LIVRE IV. chap. vin
w sûreté. Par quoi nous gardons notre honneur et re- » nonçons à votre amitié. » La déclaration de guerre se fit la même matinée. Déjà tous les Confédérés étaient invités à veiller soigneusement sur le pays 344 . Une sommation fut aussitôt adressée au Valais de prendre les armes 345 , àFribourg, à Soleure, à Bienne, à Neucbâtel 346 , de défendre l'honneur, le pays et les habitans, et de chasser les troupes françaises 347 . Mais le chevalier Pétermann de Wabern, ancien avoyer, traversa avec la bannière de la ville 348 le défilé de Gûmminen , et arriva devant Morat, ville du comte de Romont. Il fut joint par la bannière de Fribourg, sous les ordres de l'avoyer Raoul de Vuippens, chevalier 349 ; l'aspect des frères d'armes alluma l'ardeur martiale 850 .
A l'entrée d'une nuit obscure et pluvieuse, Morat fut sommé de se rendre; la Vignières*, avec un petit nombre de soldats, occupait la ville; des troubles s'élevèrent dans la commune ; « le discord fut si grand , »
144 Berne à la diète de Lucerne, jeudi de St-Denis.
,4S Bemt à Cévéque do Sion, vcndr. ap. St-Gall : tenir ses troupes prêtes à marcher au premier signal contre la Savoie.
M Sommation dans Schilling, sam. av. St-Gall.
t47 • Qui ne se trouvent dans de tels pays que pour notre ruine à tous. »
149 Le banneret Kilian Achshalm portait la bannière ; le commandant était Antoine Archer.
•* Ckron. Frib.
"° Nous retrouvons ici WilK Techtermann i D'AU, IV, 550. Du reste cet écrivain jette pêle-mêle les événemens de cette année avec une confusion sans égale.
* La Chronique de la guerre de Bourgogne, dans le Msc. dont s'est servi M. Olivier , l'appelle « de la Vigière ; » la Ckron, de» Chanoine» de Neaeh. * Vignier ; • Planlin t • de la Vigny. » C'était, selon l'éditeur de la Chron. des Chanoines de Neuch., Humbert de Lavigny, avoyer de Morat pour le Comte de Romont. M. Engelhard dans sa Chronique de Morat écrit ce nom • de Lavignies. » C. M.
dit la chronique, «qu'on ne savait connaître de quelle » part en avait le plus. » Les habi tans français ne voulaient pas entendre parler de capitulation ; la plupart des habitans allemands parlaient de se rendre sous des conditions convenables *} sans distinction d'âge ni de sexe 351 , chacun criait pour faire triompher son avis. A la fin, comme on demandait une suspension d'armes, les avoyers qui commandaient le siège, répondirent : « quesi ceux de M orat ne se rendaient pas sur-le-champ, » ils s'en trouveraient mal dans leurs corps et leurs » biens. » Les baillis portèrent ces paroles devant la commune ; là se succédèrent l'effroi et la fureur ; enfin, la peur et l'inclination pour les Confédérés remportèrent. Un gentilhomme , Richard Rose, vit cette disposition; son cœur était tout pour la Bourgogne 352 ; la colère, la douleur le suffoquèrent : il tomba roide mort. La Vigniéres, armé de pied en cap, s'élança nt sur son cheval , s'écria : ce Ne plaise à Dieu que je re- » nie mon prince , mais me faites ouverture pour m'en » aller; » et il abandonna sa femme et ses enfans dans la ville. Les baillis, les conseils et la commune, se déliant eux-mêmes de leur serment envers le comte de
* Morat et son territoire forment les confins de la race bourguignonne et de la race allemande qui s'y trouvent entremêlées. C. M.
Ht Des femmes aussi avaient pris parti. Schilling.
HP « Il voulait passer de là du Rut. » » « Les deux partis se trouvaient séparés par un petit ruisseau (un rut en langue romande;. Richard Rose voulut passer de là Le rut, afin de se joindre aux partisans du Comte; mais ainsi qu'il s'y apprêtait , il tomba , sans doute du chagrin et du saisissement de ce qu'il voyait On dirait que cet accident, envisagé comme un augure, avait hâté le dénouement en faveur des Confédérés. » C'est ainsi que M. Olivier, p. 725, explique d'une manière plausible un passage obscur de la Chronique. Muller se tire d'affaire par la concision. C. M.