‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 149 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. vin · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. vin

machines. Après avoir épié une occasion avec une rare prudence 250 , on résolut de donner l'assaut. Les Bernois avaient à leur tète Jean-Thûring de Bûttikon, chevalier, gendre 261 de Pétermann de Wabern, et Jean-Rodolphe d'Erlach, à qui le premier avait donné sa fille avec de belles espérances 252 ; le chef des Strasbourgeois, Gaspard Barpfennig, les précédait avec ses deux fils. L'Autriche et Baie attaquèrent le côté opposé. Courage, expérience, habileté, tout fut mis en œuvre de part et d'autre : des crocs, des chausses-trappes arrêtaient l'impétuosité des assaillans ; on leur lança des ruches , dont les abeilles, mises en liberté 258 , volaient à leur visage. Les batteries des assiégés furent réduites au silence , les remparts escaladés durent être abandonnés de nouveau. Accablées par les ardeurs du jour, par l'ardeur plus grande du combat, les forces des assaillans ne secondèrent plus leur courage. Ils se relâchèrent. La garnison nourrit son feu avec plus de vivacité ; le bruit courut qu'une armée puissante du grand bâtard 2M venait de Lorraine pour débloquer la place ; avec ce bruit se répandit la terreur. Quelquesuns conseillèrent la retraite ; d'autres trouvaient dangereux de laisser une perte sans vengeance et une en-

(TEnsisheim , la Courtisanne (sans doute de Berne ) , une grande pi' ~e de batterie de Bâte. Comparer Schilling, Bullinger et tVurstite*.

2M L'assaut n'eut lieu que le quatorzième jour. Edlibaek. » :

*" Il avait épousé sa fille Ottilie.

252 D'Erlach périt dans la Zihl, long-temps avant la mort de Wabern et de Bûttikon, le pont ayant rompu sous son cheval. AmhcLm. Cordule de Bûttikon apporta ses richesses à son second mari Jean-Mekhior de Lulernau. Le tu

*** On les jeta du haut de la muraille enveloppées dans de la toile. Schilling.

164 Antoine de Bourgogne , fils naturel de Philippe- le Bon.

treprise inachevée. Le chevalier Nicolas de Diessbach, dangereusement blessé 255 , mais inébranlable, afin de tranquilliser ses compagnons d'armes , écrivit à Berne pour obtenir du renfort. À la tête de deux mille cinq cents hommes accourut l'avoyer Nicolas de Scharnachthal ; mais en plus grande hâte encore le courrier de Berne, porteur de la lettre suivante : « Que chacun se » souvienne de nos aïeux, qui n'ont jamais craint la » mort quand il s'agissait de l'honneur; Berne est fer- » mement résolu de conserver la gloire de la con- » stance ; si quelqu'un par mollesse ou mauvais voualoir 256 se montre insensible à cette considération, » qu'on l'éloigné de l'armée ; on enverra des hommes » plus dévoués à l'honneur 257 . »

Ces sentimens de la ville de Berne adoucirent la dernière heure de Nicolas de Diessbach ; une maladie contagieuse envenima son mal ; pour ne pas inquiéter l'armée, il alla mourir à Porrentruy. Général sage et vaillant, il fut sincèrement pleuré par les Confédérés et par tous les soldats. Dans le but de résister à l'ambition d'un prince qui agrandissait incessamment ses États, il avait fait une alliance entre sa patrie et un antique et puissant royaume, et la paix entre la Confédération et l'Autriche; le premier dans les conseils, dans l'armée, et, ce qui a souvent manqué à la Suisse aux époques les plus brillantes, habile homme d'État \ Il mourut dans sa quarante-cinquième an-

Un cheval lui avait fait nue horrible blessure à une jambe. Schilling.

* M Quelques-uns désapprouvaient peut-être la guerre avec Charles. M7 Voyez dans Schilling cette admirable lettre lundi après Marie-Madeleine.

* Ce qui précède prouve qu'il fit en dernier résultat un funeste usage

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