LIVRE IV. CHAP. VIII
vint d'un plan, pour la distribution publique 186 et la sûreté 180 des pensions promises. On assigna une somme
Berne s'oblige a compléter avec ses sujets 6,000 hommes, si les Confédérés ne les fournissaient pas au complet. Ch., 6 avril 1475, dans Cominés. Dans la rédaction française, 2 octobre 1474 (ibia\) t ils n'allèrent pas explicitement aussi loin.
m «Conviendra faire plusieurs grands frais, mises et dépens à aul-
• cunes des bonnes villes des hautes Allemagnes et particuliers des dits » pays , pour eux entretenir en nostre service. » Lettre, n. 182.
180 m Bôlle de la distribution des 20,000 livres des pensions, outre 20,000 florins du Rhin, accordés par le traité de 4474. « Desquels ( de la
• première somme) n'est besoin faire aulcune publication, mais le tenir » secret , » pour sauver les fripons. D. L. H. = Voy. le Bôlle dans le Comines de Lenglet du Fresnoy, III, 379-881. M. de Tillier (II, 230 et 231, n. ) pense que, malgré ce document, qui semble témoigner si hautement contre l'indépendance des magistrats bernois de celle époque,' il n'est pas prouvé que ceux qui sont portés sur la liste aient tous accepté les pensions offertes. « Il paraît , au contraire, presque impossible, dit-il, que le parti français eût pris contre Adrien de Bubenberg des mesures hostiles et passionnées , s'il avait accepté la somme de 360 livres (voy. n. 192 ) , assez forte pour le temps , et agi en conséquence. \ Par les intrigues de Nicolas de Diessbach, Bubenberg fut en effet exclu <je tontes les délibérations du Conseil sur les affaires de ;Boorgogne et astreint à prêter serment qu'il garderait le silence sur toutes celles auxquelles U avait déjà assisté ; on lui interdit même de porter plainte devant le conseil des Deux-Cents (De Tillier, II, 261, 262). Quoi qu'il en soit» on n'en doit pas moins souscrire aux observations générales de M. Zellwéger et méditer sur les faits qu'il présente avec sa haute sagesse politique (U 11 , 96, 97) : •L'expérience a prouvé, en Suisse comme chex les Spartiates, que lorsque la soif de l'argent s'empare de l'État, la même passion se manifeste ches les citoyens, soit que la première naisse de la seconde , ou que l'exemple de l'État entraîne les particuliers à rechercher l'argent d'où qu'il vienne. Lorsque chaque canton recevait de la France une pension annuelle , les magistrats les plus influens de Berne, de Zurich , de Lucerne , dUri , de Schwyi , d'Unterwalden , de Zoug et de So leure acceptaient aussi de cette puissance de semblables faveurs. La France payait, en outre, aux villes de Berne, de Lucerne, de Zurich et de Bienne des sommes secrètes pour leur administration municipale. Les gens du peuple, à leur tour, cherchaient fortune sous les drapeaux étrangers. Mais comme alors les guerres n'étaient pas de longue durée et
plus ou moins forte à chaque homme influent , suivant le degré de son influence , et même aux plus honnêtes, afin qu'ils fermassent les yeux. Là où le roi et son parti dominaient , un refus eût été une rupture *. Dans des pays qui n'ont point de trésor public 187 , ou qui croiraient honteux de recevoir des pensions, on en donnait aux chefs pour leur usage personnel ou dans l'intérêt de leur office. L'emploi patriotique de cet argent a tranquillisé même d'honorables caractères sur l'ambiguïté de sa source 188 : aussi dans toutes les républiques à peu prés , où des hommes entreprenans ont su rendre leurs services importans à des voisins, n*a-t-on jamais ni approuvé ni négligé une telle coutume ; mais on l a jugée bonne, indifférente ou excusable suivant les di-
qu'après leur issue on congédiait les troupes, cette manière descrrir s'appelait un voyage ( Reise) , et la participation à un service mercenaire non autorisé par le gouvernement, excursion (Reislaafen). Ces excursions irrégulières avaient déjà commencé avant 1471. Des Suisses se rendaient en France, en Bourgogne, en Savoie ; il pouvait donc arriver facilement que, dans les guerres de la France avec la Bourgogne, des Suisses fassent obligés de se battre contre des Suisses. En 1472 , un grand nombre de Suisses servirent le comte de Montfort, alors en guerre avec la Bavière; le duc de Bavière s'en plaignit à la Confédération. Mais ce qu'il y eut de plus honteux, c'est que dans les guerres de la Bourgogne contre la Suisse, des Suisses, comme on le verra, portèrent les armes contre leur patrie. • Chronique de Réding, VU, 104» continuation de Tschudi. C M.
* Ceci doit convaincre les plus incrédules que le rappel des Twiogherren fut l'époque d'une révolution secrète , de celte coalition entre les premières familles et les familles notables de la bourgeoisie , pour s'en* parer des affaires. Il est fâcheux que Kistler et ses partisans n'aient po écarter ce Diessbach , qui s'avilit au point de devenir le chambellan de Louis XI , et n'usa de son influence que pour corrompre et dominer. D. L. H.
147 P. e. les cantons forestiers.
m Voyez dans Dalrymple le portrait du vertueux Algernou Sidney ; levez aussi les yeux vers les héros de V Lut arque.