‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 155 sur 178 · LIVRE IV, CHÀP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHÀP. VIII

» Valais demeureraient au bénéfice de la paix 318 . »

Des garnisons occupaient les châteaux conquis à rentrée de la Franche- Comté. Pendant une excursion dans une vallée où personne n'avait encore pénétré, George de Stein, commandant de Jougne, fut attaqué par Louis de Château-Guyon à la tête d'un corps nombreux 319 . Emportée par son ardeur, une troupe mise en embuscade sortit trop tôt; néanmoins Louis fut repoussé avec perte ; Stein ne perdit que quelques hommes plus attachés au butin qu'à Thonneur 320 . Du reste, les garnisons furent relevées 321 , et les forts, entretenus en état de défense 322 , pourvus de poudre 323 et de provisions 324 ; l'on arrêta les règles du droit et de l'administration 325 , comme il convient quand on veut garder un pays. A la suite de ces événemens, les autorités du comte de Romont fermèrent les marchés aux garnisons de Grandson, d'Orbe et de Jougne, soit à cause des prétentions de

118 Ces points de contact sont les sentiers des troupeaux ; il s'agit des Alpes de l'Oberland.

819 Avec une nombreuse cavalerie et près de 400 paysans. Schilling,

320 m Us préféraient la richesse aux mâles vertus et à l'honneur, • dit Schilling avec sa dignité austère.

Chaque ville doit avoir 90 vaillans hommes de guerre ; les capitaines choisissent un commandant en chef. Recé$ de Berne (des villes de Berne, Lucerne, Fribourg, SoleureJ. Vendr. ap. St.-Barthél. 1475.

m . Que ceux a qui Chateau-Guyon a donné de l'argent pour la reconstruction du château d'Orbe soient tenus de le gagner; si les soldats aident, on leur paiera un salaire. A Grandson on abattra les boulevards.»

m Les capitaines procureront la poudre ; on disposera les canons.

»** Willi Gyger (n. 153; est chargé de ce soin; il connaît le pays et parle français.

Confiscation des biens des ennemis et des fugitifs ; soin du produit des biens ; perception des revenus ; envoi à Jougne d'une corde , d'un sceau et de poix pour un puits.

vu. ai

la Savoie sur Grandson 326 , soit aussi parce que la princesse entra par son mariage dans la maison de Château- Guyon, mais surtout parce que le comte de Romont, maintenant maréchal de Bourgogne 327 , commençait à nourrir de plus grandes espérances. Cette circonstance fut avidement saisie par le Pays-de-Vaud toujours jaloux des Allemands; l'aigreur se manifesta par des forfanteries insultantes : on croyait ne pouvoir pas assez tôt se permettre tout. Des magistrats de Berne et de Fribourg, revenant de Jougne, furent attaqués traîtreusement par des soldats indisciplinés 328 , auxquels Romont avait commis la garde du défilé des Ciées, et quelquesuns, tués. D'autres éprouvèrent à Beaulmcs, au pied d'un rocher escarpé du Jura, un traitement semblable de la part du châtelain de Sainte-Croix, grand village qui domine un plateau élevé derrière Grandson 329 . Les actes et les propos par lesquels la populace irritait Berne parurent aux conseillers du comte absent si imprudens et si prématurés que l'exécution de quelques gens insignifians ne leur sembla pas une satisfaction et un sacrifice trop considérables pour prévenir un malheur public. Mais la paix avec la France, le premier succès en Lorraine et la forfanterie bourguignonne éblouirent le comte . D'ordinaire (heureusement pour la société !), les hommes puissans abusent du pouvoir dont ils se

ftM Chàteau-Gnyon ayant gagné son procès contre la maison d'Orange , les rapports avec Arlay (n. iàh) cessèrent probablement. Note à Montjcu,n. 28S.

> 17 Schilling. Antoine de Luxembourg, comte de Roussy, dont le père livra le comte de St.-Pol au roi, quitta le service de Bourgogne. Gollut.

>M • Canailles et larrons. • Ckron. de Netuh.

»" Instruction de» Bernois à leurs députés en France, 24 octobre 1475.

Voy. n. 404.

livre iv. chap. vnr. 323 croient assurés avant qu'il soit bien affermi ; ils essaient avec une impatience imprudente jusqu'où ils peuvent aller sans lasser la fortune. Le comte de Romont, oubliant la mesure de ses forces , ne craignit pas de commettre des hostilités envers la Suisse.

Prenant la puissance de son maître pour la sienne et la croyant à sa disposition, il résolut de ne plus garder de ménagement. A peine arrivé, il se fit connaître; par son ordre et sur un prétexte frivole 330 , Pierre de Gingins attaqua près deMorges 331 , aux bords du lac de Genève, deux ou trois convois de marchandises, arrêta et emmena 332 les propriétaires 333 qui étaient allemands ; par son ordre avait été commis l'attentat de Beaulmes 334 ; des Suisses voulaient acheter du vin à Yverdun 335 : l'arrivée du comte les força délaisser leur argent et de se sauver par-dessus les murailles; déguisé en brigand, ainsi que ses soldats, il s'était jeté des bois voisins de Romont sur des sujets fribourgeois et les

110 Une querelle à l'occasion <Tun péage ( Dunod) qu'il exigea peutêtre. Berne à la diète de Lueerne, jeudi St-Denis t «seulement parce qu'ils étaient allemands. » Dunod dit que leurs chariots étaient chargés de peaux de mouton. Est-il croyable que le prix de cette marchandise indemnisât pour un semblable transport?

* M II s'y trouvait en personne. Instruction, n. 329.

"* De l'auberge de l'Aigle à Roi le ils furent transportés à Beau regard en Ghablais. Ibid.

Kols de Nuremberg , Schuder de St-Gatl , Schuderberg de Lu. cerne. fVatievitle. Le premier était le propriétaire, les antres peut-être des charretiers. C'était l'époque de la foire de Lyon. ( Relation de la guerre de Bourgogne par un St-Gallois, 1482 , Msc.) Les chariots se rendaient à Nuremberg. ( Haflner.) L'événement se passa le dimanche avant St-Gall. Berne à la diète de Lueerne, jeudi après St-Denis. • 1,4 Instruction, n. 529.

m Berne à Lueerne, mercr. ap. St-Denis. L'un d'enx était Pétermann Etterlin, qui le raconte lui-même.

avait mutilés-, assommés, pendus à des arbres 330 ; ses menaces m , ses apprêts faisaient à chaque instant craindre la guerre.

Peu disposés à cette guerre , tant qu'il avait été possible de l'éviter 338 , la voyant même de mauvais œil, les Bernois, à présent que le danger était décidé 339 , prirent leur résolution, animés de l'esprit de leurs aïeux, qui .n'aimaient pas à se laisser devancer 340 . Ils écrivirent : « Nous 1 avoyer , les conseils et la commune de Berne , » à haut et puissant prince , Jacques de Savoie, comte » de Ron&ont 341 . La fidélité éprouvée avec laquelle » nous avons souvent défendu votre territoire est payée » d'ingratitude : vous avez pris et (ait mourir nos dé- » putéset nos soldats 342 , vous ave* troublé, interromp pu toutes les relations humaines 3 f* , vous nous avez » outragés. La violence provoquant la violence , nous » en userons , bien qu'à regret, contre vous pour notre

m Suillimann, inexact en ce point seul qu'il appelle le costnme de brigand un déguisement ; c'était le costume propre de ces sortes d'hommes.

117 11 doit avoir ordonné d'égorger tous le» Allemands dans te Pays- (le- Vaurî. Berne aux capitaine» de la ligue inférieure» St-G ai I .

**' Ils avaient été unis d'amitié avec la Savoie pendant 2Û0 ans et plus, à leur grand avantage. Instruction, n. 329»

1,1 1k craignaient avec raison qu'il ne permit à Charles de traverser son pays dans tous les sens.

840 Chron. de Ncuch. : ■ Il valait mieux prévenir qu'être prévenus. » Stettler, 226 t . Qui vent battre frappe le premier coup, il Ole le cœv à l'ennemi. »

» 41 Nous avons trois copies de cette déclaration de guerre : une imprimée dans Schilling, deux manuscrites dans les collections de Teehudi et de Haller, La première et la seconde diffèrent dans quelques expressions. Datée du 14 octobre 1474.

»** Ceux-là près des Clées où se trouvaient aussi des Fribourgeob; ceux-ci près de Bcaulmes.

«** Entraves commerciales , marchandises maltraitées.

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