LIVRE IV. CIIÀP. VIII
verses applications *. Bien des choses funestes aux faibles sont sans danger pour l'homme indépendant, et lui offrent même des avantages. Une grandeur élevée au-dessus de tout, la seule vraie, partage d'un petit nombre, est le but des âmes nobles; mais quand les hommes savent se rendre utiles, il faut leur passer quelques imperfections**.
Le roi donna pour lors à Nicolas de Diessbach mille livres, et autant à Guillaume son plus proche cousin, pour qu'ils lui conservassent l'amitié des Suisses 189 . Ce magistrat ne se montrait néanmoins pas irréconciliable envers le parti opposé , ni vendu pour perpétuer la guerre ,90 . Les Bourguignons, de leur côté, firent un présent à leur ami Adrien de Bubenberg 191 , ce qui ne l'empêcha point d'accepter du roi une somme égale au
* Fausse et dangereuse doctrine! Pauvres excuses! Lorsque la corruption est à Tordre du jour, les gouyernemens sont sans doute réduits à tenter réciproquement la fidélité de leurs agens , et l'on ne peut faire un grief à celui qui a eu l'avantage dans cette honteuse négociation ; on lui ferait plutôt un reproche d'avoir négligé ce moyen... Il y a eu dans l'antiquité d'excellens hommes d'État qui ont feint de se laisser gagner, pour empêcher qu'on ne s'adressât à des citoyens dangereux et pour être toujours en mesure ; mais de tels exemples ne peuvent être cités que comme exceptions. D. L. H.
*• Il n'y a pas de misérable qu'on ne parvienne à blanchir avec ce mélange de principes sévères et de principes relâchés, nullement applicables à des républiques et à cette époque. D. L. H.
>" Ré lté, 171. = Quel titre de noblesse ! D. L. H.
1,0 Compte de Jean de Vurty dans les Mém. de France et de Bourgogne : Pierre de Joigne (que nous avons vu à Grandson) , se rendit à Berne, «pour savoir de mess ire Claux de Despart (Clans ou Nicolas de Diessbach) » avoyer, s'il y avoit expédient pour traiter de paix avec aulcunes des • ligues. »
191 «100 florins d'or à messire Adrien de Vambech (Bubenberg ) , chevalier, qui toujours tint la main pour le duc. » Ibid.
tiers de celle que recevait Diessbach 192 *; son exemple entraîna ses amis 193 . On considérait les dons des princes comme un témoignage de reconnaissance pour des travaux, ou comme un hommage honorable qui n'obligeait pas à des actes de complaisance aux dépens de la patrie, ainsi que Bubenberg et d'autres 1 ont fait voir**. Parmi les Lucernois , les mérites de Jost de Sillinen et de son frère furent richement récompensés 194 ; les autres le furent, selon l'état de leur fortune ou la mesure de leur cupidité 19S . La modération zuricoise se contenu de moins d'un neuvième des dons faits aux Bernois, et du quart de ce qui fut distribué à Lucerne 196 . On
paya au même taux cinq chefs d'Uri , de Schwyz et
m S60 livres. Rôlle.
* Voilà donc ces grands hommes d'État si étrangement loués par vous dans l'affaire des Twingherren. D. L. H.
iM L'avoycr de Scbarnacbthal reçut 400 livres ; Tbûring de Ringoltingen, 2*0 ; Pierre de Wabern, 360; le greffier et docteur Frickard, 150; Henri Matter, 1*0; Pierre Triscber (Kistler) , 100; le trésorier Fraenkli , 100 ; le banneret Urbain de Muhleren , 50 ; Tscbachtlao, 50; Rodolphe d'Erlach ,20; Bruggler, Archer, Wyler, Achshalm, Baumgarter, chacun 80; George Freyburger, 25 ; Jean Gruber, 100 (il était coseigneur de Pétermann de Wabern, à Belp); en tout à des Bernois, en dons personnels, 4,645 livres. Le tout d'après le RélU cité n. 186 , expédié à Berne le 6 avril en même temps que la déclaration plus ample* Les noms sont étrangement défigurés. Tarif des consciences helvétiques sous Louis XI. D. L. H.
** Fort commode 1 D. L. H.
"* Il était , lui , « M. le Domprost ■ ( Domprobrt , prévôt du chapitre ); son frère s'appelait Albin; il reçut 1,000 livres) son frère, 400.
"* Gaspard de Uerienstein, 400 ; l'avoyer Uassfurter, 200. Ici comme partout il est fait mention spéciale du greffier ; cependant il ne reçoit que le tiers de la somme payée à celui de Berne. An total , on distribua au x Lucernois , 2 , 29 0 livres.
«» Au bourgmestre Henri Roûst , 200 livres ; à Henri Gôldli , 200 ; au greffier, 100. <