la garnison d'Héricourt, faisaient en Bourgogne des incursions toujours couronnées de succès m . Ce fut ce qui détermina treize cents hommes de Berne, de Lucerne et de Soleure, assez mal armés 107 et mal disciplinés 108 , à marcher sur Pontarlier par les gorges du Jura*. Cette petite ville, située sur le Doubs, florissante , grâce à une longue paix , mais qui avait négligé l'entretien de ses murailles, avait pour toute défense un château qui aurait pu tenir. Avant le point du jour la ville fut enlevée à la course ,09 , presque sans résistance, mais aussi sans avantage marqué; le château, rempli de richesses, fut emporté d'assaut après quatre heures d'un combat opiniâtre 110 . Les Suisses s'y établirent, firent bombance, et négligèrent de reconnaître le pays. Au septième jour parurent devant
60,000 ducats en argent. Point de réserve « etiamsi laies essent de quim bus fienda esset spécial is mentio • (cela concernait l'Empereur). Chron. frib.
406 Seize fois. Edlibaeh. Schilling en compte trois, dans lesquelles on enleva près de 3000 pièces de bétail. Il y avait, dit Edlibaeh, de mauvais garnemens : ils s'avancèrent jusqu'à 20 milles dans l'intérieur du pays; ils tuèrent près de 2000 hommes et ne furent jamais battus. Bullinger.
108 Lettre des Bernois à Nie. de Diessbach, qui était auprès du roi; 15 avril 1475.
* Voy. le récit de cette expédition dans VHist. des ducs de Bourgogne de M. de Barante, 1. V, année 1475 , t X. C. M.
109 Dans le même moment on reçut de la Bourgogne une promesse de secours. Schilling.
1,0 On y avait peut-être envoyé la vaisselle d'argent. II s'y trouva tant de richesses qu'on put à peine les emporter. Lettre n. 108.
Pontarlier le comte de Roussy, maréchal de Bourgogne in , et Louis de Châlons, sire de Château-Guyon , frère du prince d'Orange, possesseur de plusieurs défilés, où il pouvait inquiéter les Suisses pendant leur retraite 112 ; ils avaient environ douze mille hommes sous leurs ordres. Les Suisses, mal pourvus d'armes et de munitions 1I3 , y suppléèrent par le courage ; ils sortirent du château , bravèrent l'ennemi de dessus une muraille basse et à demi ruinée , lancèrent des pierres d'un bras sûr et vigoureux, renversèrent Château- Guyon à coups de piques dans le fossé 1 u , enlevèrent des cavaliers de leur selle et les jetèrent par-dessus la muraille, tuèrent enfin plusieurs centaines d'hommes 115 ; l'ennemi épouvanté prit la fuite. Avertis par cet événement , les vainqueurs jugèrent imprudent de s'exposer à la vengeance de troupes supérieures en nombre; ayant donc placé le riche butin au milieu de leurs rangs et mis le feu à plusieurs quartiers de Pontarlier, ils se retirèrent en bon ordre.
La nouvelle de cette retraite excita la plus grande indignation â Berne. On dit qu'il était honteux pour des Suisses de se défier d'eux-mêmes et de leur fortune. Les Bernois demandèrent sur le champ le secours de
*" Laufler,V> 334.
Ui Lui et son frère Hugues possédaient Jougnc, Grandson et Orbe. On trouve aussi dans l'armée le comte de St.-Martin , commandant des troupes auxiliaires piémontaises.
4iî Ils n'avaient que peu de poudre et de flèches. Bullinger. Ils se tirèrent d'affaire avec de longues piqûres , des hallebardes et des pierres. Berne à Strasbourg, mercredi après George. Schilling.
144 Dunod.
Mi Schilling : 200 ; Edlibach : près de 1000; Bullinger : 300. On voudrait , pour l'honneur des Bourguignons , adopter le plus grand nombre ; mais une missive officielle de Berne ne parle que de 300.