LIVRE IV. CHÀI*. VIII
pique, la flamme, le rocher donnèrent la mort à toute la garnison I69 . Ou ne saurait appeler malheur le sort, inévitable pour tous , qui atteint dans la société de leurs amis, des hommes héroïques, à l'heure où leur âme a la conscience d'être libre et invincible *.
Aussitôt après, Echallens envoya sa soumission 170 . Pétermann de Wabern, ancien a voyer de Berne, après avoir fait explorer soigneusement les défilés du Jura, conduisit un corps de mille hommes contre le fort de Jougne 171 , appartenant à messire Louis de Château- Guyon , premier lieu habité qu'on trouve dans la Franche-Comté, en sortant du passage à travers les forêts. Aucune position n'était plus importante : elle ouvrait la Bourgogne, la Savoie, le chemin de la Suisse ; Orbe
• chants de guerre et des récits des Suisses.» — Une note latine dn journal xnsc de Pierrefleor (Archives cantonales du canton de Vaud), citée par le même savant, établit, contre l'opinion de Muller et en conformité avec celle de Guillimann (voir n. 156), l'identité de Nicolas de Joux et du sire de Chateau-Belin : « erant tam milites (chevaliers) quam
• nobiles viri fere triginta qui fuerunt sepulti in cœmeterio S. Martini » prope Orbam , excepto nobili Nicolardo de Joux Domino de Caetrom Billano, qui sepultus est in ecclcsia S. Clara? de Orba. » G. M.
" 9 ■ Sans qu'aul cun en échappât. » Chron, de Neuck. Ce passage est imprimé dans Sinner, Voyage de la Suisse occidentale, I, 258 et suiv. Schilling et la Lettre de Berne à Strasbourg cherchent à diminuer le massacre.
* La Chronique de Neuchâtel termine le récit du massacre par une réflexion bien différente t « Le tout , dit-elle , par leur grand orgueil et folle
• outrecuidance , pensant mieulx faire que ceuh de Grandson. » C. M.
Guy Wiber : • On dit au château à*Etgcharle$ que bientôt il serait
• aussi assiégé. 11 envoya dire à ceux de Berne qu'il se rendrait volon-
• tiers. » On voit ici , par la prononciation de ce nom , comment Echallens a pu devenir en allemand Tscherlitz.
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et Grandson étaient moins forts que ce château 172 . Arrivés dans les défilés, les Bernois rencontrèrent le seigneur de La Sarraz *, dévoué au comte de Romont et beau-père d'Adrien de Bubenberg 173 ; ils le reçurent en ami. Ils sommèrent Jougne de se rendre ; les hommes qui composaient la garnison demandèrent le temps de la réflexion. Messire Louis ayant déclaré préalablement ne pouvoir pas les défendre contre les Confédérés 174 , ils sortirent au moyen de cordes par derrière , du côté du bois, ou hasardèrent de sauter. Les Suisses s'en aperçurent; ils montèrent à l'assaut, en grimpant le long de leurs énormes piques et se soutenant les uns les autres 176 ; Jougne fut pris ; la garnison passée au fil de 1 epée. Les vainqueurs laissèrent six cents hommes dans le château 176 , trois cents à Orbe, un pareil nombre à Grandson.
La ville d'Yverdun fit apporter du pain et du vin. L'armée se remit en route. Les habit ans d'Estavayer effrayés , fournirent aussi des vivres. Les bannières pas-
17ï Guy fVéber : •Jangy est un château- fort, le meilleur des cinq» ( Grandson, Montagny, Champvent, Orbe, Echallens).
* Guillaume, chevalier, quelques anuées auparavant bailli de Viod; il avait des relations d'amitié avec les premières familles de Berne. G. M.
* 7 * Ce fait est rapporté par la Ckron. de Neueh. qui nomme la dame Marie. On sait d'ailleurs qu'Adrien de Bubenberg avait épousé Jaquette, fille du comte Guillaume d'Arberg-Valangin ; celui-ci était mort vingtcinq ans auparavant. S'agit- il d'une seconde femme de Bubenberg?
»'* Chron. frib.
476 • Ils montaient le long de leurs piques dans les fausses brayes. • Chron. de Neuch.
i7< La même chron. Elle ajoute que c'étaient des Fribourgeois et des Soleurois ; cependant il s'y trouvait aussi des Bernois avec le capitaine George de Slein. Guy fVéber ; . Ceux de Berne y mirent bonne garnison et le prirent en mains. ■