‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 153 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VIII

avec le secours de Berne 297 , se rassemblèrent de nuit à Château-d'Oex, traversèrent la montagne jusqu'à Ormonds-Dessous 298 , contrée alpestre et solitaire, dont les habi tans se joignirent à eux ; ils continuèrent leur route, et arrivèrent à Aigle sans ordre, mais non sans bruit. Les étrangers, éveillés en sursaut, montèrent en hâte vers le vieux et beau château m où Torrens ne gouvernait pas avec la sagesse de ses pères 30 °. Cinq hommes furent atteints près de la porte et assommés ; le château, dépourvu de moyens de défense, fut assailli; Torrens demanda un sauf-conduit, descendit et promit de capituler, à condition que la garnison serait épargnée. Il calma ainsi les assaillans : dés qu'il fut rentré, les Lombards et lui s'échappèrent par une porte de derrière. Les guerriers s'en aperçurent, prirent le château, égorgèrent ceux qui s'y trouvaient encore, le pillèrent, y mirent le feu. Maîtres de la seigneurie par conquête, ils allaient retourner dans leurs montagnes, lorsque l'évêque Jean-Louis de Genève apparut avec quatre cents cavaliers 301 ; il se proposait d'accompagner les Lombards à travers le Pays-de-Vaud, ou de les soutenir en cas de besoin 302 .

2,7 Cela résulte de la Lettre de» Bernoië à Lucerne, 24 août 1775, dans Stettler. Ils l'adressèrent aussi à leurs milices en campagne (pendant l'expédition de Biomont).

m Ormont- Dessus appartenait au comte de Gruyères ; au moyen de la layette dOron de ce temps-là.

*** Il reste encore de l'ancienne construction une tour de marbre.

1,0 II eut déjà en 4464 une querelle avec ses sujets. Watevitle, Hist, de la Conféd. = Cet événement, présenté ici comme accessoire, a une plus grande importance dans les traditions populaires sur la réunion du pays d'Aigle au canton de Berne. Voy. Olivier, le Canton de Vaud, 704- 709, et surtout la note de la page 709. C. M.

>« Aussi avec de l'infanterie, de l'artillerie, etc., n. 297.

On pouvait se douter que Berne avait des projets hostiles; on,

À la vue des ruines fumantes, ignorant le nombre et les intentions des Suisses, il leur fit dire par un hérault : « Que lui aussi détestait les Lombards ; qu'il n voyait avec peine qu'ils osassent traverser le pays; » qu'il remerciait les Confédérés; que pour preuve de » ses sentimens, il ferait jeter à l'eau douze Lombards » qu'on lui avait amenés, et que, pour plus de sûreté, » il exigerait un serment de toute la contrée 303 . n Les habitans de Gessenay lui firent comprendre en peu de mots qu'ils n'étaient pas ses dupes. Us comptaient garder Aigle , clef du passage le plus praticable pour se rendre au Saint- Bernard. Cependant, comme ils avaient fait cette expédition, non pour leur compte, mais en qualité d'auxiliaires de Berne, comme d'ailleurs ils ne pouvaient guère se maintenir dans une position si importante, Berne en prit possession et obtint à la fin que les gens de Gessenay et de Château-d'Oex , se contentant d'un tiers des revenus seigneuriaux 304 , lui abandonnassent l'autorité politique et militaire à Aigle et dans les Ormonds 30& .

La route d'Italie, en sortant d'Aigle, conduit au défilé à travers lequel se presse le Rhône, contrée soumise, ainsi que tout le Bas-Valais, à la maison de Savoie.

comme le ferait croire une autre leçon des chroniques , elle voaîait prendre pied ici, dans le passage et ailleurs.

"» N. J97. Il espérait leur escamoter la conquête.

"** Uavoyeret conseil de Berne , jeudi après St. -Martin 1475. Depuis cette époque, dit Mdschig, le Gessenay possède à Aigle une maison , des vignes, des prés, des blés et de certains revenus. Château-d'Oex reçut an tiers de ce tiers. Le comte Louis de Gruyères donna les armoiries de Gruyères à ce dernier Heur.

105 Berne conserva le bailliage, tous les tribunaux, le droit de requérir des troupes. Le premier bailli, Nicolas liaumer, était d'une bonne famille de Gessenay. Mo$chig.

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