LIVRE IV, CHAP. VIII
environs 224 . Vint ensuite la nouvelle de la paix de l'Empereur, du péril de la Lorraine, de l'attaque qu'allaient diriger contre les populations du Jura et des Alpes toutes les forces de Charles de Bourgogne.
On vit arriver en hâte à Berne l'ammestre de la ville de Strasbourg, Pierre Schott : « Le bailli autri- » chien, dit-il, tous les seigneurs, toutes les villes de la » ligue inférieure se lèvent pour occuper le Nord de la » Franche-Comté par où le duc doit venir ; les troupes » ne manquent pas, mais il manque encore le nom re- » dou table des Confédérés 225 : je ne demande que quart tre cents hommes. » Berne écrivit aussitôt à Soleure, à Fribourg, envoya mille hommes sous les ordres de Nicolas deDiessbach et n'accepta la solde que pour quatre cents : « La vieille amitié le veut ainsi, » dit-elle; ce entre amis on ne compte pas. » Cent Fribourgeois accoururent 226 . Ils furent bientôt joints par cent-cinquante Soleurois 227 , et par les Bâlois avec cinq cents Suisses à leur solde 228 * C'est ainsi que le chevalier de Diessbach se rendit vers l'armée 228 .
Celle-ci parut au-dessus de Liesle, ville presque entourée par le Doubs et fortifiée là où il ne la défend pas. Dés qu'elle entreprit de donner l'assaut, les habitans sortirent; par la ville basse. Quelques Suisses le remar-
M * Jusqu'à la Larg. vcndr. ap. la Fête-Dieu. WurstUen. » * Oui inspirait toujours une grande terreur à leurs ennemis. . Schilling.
»• Sous Willi Techtermann. Chron. frib.
*» Sous Benoit Conrad. Haflher.
*» Ils restèrent peut-être eux-mêmes dans leur ville pour la garder; ou bien les 500 avec 20 cavaliers dont parle fVurstisen, 474 , sont-ils distincts de ces soLtaH ?
Avec 1250 selon Schilling; 4400, Wurttittn; près de 2,000, Bul- Ungcr, qui compte aussi les Bâlois.
vu. f ao
quérent; ils ôtèrent leurs habits et traversèrent la rivière à la nage avec la lance et l'épée 230 ; les fuyards furent repousses dans la ville avec perte. Ils la trouvèrent prise d'assaut, et, dans toutes les rues, les hommes en état de porter les armes, massacrés ; on n'avait, épargné que ceux que protégeaient le sexe, l'âge, ou le caractère ecclésiastique. On tira des oubliettes du château vingt prisonniers de guerre sur le point de mourir de faim. On ordonna une répartition régulière des objets qui appartenaient aux ha bilans de la ville , de ceux qu'on y avait transportés ou qu'on avait repêchés dans la rivière, enfin de tout le butin ; mais Tordre fut mal exécuté 231 . Un soldat autrichien qui avait enlevé un ciboire eut la tête tranchée sur le champ, de peur que son sacrilège n'attirât la malédiction du ciel sur l'armée 232 ; le bourreau , qui avait fait preuve de mauvais vouloir ou de maladresse, fut égorgé par les assistans.
Lorsque les habitans de Granges apprirent que l'ennemi rassemblait ses forces à l'ombre de la forêt voisine pour leur livrer un assaut, ils lui envoyèrent tous ceux qui pouvaient éveiller son respect ou sa pitié, et obtinrent la vie sauve ; mais ils furent quelque peu exposés au pillage. L'ennemi ne sortit de Liesle qu'après y
*" «Liesle se tord comme un Ter; ils traversèrent l'eau à la nage. Alors s'éleva l'angoisse et la misère. • Chanson de Zollner. » Voy. Rock* hotz, Eidgcnôssische, Liedcr-Chronilc, S. 134*135. CM.
* ai Trois parts forent destinées > 1* aux Suisses ; 2* aux Alsaciens et à Baie; 8* au comte Oswald. fVurstisen. On aura respecté celle répartition ; mais on conçoit que les officiers aient grossi leur part aux dépens des simples soldats , comme Schilling l'atteste.
232 Comme Josué, ch. VU. Les Suisses en étaient à peu près an même degré de culture qu'Israël} ils avaient le même droit de guerre, mais plus de courage national et d'intelligence.